ARABE (LANGUE) — ARABES (VERSIONS
des variantes qui jettent une lumière inespérée sur la version syriaque, et surtout sur la version alexandrine. En tout cas, elles occupent une place importante dans l'histoire de la Bible.
I. VERSIONS ARABES DE L'ANCIEN TESTAMENT. — Nous les grouperons en cinq catégories. Les quatre premières comprendront celles qui sont basées sur l'hébreu, sur les versions syriaques, sur les Septante, ou sur d’autres textes; dans la cinquième, nous traiterons de quelques éditions que l'on ne peut pas encore classer avec certitude,
4° Versions arabes basées sur le texte hébreu. — A) La plus célèbre est celle de Saadias Haggäon (891-941), juif originaire du Fayoum, en Egypte, directeur de l'école talmudique de Sora. Elle se rapproche beaucoup des Paraphrases Targumiques, en sorte qu'elle est plus utile pour l'exégèse que pour la critique du texte. L'examen des différents manuscrits que nous en avons montre qu'elle a subi de nombreuses et importantes interpolations. La question de savoir si cette version s'élendait à toute la Bible est encore fort débattue. Il est certain qu'elle comprenait le Pentateuque et Isaïe; on admet généralement que Job, les petits Prophètes et les Psaumes avaient aussi été traduits par Saadias.
a) Manuscrits. — Parmi les manuscrits qui contiennent des parties de la version de Saadias, on peut nommer les suivants : 4. Le manuscrit arabe de la Bibliothèque nationale. Ce manuscrit avait appartenu au célèbre Savari de Brèves; il est d'origine égyptienne et date du xive siècle; Pentateuque. — 2. Un manuscrit de la bibliothèque Bodléienne à Oxford ; il a été écrit à Hamath, sur l'Oronte, en Syrie, et date aussi du x1v®° siècle; Pentateuque. — 3. Le manuscrit oriental xx1 de la bibliothèque Palatine Médicis, à Florence, xime siècle; Pentateuque. — 4. Manuscrit arabe 377, de la bibliothèque de Leyde; écrit à Mardin, au xive siècle; Genèse et Exode. — 5. Un manuscrit (Cod. Bodl., xL) de la bibliothèque Bodléienne contient le livre de Job et les petits Prophètes. — 6. Deux autres manuscrits de la même bibliothèque contiennent les Psaumes. Cf. Bleek, Einleitung in das alte Testament, édit. de 1860, p. 795. — 7. Le Codex Bodl. cLvi (Pococke, 32) de la même bibliothèque, écrit en caractères hébreux et daté de 12##4, contient Isaïe.
b) Éditions. — Les principales éditions sont les suivantes : 1. Le Pentateuque tétraglotte de Constantinople, 1546. Cette édition contient, en outre du texte original et du Targum d'Onkelos, la version arabe de Saadias et la version persane de Jacob Tüsi, le tout en caractères hébreux. — 2. La seconde édition fut faite à Paris, par Gabriel Sionite, dans la Polyglotte de Le Jay, d’après le manuscrit arabe 1 de la Bibliothèque nationale, dont nous avons parlé plus haut. — 3. Pococke réimprima cette deuxième édition dans le premier volume de la Polyglotte de Walton, et il publia ensuite, dans le cinquième volume du même ouvrage, les variantes de l'édition de Constantinople et du manuscrit d'Oxford (voir plus haut: Manuscrits 2). — 4. Ῥὶ de Lagarde a publié la Genèse et l'Exode, d'après le manuscrit de la bibliothèque de Leyde, Materialien zur Kritik und Geschichte des Pentateuchs, Leipzig, 1867. — 5. Les prophéties d'Isaïie avaient été publiées dès 1790, par Paulus, d'après le manuscrit d'Oxford, R. Saadiæ Phiumensis versio Isaiæ arabica cum aliis speciminibus, in-8, Iéna, 1790-1791. — 6. Ewald, dans ses Beiträge zur Geschichte der ält. Auslegung und Spracherklärung des A. T., Stuttgart, 1844, a donné des extraits du livre de Job d'après le manuscrit d'Oxford. — 7. Schnurrer ἃ publié des fragments de la version des Psaumes, d'après le manuscrit d'Oxford, Pococke 281, dans l'Allgemeine Bibliothek der biblischen Literatur d'Eichhorn, t. 117, p. 425. — 8. Osée et Joël ont été édités, d'après le manuscrit d'Oxtord, par R. Schrôter dans Archiv für wissensch. Erforschung des A. T., 1 et. — 9. Enfin, Adler a donné dans l'Einleitung in das A. und N. Testament, d'Eichhorn, des variantes du manuscrit de Flo-
rence. P. de Lagarde ἃ aussi publié dans ses Materialien, 11, une version paraphrastique de la Genèse, d'après le manuscrit arabe 230, de la Bibliothèque de Leyde; le manuscrit est écrit en caractères syriaques, et date de l'an 1528. Cette version, dit simplement M. de Lagarde, est à peu près la même que celle d'un manuscrit d'Oxford dont Paulus s'est occupé dans ses Specimina versionwm Pentateuchi seplem arabicarum, $ 7 et 12.
