Vue d'Apamée de Syrie
ouest de Hamah. Elle occupe le bord occidental de la grande plaine qui s'étend entre les pentes méridionales du massif montagneux où se trouve El- Barah, et les hauteurs que domine Qala‘at Seïidjar. La colline sur laquelle elle est assise descend, à l’ouest, vers la vallée de l'Oronte (Nahr el-Aci) ; au sud et à l’est, elle est séparée du plateau voisin par une tranchée naturelle qui a dù servir de fossé à la ville; vers le nord, ce fossé est en grande partie comblé. De la forteresse et de différents points environnants, la vue embrasse toutes les parties de l'horizon ; mais le plus beau panorama est du côté de l'ouest, où, par-dessus le fleuve, l’on aperçoit les flanes élevés et massifs des monts Ansariyéh.
Ce large plateau, élevé de cent mètres au-dessus de l'Oronte, est recouvert de ruines, qui rappellent l'antique importance d'Apamée. On y voit les restes d'une enceinte presque entièrement détruite, sauf la porte du nord, enfouie sous les décombres d'une tour. De cette porte partait la rue principale, longue d'environ quinze cents mètres, et bordée de chaque côté par une colonnade corinthienne, qui, de distance en distance, formait une
en fit une sorte d'entrepôt de la vallée de l'Oronte, où l’on gardait ses éléphants, ses chevaux et les trésors de guerre. Tryphon Diodote, compétiteur des Séleucides, assiégé par Antiochus dans Dor (aujourd'hui Tantoura, sur la côte palestinienne, entre Césarée et le Carmel), parvint à s'échapper par mer et à se rendre à Orthosia, port de la Phénicie, entre Tripoli et l'embouchure de l'Eleuthère (Nahr οἱ - Kébir). I Mach., xv, 37. Joséphe, complétant le récit sacré, nous apprend que de là il gagna Apamée , sa patrie, où il fut ensuite pris et mis à mort, Ant. jud., XIII, vu, 2. Pompée, quittant ses quartiers d'hiver, probablement auprès d'Antioche, et se dirigeant vers Damas, rasa la forteresse d’Apamée. Ant. jud., XIV, ΠῚ, 2. Les habitants de cette ville, comme ceux d’Antioche et de Sidon, montrérent à l'égard des Juifs, pendant la guerre, des sentiments d'humanité que leur refusèrent d'autres cités, où ils furent jetés en prison et massacrés. Bell. jud., II, xviir, 5. Apamée est l'Aspamia du Talmud. Cf. A. Neubauer, La géographie du Talmud, Paris, 1868, p. 30%. Au temps des croisades, elle portait le nom de Fämiéh ou Fémie. A. LEGENDRE,
721 APELLE — APHARSACHÉENS 722
APELLE (᾿Απέλλης), chrétien de Rome, salué par saint Paul, Rom., xvi, 10. L'Apôtre l'appelle τὸν δόχιμον ἐν Χριστῷ, c'est-à-dire « serviteur fidèle du Christ ». Origène a supposé sans fondement, 1n Rom., xvI, 10, τ. χιν, col. 1981, qu'Apelle était la même personne qu'Apollo. Act., xvin1, 24. Le fameux trait satirique d'Horace : Credat Judæus Apella, non ego, Sat. I, v, 100, montre que ce nom juif était bien connu à Rome. D'après la tradition, Apelle était un des soixante et douze disciples, et devint évêque de Smyrne ou d'Héraclée. J. A. Fabricius, Salutaris Lux Evangelii, in-4°, Hambourg, 1731, p. 115. Les Grecs l’honorent le 31 octobre. Le martyrologe romain marque sa fête le 22 avril et le 10 septembre.
APHÆRÉMA (Αφαίρεμα), une des trois toparchies, νομούς, détachées de la Samarie et ajoutées à la Judée par les rois de Syrie. 1 Mach., x1, 34. La Vulgate l'omet. Joséphe l'appelle ᾿Αφερειμά, Ant. jud., XII, 1v, 9. C'est, selon toute vraisemblance, la forme grecque de l’hébreu ‘Efrain (Qeri), ‘Efrôn (Ketib), IL Par., xt, 19, devenu plus tard, par un changement presque insensible, ᾿πφραίμ., Éphrem, l'endroit où, peu de temps avant sa passion, Notre-Seigneur se retira, avec ses disciples. Joa., x1, 54. D'après Josèphe, cette ville d'Ephraim. était dans le voisinage de Béthel et tomba, comme elle, au pouvoir de Vespasien. Bell. jud:, IV, 1x, 9. C'est bien celle qu'Eusèbe place à vingt milles au nord de Jérusalem ; il la nomme également ’Eypaiu où ᾿Εφραείμ. Onomasticon, Gœttingue, 1870, p. 254, au mot Ἐφρών, et S. Jérôme, Ephræa, Liber de situ etnominibus locorum heb., t. XXI, col: 894. Elle est identique à l’'Ophéra de Benjamin, Jos., xvur, 3, que Robinson et plusieurs auteurs, après lui, reconnaissent dans le village actuel de Thayebéh, au nord-est de Beitin (Bethel). Biblical Researches in Palestine, Londres, 1856, t. 1, p. 447; V. Guérin, Description de la Palestine, Judée, t. 11, p. 47. Pour la description, voir ÉPHREM et OPHÉRA, et cf. APHRA, col. 736. A. LEGENDRE.
APHARA (hébreu : Haffäräh ou Happäräh, avec l'article défini; Septante : Φαρά), ville de la tribu de Benjamin, mentionnée une seule fois dans la Sainte Écriture. Jos., xvir, 3. Elle appartient au premier groupe, qui, dans l’énumération de Josué, représente les parties orientale et septentrionale de la tribu. Jos., ΧΥΠΙ, 21-924. On trouve dans l'Onomasticon, Gæœttingue, 1870, p. 229, une ville nommée ᾿Αφρά, que saint Jérôme, complétant une lacune d'Eusébe, place à cinq milles à l'est de Béthel, et qu'il identifie avec le village d'Efrem ou Effrem. Liber de situ et nominibus loc. heb., t, ΧΧΙΠ, col. 872. Ces indications conviennent mieux, croyons-nous, à Ophéra (hébreu : ‘Ofräh), qui suit immédiatement Aphara, et que plusieurs auteurs sont portés à reconnaître dans le village actuel de Thayebéh, à l'est-nord-est de Beitin ou Béthel. Cf. E. Robinson, Biblical Researches in Palestine, Londres, 1856, t. 1, p. 447; V. Guérin, Description de la Palestine, Judée, t. 1, p. 47.
