‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 40 sur 474 · ABEILLE — ABEL · texte numérisé non relu

ABEILLE — ABEL

Le nom hébreu de l'abeille était employé par les Israélites comme nom de femme. Voir DÉBORA.

1. ABEL (hébreu: Hébel; Septante : "A6e)), second fils d'Adam et d'Êve. Les rabbins et, à leur suite, les Pères et les commentateurs ont donné à ce nom le sens de « souffle, vanité », cf. Eccle., 1, 2, ou de « deuil ». Adam et ἔνθ auraient ainsi appelé leur fils par une sorte de vue prophétique ou par un simple pressentiment de sa mort prématurée. Payne Smith et d’autres modernes rejettent cette explication gratuite, et lui en substituent une autre, qui n'a aucun fondement dans le texte biblique : d'après eux, le second fils d'Adam aurait porté de son vivant un autre nom, dont nous ne trouvons de trace nulle part, et on lui aurait donné ce nouveau nom ou ce surnom d’Abel seulement après qu'il aurait disparu comme un souffle ou une vapeur. Ces explications et d’autres encore, tirées de la même étymologie, manquerit de vraisemblance et de solidité, et ont en outre le défaut de faire d'Abel un nom abstrait, et par conséquent une exception unique, un cas ἡ isolé au milieu des noms de la famille d'Adam, qui sont tous des appellatifs concrets.

Le déchiffrement des inscriptions assyriennes nous a révélé le vrai sens de ce nom, en nous en fournissant une interprélation philologique aussi simple que satisfaisante. Nous trouvons dans ces inscriptions le mot « Habel » sous la forme hablu, habal, et avec la signification de « fils ». C’est avec le même sens que ce mot entre dans la composition de noms propres célèbres : Assur-ban-habal (Sardanapale), Tuklat-habal-asar (Téglathphalasar), etc. On ne peut pas dire que c'est là une ressemblance fortuite, telle qu'on en constate parfois entre deux langues étrangères l’une à l’autre. L'assyrien et l’hébreu sont deux langues sœurs; chacune d'elles ἃ même avec l’autre plus d’affinité qu'avec les autres membres de la famille sémitique. En effet, l’assyrien n’est, sauf de légères différences, que l’ancien chaldéen apporté dans la vallée du Tigre par les émigrants ou les conquérants venus de la vallée de l'Euphrate; or c'est dans la Chaldée qu’Abraham et ses ancêtres ont parlé l’hébreu dans sa forme ancienne.

Il fallait donc s'attendre à rencontrer dans ces deux idiomes de nombreux éléments communs, et à voir tel mot perdu par l’un des deux dialectes et conservé par l’autre. C'est ce qui est arrivé. On trouvera dans M. Vigouroux, La Bible et les découvertes modernes, 5° édit., t. 1, p. 403 et suiv., une longue liste de ces noms communs aux deux langues; habal, « fils, » y représente l’hébreu habel, supplanté dans l'usage de cette dernière langue par son synonyme ben. Il est même à remarquer que la parenté, qu'on ne conteste pas entre certains de ces mots assez différents par leur orthographe, est encore plus visible et plus incontestable pour habal et habel, hébel, entre lesquels il y a identité plutôt que ressemblance. On ne saurait donc récuser cette étymologie.

Nous ignorons à quelle époque naquit Abel. Voici tout ce que la Genèse nous apprend de lui. Il fut le frère cadet de Caïn, et il devint pasteur de brebis, tandis que Caïn son frère cultiva la terre. Gen., 1v, 2. Or, après bien des jours (hébreu : « à la fin des jours; » peut-être après la récolte), Caïn offrit au Seigneur des fruits de ses champs; Abel, de son côté, « lui offrit des premiers-nés de son troupeau et de leur graisse. Et le Seigneur regarda favorablement Abel et ses présents. » Gen. ιν, 3-4. Saint Paul nous dit que c'est sa foi qui rendit Abel si généreux dans son offrande, et qu'à cause de cette foi Dieu témoigna qu'il agréait ses présents. Hebr., x1, 4.