Quelques savants, entre autres Tychsen dans le Repertorium d'Eichhorn, t. ΧΙ, p. 82 et suiv., avaient contesté l'identité de la version de Constantinople et de la version imprimée dans les Polyglottes de Paris et de Londres. Pococke, dans la préface à son Arabica versio, démontra que cette identité est certaine, et Silv. de Sacy, Mémoire Sur la version arabe des Livres de Moïse (dans les Mémoires de l'académie des Inscriptions , τ. xL1x, 1808, p.67), s'est rallié à Pococke. N
B) Les Juifs possèdent encore une autre version arabe du Pentateuque, faite par un Juif de Mauritanie, au xue siècle. Elle suit l'hébreu massorétique de très près, servilement quelquefois. On ne lui reconnait presque aucune valeur exégétique ni critique. Walton, Proleg., $ 14, 16, dit pourtant qu'elle offre « des exemples d'une rare habileté, d'un esprit judicieux et d'un grand respect de la divine Majesté ». On n'en connaît qu'un manuscrit, qui appartint à Jos. Scaliger et qui est maintenant à la bibliothèque de Leyde (Cod. arab., 33). Il est en caractères hébreux. Erpenius l'a publié, assez imparfaitement, en caractères arabes, Pentateuchus Mosis arabice, in-4, Liège, 1622. On appelle pour cela cette version Arabs Erpeni.
11 faut encore citer parmi les versions arabes faites sur l'hébreu : — C) Celle du livre de Josué qui ἃ été imprimée, d'après le manuscrit arabe 1 de la Bibliothèque nationale, dans la Polyglotte de Paris, et réimprimée dans celle de Londres. Nous n’en connaissons ni l’auteur ni la date. — D) La version de ΠῚ Reg., x11-IV Reg., ΧΙ, 16, qui, d'après Rôdiger, De origine et indole arabicæ librorum V. T. historicorum interpretationis libri II, Halle, 1829, serait d'un Juif de Damas du x1e siècle. Elle a été publiée, d'après le méme manuscrit que la précédente, dans les Polyglottes de Paris et de Londres. — E) La version du passage IT Esdr., 1-1x, 27; imprimée aussi dans les deux mêmes Polyglottes, d'après le même manuscrit que les deux précédentes, ressemble beaucoup à la version du livre de Josué ; mais on croit qu'elle a été interpolée par un chrétien de Syrie. — F) Nous avons aussi des portions importantes d'une version arabe faite sur l'hébreu au xe siècle par un juif Karaïte, Yapheth ben-Heli. Les Psaumes ont été publiés en entier par l'abbé Bargés, d’après le manuscrit de la Bibliothèque nationale, Libri Psalmorum David, Regis et Prophetæ versio a R.Yapheth ben-Heli, Paris, 1861. — G) Une version (Genèse, Psaumes et Daniel) contenue dans le manuscrit Harl. 5505 du Musée Britannique. Voir Dôderlein, dans le Repertorium d'Eichhorn, t. 11, p. 153.
H) Mais, de toutes les versions arabes faites sur l’hébreu, la plus célèbre, après celle de Saadias, est celle du Pentateuque par un Samaritain, Abou Saïd. Il la fit pour l'usage de ses coreligionnaires, qui en étaient réduits à se servir d'exemplaires plus ou moins corrompus de la version de Saadias. L'auteur n’a pas travaillé sur la version samaritaine, comme on pourrait le supposer, mais bien sur le texte hébreu original, écrit en caractères samaritains. Il montre pourtant que la version de Saadias lui était familière ; il s’en est servi plusieurs fois. Il a aussi fait usage de la version samaritaine, telle qu'elle a été imprimée plus tard dans la Polyglotte de Paris. La date précise de cette version est incertaine. Tout ce que l'on peut dire, c’est qu'elle est postérieure au xe siècle et antérieure au xine. D'après Silv. de Sacy, Mémoire sur la version arabe, p. 10%, cette version serait fort utile pour la critique du texte samaritain. Voir ABOU-SaiD.
ARABES (VERSIONS) Fe
a) Manuscrits. — Voici les principaux : 4. Celui de la bibliothèque Barberini, à Rome. C'est un manuscrit tritaple (hébreu, version samaritaine et version arabe), écrit tout entier en caractères samaritains, Il est daté de l'hégire 62%. — 9. Le manuscrit Usher à la bibliothèque Bodléienne d'Oxford ; il est bilingue (version samaritaine et version arabe), et fut écrit en l'an 15%5 de notre ère. — 3. Le manuscrit Taylor, à la même bibliothèque; il est en caractères arabes. — 4, Le manuscrit arabe 5 (ancien fonds 2) de la Bibliothèque nationale, xv® siècle. — 5. Le manuscrit arabe 6 (ancien fonds 4), même Bibliothèque et même date.— 6, Le manuscrit arabe 8 (ancien fonds 12), même Bibliothèque, xvre siècle. Ce manuscrit, qui a appartenu à Melchisédech Thévenot, a cela de particulier que ie copiste ayant un exemplaire de Saadias sous les yeux l'a complété par cette version. — 7. La Bibliothèque de Leyde possède aussi un manuscrit de celte version, que Sacy appelle Codex Damascenus. Avant d'entrer à la Bibliothèque de Leyde, il avait appartenu successivement à Van Tyl et à Schultens, — 8. Un autre manuscrit est mentionné dans la Bibliotheca Wittiana, 1701 ; on ignore ce qu'il est devenu. — Tous ces manuscrits représentent une seule et même version, malgré des variantes assez nombreuses surtout dans les passages obscurs. Ils ont été décrits par Silv. de Sacy, Mémoire sur la version arabe, p. 105 et suiv.
