VII. JS, οἴϊα'αι
Fou IX. Ju,ef‘all; — X. Jai, estaf'al; — is, estaghrfar, demander
pardon, de 22, ghrafar, pardonner.
= >ehmarr,devenirrouge,
Nous ne pouvons faire ici de philologie comparée : il nous suffit d'indiquer le rapprochement entre la 11° forme et le Piél hébreu, le Paël araméen et assyrien ; entre la ive et l'Aphel araméen, l'Hiphil hébreu; entre la xe et l'Eschtaphal araméen, l'Istaphal assyrien. On peut aussi rapprocher la ve de l'Hitpaël hébreu dans les verbes qui commencent par une sifflante : nanen, hislabbôt, de τῷ, Sdbat.
On voit en somme que « l'arabe est à beaucoup d'égards le résumé des langues sémitiques. On dirait que toutes les ressources lexicographiques et grarnmaticales de la famille se sont donné rendez-vous pour composer ce vaste ensemble. L'hébreu, le syriaque, l'éthiopien, n'ont guëre de procédés que l'arabe ne renferme pareillement, tandis que l'arabe possède en propre une série de mécanismes précieux. Il est vrai que plusieurs des propriétés caractéristiques de l’arabe se trouvent d'une façon rudimentaire dans les autres langues sémitiques : ainsi les formes modales du futur sont en germe dans le futur apocopé des Hébreux; les flexions finales, dans les terminaisons paragogiques ou emphatiques de l’hébreu et de l’araméen ; presque toutes les formes du verbe réguliérement employées en arabe existent en hébreu ou en syriaque à l'état de formes rares et anormales; mais ce ne sont là que des germes à peine indiqués, tandis qu'en arabe ces mécanismes sont arrivés à l’état de procédés réguliers, et constituent un des ensembles grammaticaux les plus imposants que jamais langue soit arrivée à revêtir ». E. Renan, Histoire des langues sémitiques, p. 334.
2% Vocabulaire. — La richesse lexicographique de l'arabe est prodigieuse, mais elle fait du dictionnaire une espèce de chaos où l'étendue est au détriment de la clarté. Jamais lexique n’a mieux mérité ce nom de Qamous, « océan, » que les Arabes donnent au leur, et, en voyant les sens divers et presque contradictoires qui s’y pressent sous chaque mot, on éprouve une sorte de vertige. Ouvrons le dictionnaire de Freytag, Leæicon arabico-lati-
num, Halle, 1830, t. 1, p.112, au mot τ «vieillard, »
nous y trouverons bien près d'une centaine d'expressions comme celles-ci : Tremor, agmen, vilium, vicus, claudicatio, viator, cœlum, terra, febris, etc. Les difficultés réelles de la langue ont été ainsi exagérées par les lexicographes orientaux, suivis par les Européens, qui ont mentionné plus volontiers les significations rares que les significations ordinaires des mots, les métaphores, les épithètes, les explications parfois erronées des commentateurs, et souvent aussi ont admis dans leurs recueils des expressions provinciales, étrangères ou spéciales, excessivement rares. Il n'est donc pas étonnant qu'un lexicographe arabe ait prétendu avoir trouvé dans sa langue 12 305 412 mots. Un autre nous dit qu'il existe au moins mille mots pour signifier l'épée. Dans un mémoire spécial, Das Kamel, extrait des Mémoires de l'Académie de Vienne, classe de phil. et d'hist., t. vil, un savant, M. de Hammer, ἃ énuméré les mots relatifs au chameau, et en a trouvé 5 744. En faisant la part des exagérations, l'arabe n'en reste pas moins un phénomène entre toutes les langues pour l'abondance des synonymes. Il faut dire cependant que cette abondance se trouve plus ou moins chez chaque peuple pour les choses qui lui sont naturelles. L'hébreu lui-même, pourtant fort pauvre, possède une ample moisson de synonymes, qui offrent au poète de grandes ressources pour le parallélisme : voir le psaume exvirt, où la loi divine est désignée par dix synonymes divers.