De quelle manière Dieu manifesta-t-il sa complaisance pour Abel et l'acceptation de ses dons? D’après la version de Théodotion, ce fut en les embrasant d’un feu céleste : ἐνεπύρισεν. La plupart des Pères sont de ce sentiment ; d’autres disent que c’est par les bénédictions répandues sur les biens d'Abel que Dieu rendit ce témoignage dont parle saint Paul. Quel qu'ait été le signe de cette accep-

lation, le S garda pas, Οἱ s Caïn et ses présents.

Caïn en fut vi ὦν IV, Ὁ, La jalousie qu'il éprouva à l'égar ui fit hair, et il laissa cette haine grandir dans son cœur, au mépris d'une paternelle remontrance de Dieu. Gen., 1v, 5-7. Un jour, ayant attiré son frère dans la campagne, il se jeta sur lui et le tua. C'est ainsi que la mort, entrée dans le monde par le péché d'Adam, Rom., v, 12, y fit sa première apparition dans la personne de l'un de ses fils, Abel, victime du péché de l’autre. Le Seigneur demanda aussitôt au meurtrier compte de ce sang innocent, et il le punit de son crime en le maudissant et en le condamnant à une vie triste et errante, afin de faire comprendre aux hommes qu'ils n’ont aucun droit sur la vie de leurs semblables.

L'Écriture ne nous parle pas de la postérité d'Abel; ce silence ne prouverait pas toutefois qu'il n'ait pas été marié et qu’il soit demeuré vierge, ce qui est affirmé par cer“ tains Pères et nié par d'autres; ou que, ayant été marié, il n'ait pas eu d'enfants. Il aurait pu laisser des filles sans qu'il en ait été fait mention, les femmes restant en dehors des généalogies bibliques, ou même des fils morts soit avant lui, soit au moins avant la naissance de Seth. Mais il n'avait pas laissé d'enfant mâle qui vécüt encore lorsque Seth vint au monde, car ἔνθ n'aurait pas dit en ce moment : « Le Seigneur m'a donné une autre postérité à la place d’Abel, que Caïn a tué, » Gen., 1v, %, et le verset suivant ne nous montrerait pas le troisième fils d'Adam comme le père d’Énos et le premier anneau de la chaine des patriarches. Gen., 1v, 26; cf. v, 3-9.

Il n’est plus question d’Abel dans tout l'Ancien Testament; mais il lui est fait une place assez large dans le Nouveau, auquel il semble appartenir plus particulièrement par le caractère figuratif et typique de sa vie et de sa mort. Les Péres l'ont toujours regardé comme une figure de Jésus-Christ, S. Augustin, Opus imperf. cont. Julianum, νι, 27, t. xLv, col. 1575; et, en effet, sa vie innocente, sa qualité de pasteur, l'envie fraternelle que sa vertu excite, cf. Matth., xxvi1, 18, son sacrifice agréé de Dieu, sa mort souflerte pour la justice, cf. Joa., x, 32, sont autant de traits de ressemblance avec le Sauveur du monde, C’est sans doute parce que ces traits si frappants constituent une sorte de prophétie en action, et peut-être aussi parce que la foi d’Abel, louée par saint Paul, Hebr., XI, 4, lui avait révélé en quelque manière la signification mystérieuse de son sacrifice, que Jésus-Christ le met au rang des prophètes, comme on le conclut de Matth., ΧΧΠῚ, 31-35, et de Luc, x1, 49-51. Voir Maldonat, In Matth., xx, 35. Saint Paul confirme la signification figurative de la mort d’Abel par le contraste qu'il signale entre les effets de cette mort et les effets de celle de Jésus-Christ : Le sang d’Abel crie vers Dieu pour demander vengeance, Gen., ιν, 10; le sang de Jésus crie pour implorer la clémence et le pardon. Hebr., x11, 24.

