‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 372 sur 474 · APOCRYPHES · texte numérisé non relu

APOCRYPHES

trième section (ch. LXXXHI-XC1) : vision historique d'Énoch, la succession des règnes et des semaines d'années jusqu'à la réalisation des promesses messianiques. Cinquième section (ch. xGI1-CV) : harangue d'Énoch à ses enfants, Fin. — Il y ἃ dans tout ce vaste développement des longueurs, des inégalités et des redites, et nous verrons comment on les explique ; cependant, dans l'ensemble, le Livre d'Énoch est à mettre au-dessus même du Quatrième livre d'Esdras, pour l'intérêt du sujet et pour l'étincelante poésie de l'exécution.

Nous citerons, presque au hasard : « La sagesse n’a point trouvé sur la terre de demeure où reposer sa tête; c'est pourquoi elle ἃ fait sa résidence dans le ciel. La sagesse est descendue du ciel pour habiter avec les enfants des hommes, mais elle n’a point trouvé de demeure. Alors la sagesse est retournée vers son divin séjour et a pris sa place au milieu des saints anges. Et après sa retraite l'iniquité s'est présentée, et elle a trouvé une demeure, et elle a été reçue par les enfants des hommes, comme la pluie est reçue par le désert, comme la rosée est reçue par une terre desséchée. χε, 1-2. Le jour du châtiment et de la vengeance ! En ce jour-là, je placerai mon élu au milieu des saints, et je changerai la face du ciel, et je l'illuminerai pour l'éternité, et je changerai aussi la face de laterre. xLv, 2-5... Là je vis l'Ancien des jours, dont la tête était comme de la laine blanche, et avec lui un autre, qui avait la figure d'un homme. Cette figure était pleine de. grâce, comme celle d’un des saints anges. Alors j'interrogeai un des anges qui étaient avec moi et qui m'expliquaient tous les mystères qui se rapportent au Fils de l'homme. Je lui demandai qui il était, d'où il venait et pourquoi il accompagnait l'Ancien des jours. Il me répondit : Celui-là est le Fils de l'homme, à qui toute justice se rapporte, avec qui elle habite, et qui tient la clef de tous les trésors cachés. Car le Seigneur des esprits l’a choisi de préférence, et il lui a donné une gloire au-dessus de toutes les créatures. Le Fils de l'homme arrachera les rois et les puissants de leur couche voluptueuse ; il mettra un frein aux puissants ; il brisera les dents des pécheurs, ete. xLvi, 1-4... J'eus une vision dans mon lit. Voici un taureau sortant de terre, et ce taureau était blanc. Puis sortit une génisse, et avec elle deux jeunes veaux, dont l’un était noir, et l’autre rouge. Le noir frappa le. rouge. Je levai encore les yeux, et je vis le ciel au-dessus de ma tête, et voici qu'une étoile tomba du ciel, et elle se dressait au milieu de ces taureaux. LXXXIV-LXxxV... Je vis encore une brebis, et que cette brebis se faisait homme. Et elle bâtit au Seigneur une bergerie, et elle y établit les brebis qui étaient égarées. Je vis encore tomber une brebis qui était venue au-devant de celle qui était la conductrice des autres. Et je vis enfin périr un grand nombre d'autres brebis, leurs petits grandir à leur place, entrer dans un pâturage nouveau. Et la brebis qui les avait conduites, et qui était devenue homme, se sépara d'elles et mourut. Et toutes les brebis la cherchaient et l'appelaient avec des cris lamentables. » LxxxvIt, 60-63.

La question de la composition de cette œuvre puissante a divisé les critiques. Voici le résumé des conclusions qui semblent avoir prévalu. — Le Livre d'Énoch serait une œuvre essentiellement composite et de diverses mains. Tout d'abord un noyau, formé des chapitres XVII-XIX, XXI-XXXVI, LXXIL-LXXIX et LXXXIT, et qui serait un livre de physique céleste. En second lieu, une apocalypse proprement dite, formée des chapitres I-XVI, LXXX, LXXXI, LXXXII-CV, et qui serait un livre de vision historique. En troisième lieu, les trois paraboles des chapitres XXXVII- LXHI, LXIX-LXXI, qui constitueraient plus spécialement une apocalypse messianique. Enfin les chapitres LXIV-LXVII, qui forment le « livre des visions de Noé ». Ce sont là les grandes lignes de partage : on ne saurait entrer ici

(ch. LxIV-LXvIr) sur les visions de Noé. Troisième sec- | dans l'analyse des interpolations de détail. Le noyau pri-

tion (ch. LXXH-LXXXI1) : vision de la physique du monde, explication du mouvement des astres, des vents, etc, Qua-

mitif serait d'origine indéterminée ; mais la grande vision historique, qui s'est adaptée à cet écrit principal, est,

grâce à la chronologie de ses semaines d'années et à la transparence de ses symboles historiques, aisée à dater. Elle est contemporaine du règne victorieux de Jean Hyrcan (135-106 avant J.-C.), et plus précisément de l'an 110 environ. Les trois paraboles seraient plus récentes, et contemporaines plutôt d'Hérode le Grand (40-4 avant J.-C.) ; la christologie y est même assez développée, pour que quelques critiques y aient voulu voir une œuvre chrétienne, mais c'est une opinion très controversée. En résumé, nous sommes ici en présence d'un monument de la théologie palestinienne au siècle qui a immédiatement précédé l'apparition du Christianisme, et d’un livre dont nul autre plus que lui n'était propre à préparer l'audience de l'Évangile. — On trouvera la bibliographie concernant le Livre d'Énoch énumérée dans Schürer, ouv. cité, p. 629-630. Une bonne traduction française du livre d'Énoch est dans Migne, Dictionnaire des apocryphes, Paris, 1856, t. 1, p. 393-514.