Aphara se retrouve aujourd'hui dans Khirbet Tell el- Lärah, près de l'Ouadi Färah, qui, au sud-est de Béthel et de Moukhmas, se joint à l'Ouadi Soueinit pour entrer dans l'Ouadi el-Kelt. Voir la carte de la tribu de BENJAMIN. L'identité de nom et la position conforme aux données de l'Écriture peuvent faire regarder comme certaine cette identification, proposée d'abord par Robinson, ouv. cité, t. 1, p. 439, note 1; acceptée par van de Velde, Memoir Lo accompany the Map of the Holy Land, 1859, p. 338 ; admise par V. Guérin, ouv. cilé, p. 72, et par les auteurs anglais, G. Armstrong, W. Wilson et Conder, Names and places in the Old and New Testament, Londres, 1889, p. ΤΉ. On ne saurait y opposer la différence de racine et de signification entre les deux mots hébreu et arabe (Läräh, hébreu : « génisse; » arabe : « souris, ») car
les noms modernes se rattachent plus souvent aux anciens par le son que par le sens.
La colline de Tell el-Férah, dit M. V. Guérin, ouv. cité, p. 72, « domine d’une centaine de mètres la vallée au milieu de laquelle elle s'élève, et elle est elle-même commandée par plusieurs montagnes voisines. Son sommet, divisé en deux parties par une petite dépression centrale, est couvert de menus matériaux appartenant à des habitations complètement rasées. Au bas du tell, vers l’ouest, près du confluent de l'Oued Soueinit et de l'Oued el-Färah, je remarque les débris de plusieurs constructions, entre autres d'un aqueduc, dont je suis les traces jusqu'à son origine, en remontant, l'espace de quatre cent soixante pas, à l’ouest, les bords de l'Oued el-Färah. Le lit de ce torrent est rempli de roseaux gigantesques et de magnifiques touffes d’agnus castus. Bientôt j'arrive à une source très abondante, qui tombe en cascade et dont les eaux étaient autretois en partie dérivées dans le canal de l’aqueduc que je viens de mentionner. L'oued est, en cet endroit, resserré entre deux énormes masses de rochers, qui se dressent, presque verticalement, à une très grande hauteur. Les parois sont percées, à différents étages, d'un certain nombre de grottes artificielles. Rien de plus austère et de plus saisissant que cette gorge sauvage, où l'on n'entend que les cris des oiseaux de proie qui ont élu domicile dans ces cavernes, depuis longtemps abandonnées, et dont la source solitaire est, vers le soir, le rendez-vous des bêtes fauves qui hantent les montagnes voisines. » À. LEGENDRE.
APHARSACHÉENS (chaldéen : ‘Afarsekäié ; Septante : ᾿Αφαρσαχαῖοι ; Vulgate : Apharsachæi et Arphasachæi), captifs transplantés par les Assyriens dans l’ancien royaume d'Israël, mentionnés dans 1 Esdr., v, 6; vi, 6, comme hostiles au rétablissement des Juifs dans leur patrie et à la reconstruction du temple de Jérusalem, et signataires d'une lettre adressée dans ce but à Darius. On les confond assez souvent avec les Apharsatachéens mentionnés 1 Esdr., 1v, 9 : ces deux noms ne différant que par l'addition ou la suppression d'un τ, thav, et d'un patach ou a bref, il est possible que ces signes soient tombés ou aient été ajoutés par l’inadvertance des copistes. Clair, Esdras et Néhénrie, sur I Esdr., v, 6, dans la Bible de Lethielleux, 1882, p. 30 ; Kitto, Biblical Cyclopædia, t.1, p.163; Eb. Schrader, dans Riehm, Handwürterbuch des biblischen Altertums, t. 1, p. 69. En soi, la suppression serait plus probable que l'addition ; cependant il faut noter que le mot Apharsatachéens ne se trouve qu'une fois dans la Bible, tandis que l’autre y est répété deux fois (et même dans notre Vulgate, par une faute de copiste évidente sous deux formes légèrement différentes, Arphasachéens dans la lettre à Darius, et Apharsachéens dans la réponse). Du reste, rien n'oblige à confondre les deux noms : les circonstances sont différentes, la première lettre, signée par les Apharsatachéens, Dinéens, etc., I Esdr., τν, 10, est adressée à Artaxerxès; celle des Apharsachéens l’est à Darius.
H. Rawlinson, Journal of the Royal Asiatic Society, t. xv, p. 239, ayant fait des Apharsatachéens une tribu élamite, les Hafar-Sittacéniens, fait de même des Apharsachéens les Hafar - Saces ; il est suivi par Rœdiger dans le supplément à Gesenius, Thesaurus linguæ hebrææ, Addenda, p. 107. Mais, outre que c’est couper ces deux noms bibliques d'une façon arbitraire, les inscriptions cunéiformes contemporaines ne nous présentent Jamais les noms ainsi combinés, et eux-mêmes se nomment toujours Aibir dans leurs inscriptions de Mal-amir. — Delitzsch (dans Schrader-Whitehouse, The cuneiform Inscriptions and the Old Testament, t. 11, p. 64, note) voit avec plus de vraisemblance dans ces deux noms les localités mêdes de Partakka et Partukka, soumises toutes deux à l'Assyrie sous le règne d'Asarhaddon, dont la situation doit cor- | respondre à la Parétacène des anciens. Voir APHARSATA-
123 APHARSACHÉENS — APHARSATACHÉENS 72%
CHÉENS. Ces deux localités voisines eurent naturellement le même sort; transplantées en Samarie par Asénaphar ou Asarhaddon, elles se confondirent avec les néo-Samaritains et restèrent en hostilité avec les Juifs. E. PANNIER.