δὴ Editions. — La version d'Abou Saïd n'a jamais été publiée en entier. Voici ce que nous en avons. — 1. Hottinger, dans son Promptuarium, sive bibliotheca orientalis, Heidelberg, 1658, a publié Gen., x1, 1-%3, d'après un fragment qui lui appartenait. — 2, Blanchini, dans le t. 11 de son Evangeliarium quadruplex latinæ versionis antiquæ, 1749, fit graver une page du manuscrit Barberini contenant Num., v, 30-v1, 9. — 3. Durell, The Hebrew text; of the parallel prophecies of Jacob and Moses relating to the twelve tribes to which are added 1° the Samaritan Arabic version, etc., 1763, publia Gen., xLIX, 6, 28; Deutér., ΧΧΧΠΙ, 1-29, d’après le manuscrit d'Usher; et Gen., xLix, 1-4, d'aprés le manuscrit de Taylor. — 4. Ch. Hwiid publia à Rome, en 1780, Gen., XLIX, d’après le manuscrit Barberini, dans son Specimen ineditæ versionis arabico-samaritanæ Pentateuchi e codice samaritano bibliothecæ Barberinæ, ἴῃ - 80, — 5. Adler, Biblisch-kritische Reise, a publié Num., XXI, 7-9, d'après le manuscrit Barberini et le manuscrit arabe 6 de la Bibliothèque nationale. Il ἃ aussi fait connaître d'autres passages du manuscrit Barberini dans le Liter. Briefwechsel, de J. D. Michaëlis. — 6. Paulus, dans sa Commentatio critica exhibens e biblioth. oxon. Bodlejana specimina verss. Pentateuchi septem arabicarum nondum editarum, léna, 1789, a donné divers extraits du livre de la Genèse, d'après le manuscrit de Taylor. — 7. Van Vloten publia en 1803 quelques fragments, d'après le manuscrit de Leyde, dans son Specimen philologicum continens descriptionem codicis MS. Bibliothecæ Lugdun. Batavorum partemque inde excerptam versionis samaritano-arabicæ Pentateuchi, Leyde, 1803. — 8. Silv. de Sacy, dans son Mémoire, p. 150-196, en a publié plusieurs fragments. Ils sont pris de différents manuscrits, quoique plus généralement du manuscrit arabe 6 de la Bibliothèque nationale; les variantes de tous les manuscrits ont été soigneusement recueillies pour chaque passage. — 9. En 1851, Abr. Kuenen publia la
le Lévitique. Cf. Keil, Manual of historico-critical Introduction, Edimbourg, 1870, t. 11, p. 279-80.
2% Versions arabes basées sur la version syriaque. — A moins d'indication contraire, il s'agira de la version Simple ou Peschito.
A) Rüdiger, De origine et indole arabicæ interpretationis, donne comme faites sur la Peschito les versions arabes des livres suivants : Juges, Ruth, 1 et II Rois; | ΠΙ Rois, 1-x1; IV Rois, x, 17-xxv; Paralipomènes,
Genèse d'après trois manuscrits et, en 1854, l'Exode et ἡ
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Job, qui ont été imprimées dans les Polyglottes de Paris et de Londres, d'après le manuscrit arabe 1 de la Biblio-
thèque nationale. Ces versions ont été faites par des |
chrétiens au ΧΙΠΡ où au xive siècle. Elles ont peu de valeur. P. de Lagarde a publié une nouvelle édition du livre de Job d'après la Polyglotte de Paris, ainsi qu'une autre version du même livre, mais de recension égyptienne, d'après un manuscrit de Berlin, dans son ouvrage intitulé : Psalteriun, Job, Proverbia arabice, Gæœttingue, 1876.
B) Deux versions des Psaumes faites par des chrétiens du mont Liban. L'une a été éditée en 1585 et en 1610, au monastère maronite de Saint-Antoine, à Kouzheyya (au nord d'Ehden), dans le Bescherréh, mont Liban. Cette édition, dont les exemplaires sont très rares en Europe, est en carschouni. P. de Lagarde a réimprimé l'édition de 1610 d'après l'exemplaire de la bibliothèque de Nuremberg, Psalter., Job, Prov. L'autre est contenue dans le manuscrit 5469, in-12, du Musée Britannique (Cureton, Catalogue, n° vi). Cf. Düderlein, dans le Repertorium d'Eichhorn, t. 11, p. 156 et suiv.
C) P. de Lagarde a publié, dans le même ouvrage, les Nombres, le Lévitique et le Deutéronome, d'après le manuscrit arabe 377 de la Bibliothèque de Leyde, dont nous avons déjà parlé à propos de la version de Saadias.