2% Assomption de Moïse. — Il ne faut pas confondre ce livre juif avec l'Apocalypse de Moise, œuvre chrétienne, dont il sera parlé plus loin. L'Assomption de Moïse est citée, d'après quelques exégètes, dans l’épitre canonique de saint Jude, et par Clément d'Alexandrie, par Origène, par Didyme d'Alexandrie, par Gélase de Cyzique, par "Ἐν odius, l'ami de saint Augustin ; ; elle est mentionnée dans le catalogue synoptique attribué à saint Athanase, dans le catalogue stichométrique de Nicéphore. Voir Schürer, ouvr. cité, p. 636-637. L'original était hébreu-araméen ; il est perdu, de même que la version grecque. On n'a qu'un fragment de traduction latine d’après le grec, fragment retrouvé par Ceriani dans un palimpseste de la bibliothèque Ambrosienne provenant de l’abbaye de Bobbio, et publié par lui dans ses Monumenta sacra et profana, Milan, 1861, t. 1, fasc. 1, p. 55-64. Fritzsche en ἃ donné une édition manuelle dans ses Libri apocryphi Veleris Testamenti, Leipzig, 1871, p. 700-730, précédée d’une bonne introduction, ibid., p. XxXxXII-XXXVI. — L'auteur met en scène Moïse, sur le point de quitter son peuple, s'entretenant pour la dernière fois avec Josué, et lui révélant le secret de la destinée que Dieu réserve à son peuple : l'établissement dans la Terre Promise jusqu’à la destruction du royaume d'Israël et de Juda ; la ruine de Jérusalem et du temple, la captivité de Babylone ; la restauration de la ville sainte et le second temple; les iniquités des Juifs de ces derniers temps, et leur chätiment par un roi cruel qui ne sera point de leur race, dont les deux fils lui succéderont, mais auront peu de temps à régner, car la fin des temps sera venue. Tel est le thème de cette œuvre päle et désolée. Il y a quelques divergences entre les criliques sur la date à assigner à la composition de l’Assomption de Moise. Il paraît cependant probable que nous avons affaire à une œuvre palestinienne, écrite par un antipharisien farouche, un zélote intransigeant, et postérieure, mais de très peu, à la mort d'Hérode le Grand (4 avant J.-C.), contemporaine des premières années du gouvernement d’'Hérode Antipas et de Philippe. Consulter Schürer, ouvr. cité, p. 630-638.

3° Quatrième livre d'Esdras, ou, si l'on veut, Apocalypse de l'an 97. — Cette œuvre si importante a été longtemps en circulation dans l'Église catholique : elle est citée dans l’épitre dite de saint Barnabé, par saint Irénée, Tertullien, Clément d'Alexandrie, saint Ambroise, par l’auteur anonyme del'Opus imperfectum in Matthæum attribué à saint Jean Chrysostome, par saint Jérôme, etc. Voyez Hilgenfeld, Messias Judæorum, Leipzig, 1869, p. LXII-LXX, et Schürer, ouvr. cité, p. 657-658. De ce que dit Hilgenfeld des traces dudit livre dans le Nouveau Testament, il n’y a rien à retenir. Le quatrième livre d’Esdras était écriten grec; le texte original est perdu, il n'en reste que quelques citations fournies par Clément d’Alexandrie. Mais on en possède une ancienne version latine publiée, ne prorsus interiret, dans les éditions de la Vulgate, et mieux par dom Sabatier, Bibliorum Sacrorum

APOCALYPSES APOCRYPIIES

latinæ versiones antiquæ, Paris, 1743, t. 11, p. 1069-1084; le texte de cette version, qui présentait une lacune grave, a été complété par Bensly, The missing fragment of the latin translation of the fourth book of Ezra, Cambridge, 1875. Il existe concurremment : ‘une version syriaque publiée en syriaque et en latin par Ceriani, Monumenta sacra et profanu, t. 1, fasc. 2, p. 99-124; τον, fase. 1, p. ἀ- 111; une version éthiopienne publiée par Laurence, Quarti Ezræ libri versio æthiopica, Oxford, 1820; une version arabe publiée par Gildemeister, Esdræ liber quartus arabice, Bonn, 1877; une version arménienne publiée en latin par Hilgenfeld, ouvr. cité, p. 378-433 ; une ancienne version allemande, découverte par W, Wal-ther, Die deutsche Bibelibersetzung des Mittelalters, Brunswick, 1889. Il nous manque une édition critique qui utilise tous ces textes différents, et surtout les manuscrits latins, qui sont loin d’avoir été sérieusement exploités. Nul doute que le texte que nous possédons et que nous devons à la tradition chrétienne n'ait été interpolé en plus d’un endroit par une main chrétienne.