Entre l'arabe et l'hébreu, il existe, au point de vue du vocabulaire, une ressemblance frappante, qu'il est facile de constater en ouvrant un dictionnaire comme le Thesaurus de Gesenius. Suivant certains auteurs, les deux tiers des racines hébraïques se retrouvent dans l’arabe avec les mêmes lettres et le même sens ou ur sens approchant. En tenant compte de la correspondance des lettres dans les deux langues ou de leur permutation naturelle, quand elles appartiennent au même organe, on peut arriver même, dit-on, à retrouver les neuf dixièmes des racines. Il faut cependant, sous ce rapport, une critique sévère ; car, depuis Schultens jusqu'à nos jours, l'abus du dictionnaire arabe pour l'éclaircissement des mots sémitiques obscurs a eu de grands inconvénients. La philologie com-
Re ᾿.. . «.
parée, avec ses progrès, ἃ fourni des exemples, posé des |
lois, en un mot tracé une route dont l'homme de science |
ne doit plus s'écarter pour se lancer dans des rapprochements plus spécieux que fondés. Sur les rapports de l'arabe et de l'hébreu, voir Fr. Delitzsch, Jesurun, Grimma, 1838, p. 76-89.
3 Style — L'arabe, en absorbant les autres langues sémitiques par sa domination universelle en Orient, opéra dans la littérature et le style une révolution capitale. Aux récits historiques, aux sentences morales, à la poésie libre ou versifiée, qui constituent en particulier le fond de là lillérature biblique, viennent s'ajouter les domaines nouveaux et variés de la pensée abstraite : grammaire, jurisprudence, philosophie, théologie, sciences physiques et mathématiques, écrits techniques, bibliographie. Alors le verset, qui, jusqu'au Coran inclusivement, est la loi du style sémitique, est remplacé par des formes compliquées
et des délicatesses de syntaxe inconnues à l'hébreu et à l'araméen. Cette ampleur néanmoins et ces progrès ne vont pas sans quelques défauts. Au lieu des formes sobres et harmonieuses de l'hébreu, on sent une raideur monotone et pédante; au lieu des faciles allures des vieux idiomes, c’est une culture artificielle et savante; au lieu de la grave beauté du style antique, ce sont des ornements de rhéteurs et des finesses de grammairiens. Enfin, quoique aussi continu que celui des langues indo-européennes les plus développées, le style arabe n'arrive pas à la netteté, à la limpide précision qui semble le partage exclusif des idiomes aryens.
4 Métrique. — La poésie est aussi plus compliquée en arabe qu'en hébreu. Si le parallélisme, auquel il faut joindre parfois l'assonance et l’allitération, forme le caractère particulier de la poésie hébraïque et lui donne sa physionomie propre, on sait maintenant que ce n'est pas son unique élément. Elle comprend des strophes dont chaque vers est constitué par la quantité prosodique, selon certains auteurs, par le nombre des syllabes, suivant les autres. Voir POËSIE HÉBRAIÏQUE. On trouve les caractères généraux du rythme hébraïque dans les parties poétiques du Coran; mais déjà les poèmes antéislamiques étaient basés sur une prosodie des plus savantes. Quelle fut l'origine de cette métrique, et quelle en est la véritable nature? C’est une question qui n’est pas encore absolument élucidée. Les auteurs arabes ont exposé en détail les règles de cette prosodie, d'après les exemples qu'ils avaient sous les yeux dans les Moallakät ou les Kasida ; mais ils n'ont pas considéré l'essence même de la poésie. Nos orientalistes modernes, reprenant les matériaux laissés par les grammairiens indigènes, ont établi diverses théories fondées, comme pour nos langues classiques, sur la combimaison des longues et des brèves. Cf. H. A. Ewald, De metris carminum arabicorum libri 11, in-8&, Brunswick, 1825; Freytag, Darstellung der arabischen Verskunst, in-8, Bonn, 1830; Silvestre de Sacy, Traité élémentaire de la prosodie et de l'art métrique des Arabes, in-8, Paris, 1831; H. Coupry, Traité de la versification arabe, in-80, Leipzig, 1874. En 1876, la question a été reprise par Stanislas Guyard à un point de vue très intéressant. Se fondant sur les rapports de là musique et de la prosodie, il applique à la métrique arabe les règles du rythme naturel du langage, dont les éléments constitutifs sont l’arsis et la thesis, le temps frappé et le temps levé. Cf. Journal asiatique, mai-juin 1876, p. 13-579; août-septembre 1876, p. 101-252; octobre, 1876, p. 285-315. Il y aurait peut-être profit à tirer de ces études pour la métrique hébraïque.