D) Enfin plusieurs manuscrits contenant des versions |
arabes faites sur la Peschito se trouvent dans les difiérentes bibliothèques d'Europe, pour la plupart inconnus, ou tout au moins inédits, comme on peut s'en assurer en parcourant les catalogues de ces bibliothèques. Tels sont, par exemple, les manuscrits arabes 17-21 de la Bibliothèque nationale. Paulus, dans sa Commentatio critica, a donné quelques spécimens de versions du Pentateuque d'aprés des manuscrits de la bibliothèque Bodléienne. ΕἾ Il existe aussi une version arabe faite au xve siècle par Häreth ben-Sinän sur la version syro-hexaplaire. Cette dernière ayant été faite sur le gréc des Hexaples d'Origène, on pourrait compter cette version arabe avec celles qui sont basées sur les Septante. On en connaît plusieurs manuscrits : deux à la Bibliothèque nationale, manuscrits arabes 13 et 14; deux à la bibliothèque Bod-
léienne, à Oxford ; un à la bibliothèque Vaticane (Cod. |
arab., 1); un à la bibliothèque Palatine Médicis, à Florence (Cod. palat., or. xvin). Les cinq premiers manuscrits contiennent le Pentateuque, le sixiôme contient la Sagesse, l'Ecclésiaste, les Proverbes, l'Ecclésiastique, et le Cantique des cantiques. D’après Et. Εν. Assemani, Catalog. codd. arabic. biblioth. Vatic., p. 2, dans la Scriptorum veterum nova Collectio, de Mai, t. 1v, le manuscrit du Vatican serait de l'an 1329 de notre ére. L'auteur de la version serait donc antérieur au xv® siècle, <omme Assemani le déclare lui-même, ouvr. cité, bien que dans son Catalogue de la bibliothèque Laurent. et Palat. Médicis, p. 61, il eût positivement dit que les deux Häreth (car il en distingue deux) avaient vécu vers la fin du xv® siècle. De Slane, Catalogue des manuscrits arabes de la Bibliothèque nationale, p. 4, dit aussi que d'auteur de notre version vivait vers la fin du xve siécle. — Quelques fragments de cette version ont été seuls publiés dans le t. vi de la Polyglotte de Londres et dans White : Letter to the bishop of London, Oxford, 1779. — Plusieurs savants comptent la version de Häreth avec celles qui ont été traduites directement sur les Septante des Hexaples.
F) Assemani, Bibliotheca orientalis, t. 11, p. 309, cite un texte de Bar-Hébræus d’où il ressort qu'un nestorien nommé Aboul-Faradj ben at-Tayyib avait traduit toute la Bible en arabe. Cette version, qui jusqu'ici n'a pas été retrouvée, pour l'Ancien Testament au moins, était sans doute faite sur le syriaque.
3 Versions arabes basées sur les Septante. — Parmi les principales on peut citer :
A) La version des Prophètes (Daniel excepté, qui est raduit sur Théodotion), imprimée dans la Polyglotte de Paris, d'aprés le manuscrit arabe 1 de la Bibliothèque
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nationale, et réimprimée dans la Polyglotte de Londres, Elle à été faite par un prêtre d'Alexandrie, comme l'indique une note du copiste placée à la fin des petits Prophètes. Cornill, qui, dans son Buch des Proph. Ezechiel, Leipzig, 1886, p. 49-57, a étudié en détail cette version pour le livre d'Ezéchiel, dit qu'elle a été faite directement sur le grec. Le manuscrit dont s'est servi le traducteur était en lettres onciales, sans esprits ni accents, et les mots n'étaient pas séparés. Comme le Codex Alexandrinus, ce manuscrit contenait la recension égyptienne des Septante; on y voit des traces de l'influence des Hexaples, mais moins que dans le Codex Alerandrinus. Le manuscrit de Paris offrait quelques lacunes auxquelles les éditeurs de la Polyglotte de Londres ont suppléé par les passages correspondants d'un manuscrit d'Oxford de recension syrienne.
B) Les versions des livres de Tobie, Judith, Esther, Proverbes, Ecclésiaste, Cantique des cantiques, Sagesse, Ecclésiastique, et des deux livres des Machabées, imprimées dans la Polyglotte de Paris (excepté les deux premiers et l'avant-dernier) et dans celle de Londres.
C) La version des Psaumes, imprimée dans les deux Polyglottes. Elle est aussi faite sur une recension égyptienne des Septante. P. de Lagarde l'a réimprimée, ainsi que la version des Proverbes dont nous venons de parler, Psalterium, Job, Proverbia, etc. Mais nous avons deux autres versions des Psaumes :
D) L'une est basée sur une recension syrienne des Septante. Il y en a deux éditions. La première a été publiée en 1516 par Giustiniani, évèque de Nebbio, August. Justiniani Psalterium Octaplum, in-f, Gènes, 1516; la seconde a été publiée une première fois, en arabe seulement, par Gabriel Sionite et Victor Scialak, à Rome, en 1614, Psalmi arabici ex græco ; une deuxième fois, avec la traduction latine, même année, Liber Psalmorum Davidis regis, et une troisième fois en arabe et en latin, en 1619, Davidis regis et Prophetæ Psalmi. Ces deux dernières réimpressions (si tant est que ce soient des réimpressions) ne différent que par le titre. P. de Lagarde a réimprimé cette version dans son Psalterium, Job, Proverbia. Le manuscrit de Gabriel Sionite, qui a servi aux éditions de 1614, est conservé à la bibliothèque Laurentienne à Florence, Biblioth. Palat. Méd., cod. x; ἢ fut terminé en 1612. Voir le catalogue d’Assemani, p. 56.
E) L'autre est d'après une recension spéciale qui est en usage chez les grecs Melchites. Son auteur, ‘Abdallah ’Ibn-’El-Fadl, vivait au xue siècle environ. Elle ἃ été publiée à Padoue, en 1709, in-8°; et aussi à Alep, en 1706, in-4° ; au monastère melchite de Saint-Jean-Baptiste (Mär yôchanna eë-Souair), dans le Chesrouan, mont Liban, en 1735, 1739, 1753 et 176%, in-80. La Society for promoting Christian knowledge fit imprimer la même version à Londres, en 1725, in-8°, d'après un manuscrit envoyé d'Alep; l'impression fut surveillée par Salomon Negri de Damas. P. de Lagarde, Psalter., Job, Prov., ἃ fait réimprimer l'édition de 1706 sur l’exemplaire de la bibliothèque de Dresde. La même version avait encore été publiée à Vienne avec un commentaire arabe.