Le livre peut être divisé en sections. Premièrement, une introduction, ch. 1-1; puis sept visions, @) 111-V, 20 ; b) v, Ql-vi, 34; c) vi, 30-1x, 26; d) 1x, 27-x, 60; 6) xI-xu; f) χα; g) x1v-xv1. « Ces visions, écrit M. Renan, affectent pour la plupart la forme d'un dialogue entre Esdras, supposé exilé à Babylone, et l'ange Uriel; mais il est facile de voir, derrière le personnage légendaire, le Juif ardent de l'époque flavienne, plein de rage encore à cause de la destruction du temple par Titus. Le souvenir de ces jours sombres de l'an 70 monte dans son âme comme la fumée de l’abime et la remplit de saintes fureurs. Un doute profond le déchire : pourquoi Israël, le peuple élu de Dieu, est-il le plus malheureux des peuples, et d'autant plus malheureux qu'il est plus juste? » L'ange Uriel répond à cette question douloureuse : Les mystères de Dieu sont impénétrables et l'esprit de l'homme borné. Puis le Messie va venir ; fils de Dieu et de la race de David, il va paraître au-dessus de Sion dans sa gloire, accompagné des personnages qui n'ont pas goûté la mort, Moïse, Énoch, Élie, Esdras lui-même. Il livrera de grands combats ‘contre les méchants. Après les avoir vaincus, il régnera quatre cents ans sur la terre avec ses élus. Au bout de ce temps le Messie mourra, et tous les vivants mourront avec lui. Le monde rentrera dans son silence primitif durant sept jours. Puis un monde nouveau apparaîtra ; la résurrection générale aura lieu. Le Très-Haut paraîtra sur son trône et présidera le jugement définitif, — Une vision spéciale, chap. ΧΙ et x11, est destinée, comme dans presque toutes les apocalypses, à donner d’une façon énigmatique la philosophie de l’histoire contemporaine. Un aigle immense, symbole de l'empire romain, étend ses ailes sur toute la terre et la tient dans ses serres. Il a six paires de grandes ailes, quatre paires d'ailerons et trois têtes. Les six paires de grandes ailes sont six empereurs. Le second d'entre eux règne si longtemps, qu'aucun de ceux qui lui succèdent n'arrive à la moitié du nombre d'années qui lui a été départi. C’est notoirement Auguste ; et les six empereurs dont il s’agit sont les six empereurs de la maison de Jules, César, Auguste, Tibère, Caligula, Claude, Néron. Les quatre ailerons sont les quatre usurpateurs ou anti-césars, Galba, Othon, Vitellius, Nerva, qui, selon l'auteur, ne doivent pas être considérés comme de vrais empereurs. Les trois têtes sont les Flaviens, qui dévorent les ailerons. La tête du milieu, la plus grande, est Vespasien ; elle meurt. Les deux autres, Titus et Domitien, règnent ; mais la tête de droite dévore celle de gauche, allusion à l'opinion populaire sur le fratricide de Domitien, et elle est tuée à son tour. C'est alors le règne de la dernière paire d’ailerons, Nerva. Le règne de cet usurpateur est court et plein de troubles; c'est moins un règne qu'un acheminement ménagé par Dieu pour amener la fin des temps. En effet, au bout de quelques instants, selon notre visionnaire, le dernier anticésar, Nerva,

disparaît ; le corps de l'aigle prend feu, les Romains sont jugés par le Messie et exterminés. Le peuple juif respire enfin. — « On ne peut guère douter d'aprés cela, conclut le même critique, que l’auteur n'ait écrit sous le règne de Nerva, règne qui parut sans solidité ni avenir, à cause de l'âge et de la faiblesse du souverain, jusqu'à l'adoption de Trajan (fin 97). Passé le mois de janvier 98, l'opinion de l’auteur sur la prochaine dissolution de l'empire ne se comprendrait plus. Un autre trait remarquable est celui-ci : l'auteur insiste à plusieurs reprises sur cette circonstance qu'Esdras a sa vision trente ans aprés la ruine de Jérusalem. L'auteur veut sans doute signifier par là que trente ans à peu près s'étaient écoulés depuis la catastrophe de l'an 70, » E. Renan, L'Apocalypse de l'an 97, dans la Revue des deux mondes, 1° mars 1875. Il faut dire que l'opinion précitée, qui fixe à la fin de l'an 97 la composition du quatrième livre d'Esdras, et qui est celle de Volkmar, n’est point reçue sans conteste. MM. Dillmann, Reuss et Schürer font le quatrième livre d'Esdras un peu plus ancien et le croient contemporain, non de Nerva (96-98), mais de Domitien (81-96). Schürer, ouvr. cité, p. 656-657.

