‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 381 sur 474 · APOLLONIUS · texte numérisé non relu

APOLLONIUS

teur du premier livre des Machabées; mais les critiques !

rationalistes eux-mêmes reconnaissent, d'après l'ensemble

des faits, que l’auteur des Antiquités judaiques s'est |

trompé, et que Jonathas soutenait le parti d'Alexandre Ler Balas, non celui de Démétrius II Nicator. Voir W. Grimm, Handbuch zu den Apocryphen, 85 part., 1853, sur I Mach., x, 69, p. 164; E. Schürer, Geschichte des judischen Volkes, 2e édit., 1800, t. 1, p. 181.

2. APOLLONIUS, fils de Gennée, général d'Antiochus V Eupator, roi de Syrie, vers 163 avant J.-C, IL fut laissé en Judée par Lysias, avec Timothée et quelques autres qui continuérent la guerre contre les Juifs. 11 Mach., ΧΙ, 2.

3. APOLLONIUS, fils de Mnesthée, ambassadeur du roi de Syrie, Antiochus IV Épiphane, à la cour de Ptolémée VI Philométor, roi d'Égypte. II Mach., 1v, 21. C'est probablement le même qu'Antiochus IV avait envoyé à Rome à la tête d'une ambassade. Tite Live, xuir, 6. En 173, Épiphane lui donna la mission d’aller en Égypte, féliciter en son nom Ptolémée VI de son avénement au trône. On croit communément que cet Apollonius est « le chef des tributs »,&oywv φορολογίας, qui fut chargé de lever les impôts en Judée, I Mach., 1, 30 (grec, 29), celui que l’auteur du second livre des Machabées, v, 24, appelle «l'odieux chef Apollonius », moins sans doute à cause de ses exactions que parce qu'il ne négligea rien pour anéantir la religion mosaïque. Antiochus IV Épiphane, à son retour de sa dernière campagne d'Égypte, vers la fin de l’an 168 avant J.-C., l'envoya avec une armée à Jérusalem, pour « helléniser » la Palestine. Voir ANTiocHus IV, col. 697. Le fils de Mnesthée dissimula perfidement ses intentions, et, profitant du repos du sabbat, pendant lequel es Juifs ne croyaient pas légitime de prendre les armes et de se défendre, il pilla la cité sainte et fit un grand carnage de ses habitants. I Mach., 1, 30-34 (grec, 29-32) ; II Mach. v, 24-26. Le général ennemi assura en même temps la position des Syriens à Jérusalem en s’établissant fortement dans la cité de David. I Mach. 1, 35-37 (grec, 33-35). La persécution contre les Juifs fidèles éclata alors avec violence. Mais ces excès firent naître un grand mécontentement et provoquèrent une vive irritation parmi le peuple; ils amenérent la révolte ouverte de Mathathias et fortifièrent 16 parti de Judas Machabée. 1 Mach., 1, 65-67 (grec, 62-64) ; 11, 1-48; II Mach., v, 27. Apollonius, voyant que le nombre des hommes qui se réunissaient autour du fils de Matha-

thias grossissait tous les jours, résolut de frapper un grand | coup ; il rassembla une armée composée des peuples paiens

du voisinage et des Samaritains, dont il était gouverneur. Josèphe, Ant. jud., XII, v, 5; vu, 1. La bravoure des Juifs triompha de cette multitude; ils se précipitèrent au-devant d'Apollonius, le battirent et le tuérent. Judas Machabée s'empara de son épée et s'en servit désormais dans les combats qu'il continua à livrer pour l'indépendance de sa patrie. 1 Mach., 111, 10-12.

4. APOLLONIUS, fils de Tharsée, gouverneur de la Caælésyrie et de la Phénicie sous Séleucus IV Philopator. ΤΠ Mach., 111, 5-7. A l’instigation de Simon, intendant du temple de Jérusalem, Apollonius conseilla à Séleucus IV de s'emparer du trésor du temple. Le roi de Syrie, qui avait besoin de grandes sommes d'argent pour payer aux Romains le tribut écrasant imposé à son père Antiochus ΠῚ le Grand, I Mach., vin, 7, envoya Héliodore à Jérusalem avec ordre de lui rapporter tout ce qu'il trouverait dans 16 temple; mais un miracle l'empêcha de remplir sa mission. ΠῚ Mach., 11, 7-40, À la suite de cet événement, Apollonius prit des mesures violentes contre les Juifs, mais l’auteur sacré ne nous appren1i rien de plus de son histoire. II Mach., τν, 4. F. Vicouroux.