Figure de Jésus-Christ, Abel est encore le type de l'Église militante, parce qu'il inaugura le martyre par une mort qui fit de lui les prémices de cette Église, et parce qu'en Abel persécuté commença la cité de Dieu, de même qu'avec Cain persécuteur commença la cité du mal. Voir .S. Augustin, Enarr. in Psal. CxLu, 3, t. xxXVIH, col. 1846. C'est ce qui ressort du reproche que Jésus-Christ fit un jour aux Juifs d'avoir versé le sang d’Abel par les mains de Caïn, animé du même esprit d'envie qui les excitait eux-mêmes contre le Messie : « Remplissez, leur dit-il, la mesure de vos pères.., afin que vienne sur vous tout le sang innocent qui ἃ été répandu sur la terre, à commencer par le sang du juste Abel, » Matth., ΧΧΠΙ, 32-35 ; c'est-à-dire : consommez par l'eflusion de mon sang l'œuvre d'iniquité commencée par l'effusion de celui d'Abel, Il leur montrait ainsi Abel comme le type des martyrs et la première victime de la lutte incessante entre le bien et le mal. Saint Jean est encore plus explicite : « Voici, dit-il, le signe manifeste des enfants de Dieu et des enfants du

ABEL — ABELARD 30 diable. » Joa,, 11, 10, Or ce signe est, d'une part, l'arnour de ses fréres; de l'autre, la haine dont Caïn a donné

l'exemple, car « il était du malin, et il tua son frère. Et pourquoi l’a-t-il tué? Parce que ses œuvres étaient mauvaises, et que celles de son frère étaient bonnes », 41-12, Par conséquent, c'est à cause de sa foi et du bien qu'elle lui faisait accomplir, Hebr., x1, #4, qu'Abel fut mis à mort par Caïn. C'est donc à bon droit que les Péres lui ont donné le titre de martyr. Outre saint Augustin, cité plus haut, voir saint Cyprien, Epist. νι ad Thibaritanos, 5; De bono patientiæ, 10, t. 1v, col. 353, 629, et saint Chrysostome, Orat. ὙΠ cont. Judæos, 8, t. xLvInr, col. 939.

Abel, dont le nom n'avait jamais été prononcé dans la suite de l'histoire de l'Ancien Testament, ne cesse plus d'être présent à la pensée de l'Église, depuis que Jésus- Christ et les Apôtres ont rappelé le souvenir et révélé le sens de son sacrifice et de sa mort. Les premiers artistes chrétiens représentérent ce sacrifice sur les sarcophages; l'Évangile et les Épîtres mettent constamment le nom d’Abel sous les yeux des fidèles; les prêtres le lisent tous les jours au canon de la messe, où le sacrifice d'Abel est mentionné avec ceux d'Abraham et de Melchisédech; enfin, dans les prières des agonisants, le premier protecteur invoqué en faveur de l'âme qui va quitter le monde est celui de « saint Abel ». E. Pauis.

2. ABEL, nom de lieu, est différent, dans le texte original, d’Abel, nom propre. Ce dernier est écrit 527, Hébel, et le premier, au contraire, ὅν, ’Abél, mot qui vient d'une racine signifiant « être humide, verdoyant » , et désigne une « prairie, un endroit couvert de gazon ». Abel désigne donc des localités remarquables par leur verdure et leur fertilité, et il entre dans la composition de plusieurs noms de villes, qui sont distinguées les unes des autres par l'addition d'un ou de plusieurs mots. — La Vulgate appelle Abel, Jud., χι, 33, la localité nommée dans le texte original ’Abél-Keramim ; saint Jérôme a rendu le mot keramim par « qui est planté de vignes ». Voir ABEL-KERAMiM.

ABÉLA. La Vulgate nomme ainsi, II Reg., xx, 14, 45, 18, la ville d’Abel-Beth-Maacha, en faisant, dans les deux premiers passages, deux localités différentes de cette seule ville. La forme Abéla provient de ce que, II Reg. (II Sam.), xx, 14, le nom d’Abel est accompagné, dans le texte original, du hé locatif, äh, qui, en hébreu, marque le mouvement vers un lieu, de sorte qu'il est écrit, en cet endroit, *Abéläh. Voir ABEL-BETH-MAACHA.