On a relevé maintes fois la rare beauté littéraire du quatrième livre d'Esdras, encore qu'il soit esthétiquement inférieur au livre d'Énoch. Mais, plus répandu que le livre d'Énoch, surtout dans l'Église latine, il a eu une influence exceptionnelle sur la pensée populaire chrétienne du haut moyen âge, particulièrement sur la conception et sur la représentation des fins dernières. La liturgie romaine lui ἃ emprunté de beaux passages. L'admirable introït Accipite jucunditatem, de la messe du mardi de la Pentecôte, est tiré de IV Esdras, 11, 36-37 ; de même le verset Crastina die, de la vigile de Noël, XVI, 58; le répons Lux perpetua lucebit sanctis tuis, du Commun des martyrs au temps pascal, 11, 35 ; le Modo coronantur, du répons au seeond nocturne du Commun des Apôtres, 11, 45. L'Office des morts, qui dans son ensemble est une composition liturgique au plus tard du ὙΠ" siécle, lui doit, entre plusieurs autres textes, le verset Requiem æternam... et lux perpetua. τι, 34-35. Les visions du pseudo-Esdras n’ont pas la puissance de fiction de celles du pseudo-Énoch, ni leur originalité saisissante ; mais le pseudo-Esdras ἃ par endroits une éloquence tendre et comme évangélique, et sa vision du monde des morts a une onction consolatrice qui suffirait à expliquer le succès du livre auprès des âmes chrétiennes. Voici quelques versets du chapitre 11.

« La mère qui les avait enfantés leur a dit : Allez, mes fils, allez-vous-en, car je suis maintenant veuve et abandonnée. Je vous avais élevés dans la joie; je vous dis adieu dans le deuil et dans la douleur, parce que vous avez péché devant la face du Seigneur votre Dieu... Que pourrais-je pour vous ? Allez, mes fils, allez implorer la miséricorde du Seigneur... Et le Seigneur ἃ dit à Esdras : Parle à mon peuple; dis-lui que je vais lui donner le royaume de Jérusalem, et les tabernacles éternels... O mère, embrasse maintenant tes fils, et élève-les dans la joie !... O bonne nourrice, nourris tes enfants, et protège leurs premiers pas... Plus de fatigue pour tei, plus de jours d'angoisse et d’alarmes. D’autres pleureront et seront tristes : toi, tu seras dans la liesse et dans l’abondance. Les nations te jalouseront, mais elles ne pourront rien contre toi, dit le Seigneur. Mes mains te couvriront, pour que tes fils ne connaissent point la géhenne. Joie, joie, joie pour la mère; car ses fils qui dorment, je les raménerai des entrailles de la terre... Voici votre pasteur qui vient, il va vous donner le repos éternel. Il est là tout proche celui qui vient à la fin du siècle. Préparezvous au règne, car la lumière éternelle va briller pour vous dans l'éternité. L'ombre des siècles n'existe plus pour vous : recevez la joie de la gloire qui est vôtre..., les tuniques splendides du Seigneur... Et moi Esdras, je vis sur la montagne de Sion une foule immense que personne

| ne pouvait compter, et rous chantaient les louanges du Seigneur, Et au milieu d'eux il y avait un jeune homme, plus grand que tous, et qui sur la tête de chacun mettait une couronne. Et je demandai à l'ange : Qui sont ceuxlà, Seigneur ? Et il me répondit : Ce sont ceux qui ont échangé la tunique mortelle pour la tunique immortelle, et qui ont confessé le nom de Dieu ; maintenant ils sont couronnés et ils reçoivent des palmes. Et je dis à l'ange : Qui est ce jeune homme qui leur donne les couronnes et qui leur distribue les palmes ? Et il me dit : Celui-là est le Fils de Dieu, qu'ils ont confessé dans les siècles ! » Cf. A. Le Hir, Le quatrième livre d'Esdras, dans ses Etudes bibliques, Paris, 1869, t. 1, p. 139-950, et Kabisch, Das 1 Buch Esra auf seine Quellen untersucht, Güôttingen, 1889. '