Le vers arabe se compose de pieds, qui ont chacun leur individualité et leur nom technique. Ils sont au nombre de sept, ayant trois, quatre ou cinq syllabes. De leurs combinaisons résultent seize mètres, dont les noms sont des adjectifs destinés à caractériser le vers: e{-{aouil, a le long; » el-madid, « le prolongé, » etc. Chaque mètre comprend deux hémistiches, La méme rime est
quelquefois conservée dans toute l'étendue de la pièce de vers; quelquefois elle est alternée, suivant le genre et la nature de la composition.
IT. Divisions ET CARACTÈRES. — 1° Arabe littéral et arabe vulgaire ; dialectes. — Ce que nous venons de dire s'applique principalement à l'arabe littéral, c'est-à-dire à la langue des monuments écrits. Mais dans la bouche du peuple le langage ἃ revêtu une forme plus simple, qu'on appelle l'arabe vulgaire. Cependant il faut bien se garder de faire des deux idiomes deux langues séparées, en comparant l’une au latin, l'autre aux langues néolatines.
L'arabe vulgaire n’est au fond que f'arabc littéral dépouillé de sa grammaire savante et de son riche entourage de voyelles. Il supprime les désinences casuelles et les inflexions finales qui expriment les modes des verbes. Aux mécanismes délicats de la syntaxe littérale, il en substitue d'autres plus analytiques. Des préfixes et des mots isolés marquent les nuances que l'arabe littéral exprime par le jeu des voyelles finales ; les temps du verbe sont déterminés par des mots que l'on joint aux aoristes pour en préciser la signification. Ainsi, dans le dialecte de Syrie, on ajoute souvent la lettre ba à toutes les personnes de l'indicatif présent, imparfait, futur simple et antérieur, et du conditionnel présent, excepté à l: première personne du pluriel, exemple : ‘ana b'aktob, « j'écris, » au lieu de ’aktob. A la première personne du pluriel, le ba se remplace par un mim; exemple : manktob, « nous écrivons, » au lieu de naktob. Le futur peut être précédé de sa, s’il est prochain, ou de la particule saouf, s’il est éloigné, etc.
Au point de vue du vocabulaire, l'arabe vulgaire ἃ laissé tomber également cette surabondance de mots qui encombrent l'arabe liftéral. A part quelques mots étrangers, différents selon les provinces, il ne connaît que le fonds courant des vocables sémitiques, parfois légèrement détournés de leur signification ancicnne. Ainsi, des remarques que nous venons de faire, se dégage un fait notable, c’est que l'arabe vulgaire est bien plus rapproché que l'arabe littéral de l'hébreu et du type essentiel des langues sémitiques.
En somme, l'arabe littéral n’est pas plus un idiome factice ou une invention des grammairiens que l'arabe vulgaire n’est une corruption de l'idiomc littéral. Il ἃ existé une langue ancienne, plus riche ei plus synthétique que l'idiome vulgaire, moins réglée que l'idiome savant, et dont les deux sont sortis par des voies opposées. « On peut comparer l'arabe ‘primitif à ce que devait être la langue latine avant le travail grammatical qui la régularisa, vers l’époque des Scipions ; l'arabe littéral, à la langue latine telle que nous la trouvons dans les monuments du siècle d'Auguste; l’arabe vulgaire, au latin simplifié que l'on parlait vers le vie siècle, et qui, à bien des égards, ressemblait plus au latin archaïque qu’à celui de Virgile ou de Cicéron. » E. Renan, Histoire des languss sémitiques, p. 406.
L'arabe littéral, comme toutes les langues savantes, n'a pas de dialectes ; mais l'arabe vulgaire en possède, comme toutes les langues parlées. On en compte quatre : ceux d'Arabie, de Syrie, d'Égypte, et le maghreby ou dialecte de l'Afrique septentrionale. Les trois premiers sont fort peu distincts lun de l’autre : une certaine quantité de locutions propres, des termes particuliers et la prononciation différente de quelques lettres, en constituent toute la diversité. Le dialecte d'Arabie est le plus pur de tous. Le maghreby offre plusieurs divergences grammaticales et des particularités plus caractérisées, mais qui ne vont pas jusqu'à le rendre inintelligible pour les habitants des autres contrées.
