AR, AR-MOAB — ARA
Aria se rapporte à la grande famille des peuples aryens, dont le nom sanscrit &rya signifie « noble, de bonne famille », Cf, Max Müller, La science d'u langage, Paris, 1876, p. 287. Bochard est, comme nous le verrons, plus près de la vérité, quand il rapproche ara de la racine hébraïque signifiant « montagne, pays montagneux ». Cf. l'arabe ÆEl-Djébal.
George Rawlinson, dans Smith’s Dictionary of the Bible, Londres, 1861, t. 1, p.754, au mot Hara, propose de l'identifier avec Haran, la ville de Mésapotamie où vint Abraham après avoir quitté Ur de Chaldée. Dans les Paralipomènes, dit-il, les noms différent souvent de ceux que l'Écriture emploie ailleurs, parce qu'ils représentent une forme plus récente; et ainsi Hara pourrait correspondre à Carrhæ, qui, comme nous l’apprennent Strabon et Ptolémée, désignait chez les Grecs la ville de Haran. Nous pouvons supposer alors que, dans la pensée de l’auteur des Paralipomènes, une partie des Israëlites avait été transportée à Haran sur le Bélik, tandis que le plus grand nombre avait été envoyé
200. — Porte romaine d'Er-Rabbah (Aréopolis). D'après F. de Saulcy, Voyage autour de la Mer-Morte, atlas, pl. Xx.
ARA (hébreu : ᾿Α γᾶ"; c’est probablement le même mot que ‘’&ri, «lion ; » Septante : ’Apd), troisième fils de Jéther, de la tribu d’Aser. I Par., vir, 38.
ARA (hébreu : Härd’ ; omis par les Septante), contrée où Théglathphalasar, roi d'Assyrie, déporta les tribus transjordaniennes de Ruben, de Gad et de Manassé.' 1 Par.. v, 26. Le silence des Septante et de la Peschito ‘ a fait supposer à quelques auteurs que ce nom aurait été interpolé après la composition de ces versions ; mais ce silence ne saurait l'emporter sur l'autorité des manuscrits hébreux et de la Vulgate. Il n’en est pas moins difficile cependant de déterminer l’origine du mot,sa signification, aussi bien que le pays auquel il correspond. Les principales opinions émises à ce sujet sont les suivantes :
Bochard, Phaleg, 111, 14, Caen, 1646, p. 220, s’appuyant, d'un côté, sur les passages paralléles de ΓΝ Reg., xv11, 6; ΧΥΠῚ, 11, dont nous parlerons toutà l'heure, et, de l’autre, sur la ressemblance onomastique, reconnaît dans Hara soit uné partie de la Médie, soit la Médieellemême, que Pausanias apelle ᾿Αρία, et dont les habitants sontnommés ἴΆριοι par Hérodote, vir, 62. Ce serait ainsi l'ancienne Aria, l’’Apeix de Ptolémée, vr, 17, et de Strabon, ΧΙ, 916, située entre le pays des Parthes et l’Indus, et que rappelle aujourd’hui la ville d'Hérât, dans le Khoraçan oriental. Cf.G.B, Winer, Biblisches Realwürterbuch, Leipzig, 1847, t. 1, p. 464%, au mot Hara. Cette assimilation ne peut se soutenir, car Aria et Hara ont une origine et une signification complètement différentes :
vers le Chabour. Cette opinion, conforme, à la rigueur,
au récit biblique, puisque bon nombre d'auteurs placent
Hala, Habor et Gozan dans cette contrée de la Mésapo-
tamie, se heurte à une difficulté philologique, la dif-
férence radicale qui existe entre Hära', NA et Härän, τ
71, par l'aspiration initiale et la lettre finale. ττ
La solution la plus juste nous paraît être la suivante. L'auteur des Paralipomènes s’estsans doute servi des passages parallèles, IV Reg., xx, 19, 29, et xvir,6; xvinr, 11. Or le livre des Roïs indique comme lieu de déportation «Hala, Habor, le fleuve de Gozan et les villes de Médie, » IV Reg., xvn, 6; xvir, 11, tandis que celui des Paralipomènes mentionne « Hala (Vulgate : Lahela), Habor, Aya, et le fleuve de Gozan. » I Par., v, 26. N’est-on pas, d'après cela, porté à croire qu'il y a eu interversion dans le second récit,etqu'Ara correspond aux villes de Medie du premier? Mais encore quelle relation y a-t-il entre les noms? On peut trouver la réponse dans cette conjecture très vraisemblable : au lieu de ‘Aré Mädäi, "TD 77, « les villes
eun de Médie », les Septante ont lu, dans les deux endroits, IV Reg., xvu, 6; xvinr, 11, Häré Mädäi, 59 ra, « les RUE AN
montagnes des Mèdes », ὄρη Μήδων. Etait-ce là la leçon primitive du livre des Rois? c'est possible. Hœra des Paralipomènes serait doncsimplement la formearaméenne de l'hébreu Har, et le nom vulgaive des montagnes de Médie, reproduit par l'arabe Æl-Djébäl, « les montagnes », qui
est plus particulièrement employé, dans la géographie