% Apocalypse de Baruch, ou, si l'on veut,. Apocalypse de l'an 117. — On n'en possédait jusqu'à ces dernières années qu'un fragment (Ch. LXXVIII-LXXXVI), à savoir : la Lettre de Baruch aux dix tribus, publiée en syriaque dans la Polyglotte de Paris et dans la Polyglotte de Londres. Ceriani a retrouvé et publié le texte syriaque complet, Monumenta sacra et profana, t. τ. fase. 2, Milan, 1866, p. 73-98. Fritzsche a publié, d’après Ceriani, la traduction en latin dudit texte syriaque, dans ses Libri apocryphi Veteris Testamenti, Leipzig, 1871, p. 654-699. — La scène est dite se passer la vingt-cinquième année du règne de Jéchonias : Baruch y prophétise la ruine de Jérusalem de l’an 70, et la revanche messianique du peuple de Dieu, revanche déjà toute spirituelle, sans cependant aucun soupçon de millénarisme. Un court passage donnera une idée du ton brillant et mélancolique de tout le livre : « Et voici, une forêt d'arbres (il s’agit de l'empire romain) se dressait dans la plaine, et des montagnes sublimes, et des rochers inaccessibles l’entouraient, Et voici, en face une vigne grandit, et des racines de cette vigne s’échappait une source tranquille. L'onde s’épanchait et gagnait la forêt : ses flots grossirent, et ses flots inondérent la forêt, et ils en déracinérent les arbres, et ils couvrirent les monts à l’entour. Les faites des arbres furent humiliés, et les sommets des monts furent humiliés, et le flot devint si puissant, qu'il ne resta plus de toute la forêt qu’un cèdre, un grand cèdre, et celui-là même fut renversé. Plus rien... La place même n'était plus reconnaissable. Et la vigne s'avançait, portée sur les eaux paisiblement, paisiblement, et elle approcha des ruines du grand cèdre. Et voici, elle parla. Est-ce toi, disait-elle, ὃ cèdre resté seul de la forêt de malice, dans la main de qui la malice durait, et grandissait chaque année, et la bonté jamais ? qui t'enorgueillissais de ce qui n'était pas tien, et ne t’apitoyais pas sur ce qui était tien 3... et qui exaltais ton front toujours plus haut, comme si tu ne pouvais être jamais déraciné? Le temps s'est précipité. Ton heure est venue. Va-t-en maintenant, ὃ cèdre, va-t-en rejoindre la forêt qui n’est déjà plus. Deviens poussière avec elle, et que vos poussières se confondent. Reposez-vous ensemble dans votre chätiment, en attendant le dernier jour, où tu reviendras pour des châtiments plus cruels encore, Et voici, je vis le cédre qui flambait. Et cependant la vigne croissait, tout autour d'elle croissait, et la campagne se couvrait de fleurs immortelles. » ch. xxxVI-xxXvII. L'auteur dit encore : « Malheur à nous, qui avons vu les tribulations de Sion et les mauvais jours de Jérusalem ! Laboureurs, ne semez plus, et tci, ὁ terre, pourquoi donner encore des fruits ? Cieux, retenez votre rosée et n'ouvrez plus les trésors de la pluie ! soleil, garde le feu de tes rayons, et toi, à lune, éteins le faisceau de ta lumière : pourquoi y a-t-il encore de la l:mière, quand la splendeur de Sion est obscurcie ?.. Et vous, ὃ prêtres, prenez les clefs du sanctuaire, jetez-les vers le ciel, rendez-les au Seigneur et dites-lui : Garde ta maison, car voici, nous avons été des intendants infidèles. » ch. x. — Le calcul des semaines, suggéré par le chapitre ΧΧΥΠΙ, fait placer par M. Dillmann notre

Apocalypse sous le règne de Trajan (+ 117). D'après M. Renan, « tout se réunit pour la rapporter à la dernière année du règne de Trajan, à ce moment où les revers du grand capitaine en Orient firent croire aux Juifs que là fin de l'empire, tant de fois attendue, allait enfin venir. » Il est probable que le texte original était grec ; l’auteur pourtant appartenait au judaïsme orthodoxe de Palestine. Voir Renan, L'apocalypse de Baruch, dans le Journal des savants, 1877, p. 222-931 ; Schürer, Geschichte des jüdischen Volkes, t. 11, p. 638-645; Hilgenfeld, Die Apokalypse des Baruch, dans la Zeitschrift fi wissenschaftlische Theologie, 1888, p. 257-278; Kabisch, Die Quellen der Apokalypse Baruchs, dans les Jahrbücher für protestantische Theologie, 1891, p. 66-107.

5° Paralipomènes de Baruch, ou, si l'on veut, Apocalypse de l’an 136. — Le texte grec, qui est ici comme pour l'Apocalypse de Baruch le texte original, a été retrouvé et publié par Ceriani, Monumenta sacra et profana, t. V, fase. 1, Milan, 1868, p. 9-18; et à nouveau par Rendel Harris, The rest of the words of Baruch, Londres, 1889. Une version éthiopienne du méme texte avait été publiée par M. Dillmann dans sa Chrestomathia æthiopica, Leipzig, 1866. Le sujet est celui-ci : Jérémie, Baruch et leur ami Abimélech ont survécu à la prise de Jérusalem par les Chaldéens; Jérémie a suivi le peuple captif à Babylone ; Baruch, caché dans un tombeau près de la ville sainte, attend des jours meilleurs ; Abimélech, sorti de Jérusalem le matin qui a précédé la prise de la ville, s’est endormi sous un arbre et a dormi soixante-dix ans. Les soixante -dix ans révolus, il s’est réveillé et a appris le sort de Jérusalem. Aussitôt il se met à la recherche de Baruch; ensemble ils écrivent à Jérémie, au nom du Seigneur, que la captivité est le châtiment des iniquités d'Israël, mais que, si Israël consent à entendre la parole du Seigneur, le Seigneur fera cesser la captivité. Ordre est donné à Jérémie d'éprouver le peuple dans l’eau du Jourdain. Mais le peuple, conjuré par Jérémie d'abandonner les œuvres de Babylone, hésite : il n’y a qu'une moitié du peuple qui passe le Jourdain. Cette portion fidèle rentre seule à Jérusalem, où, avec Baruch et Abimélech, Jérémie monte au temple pour offrir un sacrifice. Jérémie meurt ce faisant, mais trois jours après il ressuscite et prophétise : « Glorifiez Dieu, dit-il, et le fils de Dieu, Jésus-Christ, » M. Rendel Harris ἃ vu dans cette Apocalypse une œuvre chrétienne, le «dernier adieu de l'Eglise à la synagogue ». C’est plus sûrement une œuvre juive interpolée. Écrite peu avant l'année 140 de notre ère, elle est destinée à préparer la restauration de Jérusalem par la conversion des Juifs toujours prévaricateurs. Voyez Schürer, Theologische Literaturzeitung, 1890, p. 81-83 ; Bulletin critique, 1890, p. 261-263.