APHARSATACHÉENS (chaldéen : ’Afarsatkäié ; Septante : ᾿Αφαρσαθαχαῖοι ; Vulgate : Apharsathachæi), caplifs transportés dans le royaume d'Israël lors de la seconde colonisation opérée par Asénaphar, c'est-à-dire Asarhaddon, ou, suivant quelques assyriologues, son fils et successeur Assurbanipal. (Voir ces noms.) Ils tächèrent d'empêcher la reconstruction du temple de Jérusalem. Ι Esdr., τιν, 10. Quelques auteurs les confondent avec les Apharsachéens mentionnés par 1 Esdr., v, 6; vi, 6, comme signataires d'un rapport adressé à Darius au sujet de la même entreprise; ces deux noms ne différant, en effet, que par l'addition ou l'omission d'un thav et d'un vatach où a bref dans les points-voyelles, il est possible que ces signes soient tombés ou aient élé ajoutés par l'inadvertance des copistes. Dom Calmet, Commentaire littéral, sur 1 Esdr., 1v, 10, 1722, p. 32; Clair, Esdras et Néhémie, dans la Bible de Lethielleux, sur 1 Esdr., 1v, 10, 1882, p. 25; Keil et Delitzsch, Biblischer Commentar, Th. v, Chronik, Esra, sur 1 Esdr., 1v, 10, Leipzig, 1870, p. 437; Kitto, Biblical Cyclopædia, au mot Apharsachites, t.1,p. 163; Eb. Schrader dans Riehm, Handwür- Lerbuch des biblischen Altertums, t. 1, p. 69, etc.
Les Apharsatachéens paraissent originaires de l'Élam ou plutôt de la Médie. Leur rapprochement des Susanéchéens et des Élamites dans le texte d’Esdras ἃ fait penser que c'est une tribu élamite (A. H. Sayce, dans les Transactions of the Socicty of Biblical Archæology, tin, part. 1, The Language of the cuneiform Inscriptions of Elam and Media, p. 468); de plus, dans la langue élamitique, sur laquelle les inscriptions cunéiformes jettent déjà quelque jour, la désinence ak ou (a)-ka se remarque dans les appellations géographiques et sert à la dérivation des adjectifs : SuSinak, Su$unka, Susien où de Susiane. À. H. Sayce, ibid., p. #78, #79 et passim ; J. Oppert, Les Inscriptions en langue susienne, p. 179, dans les Mémoires des congrès des Orientalistes, Paris, 1873; et du même, Susian texts, dans les Records of the Past, Le série, t. vir, p. 81. — Les inscriptions d'Asarhaddon, que nous ne possédons pas complètes d’ailleurs, ne mentionnent pas de guerre en Élam ; mais Sennachérib, son prédécesseur, fut en lutte avec les Élamites alliés aux Babyloniens durant la plus grande partie de son règne; il remporta sur eux de grands succès et leur fit de nombreux prisonniers. Ménant, Annales des rois d’Assyrie, p. 215, 291-925 ; Eb. Schrader, Keilinschriftliche Bibliothek, τ. 11, p. 102-105, 106-111 ; The cuneiform Inscriptions of Western Asia, t. 1, pl. 37, col. 19; pl. 41, col. v, 1. 5-85 et passim. Ces prisonniers de Sennachérib, auxquels vinrent s’adjoindre ceux que fit à son tour Asarhaddon dans les régions voisines (681-668), auraient formé le contingent de cette deuxième déportation en Israël. Mais la difficulté est de trouver dans le pays d'Élam un nom géographique se rapprochant de celui des Apharsatachéens ; en prenant la désignation d'Élam au sens large, c'est-à-dire en y comprenant la Susiane et les provinces que les textes assyriens y rattachent, parce qu’en effet à l’époque de leur rédaction tous ces pays appartenaient au même souverain, on reconnait dans les inscriptions susiennes un district voisin de la Médie et nommé Habirdi ; les inscriptions cunéiformes trouvées dans cette localité mème donnent la forme Aibir, le pays des Amardes des anciens, le plateau de Mal-Amir actuel ; sous ces mêmes noms Hapirti, Hapirtip, les inscriptions médiques désignent même l'Élam dans toute son étendue. Il se peut que les victoires des monarques assyriens sur les troupes élamites aient mis à leur disposition des prisonniers du pays d’Aibir; mais il y a trop de différence entre ce nom
des Apharsatachéens les Aibir ou « Hafar-Sittacéniens » ou de la Sittacène ; mais, outre que c'est pratiquer dans le texte une coupure arbitraire, il faut bien reconnaître qu'aucune inscriplion ne permet la jonction de ces deux noms propres. H. Rawlinson, Journal of the Royal Asiatice Sociely, t. XV, p. 239; Vigouroux, La Bible et les découvertes modernes, 5° édit., t, 1v, p. 261; Rœdiger dans Gesenius, Thesaurus linguæ hebrææ, supplément, p. 107. Voir aussi sur les Habirdip : Fr. Lenormant, Les origines de l'histoire, t. τι, p. 487 et suiv.; Oppert, Le peuple et la langue des Mèdes, p. 15, 16 et 236; Sayce, dans les Transactions of the Society of Biblical Archæology, t. m1, part. 11, p. 468 etsuiv.; Amiaud, Cyrus, roi de Perse, p. 253-954, dans la Bibliothèque de l'École des Hautes Études, sect. philol., fascicule 73, Mélanges Renier.
Fr. Delitzsch (Daniel, p. 1x, et dans Schrader- Whitehouse, The cuneiform Inscriptions and the Old Testament, t. 11, p. 64, note) préfère avec raison y voir des
| tribus médes soumises par Asarhaddon lui-même : les
(A)-pharsatachéens seraient les habitants de Partakka, comme les (A)-pharsachéens et les (A)-pharséens seraient ceux de Partukka et ceux du Parsua, autres localités médiques. Du reste la Médie confinait à l'Élam, et la langue des inscriptions médiques ne diffère que peu de celle des inscriptions élamites. Quant à la transcription de ces noms en chaldéen, le p du syllabaire cunéiforme correspond au double emploi du phé hébreu ou chaldéen, p et f; l'addition de l'aleph prosthétique ne peut pas surprendre, car les Mèdes se nomment indistinetement aussi dans les inscriptions assyriennes Madä ou Amadü, et les géographes anciens nous ont conservé côte à côte les deux formes Μάρδοι et "Auaoëôor, Strabon, xv, 3 et vin, 8, édit. Didot, p. 619 et 4. Asarhaddon, dans ses inscriptions, mentionne en ellet ses conquêtes dans les districts de Partoukka, Partakka et autres circonvoisins. The cuneiform Inscriptions of Western Asia, t. 1, pl. 46, col. 1V, 1. 8-38; Ménant, Annales des rois d'Assyrie, p. 2#%; Eb. Schrader, Keilinschriftliche Bibliothek, t. αὶ, p. 132; voir aussi Fr. Lenormant, #bid., t. 11, p. 1, p. 489- 490; Eb. Schrader, Keilinschriften und Geschichtsforschung, p. 175, note. Cette dernière opinion ne difiére donc pas beaucoup de l'ancienne, qui faisait des Apharsatachéens les habitants de la Paretacène ou des Scytho- Mèdes. Dom Calmet, Coniment. littér.in IV Reg., XVII, 24, 1722, p. 193.