9 Caractères. — Les deux principaux caractères de l'arabe sont l'universalité et l'invariabilité. Universel dans les genres de littérature qu'il a embrassés, il ne l'est pas moins dans l'étendue des pays qu'il a envahis, dans l'action
qu'il a exercée, comme organe d'une pensée politique ou religieuse supérieure aux diversités de races. Le grec et le latin, dont le domaine et l'influence ont été si considérables, lui sont inférieurs sous ce rapport. Le grec a été parlé de la Sicile au Tigre, de la mer Noire à l'Abyssinie; le latin, de la Campanie aux iles Britanniques, du Rhin à l'Atlas; tandis que l'empire de la langue arabe embrasse l'Espagne, l'Afrique jusqu’à l'équateur, l'Asie méridionale jusqu'à Java, la Russie jusqu'à Kazan. En s'imposant comme langue des livres dans les pays conquis par l'islamisme, il exerça la plus grande influence sur presque tous les idiomes de ces régions. Le persan et le turc lui empruntèrent son alphabet, et de l'Inde jusqu'à l'Europe des mots arabes s'infiltrèrent dans le langage. Cf. Dozy et W. H. Engelmann, Glossaire des mots espagnols et portugais dérivés de l'arabe, in-8, Leyde, 1869; pour le français, voir E, Littré, Dictionnaire de la langue française, Paris, 1882, Supplément; Dictionnaire éty- Mmologique des mots d'origine orientale, par Marcel Devic.
Mülgré cette extension, la langue arabe conserva partout et toujours une merveilleuse unité. D'un bout à l'autre de ce vaste cordon formé par la conquête musulmane, on voit un même style chez les écrivains, les mêmes études, le même enseignement grammatical. Chaque auteur apporte dans sa manière de dire plus ou moins d'élégance ou de correction; mais il est impossible de classer ces diversités par âge et par pays. Sur les lèvres des Bédouins qui dressent leurs tentes dans les déserts de l'Arabie, on retrouve encore un grand nombre de formes antiques, et la langue écrite de nos jours ne diffère pas de la langue de Mahomet. Cf. W. ἃ. Palgrave, Narrative of a years journey through central and eastern Arabia, Londres, 1865, t. 1, p. 463 et suiv. Cette espèce d'immutabilité, qui forme un des caractères des idiomes sémitiques, se remarque également dans l'assyrien, resté sensiblement le même pendant une période de plus de deux mille ans. C’est pour cela qu'on ne saurait la refuser à l'hébreu, qui a pu aussi se conserver durant des siècles sans changement : il n’est pas plus étonnant de retrouver la langue du Pentateuque dans les Psaumes et les Prophètes que la langue du Coran dans l'arabe moderne.
A ce double caractère de l'arabe nous ajouterons celui d'une réelle utilité pour les études bibliques, ce qui ressort d'ailleurs des rapprochements que nous avons établis entre cette langue et l'hébreu. Comme langue parlée, elle fait revivre pour nous l'idiome sacré avec sa phonétique, ses expressions usuelles, depuis l’essaläm ‘aleik, « paix sur toi », qui rappelle le $dlôm lekä, de l'Écriture, Jud., vi, 23, etc., jusqu'aux tournures de phrases les plus poétiques. On retrouve aujourd'hui sur les lèvres du fellah de Palestine, et en termes identiques, les proverbes usités parmi les Juifs au temps des prophètes, Ezech., xvi, ἀξ; ΧΥΠΙ, 2; Jer., χχχι, 29. Cf. Palestine Exploration Fund, Quarterly Statement, 1889, p. 141. Impossible d'entendre parler un Arabe sans qu'à chaque instant un mot hébreu ne vous revienne à la mémoire, et ainsi le peuple ismaéhte nous instruit autant par son langage que par ses mœurs. Comme langue écrite, l'arabe offre à l'exégète de nombreux et riches monuments où il peut, à l’aide de la critique, chercher l'explication des mots obscurs en hébreu ou des ἄπαξ λεγόμενα; ainsi 053, bôlés, Amos, vi, 14, s'explique par l'arabe s,-
ι - ΄ TR.