6 Le livre d'Eldad et de Modad. — Sous le nom de ces deux personnages bibliques, Num., x1, 26-29, a circulé une Apocalypse juive citée par le Pasteur d'Hermas, Vis., 11, 3, édit. Gebhardt-Harnack-Zahn, p. 23, et peutêtre par saint Clément, ibid. Le catalogue stichométrique de Nicéphore attribue quatre cents stiques au Livre d'El dad et de Modad. Voyez Schürer, ouvr. cité, p. 673.

To Apocalypse d'Élie. — Cette Apocalypse est mentionnée par Origène, par saint Jérôme, par saint Épiphane. C'est à cette Apocalypse apocryphe juive que saint Paul aurait emprunté, s'il faut en croire Origène, le texte célèbre, 1 Cor., 1, 9: « Comme il est écrit : ce que l'œil n’a point vu, ce que l'oreille n’a point entendu ; » οἷ, s'il faut en croire saint Épiphane, le texte Eph., v, 54: « C’est pourquoi il dit : Lève-toi, toi qui dors. » On n'en ἃ aucune

autre trace, sinon dans le catalogue stichométrique de !

Nicéphore, qui la mentionne comme un livre de trois cent seize stiques. Voyez Schürer, ouvr. cité, p. 673-676.

8° Apocalypse de Sophonie. — Elle est citée par Clément d'Alexandrie seul : « Et l'esprit me saisit et me lransporta dans le cinquième ciel; et là Je vis les anges dominateurs. Ils avaient le diadème de l'Esprit-

Saint. Leur trône à chacun d'eux était plus splendide sept fois que la lumière du soleil à son lever. Ils habitaient le naos du salut. [ls louaient le Dieu ineffable, très haut, » Stromat., v, 11, τι 1x, col, 116. Le catalogue stichométrique de Nicéphore attribue six cents stiques à l’Apocalypse de Sophonie. Voyez Schürer, ouvr. cité, p. 676.

% Ascension d’Isaïe ou Vision d'Isaie. — De ce petit livre nous possédons actuellement : 1° une version éthiopienne publiée par Laurence (1819), et dont M. Dillmann a donné depuis une édition critique, Ascensio Isaiæ æthiopice et latine, Leipzig, 1877; 2 trois fragments d’une ancienne version latine, retrouvés, deux par le cardinal Mai (1828), le troisième par M. Gieseler (1832), et que M. Dillmann a réédités, ouvr. cité, p. 76-85 ; 3° enfin un remaniement grec découvert par M. von Gebhardt, et publié par lui dans la Zeitschrift fur wissenschaftliche Theologie, 1878, t. xx1, p. 330-353. L'A scension d’Isaïe est, d'après M. Dillmann, une œuvre composite dont il explique ainsi la formation : 1° Un récit du martyre d'Isaïe scié en deux avec une scie de bois, récit d'origine juive, qui daterait de la fin du 1er siècle de notre ère, et qui est connu de saint Justin, de Tertullien, d'Origène et de saint Ambroise. 2 L’Ascension d'Isaie proprement dite. La septième année du règne d'Ézéchias, Isaïe est ravi au ciel par un ange, il traverse successivement les six ciels et arrive de vision en vision jusqu'au septième, où la sainte Trinité se découvre à lui, et le Fils qui un jour s’incarnera. Ce serait une œuvre judéo-chrétienne et gnosticisante de la première moitié du second siécle, et celle-là même que, sous le nom d'Anabaticon ou Ascension d'Isaïe,nous voyons très en faveur chez les gnostiques valentiniens et archontiques, chez les Hiéracites, chez les Ariens même, plus tard encore chez les Priscillianistes, les Bogomiles et les Cathares. 3° Le récit juif et la vision chrétienne auraient été réunis en un seul opuscule par une main chrétienne, d'époque indéterminée, laquelle aurait ajouté le prologue et l’épilogue. 4° Une quatrième main chrétienne, seconde moitié du second siècle, aurait interpolé le tout et inséré les chapitres 11, 13-v, 1; x1, 2-22, et quelques autres moindres morceaux entachés de docétisme. Voir Dillmann, ouvr. cité, et, du mème, l’article Pseudepigraphen, dans la Realencyclopädie für protestantische Theologie, 2e édit., t. XII, p. 399-360. Voir aussi Schürer, ouvr. οὐδ, p. 683-687.

10° Apocalypse de Daniel. — Ce curieux petit livre a été étudié par M. Munk, par M. Zotenberg, plus récemment par M. James Darmesteter dans les Mélanges Renier, Paris, 1887, p. 405-490. C'est une histoire d'Israël, prophétisée par Daniel et qui s'étend du temps de Daniel à la venue du Messie. Daniel se lamente de voir le peuple dispersé ou captif, et Dieu le console en lui révélant l'avenir de ce peuple, la suite des rois futurs jusqu’à l'avènement des temps messianiques, l'arrivée de Gog et de Magog, le règne du roi impie Armilos, l'apparition du premier Messie, fils de Joseph, et sa mort inefficace, enfin l'apparition du Messie, fils de David et libérateur d'Israël, son règne terrestre, la résurrection des morts et le triomphe de la justice définitive. Ce livre, une sorte de targum, est en persan écrit en caractères hébreux : il a été composé par un Juif de Perse dans les premières années du xn® siècle, étrange témoin de la persistance des idées messianiques et de l’apocalyptisme chez les Juifs du moyen âge.