4 Les catholiques ont publié, à l'usage des chrétiens d'Orient, quelques versions qui sont fondées principalement sur la Vulgate. Voici les plus remarquables :
A) L'édition de la Propagande, 3 in-fo, 1671. Lee et Mac Bride (aux frais de la société Biblique) l'ont réimprimée à Londres en 1822, in-8°, après avoir retranché la Préface, les Livres deutérocanoniques et la traduction latine. — B) L'édition de Mgr Tuki, vicaire apostolique de l'Église copte. Une partie seulement a paru : le Pentateuque, Josué, les Juges, Ruth, les Rois, les Paralipomènes, Esdras et Tobie. — C) L'édition des PP. Dominicains de Mossoul, 4 gr. in-8°, 1875-78. — D) L'édition des PP. Jésuites de Beyrouth, 3 gr. in-8°, 1876-78. — E) Les protestants ont aussi une version particulière. En 1856, la Society for promoting Clur'istian knowledge publiat,
par les soins de MM. Lee, Fares et Jarrett, une édition
de la Bible d'après la Version anglaise autorisée ; mais |
ARABES (VERSIONS
ou tout au moins retouchés sur cette version. — C) Textes traduits sur la version copte-memphitique, ou modifiés
leur manuscrit fut ensuite revisé sur les textes originaux. | d'après elle. — D) Textes de recensions éclectiques faites
5 Voici enfin quelques éditions qui ne peuvent pas encore être classées avec certitude :
A) Édition de toute la Bible faite à Bucharest, 1700, par les soins du patriarche melchite d'Antioche., — B) Le premier Psaume en copte et en arabe, avec traduction latine par Petræus, Leyde, 1663. — C) Le Cantique des cantiques en éthiopien et en arabe, avec traduction latine par Nisselius, à Leyde, 1656. — D) Deux éditions des Psaumes, par la Propagande, Rome, 17#4 et 1749, in-#°. — E) L'édition faite par Carlyle pour la société Biblique, Newcastle, 1811, ἴῃ - ἀρ, — F) L'édition protestante de Londres, 1831, in-80. — G) L'édition protestante de Van Dyck, Beyrouth, 1865, in-8v, (Cf. Journal of the American oriental Society, t. x1, p. 276-806.)
Voir Rüdiger, De origine et indole arabicæ librorum V. T. historicorum interpretationis libri II, Halle, 1829; Pococke, Arabica versio Pentateuchi cum R. Saadiæ versione tam quæ in codd. mss. quam quæ in Bibliis constantinopolitanis extat, collata. Præfatio (dans la Polygl. de Walton, t. v); Hottinger, Dissertatio historicotheologica de Heptaplis parisiensibus ex Pentateucho institula, in-%, Zurich, 1649; Schnurrer, De Pentateucho arabico polyglotto, Tubingue, 1780; Dissertationes philologico-criticæ, Tubingue, 1790; Paulus, Commentatio critica exhibens e biblioth. Oxon. Bodlejana specimina verss. Pentateuchi septem arabicarum nondum editarum, léna, 1789; Durell, The Hebrew text of the parallel prophecies of Jacob and Moses relating to the twelve tribes,.… to which are added 1° the Samarilan Arabic version, οἷα. 1763 ; Hwiid, Specimen ineditæ versionis arabico-samaritanæ Pentateuchi e cod. samaritano biblioth. Barberinæ, in-8°, Rome, 1780; Van Vloten, Specimen philologicum continens descriptionem codicis ms. Lugduno-Batavæ, partemque inde excerplam versionis samaritano-arabicæ Pentateuchi mosaici, in-4, Liège, 1803; Silv. de Sacy, Mémoire sur la version arabe des livres de Moïse, à l’usage des Samaritains, et sur les manuscrits de cette version, dans les Mémoires de l'Académie des inscriptions, t. xLIx, 1810 ; White, Letter Lo the bishop of London, Oxford, 1779 (spécialement pour les versions faites sur la version syrohexaplaire); Düderlein, sur les versions des Psaumes, dans Eichhorn, Repertorium, n° part., p. 151 et suiv.; ive part., p. 57 et suiv.
IT. VERSIONS ARABES DU NOUVEAU TESTAMENT. — Les versions arabes des Évangiles nous étant (depuis quelques années surtout) beaucoup mieux connues que celles des autres livres du Nouveau Testament, nous devrons traiter séparément : 19. des versions des Évangiles; 2 des versions des Actes, des Épitres et de l’'Apocalypse.