Asarhaddon nous renseigne aussi sur le sort qu'il réservait à ses prisonniers ; il transplanta dans le mat Hatti, qui embrassait la Phénicie, Chanaan, la Syrie, dont il avait au préalable enlevé les habitants révoltés, « les hommes des montagnes conquis par son arc, et ceux de la mer du Levant, » c'est-à-dire les riverains du golfe Persique, et les montagnards des diverses chaînes du Zagros qui ferment à l’est le bassin du Tigre. Or ces expressions conviennent aux Élamites et aux Mèdes ; à ce point que Eb. Schrader, après avoir révoqué en doute cette deuxième colonisation de la Samarie par Asarhaddon, dans les Theologische Studien und Kritiken, 1867, p. 497 et suiv., l'admet sans hésiter dès la première édition de ses Keilinschriften und das Alte Testament , 1872, p. 244. Voir aussi Schrader-Whitehouse, The cuneiform Inscriptions and the Old Testament, t. 11, p. 62 et 63, note; Ménant, Annales des rois d'Assyme, p. 241 ; Eb. Schrader, Keilinschriflliche Bibliothek, τς 1, p. 126-127; The cuneiform Inscriptions of Western Asia, τ. τ, pl. 45, col. 1, 1. 24-34.
La suite de l'histoire des Apharsatachéens nous est connue par la Bible; mélangés aux déportés de la première colonisation et aux débris israélites épargnés par le vainqueur, ils partagérent leurs sentiments de jalousie contre les Juifs, et aussi leur religion où le culte du vrai Dieu s'alliait avec celui de leurs idoles nationales. Zorobabel ayant repoussé leur concours pour la recons-
et celui qu'on trouve dans 1 Esdras. — H. Rawlinson fait | truction du temple de Jérusalem, ils la firent interrompre
795 APHARSATACHÉENS — APHEC
par leurs intrigues, de sorte que l'entreprise ne put s'achever que sous le règne de Darius. E. PANNIER.
APHARSÉENS (chaldéen : ‘Afarsäié ; Septante : ᾿Αφαρσαῖοι ; Vulgate : Apharsæi), tribus transplantées dans le royaume d'Israël, avec les Apharsatachéens, ete., lors de la seconde colonisation opérée par Asénaphar, c'est-à-dire Asarhaddon, ou même, suivant quelques auteurs comme Fr. Delitzsch, Wo lag das Paradies, p.329; Schrader-Whitehouse, The cuneiform Inscriptions and the Old Testament , τ. 11, p. 65, par son fils et successeur Assurbanipal. Voir ASARHADDON, ASSURBANIPAL. Tous ces déportés lächèrent d'empêcher la reconstruction du temple de Jérusalem. [ Esdr., 1v, 9, 10, — La plupart des commentateurs, trompés par la ressemblance des noms, ont fait des Apharséens une tribu perse : ainsi dom Calmet, Comm. litt. in IV Reg., xvu, 24; Smith, Dictionary of the Bible, Apharsathchites, t. 1, p. 78; Rœdiger, dans le supplément à Gesenius, Thesaurus linguæ hebrææ, Addenda, p. 107. Il est certain que la patrie de ces tribus était, non pas la Perse, située au sud de la Médie et au sud-est de l'Elam, mais un district du nord de la Médie correspondant à l'Atropatène méridionale et à la Sagartie Médique, jusque vers les Champs Niséens, et nommé Parsua ou Parsuas dans les inscriptions cunéiformes. Fr. Lenormant, Les origines de l’histoire, t. 11, p.1, p. 926; Eb. Schrader, Keilinschriften und Geschichtsforschung, p. 173 ; Fr. Delitzsch, dans Schrader-Whitehouse, The cuneiform Inscriptions and the Old Testament, et note (où Schrader se rangerait peut-être à l'opinion de Delitzsch, s'il n'en était empêché par l'identification d'Asénaphar avec Assurbanipal ; mais de graves raisons empruntées aux textes soit bibliques, soit assyriens, nous paraissent justement établir qu'Asénaphar est Asarhaddon, et non Assurbanipal). Les monarques assyriens, loin d’avoir conquis la Perse, ne la mentionnent même pas dans leurs inscriptions. Au contraire, le pays de Parsoua fut souvent ravagé et conquis par les prédécesseurs d'Asarhaddon ; Sennachérib, son père, défit même à Haloulé (vers 690) toute une armée de Babyloniens et d'Élamites, auxquels étaient venues se joindre les troupes du Parsoua. The cuneiform Inscriptions of Western Asia, t. 1, pl. #1, 1. 5-85; pl. 43, 1. 4%; pl. 44, L 5; Ménant, Annales des rois d’Assyrie, p. 222 et 232; Eb. Schrader, Keilinschriftliche Bibliothek, t. 11, p. 106-107. Dans le peu d'inscriptions qui nous restent de lui, Asarhaddon ne mentionne pas le Parsoua, mais le Patousarra et d'autres districts voisins en Médie, dont il déporta les habitants, The cuneiform Inscriptions of Western Asia, t. 1, pl. 46, col. iv, 1. 8-37; Ménant, Annales des rois d'Assyrie, p. 244; Eb. Schrader, Keilinschrifiliche Bibliothek, t. 11, p. 132-135. Il est possible qu'une partie des régions environnantes ait éprouvé le même sort sans que les inscriptions en parlent explicitement; ou bien le roi de Ninive aura joint aux convois de déportés provenant de ses propres conquêtes ceux qui provenaient des campagnes de son père, pour les faire conduire ensemble en Samarie. — D'après Fr. Lenormant, Les origines de l'histoire, t. 11, p. 527; À. Amiaud, Cyrus, roi de Perse, p. 255, dans les Mélanges Renier, 7935 fascicule de la Bibliothèque de l'École des Hautes Études, sect. philol. et histor.; H. H. Howorth dans The Academy, Ὁ mars 1892, p. 231, les Parsua, épargnés par les rois assyriens, auraient commencé à émigrer vers le sud et donné aux régions par eux conquises leur appellation nationale, Parsu des textes achéménides, la Perse.