APOLLOPHANÉS (Septante : ᾿Απολλοφάνης)}» chef

— APOLOGUE 778 des troupes d'Antiochus Eupator, avec Chæréas et Timothée, fut tué dans la forteresse de Gazara, prise par Judas Machabée, II Mach., x, 37.

APOLLYON, nom grec de l'ange ou démon de l'abime, appelé en hébreu Abaddon. Apoc., 1x, 11, Voir ABADDON.

APOLOGUE. L'apolosue est « l'exposé d'une vérité morale sous une forme allégorique » (Littré), ou, ce qui revient au même, «un récit allégorique qui contient une vérité morale facile à saisir sous la transparence du voile dont elle est couverte. » Gérusez, Cours de littérature, re partie, p. 69. L'apologue ou fable est originaire de l'Orient. On ἃ trouvé des fables dans les tablettes cunéiformes de l'Assyrie et dans les papyrus de l'Égypte. G. Smith, The Chaldæan Account of Genesis, in-8, Londres, 1876, p. 137-152; E. Revillont, Cours de droit égyptien, in-8, Paris, 1884, t. 1, p. 21-95. Les plus célèbres auteurs qui ont cultivé ce genre littéraire sont, en dehors de la Bible, l'Indien Pilpai, ou Bidpay, ou Vichnou-Sarma, qui écrivit des fables en sanscrit, selon les uns 2000 ans, selon d’autres 250 ans seulement avant J.-C.; l'Arabe Lokman, qui aurait vécu entre l’époque d'Abraham et celle de David; le Phrygien Ésope, le fabuliste latin Phèdre, et enfin notre La Fontaine. L'apologue se présente, dans la Bible, sous diverses formes que nous allons énumérer.

19 Apologues prétant la raison et la parole aux êtres qui ne les ont pas. — Le plus ancien apologue connu, en dehors des apologues égyptiens et chaldéens, se lit au livre des Juges, 1x, 8-15. Abimélech, fils de Gédéon, voulant se faire reconnaitre comme seul chef à Sichem, fit périr tous ses frères, à l'exception de Joatham, le plus jeune, qui réussit à se cacher. Quand le meurtrier eut été proclamé roi, Joatham se rendit au mont Garizim, et de là s’adressa en ces termes aux Sichimites : « Écoutez-moi, gens de Sichem, et que Dieu vous écoute de même! Les arbres s'en allérent pour se sacrer un roi, et ils dirent à l'olivier : Sois notre chef. L'olivier répondit : Que j'abandonne mon huile, dont se servent les dieux (princes) et les hommes, et que j'aille me balancer au-dessus des arbres? Je ne le puis. Les arbres dirent alors au figuier Viens et reçois le pouvoir de régner sur nous. Le figuier leur répondit : Que j'abandonne ma douceur et mes fruits si suaves pour aller me balancer au-dessus des autres arbres? C’est impossible. Les arbres s'adressèrent ensuite à la vigne : Viens et sois notre chef. Elle leur répondit : Que j'abandonne mon vin, qui réjouit Dieu et les hommes, pour me balancer au-dessus des autres arbres? Impossible. Tous les arbres dirent alors au buisson : Viens et règne sur nous, Le buisson leur répondit : S'il est bien vrai que vous m'établissez votre roi, venez et reposezvous à mon ombre. Mais si vous ne le voulez pas, que le feu jaillisse du buisson et dévore les cèdres du Liban. » Joatham tira lui-même la moralité de son apologue : Les Sichimites se sont donné pour roi ce qu'il y a de pire; mais bientôt ils n'en voudront plus, et le feu sorti du buisson les consumera tous. Ayant dit, Joatham s'enfuit: L'événement ne tarda pas à lui donner raison, — Quand Amasias, roi de Juda, voulut entrer en rapports avec Joas, roi d'Israël, celui-ci lui répondit par cet apologue mortifiant : « Le chardon du Liban envoya dire au cèdre du Liban : Donne ta fille en mariage à mon fils. Mais les bêtes de la forêt qui sont sur le Liban passèrent et foulérent aux pieds le chardon. » Joas ajoutait, en guise de morale : « Tu as frappé Édom, tu l'as vaincu, et l'orgueil a gonflé ton cœur : contente-toi de ta gloire et reste dans ta maison. » IV Reg., x1v, 9, 10. Amasias ne s'en contenta pas et s’attira le sort du chardon. — A ce genre d’apologue se rattache la lamentation d'Ézéchiel sur les princes d'Israël : « Ta mère la lionne s'est couchée au milieu des lions; elle a nourri ses pelits au milieu des