II. APOCALYPSES CHRÉTIENNES. — 1° Apocalypse de Moïse. — Ce petit livre a été publié en grec pour la première fois par Tischendorf, Apocalypses apocryphæ, Leipzig, 1866, p. 1-23, et par Ceriani, Monumenta sacra et profana, t. v, fase. 1, Milan, 1868, p. 19-24. Le titre que Tischendorf lui a donné est fort impropre. Le titre dans les manuscrits est : « Récit de la vie d'Adam et d'Êve nos premiers parents, révélé par Dieu à Moïse son serviteur lorsqu'il lui remit les tables de la loi, révélé par l'archange Michel. » Et ce titre lui-même ne correspond

point à la teneur du livre, où 11 n est question ni de Moïse | Cette Apocalypse gnostique serait le développement du

ni de révélations. Ce récit, imité, semble-t-il, du Testament des douze patriarches, est le récit, en partie fait par Ëve au lit de mort d'Adam, et sur son ordre, de la chute du premier couple, et, à la suite, celui de la mort d'Adam et de sa sépulture par les soins de Seth et des anges. Tischendorf y voyait une œuvre juive du rer siècle. C'est plutôt un roman de source juive, comme la Prière d'Aseneth, et, comme elle, des environs du ve siècle. Voir Le Hir, Études bibliques, t. 11, p. 111-120, et Schürer, ouvr. cité, p. 636.

% Apocalypse d'Esdras. — Esdras est ravi en présence de Dieu et l'interroge sur les fins dernières de

l'homme. Le texte grec de ce petit écrit a été publié par |

Tischendorf, Apocalypses apocryphæ, p. 24-33. On n’en connait point de traduction latine, mais une version syriaque publiée par F. Baethgen, dans la Zeitschrift für die altestamentliche Wissenschaft, 1886, p. 199-210; et une version arabe, par H. Gottheil, dans les Hebraica, Chicago, 1887, fascicule d'octobre, p. 14-17. C'est une œuvre chrétienne très médiocre, inspirée du Quatrième livre d'Esdras, et dont on ne saurait préciser la date, en toute hypothèse très tardive, ve-vine siècle. Voyez Fabricius, Codex apocryphus Novi Testamenti, Hambourg, 1719, p. 951-952, et Le Hir, ouvr. cité, p. 120-122.

3° Apocalypse de Pierre. — Ce serait là un document d'une très haute importance, à mettre sur le même rang que l'épitre de Barnabé ou que le Pasteur d'Hermas, et qui remonterait à la première moitié du second siècle. Le célèbre Canon de Muratori cite l'Apocalypse de saint Pierre à côté de celle de saint Jean : « Nous recevons seulement les Apocalypses de Jean et de Pierre que quelques-uns des nôtres ne veulent pas qu’on lise dans les églises. Très récemment le Pasteur,» etc., mettant ainsi les deux Apocalypses parmi les antilegomena apostoliques. Eusèbe de Césarée, au 1ve siècle, cite lui aussi l'Apocalypse de saint Pierre et la place parmi les spuria, avec les Acta Pauli, le Pasteur d'Hermas, la Didaché des Apôtres et l'Épitre de saint Barnabé, H. E., πὶ, 25, t. xx, col. 269. Sozomène, au commencement du siècle suivant, assure que l'Apocalypse de saint Pierre, « tenue pour apocryphe par les anciens, n’en était pas moins lue publiquement, une fois l'an, dans certaines Eglises de Palestine, c’est à savoir le Vendredi saint. » H. E., ὙΠ, 19, t. Lxvir, col. 1477. Le catalogue stichométrique de Nicéphore et celui du Codex claromontanus mentionnent encore l'Apocalypse de saint Pierre, et lui attribuent un nombre de stiques qui en font environ le quart de l'Apocalypse de saint Jean. Malheureusement nous n'en possédons plus que quelques fragments. Ils ont été réunis par Hilgenteld, Novum Testamentum extra canonem receptum, 188%, 1v, 71-74. Macarius Magnès, qui écrivait à la fin du 1ve siècle, cite de l'Apocalypse de Pierre un court passage concernant le jugement dernier. Clément d'Alexandrie en cite un autre plus explicite, où il est question du sort des enfants morts sans baptême, et où l’auteur enseigne qu'ils sont confiés dans l'autre monde à un ange nourrice, ἀγγέλῳ τημελούχῳ, chargé de les élever et de les amener à l’âge parfait, où ils bénéficieront d'une sorte de baptème posthume. C'est là une conception singulière et un conte de vieille femme, repris au commencement du 1v* siècle par Méthodius, mais qui ne paraît pas avoir eu d'autre source que l’Apocalypse de saint Pierre. On trouvera ces divers textes dans Hilgenfeld, ouvr. cité. Le fait d'avoir été si longtemps en circulation dans les églises orthodoxes prouve que l'Apocalypse de saint Pierre n'était pas une œuvre d'origine gnostique, mais catholique. Voir G. Salmon, À historical introduction to the study of the books of the New Testament, Londres, 1889, p. 560-564.