ABÉLARD (Abælardus) Pierre, philosophe et théologien français, né à Pallet (Palatium), en Bretagne, en 1079, mort au monastère de Saint-Marcel, près de Chälonsur-Saône, en 1142, aussi célébre par ses aventures et ses malheurs que par ses talents et par ses écrits. Ses œuvres exégétiques sont une Expositio in Hexrameron, qui va jusqu'à Genèse, 11, 17, composée pour Héloïse et les religieuses du Paraclet; Comunentariorum super ὃ. Pauli Epistolam ad Romanos libri quinque; ils expliquent en partie le texte apostolique, mais ils s'occupent encore davantage de la loi, du péché, de la prédestination et de la rédemption, et le prologue peut être considéré comme une sorte de programme d'une théologie biblique ; Expositio super Psalterium, Expositio super Epistolas Pauli, compositions très médiocres. L'importance du rôle d'Abélard au point de vue exégétique ne se mesure point d'ailleurs à celle de ses commentaires, qui sont de peu de valeur, mais à la direction nouvelle qu'il donna à la théologie et à l'interprétation des Écritures. Il est un des pères du rationalisme moderne; il voulut placer la raison au-dessus de la foi, et il prépara ainsi efficacement, dans ses écrits théologiques, Dialogus inter philosophum Judæum et Christianum, Theologia christiana, etc., l'avènement de ce système, qui rejette aujourd'hui l'inspiration et le surnaturel, et exclut des Livres Saints tout élément divin.

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Voir ses œuvres, dans la Patrologie latine de Migne, τ. CLXXVII. Parmi les innombrables publications dont Abélard a été l'objet, on peut signaler en particulier : L. Feuerbach, Abaelard und Heloise oder der Schrifsteller und der Mensch, in-8, Leipzig, 1844; Ed. Bonnier, Abélard et saint Bernard, la philosophie et l'Eglise au xmre siècle, in-18, Paris, 1862; H. Hayd, Abälard und seine Lehre in Verhaltniss zur Kirche und ihrem Dogma, in-4, Ratisbonne, 1863; Prantl, Geschichte der Logik im Abendlande, 2 in-8°, Leipzig, 1861, t 11, p. 160-204; Stôckl, Geschichte der Philosophie des Mittelalters, Mayence, 4864, t.1, p. 218-2792; Hefele, Conciliengeschichte, Fribourg-en-Brisgau, 1863, t. v, p. 321-326, 399-435; H. Reuter, Geschichte der religiôsen Aufklärung im Mittelalter, 2 in-8°, Berlin, 1875, t. 1, p. 183-259; F. Vigouroux, Les Livres Saints et la critique rationaliste, 4e édit., Paris, 1890, t. 1, p. 337-354. .

ABEL - BETH - MAACHA (hébreu : ’Abél δι Ma'akäh, « prairie de la maison ou de la famille de Maacha »}, ville de la tribu de Nephthali, appelée aussi Abelmaim, où « prairie des eaux », dans le second livre des Paralipomènes, XVI, 4. Par abréviation, elle est nommée simplement Abel, II Reg., xx, 18 (Vulgate: Abéla), parce qu'elle avait été désignée sous son nom complet trois versets plus haut. Dans ce dernier passage, II Reg., xx, 15, notre édition latine porte, comme au τ. 14: « In Abela et in Bethmaacha ; » mais il est probable qu'il s’agit d’une seule et unique ville, et que la conjonction et (qui se lit aussi dans le texte hébreu, ÿ. 14, mais non ÿ. 15) doit être retranchée. Cette ville tirait des eaux qui l’arrosaient son nom d'Abelmaiïm, et elle devait celui d'Abel-Beth-Maacha soit à la circonstance qu'elle faisait partie du petit royaume de Maacha ou était située dans son voisinage, soit à ce qu'elle avait appartenu à une famille appelée Maacha, soit peut-être enfin à ce qu'elle était située dans la plaine à l’est du Jourdain, au pied du Liban, ma‘akäh signifiant « dépression ». — Au troisième livre des Rois, xv, 20. saint Jérôme, traduisant le mot beth, qui signifie « maison », appelle Abel-Beth-Maacha « Abeldomum Maacha » ou «Abel-Maison-de-Maacha». Il fait de même IV Reg., xv, 29; nais, dans ce dernier passage, nos éditions de la Vulgate, plaçant une virgule entre « Abel-Domum » et « Maacha », en font deux villes distinctes au lieu d'une seule ville.

