‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 400 sur 474 · AQUILON — AR, AR-MOAB · texte numérisé non relu

AQUILON — AR, AR-MOAB

plus savants et anciens auteurs hébreuæ : avec un discours du camp des Israélites, et la description des pierreries du rational du grand prestre, ajoutés à la fin pour la seconde édition, revue par l’auteur. 59 I composa aussi une version en hébreu du Nouveau Testament avec des notes sur les Épitres de saint Paul, propres, dit-il, à éclairer les Juifs. Voir Lelong, Dissertation historique sur les Bibles polyglottes ; Bourgerel, Mémoires pour servir à l'histoire des Juifs de Provence, dans les Mémoires de littér.et d'hist., t.11, p. 11. E. LEVESQUE.

AR, AR-MOAB (hébreu : ‘Âr, Num., xx1, 15; Deut., ll, 9, 18, 29; ‘Ar M6’@b, Num., xx1, 8 ; Is., xv, 1 ; Septante : "Ho, Num., xx1, 15 ; ᾿Αροήρ, Deut., 11, 9, 18, 29; ἡ Μωαόθῖτις, Is., XV, 1), capitale du pays de Moab, située à la partie septentrionale, au sud de l’Arnon. Is., χν, 1; Num., xxI, 28. 2

I. Noms. — On regarde généralement ‘Ar comme la forme moabite de l'hébreu ‘Zr, « ville, » de même que, dans l'inscription de Mésa, Qar répond à Qiryäh avec la même signification. C’est pour cela que plusieurs auteurs veulent reconnaître la cité dont nous parlons dans ‘Jr Mô'äb de Num., xx1, 36, quoique toutes les versions aient rendu ces deux mots d’une manière indéfinie par πόλιν Mwzx6, oppido Moabitarum, « une ville de Moab. » C’est à tort que les Septante ont, dans trois endroits, Deut., τι, 9, 18, 29, traduit ‘Ar par ’Apoñp, Aroer : ce sont deux villes distinctes ; la première, en effet, fut donnée en héritage « aux fils de Loth », c'est-à-dire aux Moabites, dont les Israélites devaient, par ordre de Dieu, respecter le territoire, Deut., 11, 9, tandis que la seconde, située au delà de l’Arnon, faisait partie de la tribu de Ruben. Jos., xi11, 9, 16; Deut., 11, 36.

Au temps d'Eusébe et de saint Jérôme, Ar était connue sous le nom α᾽ ᾿Αρεόπολις ou de Rabbath-Moab, c'est-àdire « Moab la grande ». Onomasticon, Gættingue, 1870, p. 276, au mot Μωάδ; S. Jérôme, Liber de situ et nominibus locorum heb., t. ΧΧΤΙ, col. 909; Comment. in Isaiam, XV, 1, t. χχιν, col. 167. Dans ce dernier passage, le saint docteur explique ’Apeérokc par l'hébreu ‘Ar et le grec πόλις, rejetant l'étymologie adoptée par la plupart de ses contemporains, "Apcoc πόλις, « ville de Mars. » Sans parler de la philologie, qui pourrait trouver à redire à cette explication, M. de Saulcy prétend que la numismatique lui donne tort; car, sur différentes monnaies romaines appartenant à cette ville (fig. 199), on voit l’image d'une « divinité guerrière, casquée et cuirassée, tenant une épée de la main droite, et, de la gauche, une lance et un bouclier rond ; c’est évidemment Mars ou Arès ». Numismatique de la Terre Sainte, Paris, 1874, p. 555. Étienne de Byzance, dans ses Ethniques, Leyde, 1694, p. 651, nous apprend également qu'Aréopolis n'est autre chose que Ῥαθάθμωμα, probablement ῬΡαδαθμωδα, comme sur les monnaies, c’est-à-dire Rabbath-Moab.

Théodoret, dans son Commentaire sur Isaïe, ΧΥ et ΧΧΙΧ, t. Lxxx1, col. 341 et 376, dit qu'Ariel, ᾿Αριήλ, aurait été aussi le nom d’Aréopolis. Eusèbe, Onomasticon, p. 228, rapportant cette même opinion, ajoute que, de son temps, les habitants de la ville appelaient encore leur divinité Ariel, et c’est peut-être pour défendre son temple qu'ils montrèrent ce furieux acharnement dont parle Sozomène. Η. E., vu, 15, t. Lxvir, col. 1457. Enfin Reland, Palæstina ex monumentis veteribus illustrata, Utrecht, 1744, t. 11, p. 577, pense que de là vient le nom de la contrée appelée ᾿Αρηιλίτις, Aréilitide ou Ariélitide par saint Épiphane, Δάν. hær., 1, t. XLI, col. 261.

IL. Identification. — Une tradition, remontant au moins jusqu’au “ siècle, regarde done comme identiques Ar- Moab, Aréopolis et Rabbath-Moab. C'est pour cela qu'un grand nombre d'auteurs ont reconnu cette antique cité dans les ruines actuelles d’£r-Rabbah, à l'est de la mer Morte, à peu près à moitié route entre Kérak et l'Arnon. Cf. Seetzen, Reisen durch Syrien, Palästina, etc., Ber-

810 à lin, 4854, t. 1, p. 441; Robinson, Biblical Researches in

Page 1