4° Versions arabes des Evangiles. — Ce sujet a été traité tout récemment dans un mémoire de la Reale Accadenua dei Lincei, 1888, par M. Ignace Guidi, Le traduzioni degli Evangeli in arabo e in etiopico. En voici le résumé. Les Évangiles furent peut-être traduits en arabe avant Mahomet. Sprenger, Das Leben und die Lehre des Mohammad, 3 in-8°, Berlin, 1861-1865, t. 1, p. 131-132; cf. Gildemeister, De Evang. in arabic., p. 35. D'après un texte de Bar-Hébræus, une autre traduction aurait été faite entre 631 et 649 de notre ère. Bar-Hébræus, Chronic. eccles., édit. Abbeloos et Lamy, t. 1, p. 275; Assemani, Biblioth. orient., τ. n, p.335; cf. Gildemeister, De Evang. in arabic., p. 30, note 1. Mais ces premières traductions ne constituent que des faits isolés et discutables, En revanche, les manuscrits sont là pour nous attester que dès le virre siècle les versions arabes des Evangiles étaient déjà assez communes chez les chrétiens de la Syrie, M. Guidi divise les textes des nombreux manuscrits des Evangiles en arabe en cinq classes. — A) Textes traduits directement du grec. — B) Textes traduits sur la Peschito,
au ΧΗ] siècle dans le patriarcat d'Alexandrie. — E) Textes se distinguant par leur forme plus spécialement littéraire. — Α ces cinq classes nous en ajouterons une sixième, qui comprendra F) les versions arabes d'origine occidentale.
À) Textes traduits directement du grec. — C'est au couvent de Saint-Sabas ou dans ses environs qu'il faut chercher les origines de la littérature arabo-chrétienne, car c’est là qu'ont été trouvés les plus anciens 11anuscrils se rapportant à cette littérature. On voit par leur contenu que la traduction des Évangiles fut un des premiers soucis de l'école littéraire de Saint-Sabas; on la trouve dans un grand nombre de manuscrits, dont quelques-uns sont les plus anciens représentants de la littérature arabochrétienne. La plupart de ces manuscrits sont encore au couvent de Saint-Sabas, ou à celui de Sainte-Croix, à Jérusalem. Plusieurs ont été transportés en Europe, notamment à Leipzig (mss. Tischendorf). Rome en possède quelques-uns, dont deux (Vatic. arab., 13, vine siècle, et mus. Borg., k. 11, 31, vie ou ΧΡ siècle) sont les plus anciens que nous connaissions. On n'a pas de données positives sur l’origine de ces deux manuscrits, mais l'examen de leur texte ne laisse aucun doute sur leur provenance. Le manuscrit du musée 5orgia contient absolument le même texte qu'un fragment (Matth., x, 19-X1, 4; xIV, 13-xv, 2) de lectionnaire de Leipzig, qui a été apporté de Saint-Sabas (cod. Tischendorf, xxx1, ἃ ; cf. Tischendorf, Anecdota, etc., p. 70, et Fleischer, dans la Zeitschrift der deutschen morgenländischen Gesellschaft, t. vint, p. 586); et le manuscrit du Vatican, pour étre paraphrastique, ne laisse pas que de se rattacher à Ja même famille. On ἃ dit que ce dernier manuscrit venait d'Émèse, en se fondant sans doute sur une certaine note eù vers grecs, inscrite au verso du dernier folio; mais cette note n'est pas du même copiste que le manuscrit. — La version contenue dans les manuscrits provenant de Saint-Sabas a été faite sur une version grecque de recension syro-antiochienne ou mixte. Elle est due à l'initiative privée, et n’a jamais été canoniquement approuvée. Le manuscrit Borgia, k. 11, 31, dont nous avons déjà parlé, la contient dans sa forme primitive. On la retrouve corrigée au point de vue de la grammaire dans les manuscrits Borgia, k. 1, 6, x1° ou ΧΗ" siècle; Leyd., 376, A. D., 1179, et Leyd., 2377, A. D., 1331 ; et, sous le rapport du style, dans les manuscrits Bodl., xv (catal. Nicoll), A. D., 1564, et xxix (catal. Uri), A. D., 1256.
B) D'autres manuscrits assez anciens offrent des versions qui suivent assez bien la Peschito; elles sont d’époques différentes. 1. La plus ancienne est celle d'un manuserit Tischendorf, de Leipzig, que Gildemeister place entre 750 et 850. Mais on ne saurait dire si cette version ἃ été faite directement sur la Peschito, ou si elle a été simplement revisée sur elle. — 2. Le Codex Vaticanus 13, contient aussi quelques feuillets (1-15, 47-55) dont le texte suit également la Peschito, — 3. La version du Diatessaron de Tatien, publiée par le P. Ciasca, a été faite au x1e siècle par Ibn-at-Tayyib, dont nous avons parlé, col. 849, ἃ propos des versions de l'Ancien Testament basées sur le syriaque ; elle est fort différente de la version du manuscrit de Leipzig. — 4. Le même Ibn-at-Tayyib, dans ses commentaires sur saint Matthieu, suit une traduction différente des deux premières, et de celle même de son Diatessaron, comme on peut le voir par l'examen des deux manuscrits, qui se trouvent l'un au musée Borgia (Diatessaron), l'autre à Leyde (Comment., 2375). — Enfin quelques manuscrits, par exemple, Vatie. syr., 19 (A. D., 1490; cf. Guidi, ouvr. cit., p. 15, n. 2) et 197 (A. D., 1488), contiennent des versions syriennes d'origine, mais fortement influencées par la recension alexandrine.
C) De même que les Syriens accommodérent plusieurs fois le texte grec à leur version nationale, ainsi les Coples
l'adaptérent à la version indigène, qui éluit regardée |
comme oflicielle dans le patriarcat d'Alexandrie, celle qui éluit en dialecte memphitique. Le magnifique Codex Vaticanus copt., 9, est un représentant de cette version coptoarabe.