lionceaux. Elle ἃ fait croître un de ses lionceaux, et il est

devenu lion. Il ἃ appris à saisir -la proie et à dévorer |

l'homme, Les nations ont entendu parler de lui, l'ont capturé dans leur fosse et l'ont emmené enchaîné dans la terre d'Égypte. A cette vue, elle défaillit, et son espérance fut ruinée. Elle prit un autre de ses lionceaux et en fit un lion. Il allait au milieu des lions et devint lion. Il apprit à saisir la proie et à dévorer des hommes, à faire des veuves et à changer des villes en désert. Le pays et tous ses habitants furent effrayés du bruit de son rugissement. De toutes les provinces, les nations s'assemblèrent contre lui, tendirent sur lui leurs filets et le capturèrent dans leur fosse. On le mit en cage, et on l'emmena enchaîné au roi de Babylone. On l'enferma dans une citadelle, de sorte qu'on n'’entendit plus sa voix sur les montagnes d'Israël. » Ezech., x1x, 2-9. Cette lionne est la nation juive ; le premier lion est Joachaz, déporté en Égypte, et le second, Jéchonias, déporté à Babylone.

2 Apoloques mettant en scène les actes ou les choses de la vie ordinaire. — C'est de cette seconde sorte d'apologues que Notre-Seigneur s'est si merveilleusement servi sous le nom de paraboles. Voir PARABOLES. Le plus frappant, dans l'Ancien Testament, est celui que le prophète Nathan est venu raconter à David, pour le faire rentrer en lui-même : « Il y avait dans une ville deux hommes, l'un riche et l’autre pauvre. Le riche possédait des brebis et des bœufs en grand nombre; le pauvre ne possédait rien qu'une petite brebis qu'il avait achetée et nourrie, Elle avait grandi chez lui, en même temps que ses enfants, mangeant de son pain, buvant à sa coupe et dormant sur son sein. Elle était pour lui comme une fille. Or un étranger vint chez le riche, et celui-ci se garda bien de toucher à ses brebis et à ses bœufs pour offrir un festin à l'étranger qui lui était arrivé; mais il s'empara de la brebis du pauvre homme, et en prépara des mets pour celui qui était venu chez lui. » II Reg., xt, 1-4. A ce récit, le roi fut indigné contre le riche; le prophète lui lança alors la terrible apostrophe : « Cet homme, c'est toi! » — Dans tous les exemples précédents, l’apologue vise un fait particulier indiqué dans le contexte. D’autres fois, l'application de l’apologue est plus générale. Ainsi en est-il dans cet exemple tiré de l'Ecclésiaste, 1x, 14-16: @ Il y avait une petite forteresse. Peu d'hommes l'occupaient. Contre elle s’avança un grand roi; il l'investit et dressa contre elle de puissantes machines de guerre. Mais il S'y rencontra un homme pauvre et sage, qui la sauva par sa sagesse, Cependant jamais personne n'avait songé à ce pauvre. Je le déclare donc, la sagesse vaut mieux que la force; mais on méprise la sagesse du pauvre. » Le génie hébreu cherche toujours l’image et l'action dans l’expression de la pensée. Aussi, à côté de quelques apologues développés dans la Bible, en trouve-t-on beaucoup d'autres qui ne sont qu'ébauchés ou indiqués. Telles sont les allégories du festin de la sagesse, Prov., IX, 1-5, et de la vigne, Is., v, 1-6; Ezech., xix, 2-9, dont Notre-Seigneur fera des paraboles complètes. Herder dit avec raison : « La plupart des sentences des Orientaux.. ne sont, pour ainsi dire, avec leurs images et leurs allégories resserrées, que des fables en abrégé. » De la poësie des Hébreux, ue partie, ch. 1, 3, trad. Carlowitz, in-8°, Paris, 1855, p- 272. Les livres sapientiaux sont riches en éléments de ce genre. L'exemple de la fourmi, proposé au paresseux, Prov., vi, 6-8, est presque une petite fable. La sentence : « Ne fais pas voler tes yeux après ce qui n'est rien; car cette apparence se fera des ailes, comme l'aigle, et s’envolera vers le ciel, » Prov., XXII, 5, fait penser à plusieurs apologues de La Fontaine; il en est de même de cette autre : « Celui qui observe le vent ne sème point, et celui qui interroge les nuées ne moissonne point. » Eccli., x1, #. Enfin la fable du pot de terre et du pot de fer est tout entière dans ce verset : « Comment le pot de terre peut-il s’associer au chaudron ? Quand ils se heurteront, il sera brisé. » Eccli., ΧΠῚ, 3.

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