La transcription du nom assyrien en chaldéen ne souffre |
aucune difficulté, le p des caractères syllabiques assyriens correspond au double emploi du phé hébreu (p et f); quant à l'addition de l'aleph prosthétique, les inscriptions cunéiformes elles-mêmes nous donnent pour la Médie les formes Madä et Amadä, Eb. Schrader, Keilinschriften und Geschichtsforschung, p. 173, note; Stra-
bon nous ἃ conservé côte à côte les deux noms Μάρδοι et "Apapèo, xv, 3 et vin, 8, édit, Didot, p. 619 et 440,
Fr. Lenormant, Les origines de l'histoire, τ. 11, part. x, p. 487, note, préfère voir dans les Apharséens les Æabirti où AHapirtip des inscriptions médiques, élamites et susiennes. Mais dans les textes médiques ce mot à une signification trop étendue, car il est transcrit en babylonien dans l'inscription trilingue de Béhistoun (perse, mède, babylonien) par le terme Num-a ou ‘Elam-a, ou même phonétiquement ‘E-lam-mat (The cuneiform Inscriptions of Western Asia, τ. 111, pl. 39, 1. 30 et M), c'estä-dire l'Élam y compris la Susiane. J. Oppert, Le peuple et τα one des Mèdes, p. 120-121, et ibid., lexique, p. 236. Or les Élamites et ἀξ: Susiens sont précisément nommés plus loin dans l'énumération de 1 Esdr., 1v, 9; on ne peut pas supposer qu'ils y prennent place deux fois sous des noms différents. Au sens restreint, il désigne une portion de l'Élam voisine de la us habitée par les Mardes ou Amardes de Strabon, d’Arrien et d'Hérodote, la région actuelle de Mal-amir. A la vérité, il pouvait y avoir de ces Mardes d'Élam parmi les déportés en Samarie ; car Sennachérib, père d'Asarhaddon, avait vaincu à plusieurs reprises les troupes élamites. Voir APHARSATA- CHÉENS. Mais la forme originale de ce nom, telle qu'elle ressort précisément des inscriptions cunéiformes de Malamir, est Aipir ou Aibir, d'où il paraît difficile d'obtenir la forme chaldéenne d'Esdras ‘Afarsäié. 1. Oppert, ibid, p. 15, 16, 296; A. H. Sayce, The language of the cuneiform Inscriptions of Elam and Media, p. 468, 472 et passim, dans les Transactions of the Society of Biblical Archæology, t. Vux, part. 11.
Les captifs prov. enant des régions orientales, telles que l'Élam et la Médie, furent ensuite déportés en Syrie, y compris Chanaan et la Phénicie; voir col. 724. The rl m Inscriptions of Western Asia, t. 1, pl. 45, col. . 24-34; Ménant, Annales des rois d'Assyrie, Ρ. M 5 Ἐν. Schrader, Keilinschriftliche Bibliothek, t. 11, p. 12#-127; Vigouroux, La Bible et les découvertes modernes, 5° édit., t. 1v, p. 258-961; Schrader- Whitehouse, The cuneiform Inscriptions and the Old Testament, t. 1, p. 61-62. Dans d’autres inscriptions déjà citées, il mentionne tout spécialement des tribus mèdes, comme ayant été par lui arrachées à leur pays. La suite de leur histoire est la même que celle des Apharsatachéens, col. 724-725. E. PANNIER.
APHEC, APHÉCA, hébreu : ’Aféqg, ‘Aféqäh, ἄγῃ, « place forte ; » Septante : ᾿Αφέχ, ᾿Αφεχά, ᾿Οφέχ, Paxoux, nom de plusieurs villes de Palestine, dont les unes sont rendues dans la Vulgate par Aphec, les autres par Aphéca,
1. APHEC (hébreu : Âféq ; Septante : Ὄφὲχ τῆς ᾿Αρώχ), cité chananéenne, dont le roi fut vaincu par Josué. Jos., ΧΙ, 18. Il est difficile d'en déterminer exactement la situation, parce que, dans l'énumération de l’auteur sacré, les villes qui la précèdent, Taphua et Opher, aussi bien que celle qui la suit, Saron, se refusent elles-mêmes à toute identification certaine. Une première question se présente à nous : Appartenait-elle au midi ou au nord de Chanaan”? La réponse est dans cette remarque de Keil, basée sur le contexte, et très juste, à notre avis : à partir du ÿ.10, Josué énumèére les villes royales dont la conquête est spécialement racontée au chap. x, et il y joint, Ÿ. 13, 15, 46, celles dont il se rendit maître pendant la guerre contre les Chananéens du sud, x, 28-43. Suivant le méme ordre dans la seconde partie de l'énumération, il donne en première ligne, Ÿ. 19-90, les villes capitales des rois alliés du nord, conformément au récit du chap. ΧΙ; puis il y rattache celles qui furent prises dans cette guerre, et qui ne sont pas expressément nommées. Les deux parties de lénumération correspondent ainsi au double récit qui vient d'être fait dans les chapitres précédents. Nous sommes donc en droit de conclure que les quatre villes
des ÿ. 17 et 18 sont de celles qui furent conquises dans l'expédition contre le roi de Jérusalem et ses alliés, et par conséquent doivent être cherchées, non, comme le font plusieurs auteurs, dans le nord, mais bien dans le sud de Chanaan. Cf. Keil, Biblischer Commentar über das Alte Testament, Josua, Leipzig, 1874, p. 98-99. Poursuivant notre calcul, nous pouvons préciser encore davantage l'emplacement approximatif d'Aphec, au moyen de Taphua et de Saron, quelle que soit l'obscurité qui les enveloppe elles-mêmes. Taphua (hébreu : Tappüah) doit être identique à la ville de même nom qui est mentionnée dans la tribu de Juda. Jos., xv, 34. Or cette dernière se trouvait « dans la plaine », et fait partie d'un groupe où plusieurs noms sont facilement identifiés : Estaol (Achou'a), Saréa (Sara'‘a), Zanoé (Zänou'a), Jérimoth (Yarmouk), etc. Elle appartenait donc à la région nord-ouest de la tribu, et M. V. Guérin, par une conjecture fondée sur l'ensemble de ces rapprochements, propose de la reconnaître dans le Khirbet Khreichoum. Description de la Palestine, Judée, t. 11, p. 28. Une conjecture semblable nous permettrait peut-être de placer Aphec aux ruines de Belled el-Foka, que Conder, Handbook to the Bible, Londres, 1887, p. 403, et les auteurs de la carte anglaise, feuille 14, donnent comme le site probable d'Apnec 3. Nous nous gardons cependant d'appuyer cette hypothèse sur le mot Foha ; il pourrait sembler rappeler Aphec, mais c'est un simple adjectif qui, en arabe, signifie « supérieur » ou « d'en haut », et qui détermine plus d'un nom actuel dans la Palestine : par exemple, Beit'Our el-Fôka, « Béthoron supérieur, » par opposition à Beit'Our et-Tahta, « Béthoron inférieur. » D'un autre côté, Saron, Jos., x, 18, pourrait être le village de Sarona, dans la plaine du même nom, auprès de Jaffa, marquant, vers le nord-ouest, la limite des villes énumérées du ÿ.9 au ÿ. 18. Si Belled el-Foka parait trop éloigné de ce point, nous indiquerons le Khirbet Merdj el-Fikiéh, sur la route de Ramléh à Jérusalem, dont le nom et la position peuvent également convenir à la cité chananéenne. D'après ce que nous venons de dire, cette ville ne saurait être confondue avec l'Aphéca de Jos., xv, 53, qui, mentionnée entre Beththaphua οἱ Hébron, se trouvait « dans la montagne de Juda ». Jos., xv, 48. Voir APHÉCA ©. Était-elle identique à lAphec de I Reg., 1v, 12 Voir APHEC 3. A. LEGENDRE.