balas, « figuier »; w53, gälaÿ, Cant., 1v, 1, par -,- 23 TE
djalas, « s'asseoir », ete. Cf. Fr. Delitzsch, Jesurun, p. 87-89. Voir un exemple de l'usage de l'arabe dans la discussion sur l'‘'abnah d'Is., vit, 14, dans Le Hir, Les trois grands prophètes, Paris, 1877, p. 78-80. La géographie sacrée n’est pas moins intéressée à cette étude. Les noms bibliques se sont conservés sous la forme arabe ou sans altération ou avec de légers changements : noms communs
| tels que ‘ain, « source ; » nahr, « fleuve » ; ‘arabah,
| « désert, » etc. C1. Palestine Exploration Fund, 1876, Ρ. 132-140 ; noms propres, comme on peut s'en convaincre par les articles géographiques de ce Dictionnaire ; hébreu : ‘AkkG, arabe: Akk@, Accho; hébreu : Yàfô, arabe :
| Yäfä, Jaffa, ete. Les géographes, comme Aboulféda,
| Édrisi, etc., et les historiens arabes rendent d'éminents services pour l'orthographe des noms, la position respective des diflérentes villes et leur état à certaines époques. de l'histoire. On sait quels emprunts le Coran a faits à la Bible. Il y a donc dans la connaissance de cette langue un intérêt continuel pour la philologie sacrée, aussi l'Église l'a-t-elle souvent recommandée. Clément V, en particulier, voulut que des maîtres spéciaux fussent chargés de l'enseigner dans les grandes universités de Paris, d'Oxford, de Bologne et de Salamanque. Clement., lib. v, tit. 1, de Magistris.
IV. ECRITURE. — On peut voir à l’article ALPHABET comment l'écriture arabe se rattache à l'alphabet phénicien, et quels sont ses points de ressemblance avec les autres caractères sémitiques ; nous avons déjà parlé de ses. éléments au point de vue des consonnes et des voyelles. Il nous suffit d'indiquer en deux mots ses formes et son origine. L'écriture cursive habituelle est appelée neskhi. L'écriture hiératique, aux formes carrées, lapidaires, employée dans les inscriptions monumentales et sur les monnaies, et, pendant plusieurs siècles, usitée dans les copies du Coran, ἃ reçu le nom de koufique, de la ville: de Koufa, dans l'Iräk-Arabi, où l'on croit qu'elle tut inventée. On pense généralement que l'écriture n’a pas été connue des Arabes de l'Hedjaz et du Nedjed plus d'un siècle avant l'hégire, et qu’elle leur fut apportée par les Syriens. Les formes de l’alphabet koufique se rapprochent, en effet, beaucoup de celles de l’alphabet syriaque estranghelo, et l'ordre primitif des lettres de l'alphabet arabe est identique à celui des alphabets hébreu et syriaque. Cependant, à la suite de Fr. Lenormant, Inscriptions sinaitiques, dans le Journal asiatique, janvier 1859, p. 53 et suiv., M. Renan, Hist. des langues sémitiques, p. 353, admet volontiers une double origine pour l'écriture arabe : l’une syrienne (le koufique sorti de l'estranghelo), l’autre sinaïtique pour le neskhi.
De formes très ornementales, comme on peut le voir dans certaines inscriptions où les lettres composent de gracieuses arabesques, l'écriture arabe est d'une lecture difficile. On n’écrit souvent les voyelles que par exception, on oublie les points diacritiques, et le déchiffrement des noms propres serait presque impossible si les écrivains ne prenaient la précaution d'épeler en toutes lettres les mots rares et importants : tel est l'usage dans les dictionnaires de géographie. Le neskhi s’est un peu transformé avec les siècles et selon les pays : l'écriture maghrébine (Algérie, Maroc) diffère sur certains points de l'écriture orientale ou de Syrie. Voir sur cette question de l'écriture arabe le travail de M. de Sacy, dans les Mémoires de l'Académie des inscriptions, t. L, et dans le Journal des savants, août 1895, et dans le Journal asiatique, avril 1827. Voir aussi Carsten Niebuhr, Beschreibung von Arabien, in-4, Copenhague, 1772, p. 94-104.