Abel-Beth-Maacha était une cité considérable, puisque l'auteur sacré l'appelle «une mère en Israël ». 1 Reg., xx, 19. Sa situation à la frontière septentrionale de la Palestine avait dù augmenter l'importance de cette place forte, destinée à servir de défense à tout le pays contre les attaques qui pouvaient venir du nord. Mais elle a été si complètement ruinée, qu'on ne peut affirmer aujourd'hui avec une entière certitude où était son emplacement. Stanley, Sinai and Palestine, in-8, Londres, 1856, p. 386, suppose qu'il était dans la plaine marécageuse du lac Mérom, à cause du nom d'Abel-Maïm, qui lui est aussi donné. Ccpendant la plupart des géographes s'accordent maintenant à adopter l'opinion de Robinson, qui a retrouvé l'antique Abel-Beth-Maacha dans le village actuel d’Abil el-Karmh. Ce village, habité par des chrétiens, s'élève sur un Tell, à l'est du Derdaräh, petit affluent du Jourdain, qui coule de Merdj-Ayoün. Son surnom d'el-Kamh lui vient de l'excellence du blé que produit le voisinage. E. Robinson, Later biblical researches in Palestine, in-8, Londres, 1856, p. 372. Il est à une heure et demie environ au nordouest de Dan, aujourd'hui Tell el-Kadi, sur la route qui se dirige de Banias vers Sidon.

Abel-Beth-Maacha est mentionnée pour la première fois dans l'Écriture à l’occasion de la révolte de Séba, ce Benjamite qui, aprés la mort d'Absalom, fomenta une nouvelle insurrection contre David. Poursuivi par les troupes de Joab, Séba se réfugia à Abel-Beth-Maacha, et Joab alla l'y assiéger. Les habitants de la ville, sur le conseil d'une femme, coupérent la tête au chef des ré-

voltés et firent ainsi lever le siège de la place. Π Reg., xx, (4-22, — Quatre-vingts ans plus tard, le roi de Damas, Benadad , contemporain d'Asa, roi de Juda, et de Baasa, roi d'Israël, faisant la guerre à ce dernier, d'accord avec le roi de Juda, s'empara de plusieurs villes du nord de la Palestine, en particulier d'Abel-Beth-Maacha (Abeldomum Maacha), I Reg., xv, 20; Il Par., xvi, 4 (Abelmaim). — Deux siècles environ s'écoulérent depuis cette époque jusqu’au dernier désastre de la ville. Sous le rêgne de Phacée, roi d'Israël, Téglathphalasar, roi d'Assyrie, s'empara d'Abel-Beth-Maacha, et il en déporta les habitants dans son royaume. IV Reg., xv, 29 (Abel- Domum , Maacha). Les fragments des Annales de Téglathphalasar, qui ont été retrouvés dans les ruines de son palais, mentionnent la prise de la place forte israélite et la déportation des sujets de Phacée en Assyrie : « Je soumis, dit-il, les villes de Galaad,.… d’Abel-(Beth-Maacha), qui est la frontière de la terre de Bit-MHurari (le royaume d'Israël). Je transportai ses habitants les plus distingués en Assyrie. » Cuneiform inscriptions of Western Asia, t. 11, pl. xx, no 2. Ces événements se passaient en 734 ou 733. A partir de cette époque, il n’est plus question d’Abel-Beth-Maacha. MT F. νιοούπουχ.