2. APHEC (hébreu: ’Afég, Jos., χιχ, 30; ’Afiq, Jud., 1, 31; Septante : ᾿Αφέχ, Jos., xIx, 80; omis, Jud., 1, 31), ville de la tribu d’Aser, Jos., xix, 30, dont-les Chananéens ne furent pas chassés, Jud., 1, 31. Citée entre Amma et Rohob, elle est jusqu'ici restée inconnue. Certains auteurs l’assimilent à l'Aphéca de Jos., ΧΠῚ, 4, limite septentrionale de la Terre Sainte, l’’Agaxx des Grecs, l’Afka du Liban. Keil, Biblischer Commentar über das Alte Testament, Josua, Leipzig, 1874, p.158; Mühlau, dans Riehm, Handwürterbuch des Biblischen Altertums, Leipzig, 1884, t. 1, p. 69; Gesenius, Thesaurus linguæ heb., p.140. Voir APHÉCA 1. Cette opinion nous semble sujette à plus d’une difficulté. Examinons d'abord la place qu'occupe Aphec dans l’'énumération des villes de la tribu d’Aser. Jos., x1x, 24-30. L'auteur sacré, qui suit toujours un ordre méthodique, après avoir successivement parcouru le centre, le sud et l’est, se dirige vers le nord par Cana et Sidon; puis il redescend vers Tyr jusqu'à Achzib (Ez-Zib), pour finir par une ligne qui, partant de Πᾶς en- Nagoura, s'étend vers la tribu de Nephthali avec Amma (‘Alma ech-Chaoub, ou même, si l’on veut, Ahirbet ‘Ammeék ; voir Amma 1) et Rohob (peut-être Tell er-Rahib). Voir la carte de la tribu d'AsER. C’est donc dans cette dernière région que devrait se trouver notre ville.
Ensuite l'identification, tantôt certaine, tantôt probable, des différents noms, ne nous transporte pas au delà du Léontès, Nahr el-Qasmiyéh ou « fleuve de la séparation ». Quelques auteurs, nous le savons, placeraient vo-
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lontiers Amrmma à Kefr Ammeih, dans le Liban, au sud d'Hammana, dans le Djourd, et Rohob à Hüb, au nordest de Djébaïl; mais, outre le caractère très hypothétique de cette assimilation , ce serait isoler complètement ces villes du reste de Ja tribu, et les jeter sans raison en plein territoire phénicien.
Nous croyons donc que si, en droit, c'est-à-dire en vertu d'une promesse divine dont l'entier accomplissement ne fut que momentané, les frontières de la Terre Sainte s'étendirent jusqu'à l’Afka du Liban, de fait elles n'atteignirent pas cette limite. Voilà pourquoi nous pensons qu'on peut identifier avec cette ville l'Aphéca de Jos., ΧΠῚ, 4, mais nous hésitons à y reconnaitre l’Aphec de la tribu d'Aser, A. LEGENDRE.
3. APHEC (hébreu : ’Àfég; Septante : ᾿Αφέχ), ville où étaient campés les Philistins au moment du fatal combat pendant lequel l'arche d'alliance fut prise et les fils d'Héli tués. I Reg., iv, 1. Nous sommes ici en présence d’un problème topographique des plus difficiles, parce qu'il renferme trop d'inconnues.
Aphec se trouvait auprès d'Ében-Ézér, « la Pierre du Secours, » 1 Reg., 1v, 1, c'est-à-dire près de l'endroit où, vingt ans plus tard, Samuel éleva une pierre commémorative, pour rappeler la victoire miraculeuse qu'il venait de remporter sur les mêmes ennemis, les Philistins. 1 Reg., vi, 12. Ce monument fut placé « entre Maspha et Sen ». Sen (hébreu : Haë$ën, « la dent ») semble indiquer ou un rocher pointu, ou une localité située sur une sorte de pic : sa posilion est incertaine. Maspha est une localité de la tribu de Benjamin. Robinson l'identifie avec le village actuel de Néby-Samouil, au nord-ouest de Jérusalem; Biblical Researches in Palestine, Londres, 1856, {νας p. 460; et M. Guérin avec Cha'fath, situé plus bas, directement au nord de la ville sainte. Description de la Palestine, Judée, t. 1, p. 395. L'un ou l’autre de ces deux sites, d'ailleurs très rapprochés, représente l’un des extrêmes; mais, l’autre restant indéterminé, il devient difficile de fixer le point intermédiaire, Ében -Ézér. Les deux principales opinions sur ce sujet sont les suivantes.
