APOCRYPHES (LIVRES) — APOLLINAIRE DE LAODICÉE
ces hommes. » Nous avons vu, à l’article des Apocalypses |
apocryphes, qu'un Livre des visions de Noé avait vraisemblablement servi de source à l’auteur du Livre d'Enock. — Saint Épiphane mentionne et décrit un Livre de Noria comme circulant parmi les Gnostiques sous le nom de Noria, femme de Noé, Contra hær., XXXNI, 1, t. XL, col. 332. — Clément d'Alexandrie signale un Livre de Cham, gnostique, Stromat., vi, 6, t. 1x, col. 276. Voir la légende gnostique de Cham mentionnée par saint Epiphane, Contra hær., XXxIX, 3, t. XLI, col. 668. — Le Livre de Lamech n'est connu que par le catalogue de Pitra. — Une Histoire de Melchisédech, mise dès avant le 1x* siècle sous le nom de saint Athanase, et dont on trouve le texte dans les Spuria athanasiens, Patr. gr., t. XXVHI, col. 525-530. Nous croyons cette pièce grecque, chrétienne, et du ve siècle environ. — Un Testament d'Abraham gnostique est signalé chez les Séthiens par saint Épiphane, Contra hær., ΧΧΧΙΧ, 5, t. XLI, col. 670. Nous en possédons le texte grec. Voyez M. Gaster, The Apocalypse of Abraham, dans les mémoires de la Society of biblical Archæology, Londres, 1888, t. 1x, p. 195 et suiv. — Une Ascension de Jacob est signalée par saint Epiphane chez les Ébionites, Contra hær., xxx, 16, τ. xLI, col. 432. Mais il se pourrait que le héros de cette Ascension füt, non point Jacob le patriarche, mais saint Jacques « frère du Seigneur. » — Un Testament des trois patriarches, Abraham, Isaac, Jacob, est mentionné, au 1ve siècle, dans les Constitutions apostoliques, νι, 16, Patr. gr., t. 1, col. 953, et dans le Testament des douze patriarches, xu, 10. Il en existe une version arabe dont on annonce la prochaine publication, conjointement avec le texte grec du Testament d'Abraham, par M. James, de Cambridge. — On conjecture que le Livre d'Ogias était l'histoire du roi de Basan, Og, dont il est question dans le Livre des Nombres. Num., XXI, 33-35. Cet apocryphe n'est mentionné que par le catalogue gélasien, à moins qu'il ne soit le même que le livre intitulé Geste des géants, à τῶν yrya@vrwv Πραγματεία, apocryphe manichéen mentionné au vie siècle par Timothée de Constantinople, dont il sera question plus loin. — Origène avait en mains un apocryphe gnostique juif intitulé Prière de Joseph, perdu. J'ai résumé tout ce qu'on en sait dans mes Studia patristica, p. 16-18. — La Prière de Joseph était différente de la Prière d’Aseneth que j'ai publiée, Studia patristica, p. 1-115, et qui est un apocryphe chrétien du ve siécle, fait d'après une source juive. — Un article spécial sera consacré au TESTAMENT DES DOUZE PATRIARCHES.