ABÊL -KERÂMIM (c'est-à-dire « le pré des vignes; » Septante : Ἐδελχαρμίμ; Vulgate : Abel, quæ est vineis consita, Jud., x1, 3), localité à l’est du Jourdain, au delà d’Aroer, située, d’après Eusèbe et saint Jérôme, à sept milles romains ou deux heures et demie de marche de Philadelphie ou Rabbath-Ammon. Du temps d'Eusébe, elle était encore renommée pour ses vignobles. Elle n’est mentionnée qu’une fois dans l'Écriture, comme le point extrême où Jephté, juge d'Israël, poursuivit les Ammonites, après les avoir battus. M. Tristram croit avoir découvert le site d’Abel-Kerämim, et il le décrit de la manière suivante : « Vingt minutes après avoir quitté Dhiban, notre route nous conduisit dans une vallée si peu profonde, qu'elle mérite à peine ce nom. On y voit encore des vestiges de murs et de terrasses, devenus aujourd'hui de simples monceaux de terre, couverts de gazon et disposés régulièrement le long de la colline, à une distance d'environ cent mètres. Quand nous demandämes ce que c'était, on ne put nous donner aucune explication; on nous dit seulement que la vallée s'appelait Khurm-Dhiban, c’est-à-dire les vignes de Dibon. Cet enfoncement de terrain est d'une longueur de quatre à cinq kilomètres. Le nom en ἃ été conservé par des hommes qui n'ont probablement jamais vu de vignes de leur vie, et qui n'ont aucune idée de la destination primitive de ces antiques fossés, comme on pourrait les appeler. [C'est l'Abel-Kerämim ] du livre des Juges. Ici, sur cette route que devait prendre naturellement l'armée des Ammonites battue par Jephté et venant de l’est, après le combat livré à Aroer, le nom antique subsiste, exprimé en une autre langue, mais avec une signification identique. » H. B. Tristram, The land of Moub, p. 130. F. VIGOUROUX.

ABÊL - LE - GRAND (hébreu : ᾿Αδὲὶ haggedüläh). C'est la leçon que portent certains exemplaires hébreux de I Sam. (Reg.), vi, 18; mais d'autres portent avec plus de raison ’ében, « la pierre , » au lieu de ’âbél. Saint Jérôme a traduit par Abelmagnum ou Abel-le-Grand, ayant trouvé dans exemplaire qu'il traduisait ’äbél au lieu de ’ében. Le contexte montre bien qu'il s’agit de la pierre ou du rocher « sur lequel fut posée l'arche » renvoyée par les Philistins à Bethsamès, rocher qui se trouvait près de cette dernière ville, « dans le champ de Josué le Bethsamite. » I Reg., vi, 18. Quelques commentateurs ont pensé que ce rocher avait été appelé Abel-le-Grand, mais cette opinion est peu vraisemblable, et il vaut mieux lire avec de nombreux exemplaires hébreux et les Septante : « la grande pierre » (λίθου τοῦ μεγάλου).

ABELMAÏM, nom donné par le second livre des

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Paralipomènes, xvi, 4, à la ville frontière du nord de la Palestine, appelée ailleurs Abel-Beth-Maacha. Voir ABEL- Bern-MaaAcHA.

ABELMAISON - DE - MAACHA. C'est ainsi que notre Vulgate appelle Abel-Beth-Maacha, ΠῚ Reg., xv, 20, et IV Reg., xv, 2%, en traduisant le mot beth, qui signifie « maison ». Voir ABEL-BETH - MAACHA.