D) Toutes ces versions étaient privées, aucune n'était canoniquement reconnue; ce qui se comprend quand on réfléchit qu'à l'époque à laquelle elles remontent, les langues anciennes étant encore suffisamment comprises des gens instruits, on ne voyait pas la nécessité de sanctionner aucune des traductions que des personnes privées avaient entreprises. Mais bientôt ces traductions devinrent nécessaires; on pensa alors à établir canoniquerment un texte qui devait être la base de la liturgie et de toute la littérature ecclésiastique. Ce travail commença d'abord en Égypte, où l'arabe se répandit plus rapidement à cause de la disposition topographique du pays. On se basa pour cela non seulement sur la version copte, mais encore sur les versions canoniques grecques et syriaques, l'influence des Melchites et des Nestoriens étant alors considérable dans le patriarcat d'Alexandrie. Ce travail fut entrepris par Al-As'ad Abül-Faradj Ibn-al-‘Assàl, vers 1250. On le trouve dans un manuscrit de Milan (Ambros., C. 47. Inf.) daté de 1280, et avec de légères variantes dans le Vatic. ar., 610, le Vatic. copt., 10, le Leyd., 2374 (Scalig., 223) et les deux Bodl. (Uri) xxIv et xxv; mais, tandis que quelques-uns ont conservé l'appæratus criticus d'el-‘Assàl (Ambros ; et Bodl., xx1v), les autres n’ont que le texte. Tous sont du ΧΠΠ ou du xiv° siècle. — Cette recension cessa bientôt d'être en vogue, sans doute parce qu'elle était trop compliquée. Elle fut remplacée par une autre recension alexandrine, que l’on peut nommer la Vulgate. Celle-ci est basée sur l’ancienne version canonique copte, telle que nous l’avons dans le Cod. vatic. ar., 9, dont nous avons déjà parlé, sinon sur ce manuscrit lui-même. Cependant le grec et le syriaque furent aussi mis à profit, tant pour compléter la version copte, dans laquelle des mots avaient été omis, que pour l'éclaircir ou même la corriger. Pour le travail de revision sur le syriaque, on se servit des commentaires d'Ibn-at-Tayyib. Il en résulta un texte clair, coulant, tenant suffisamment compte des trois versions canoniques en usage, et suffisamment correct, Cette édition est la seule qui ait été imprimée.
a) Manuscrits. — Les manuscrits en sont nombreux et de deux différentes origines : les uns, les plus nombreux, venant d'Égypte, et les autres venant de Syrie. Ces derniers ont naturellement de temps en temps quelquesunes des variantes caractéristiques des versions d'origine syrienne. Voici l'indication des principaux manuscrits d’origine égyptienne. Oxford, biblioth. Bodl. (catalogue d'Uri), codd. 23 [de 1326]; 22; 31 (?); 32 [de 1478]. — Brit. Museum, arab., 12 [de 1337]. — Vatic. arab., 15 [de 1328]; copte, 11 et 8. — Vienne, 1544 et 1545. — Saint- Pétersbourg, Mus. asiat., 3. — Leyde, 2370, 2371, 2373, 2319. — Paris, Bibliothèque nationale, manuscrit arabe, 51. — Ce dernier manuscrit avait été, semble-t-il, copié sur un autre manuscrit dont un folio a été conservé dans la copie ; ce folio porte la date 1037 des martyrs. Le manusecrit auquel il appartenait serait donc de 1321, ce qui est important à noter pour déterminer la date de la seconde recension alexandrine. Parmi les manuscrits d'origine syrienne, M. Guidi mentionne le Vatic. syr., 407 [ de 1470]; le aus. Borg., k. vu, 2; le n° 49 du collège des Maronites,
b) Éditions. — On les divise en deux classes, suivant qu’elles ont été faites sur des manuscrits d'origine égyptienne ou sur des manuscrits de provenance syrienne, D'après M. Guidi, il faut compter parmi les éditions de la recension alexandrine, origine égyptienne, celle d'Erpenius: Novum Testamentum arabice,cura Thomæ Erpenii, Leyde, 1616, in-4° (d'après un manuscrit qu’il tenait de Scaliger, et qui est maintenant à l'université de Cambridge, Gg. v, 33), et celle de P. de Lagarde (d'après le
ARABES (VERSIONS
manuscrit de Vienne, 1544). Erpenius eroyait que 505 Évangiles avaient été traduits du grec ; là n’est pourtant pas la difficulté, car le jugement d'Erpenius sur cette matière est loin de valoir celui de M. Guidi. Mais il faut observer que, d'après Richard Simon, Histoire critique des versions du Nouveau Testament, ch. xvur, Erpenius transcrit, dans sa préface, une note de son manuscrit ainsi conçue : « Absoluta est hujus libri descriptio die 10 mensis Baunæ anni 988 martyrum justorum. Descriptus autem est ex emendatissimo exemplari cujus descriptor ait se id descripsisse ex alio exemplari emendato exarato manu Joannis, episcopi cophtitæ, qui Joannes dicit se suum descripsisse ex exemplari emendatissimo quod ediderat D. Nesiulaman, F. Azalkefati. » Si cette note est authentique , il s'ensuit clairement que le manuscrit Scaliger, qu'a publié Erpenius, est de l'an 1272; que la version qu'il contient est plus ancienne encore (beaucoup plus que ne le serait la deuxième recension alexandrine, suivant M. Guidi), et enfin que le nom de l’auteur de la recension vulgate d'Alexandrie est connu. Ces conclusions sont acceptées par Assemani, dans son Catalogue de la Biblioth. Lawrent. Palat. Médicis, p. 62, sur la foi de la préface d'Erpenius. Scrivener, qui semble avoir été mieux informé encore, non seulement sur le livre d'Érpenius, mais aussi sur le manuscrit lui-même, adopte les mêmes conclusions. A plain introduction to the Criticism of the New Testanent, 1883, p. 41%. Il est vrai que dans le même ouvrage de R. Simon, et précisément au même endroit, on lit une note qui recule presque d'un siècle la date de notre manuscrit; cette note, tirée du Catal. Biblioth. Lugd. Batav., p.279, est ainsi conçue : « Novum Testamentum integrum scriptum in deserto sancto in monaster. D. Joannis, anno Diocl. 1059, 1. 6. Christi 1342. In Act. “Epist. et Apoc., accuratissime annotatæ sunt (par Raphelenge, comme le dit Simon) variæ lectiones in alio codice ms. atque ex hoc exemplari suam Nov. Testam. editionem expressit Erpenius. » — Cette note me paraît bien suspecte; elle est d’ailleurs en désaccord avec tout ce que J'ai pu recueillir de renseignements sur le manuscrit d'Erpenius. Est-elle réellement de Rich. Simon? Nous nous en remettons à M. Guidi pour une réponse satisfaisante. Cf. Michaelis, Introduction to the New Testam., édit. Marsch, notes to chapt, ὙΠ, sect. XvI.