% Apocalypse où Ascension de Paul. — Saint Épiphane cite ce livre, ᾿Αναδατιχὸν Παύλου, comme propre aux gnostiques-caïnites, Hær., xxxVIN, 2, t. XLI, Col. 656,

passage, ΠῚ Cor., xt, 4, où saint Paul mentionne son ravissement au troisième ciel. Fabricius, Codex apocryphus Novi Testamenti, t. 1, p. 943-955.

5 Seconde Apocalypse de Paul. — Elle est distincte de l'Ascension de Paul dont on vient de parler, et mentionnée par saint Augustin, Tract. in Joa., 98, t. XXXIV- ΧΧΧΥ, col. 1885, et par l'historien Sozomène, 4, E., vi, 19, t. LxvVII, col. 1479, et condamnée par le catalogue gélasien. Le texte grec de cette Apocalypse a été retrouvé et publié par Tischendorf, Apocalypses apocryphæ, p. 34-69. On en signale une version syriaque encore inédite, Cette seconde Apocalypse de saint Paul est, comme la premiére, le récit de ce que vit l'Apôtre quand il fut ravi au troisième ciel, une Divine comédie de peu d'intérêt. Elle est postérieure à l'empereur Théodose (379-395), sous le règne de qui, dit la préface, le livre aurait été trouvé dans la propre maison de saint Paul à Tarse; elle ne saurait être postérieure aux dernières années du 1v° siècle. A s’en rapporter à Sozomène, ce serait une œuvre palestinienne. H. E., vu, 19, t. LxvI1, col. 1477. Voyez Tischendorf, loc. cit.; Le Hir, ouvr. cité, p. 122-129; Wright, Syriac literature, dans l'Encyclopædia Britannica, ἘΠ xxII, p. 826.

6° Apocalypse de Thomas, — mentionnée par le catalogue gélasien comme apocryphe, probablement gnostiquè,. Elle est perdue. Β

7 Apocalypse d'Étienne, — n'est connue que par la mention qu'en fait le catalogue gélasien comme d'un apocryphe, probablement aussi gnostique. Perdue.

80 Apocalypse apocryphe de Jean, — est citée par le scoliaste du grammairien grec Denys le Thrace (1x° siècle), et n'est mentionnée par aucun auteur antérieur à cette date tardive. Le texte grec de cette Apocalypse, publié par A. Birch, en 1804, a été réédité par Tischendorf dans une forme plus satisfaisante, Apocalypses apocryphæ, p. 70-94. Il en existe une version arabe signalée par Assemani, Bibliotheca orientalis, Rome, 1719, t. 11, p.t, p. 282, et qui n'a pas été étudiée. Le sujet de cette Apocalypse est une vision de la fin du monde, du jugement des hommes et de l'état des bienheureux dans le ciel, C'est une œuvre monotone et sans couleur, très päle imitation de l'Apocalypse canonique de saint Jean. Il y est question de la croix et des icones : on ne saurait y voir qu'une œuvre de basse époque, vie - vin siècle.

9 Seconde Apocalypse de Pierre. — Elle n'existe qu'en arabe et n’est probablement que d'origine arabe. Le texte arabe est inédit. Assemani, wbi supra, et Nicoll, Catal. codd. mss. orient. bibl. Bodleian, Oxford, 1821, 11, 1, 49, C. Tischendorf en ἃ donné l'argument, Apocalypses apocryphæ, p. XX-XXIV : c'est un pot-pourri de légendes et d’extravagances dans le goût arabe sur Adam, sur Noé, sur Abraham, sur Jésus, sur saint Pierre, sur les sept péchés capitaux, sur l'Antéchrist, etc. Cette pièce, d'un intérêt très médiocre, est sûrement antérieure au xINe siècle, car Jacques de Vitry en parle, à la date de 1218. M. Gutschmid, cité par M. Lipsius, y reconnaît des allusions à l'empereur Constantin Copronyme (+ 775), et à l'avènement d'Aboul-Abbas, le premier des califes Abbassides (750). Ce serait ainsi une œuvre syrienne du virie siècle. Voyez Lipsius, art. Apocalypses, dans le Dictionary of christian Biography, Londres, 1877, &. 1, p.131.

100 Apocalypse de Barthélemy, — n'existe qu'en copte et est encore inédite. M. Dulaurier, en 1835, en a publié et traduit un fragment assez brillant, d'après un manuscrit sahidique de la Bibliothèque nationale : sa traduction est reproduite par C. Tischendorf, Apocalypses apocryphæ, p. XxIV-xxvII. Ce ne saurait être qu'une œuvre de basse époque; mais, actuellement, il n'est pas possible d'en déterminer la date ni l'origine.

119 Apocalypse de Marie, — existe en grec et n'a pas encore été publiée. On en trouve quelques extraits dans C. Tischendorf, Apocalypses apocryphæ, p. XXVII-XXX.

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