ABELMÉHULA, AñELMÉULA (hébreu : *Abé! Mehôläh, « le pré de la danse »), ville de la tribu d’Issachar, Elle est nommée trois fois dans l'Écriture : la première, Jud., vu, 23, comme un des endroits par où s'enfuirent les Madianites vaincus par Gédéon ; la seconde, ΠῚ Reg., 1V, 12, comme une des limites du territoire que Salomon avait placé sous l'administration de Bana, fils d’Ahilud ; la dernière, III Reg., xx, 16, comme la patrie du prophète Élisée. Dans ce dernier passage, la Vulgate écrit ce mot: Abelmeüla. — Abelméhula était située, d’après les renseignements que nous donnent Eusèbe et saint Jérôme, dans la vallée du Jourdain, à l’ouest du fleuve, à dix milles romains ou quatre heures de marche au sud de Bethsan. Sur son emplacement s'élève aujourd'hui le village de Mälih, à l'endroit où l'ouadi de ce nom entre dans la vallée du Jourdain.

ÂBÊL - MISRAÏM, nom hébreu de la localité que la Vulgate ἃ appelé : Planctus Ægypti, «deuil de l'Égypte, » en traduisant le sens des mots de l'original. En ponctuant les consonnes radicales Ὧν. ’ébél (au lieu de ’&bêl, comme dans les noms propres précédents), ce mot signifie, en effet, « deuil, lamentation. » Ce nom fut donné par les Chananéens à l'aire d’Atad, à l’ouest du Jourdain, parce que Joseph et ses frères firent en cet endroit, pendant sept ‘ours, le deuil de leur père Jacob. Gen., L, 10-11. Voir Arap.

ABELSATIM (hébreu : ’Âbël haëtittim, «le pré des acacias »), Num., xxxu1, 49; appelé aussi simplement, par abréviation : Sittim, Num., xxv, 1 (Vulgate : Settim), Jos., 11,1 ; ταὶ 1; Mich., vi, 5 (Vulgate : Setim), localité du pays de Moab. Josèphe la nomme ’A6ln, Ant. jud., IV, vu; V, 1, 1; il nous apprend qu'elle était à soixante stades (environ trois heures) du Jourdain, et qu’il y avait beaucoup de palmiers. Les palmiers ont aujourd'hui disparu ;

‘mais les acacias, auxquels elle devait son nom, voir ACAGCIA, poussent encore en grand nombre dans la région où devait se trouver Abelsatim. Il était situé dans les plaines de Moab, vis-à-vis de Jéricho, peut-être à l'endroit où l'ouadi Eschtah, au nord d'Hésébon, entre dans la vallée du Jourdain ; mais 16 site n’est pas sûrement identifié. Voir Ritter, Palästina, t. τι, p. 481 et suiv. M. Conder le place à Ghôr es-Seiseban, Palestine, 1889, p. 252.

Abelsatim ou Settim est nommé cinq fois dans l'Écriture. — 19 Le peuple campait à Settim, sous la conduite de Moïse, lorsqu'il s’adonna au culte impur de Béelphégor, séduit par les filles de Moab et de Madian. Num., xxv, 1-18. Voir BÉELPHÉGOR. — 2% Les Hébreux campèrent dans les plaines de Moab, avant de franchir le Jourdain pour s’eraparer de la Terre Promise, dépuis Bethsimoth jusqu'à Abelsatim, et c'est là que s’accomplirent les derniers événements de l'exode, Num., XXXIV-XXXVI; que Moïse prononça les discours contenus dans le Deutéronome; qu'il mit Josué à la tête du peuple, et qu'il se sépara des siens pour aller mourir sur le mont Nébo. — 3° C'est aussi de Settim que Josué envoya les espions à Jéricho. dos., 11, 4; — % et qu'il partit avec tous les enfants d'Israël pour aller camper sur les bords du Jourdain et traverser ensuite ce fleuve, au moment de prendre possession de la Palestine. Jos., 1, 1. — 5° Michée, vi, 5, rappelle les événements racontés dans le livre des Nombres, et, selon l'interprétation la plus probable, fait allusion au crime d'idolâtrie et de fornication commis par Israël à Settim.

F. ViGouROUx.

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