V. BIBLIOGRAPHIE. — Nous indiquons ici les ouvrages les plus importants pour l'étude de la langue arabe. 4° Grammaires : arabe littéral, Th. Erpenius, Rudünentæ linguæ arabicæ, {re édit., in-4°, Leyde, 1613; édit. Schultens, 1733, 1748; Silvestre de Sacy, Grammaire arabe, 2 in-8, Paris, 1810; 2% édit., 2 in-8, Paris, 1831; H. A. Ewald, Grammatica critica linguæ arabicæ, 2 in-S, Leipzig, 1831; C. P. Caspari, Grammatik der arabischen Sprache, in-8, Leipzig, 1859; traduite en français sur la 4° édition allemande, et en partie remaniée par Uricæchea, in-8°, Paris, 1881, une des meilleures ;
| H. Zschokke, Institutiones fundamentales linguæ ara- | bicæ, in-8e, Vienne, 1869; arabe vulgaire: Abougit, Prin- | cipes de iu grammaire arabe à l'usage des écoles de
français en Orient, in-12, Beyrouth, 1862; Caussin de Perceval, Grammaire arabe vulgaire pour les dialectes d'Orient et de Barbarie, in-4%°, Paris, 182%; in-80, 1833; in-80, 1858; in-80, 1880; A. Bellemare, Grammaire arabe (idiome d'Algérie), Paris, Alger, 1850, — 2 Dictionnarres : J. Golius, Leæicon arabico-latinum, in-f°, Leyde, 1653; Freytag, Leæicon arabico-latinum, 4 in-%, Halle, 1830-1837; édition abrégée, in-4°, Halle, 1857; A. Handjéri, Dictionnaire français, arabe, persan et ture, 3 in-4, Moscou, 1840-18%1; Kazimirski, Dictionnaire arabe-français, 2 gr. in-8, Paris, 1860; Lane, Arabic-English Dictionary, 5 in-4°, Londres, 1863-1875; Cuche (R. P.), Dictionnaire arabe- français, gr. in-8, Beyrouth, 1862; nouv. édit., 1883, pratique; Vocabulaire français-arabe, par un missionnaire de la compagnie de Jésus en Syrie, in-8°, Beyrouth, 1867; A. Cherbonneau, Dictionnaire français-arabe pour la conversation en Algérie, in-12, Paris, 4872. — 3% Chrestomathies : Silvestre de Sacy, Chrestomathie arabe, Paris, 1806; 2: édit., 3 in-8, Paris, 1826; G. L. Kosegarten, Chrestomathia arabica, in-8, Leipzig, 18%; A. Oberleitner, Chrestomathia arabica una cum glossario arabico-latino , 2 in-80, Vienne; ChArestomathie arabe, publiée par les PP. Jésuites, 2 in-8°, Beyrouth, 1879-1881.
A. LEGENDRE
3. ARABES (VERSIONS) des Écritures. Il est difficile d'établir à quelle époque la Bible fut traduite pour la première fois en langue arabe. On rapporte qu'un certain Warka Ibn-Naufel avait traduit l'Écriture en arabe dès le commencement du ve siècle, et que c'est dans cette version que Mahomet puisa sa connaissance de la Bible. Cela est assez problématique. En tout cas, il ne reste rien de cette prétendue version, non plus que de celle que Jean, évêque de Séville, avait fait exécuter en 717. Les versions arabes que nous possédons sont toutes de date relativement récente. De fait, le besoin de ces versions ne dut se faire sentir que lorsque les différentes contrées soumises à l'islamisme eurent abandonné leurs langues respectives pour adopter celle de leurs conquérants, c’est-à-dire entre le vin et le x° siécle de notre ére. Les versions arabes furent alors entreprises par les juifs et par les chrétiens. Les manuscrits sur lesquels elles furent faites étaient ceux dont on se servait dans les synagogues et dans les églises. Ils représentaient les recensions les plus diverses, et, comme on peut le supposer, ils n'étaient pas toujours des meilleurs. Les traducteurs se préoccupérent moins de reproduire le texte le plus pur que de mettre la Bible à la portée des fidèles, en la débarrassant de toutes ses obscurités. Le cardinal Wiseman, dans ses Essays (t. 1, Miracles of the New Testament), a décrit d'une manière fort ingénieuse la façon dont ces traducteurs ont dù procéder. Tous les livres de l'Écriture Sainte n'étaient pas également lus dans les synagogues ni dans les églises. Les Juifs lisaient surtout la Loi, c'est-à-dire le Pentateuque. Les chrétiens, en dehors du Nouveau Testament, qui était leur principale Écriture, ne lisaient guère, dans leur entier, que le Psautier et les Prophètes. On se borna, tout d’abord, à traduire ces livres; quant aux autres, on n’en traduisit que les parties qui étaient disséminées dans les livres liturgiques. C'est ainsi qu'aucune des versions arabes les plus anciennes ne s'étend à toute la Bible. Plus tard, quand on voulut avoir l'ensemble des Saintes Écritures, pour l'usage du clergé, qui lui-même n'’entendait plus suffisamment les langues anciennes, on se contenta de réunir les versions déjà faites des différents livres ou
, portions de livres, et on combla les nombreuses lacunes
par de nouvelles traductions faites sur les exemplaires complets des anciennes versions coples ou syriaques, Il en résulta de véritables mosaïques, dont le fameux manuscrit de Bréves est un exemple frappant, comme on le verra plus bas. Les versions arabes n'ont donc pas beaucoup d'autorité. Cependant la critique y trouve parfois