Conder et Clermont-Ganneau placent Ében-Ézér à Deir Abän, trois milles (environ cinq kilomètres) à l'est d'Air Chems, Yancienne Bethsamèés, dans la région nord-ouest de la tribu de Juda. Deir Abän, « le couvent de la Pierre, » rappellerait la première partie du nom ancien, et la situation serait en conformité avec l'ensemble des faits racontés I Reg., IV, V, vi, vi. Dans ce cas, Aphec serait probablement Belled el-Foka, à environ six kilomètres au sudouest de Deir Abän, et se confondrait ainsi avec la cité chananéenne de Jos., x11, 18. Voir Apec 1. Le combat aurait donc eu lieu sur les confins du pays des Philstins. Cf. Palestine, Exploration Fund, Quarterly Statement, 1876, p.149; 1877, p. 154-156. Cette opinion présente plusieurs diflicultés que nous ne pouvons exposer ici; voir ÉBÉN-ÉZÉR : une des plus grandes est la distance qui sépare Deir Abän de 5110. Il n’y ἃ pas moins de quarante-huit kilomètres entre les deux endroits, et cependant le messager qui porta à Héli la nouvelle du désastre arriva « le jour même », c'est-à-dire le soir de la bataille. IReg., 1v,12. Comme il ne partit pas avant la fin du combat, τ. 16, 17, et qu'il était à Silo avant la nuit, ÿ. 13, on peut regarder le chemin comme trop considérable, même pour un bon coureur.
La seconde opinion, soutenue par W. F. Birch et Thomas Chaplin, place le champ de bataille dans la tribu
de Benjamin. Pour eux, Maspha est Néby-Samouïl, et :
Sen est Deir Yesin, cinq kilomètres plus bas, vers le sud, nom qui répond exactement au Beth-iasan des versions syriaque et arabe. Ébén-Ézér est, pour le premier, Khirbet Samouïl, à 1600 mètres au sud de Néby-Samouil, et, pour le second, Beit Iksa, un peu plus bas : tous deux reconnaissent Aphec dans Aëüstül ou Kasthoul, localté située
DC PT QT, SPP
Fa
au sud-ouest des précédentes et au nord-ouest de Deir Yesin. L'hébreu pEx, "Aféq, signifie « forteresse », et
l'arabe Μαλαῦ, küstül, semble dériver d'un ancien casteldum construit par les Romains. Le village, composé de quelques maisons seulement, est sur une hauteur d’où la vue est très étendue et d'où l’on aperçoit distinctement la mer. Le long des flancs de la montagne, on remarque encore les traces d'une voie antique. ΟἹ. Palestine Exploration Fund, Quarterly Statement, 1881, p. 100-101 ; 1882, p. 262-964; 1888, p. 263-965.
Cette hypothèse évidemment n'est pas exempte de toute difficulté, mais M. Chaplin, ouv. cité, 1888, p. 263-905, montre bien comment les différents points de cette topographie s'adaptent d'une façon naturelle au récit biblique. 1 Reg., 1v et vir. De son exposé nous ne retenons que ce qui concerne Aphec. Pendant que les Hébreux occupaient la colline de Beit Iksa, entourée de vallées profondes, les Philistins trouvaient dans celle de Καὶ ἄβεϊζι une position sûre et parfaitement appropriée pour leur servir de point d'attaque. Au nord s'étend un large plateau qui, encore environné par les restes d'un rempart de grandes pierres, semble avoir été utilisé comme camp dans les temps anciens. De là, ne pouvant se lancer directement sur les Hébreux défendus par la vallée comme par un fossé naturel, ils pouvaient marcher en toute sécurité vers le nord, passer par le village actuel de Beit Sourik, puis, une fois arrivés à Biddou, taire un mouvement tournant vers la droite pour fondre sur Maspha, le centre du gouvernement à cette époque, ou sur un ennemi retranché à Beit Iksa. De ce dernier point, il était facile à un coureur agile d'aller, en quatre heures à peu près, porter à 5110, après la défaite et la perte de l'arche, la triste nouvelle qui devait causer la mort du grand prêtre. A. LEGENDRE.
4. APHEC (hébreu : 'Àféqäh ; Septante : ᾿Αφέχ), ville où étaient campés les Philistins avant le combat qui occasionna la défaite et la mort de Saül. 1 Reg., xxIx, 1. Quelques auteurs sont tentés de l’assimiler à la précédente, I Reg., 1v, 1; mais comme, au chap. ΧΧΥΠΙ, 4, le récit sacré nous montre les ennemis d'Israël déjà établis à Sunam, au pied sud-ouest du petit Hermon, il faut voir alors dans le chap. xxIx un épisode intercalé et racontant des événements qui se seraient passés pendant la marche des Philistins vers la plaine d'Esdrelon. Calmet, Commentaire sur le premier livre des Rois, Paris, 1711, p. 331; Grove, dans Smith’s Dictionary of the Bible, Londres, 1861, t. 1, p. 78.
Un plus grand nombre d'exégètes la distinguent d’Aphec 3. Eusébe et saint Jérôme la placent « près d'Endor de Jezraël, où combattit Saul ». Onomastica sacra, Gœttingue, 1870, p. 97, 226. C'est la reproduction de l'interprétation inexacte des Septante, qui, 1 Reg., xx1x, À, ont traduit bd'ain, « près de la fontaine, » par ᾿Αευδώρ. Il ne s’agit pas ici de cet endroit. Pour mieux fixer, d'ailleurs, l'emplacement que nous cherchons, rappelons les principaux mouvements des deux armées ennemies. Les Philistins, « rassemblant leurs troupes et se préparant à la guerre, viennent camper à Sunam, » 1 Reg., ΧΧΥΠΙ, 1, 4, c'est-à-dire au village actuel de Soulam, sur la pente sud-ouest du Djébel Dahy. Saül, de son côté, s'établit, avec les armées d'Israël, sur le mont Gelboé, I Reg., ΧΧΥΠΙ, 4, d’où il contemple avec frayeur les forces ennemies, ÿ. 5. Les Philistins, retranchés d'abord au pied de la montagne, reviennent vers la plaine, à Aphec, où ils pourront développer plus facilement leur cavalerie et leurs chariots. En même temps, les Hébreux prennent position « auprès de la fontaine qui était à Jezraël, » 1 Reg., ΧΧΙΧ, 1, 2, c'est-à-dire l'Ain el-Maitéh, ou, plus probablément, l'Ain- Djaloud, suivant M. Guérin, Description de la Palestine, Samwarie, +. 1, p. 309. Enfin les Philistins « montent à Jezraël, » 1 Reg., xxix, 41, la Zera'in actuelle, à l'extrémité nord-ouest du mont Gelboé, C'est là
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que se passe le combat, là que les Tsraélites sont vaincus, et que Saül, après avoir vu périr ses fils, blessé et pressé par l'ennemi, se jette sur son glaive pour se donner la mort. 1 Reg., xxx1, 1-6. Voir la carte de la tribu d'Issa- CHAR.