8. Livres apocryphes concernant les prophètes. — Origène cite un Livre de Balaum dans son Contra Celsum, 1, 60 et xvur, 108, t, x1, col. 769. De même l'auteur de l'Opus imperfectum in Matth., 2, Patr. gr., t. τὶς col. 637. — La Pénitence de Jamné et de Mamibré, les deux magiciens égyptiens d'Exod., νι, 11, est citée par Origène, Comment. ser. in Matth., 117, t. ΧΙ, col. 1769 ; cf. II Tim., 11, 8 — Le Testament de Job, que men-
tionne le catalogue gélasien, a été publié par le cardinal Mai, Scriptorum veterum nova collectio, Rome, 1825- 1838, τὶ vi, p. 180-191. Ce texte grec, où est racontée, avec l'histoire de Job, celle de ses trois filles, est un récit chrétien empreint de gnosticisme : il pourrait remonter au 1115 siècle. Il n'a encore été étudié par personne,
9. Livres apocryphes ecclésiastiques. — Le Livre de Népos, Liber Nepotis, du catalogue gélasien, est, conjecture-t-on, à identifier avec quelque œuvre de cet évêque égyptien du me siècle qui s'appelait Népos, et dont Eusébe nous apprend qu'il avait composé un recueil de psaumes chrétiens, lesquels jouirent longtemps d'une grande vogue
. dans les églises de l'Egypte intérieure. Népos était millé-
nariste. Eusèbe, H. E., vit, 2%, τ, xx, col. 692. — Les Sorts des Apôtres ne sont pas connus autrement que par la mention du catalogue gélasien ; de même la Louange des Apôtres. Voir Lipsius, Die apokryphen Apostolgeschichten, t. 1, p. 34 — Le Livre des Proverbes, cilé par le catalogue gélasien, n’est autre que le recueil des sentences du pythagoricien Sextus. On sait que cet ouvrage fut tra-
| duit au 1ve siècle par Rufin, comme étant du célèbre pape
martyr Sixte II, erreur grossière qui fit pour une bonne part la fortune du livre. On en a une version syriaque, la version latine de Rufin, et le texte original grec publié dernièrement, avec le latin en regard, par M. Ant. Elter dans l'Index scholarum de l’université de Bonn, 1891- 1892. Voir principalement 4. Gildemeister, Sexti sententiarum recensiones, Bonn, 1873. — La Pénitence d'Origène du catalogue gélasien est à identifier avec le petit traité intitulé Planctus sive lamentum Origenis translatum ab Hieronymo presbytero, lequel est aussi peu d'Origène que de saint Jérôme. On en trouvera le texte dans l'édition par Merlin des œuvres d'Origène, Paris, 1512; dom Delarue, reproduit par Migne, ne l'a pas donné. — La Pénilence de Cyprien du catalogue gélasien est vraisemblablement cette confession de saint Cyprien le magicien, martyrisé avec sainte Justine à Damas, sous Dèce, confession qui forme le second des trois livres des Acta Cypriani et Justinæ, publiés par Martène et Durand, Thesaurus novus anecdotorum, Paris, 1117. t. πὶ, p. 1629 et suiv. — Le livre du Fondement du catalogue gélasien est, croit-on, un livre manichéen; de même et plus sûrement le livre du Trésor, lequel est cité comme tel, sous le titre de Trésor de la vie, ὁ Θησαυρὸς τῆς Lure, par Timothée de Constantinople. Patr. gr., &. LxXXxvI, p. », col. 21. Rappelons en eflet que les Manickéens n'étaient pas rares à Rome à la fin du ve siècle : dans la notice consacrée à saint Gélase par le Liber pontificalis, il est rapporté que ce pape « trouva des Manichéens dans la ville de Rome, qu'il les en fit expulser, et qu'il fit brüler leurs livres devant les portes de la basilique de Sainte-Marie-Majeure. » Liber pontificalis, édit. Duchesne, t. 1, p. 255. Le Fondement et le Trésor seraient de ces livres.
On peut consulter avec fruit l’article de M. Dillmann, Pseudepigraphen, dans la Realencyclopädie für protestantische Theologie, t. x11, p. 341-3067, Leipzig, 1883. M. Dillmann ἃ une grande autorité dans la matière ; mais sa dissertation commence d'être ancienne. Le livre de M. William Deane, Pseudepigrapha, Edimbourg, 1891. ne traite que de quelques apocryphes et n'a pas grande valeur. Le meilleur livre à signaler est peut-être celui de O. Zückler, Die Apokryphen des A. T., nebst einem Anhang über die Pseudepigraphenliteratur, Münich, 1891. Un article spécial est consacré chaque année aux publications concernant les apocryphes dans le Theologischer Jahresbericht que publie, depuis 1880, M. Lipsius. Voyez aussi E. Kozak, Bibliographische Uebersicht des biblisch-apokryphen Literatur bei den Slaven, dans les Jahrbücher für protestantische Theologie, 1891, p. 127-158 ; travail important. P. BATIFFOL.
APOLLINAIRE DE LAODICÉE (1v: siècle). Deux