D'après cet exposé, Aphec devait se trouver dans la plaine d'Esdrelon, à l’ouest de Sunam et au nord-ouest de Jezraël. Or le village qui, par sa position, répond le mieux à ces données topographiques, est celui d'‘Afouléh, situé sur une éminence qui domine un peu la plaine. Certaines traditions du moyen âge plaçaient là les ruines de notre ville, et M. V. Guérin donne cette opinion comme vraisemblable. Description de la Palestine, Galilée, t. x, p. 109-110. Tel est aussi le sentiment de Van de Velde, Mernoir to accompany the Map of the Holy Land, 1859, p. 286. C’est entre ce village et celui de Fouléh, à peu de distance vers l'est, que, le 16 avril 1799, était campé le gros de l’armée turque, à la bataille dite du mont Thabor. Kléber, avec une poignée d'hommes disposés en carrés, osa l’attaquer, et résistait depuis six heures à toute la furie de nombreux adversaires, lorsque Bonaparte, débouchant dans la plaine, enveloppa l'ennemi qui, bientôt déconcerté, s'enfuit dans toutes les directions, laissant sur le terrain d'innombrables cadavres d'hommes et de chevaux.
Conder, Handbook to the Bible, p. 403, et G. Armstrong, W. Wilson, Names and places in the Old and New Testament, p. 11, carte, 1890, feuille 10, placent Aphec à Foukou‘a, localité qui, à une altitude de plus de 400 mètres, occupe, vers le sud-est, l’un des points culminants du massif montagneux auquel elle a donné son nom, le Djébel Foukou'a, ancien mont Gelboé. Cette identification nous semble en désaccord avec l’ensemble du récit biblique, tel que nous l'avons exposé. On se demande d’abord pourquoi les Philistins seraient venus s'embarrasser dans la montagne, quand la plus vulgaire tactique leur conseillait de choisir la plaine; puis pourquoi ce mouvement en arrière de l’armée israélite, de Sunam à Foukou‘a. Enfin, au lieu de « monter » d’Aphec à Jezraël, comme le dit formellement le texte sacré, I Reg, xxIX, 11, ils auraient dù « descendre » de Foukou'a à Zéra‘in. Plusieurs auteurs prétendent que l'Aphec dont nous venons de parler est identique à celle de III Reg, xx, 26, 30. Voir APHEC 5. A. LEGENDRE.
5. APHEC (hébreu : ’Aféqäh; Septante : ᾿Αφεχά, III Reg., xx, 26, 30; ᾿Αγδᾳ, ᾿Αφέκ, IV Reg., ΧΠΙ, 17), ville où Achab remporta sur Benhadad 11, roi de Syrie, une éclatante victoire, III Reg., xx, 26, 30; et où plus tard Joas, fils de Joachaz, roi d'Israël, vainquit Benhadad IL. IV Reg., χπὶ, 17, 25. On la trouve dans les inscriptions assyriennes sous le nom d’'Ap-qu. Cf. E. Schrader, Die Keilinschriften und das Alte Testament, Giessen, 4883, p. 204; Fried. Delitzsch, Wo lag das Paradies ? Leipzig, 1881, p. 178, 286, 287. Joséphe la nomme également ᾿Αφεχά. Ant. jud., VIII, χιν, 4.
Plusieurs auteurs l'identifient avec la précédente, car elle se trouvait « dans la plaine ». Les Syriens, en effet, battus une première fois auprès de Samarie, dans une contrée montagneuse, attribuërent leur défaite aux dieux des Israélites, qui devaient être «des dieux de montagnes», et se promirent un triomphe facile dans la plaine, où ces mêmes dieux ἢ avaient aucun pouvoir. ΠῚ Reg., XX, 23-25, Voilà pourquoi ils revinrent, au bout d'un an, camper à Aphec, où ils éprouvérent un nouvel échec. Telle est l'opinion de Keïl, Biblischer Commentar über das Alte Testament, die Bücher der Künige, Leipzig, 1876, p. 220; de Fried, Delitzsch, ouv, cité, p. 287; de Mübhlau, dans Rich, Handwürterbuch des Biblischen Altertuins, Leipzig, 1884, L. 1, p. 69.
Beaucoup d’autres placent Aphec à l'est du lac de Tibériade, sur la grande route de Damas en Palestine, au village actuel de Zik, dont le nom, ὧν OÙ Gr chez
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les écrivains arabes, reproduit exactement l'A fég biblique. 1 Cf, Van de Velde, Memoir to accompany the Map of the Holy Land, 1859, p. 286; H. B. Tristram, The Land of Israel, Londres, 1866, p. #37; Schrader, ouv, cité, p. 204; Vigouroux, La Bible et les découvertes modernes, 5° édit., Paris, 1889, τ, 1V, p. 45, note 1; Stanley, qui prétend que le mot hébreu hammisôr avec l'article, « la plaine, » 1 Reg., xx, 23, %, désigne les hauts plateaux qui s'étendent à l'est du Jourdain, Sinai and Palestine, Londres, 1866, p. #84; G. Armstrong, W. Wilson, Conder, Names and places in the Old and New Testament, Londres, 1889, p. 11. Fik est le castellum grande, πώμη μεγάλη qu'Eusèbe et saint Jérôme mentionnent
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L'auteur sacré, décrivant la bataille qui eut lieu sous les murs d'Aphec, nous représente d'une façon suisissante les deux armées en présence. En face des Syriens dont l'immense multitude couvre la plaine, les Israélites, campés sur le penchant des collines, ressemblent, avec leurs deux divisions, « à deux petits troupeaux de chèvres». ΠῚ Reg., xx, 27. Pendant sept jours, les adversaires s'observent mutuellement; enfin le combat a lieu; Dieu, pour venger sa puissance outragée par les ennemis, donne la victoire à son peuple, ÿ. 29. Les Syriens, qui avaient cherché un abri derrière les remparts de la ville, voient les murailles s’écrouler sur eux et en ensevelir un grand nombre, ÿ. 30. Enfin Benhadad se présente en suppliant