A côté de l'édition de 1616, il faut citer celle de Londres, 1829, qui n’en est qu’une réimpression, et les deux éditions de Rome, 1671, et de Londres, 1820, dont nous avons déjà parlé à propos des versions de l'Ancien Testament. À la même classe appartient aussi l’édition faite par P. de Lagarde, en 186%, d'après le manuscrit 1544 de Vienne. — Parmi les éditions de la même version faites sur des exemplaires d'origine syrienne, il faut nommer au premier rang : 4. L'édition de Rome de 1591, reproduite plusieurs fois sans modifications dans le texte. — 2, Celle de 1645, dans la Polyglotte de Le Jay, par Gabr. Sionite, L'éditeur s'est servi d'un exemplaire de l'édition de Rome, en se contentant d'en purifier le style. Cct exemplaire appartint d’abord à Séguier, puis à Picques. — 3. Celle de Londres, simple réimpression de celle de Le Jay. — #. Celle de Rome, 1703, en carchouni, d'après un manuscrit de Chypre (collège des Maronites, à Rome, n° 49), et celle de 182%, Paris, réimpression de celle de 1703. — L'édition melchite d'Alep, 1706, a ἀὰ être faite sur des exemplaires de la même version; mais je ne saurais dire si elle a été influencée par les exemplaires ordinaires de Syrie.
E) Parmi les manuscrits qui se distinguent par leur forme plus spécialement littéraire, il faut citer celui de Leyde, 2348, et ceux du Vatican, codd. arab., 17 et 18. Ces deux derniers sont de la fin du Χο siècle, Tous les trois contiennent le même texte. C’est une version en prose rimée, M. Guidi croit que son auteur était un des médecins ou philosophes syriens qui fleurirent sous les Califes, au 1xt ou Χ' siècle, — Une autre version du même genro
fut faite en Syrie par ‘Abhdiô, métropolitain de Nisibe
(+ 1318). Cette version est mentionnée dans le manuscrit |
arabe 58 de la Bibliothèque nationale. (Voir de Slane, Catalogue, p.13.) Elle a servi de base à une autre version littéraire faite par un Maronite, Ja‘qüb ad-Dibsi, en 1691. Elle se trouve dans le manuscrit arabe 58, dont nous venons de parler, et, dit-on, aussi dans un manuscrit qui est à Alep. Cette dernière version n’est pas rimée, Une autre version littéraire se trouve dans trois manuscrits, deux d'Oxford, Bodi., xv et xxIx, et un de Milan, Ambros. E. 95, sup. Elle se rapproche de la version des mss. Borg., k. 11, 6; Leyde, 2376 et 2377; Vatic. ar., 467, dont nous avons déjà parlé plus haut (A.). Cette version remonte au moins au xine siècle, le Cod. bodi. xxIx étant de l'an 1256.
F) Nous traiterons ici de deux versions très différentes de toutes les autres, qui se trouvent dans deux manuscrits, Londres, Brit. Museum, xt, et Munich, 238. Ce dernier a été copié sur un manuscrit de l'an 1145. La version qu'il contient se trouve aussi dans un manuscrit des archives de la cathédrale de Léon. Une note qui se lit dans le manuscrit de Londres et dans celui de Munich dit que cette traduction fut faite, en 9%6, par Isaac Velasquez de Cordoue. Ces manuscrits sont écrits en caractères maugrébins; ils contiennent l'introduction aux Évangiles dite de saint Jérôme, les chapitres sont divisés plus à l'occidentale qu'à l’orientale. Comme le remarque M. Guidi, ce groupe de manuscrits fait penser à la version de Jean de Séville, dont nous avons déjà parlé, et qui était, dit-on, traduite de la Vulgate. M. Guidi observe que la version des trois manuscrits en question semble se rapprocher plus de l'Italique que de notre Vulgate.
Nous#levons ici dire un mot des différentes hypothèses que l’on ἃ émises sur l'origine de l'édition princeps des Évangiles, publiée à Rome en 1591. Richard Simon, sans la critiquer aussi vivement que l'édition de 1671, observe qu'elle a « été retouchée en quelques endroits sur notre édition latine ». Davidson, À trealise on biblical criticism, t. 11, p. 222, bannit avec dédain du domaine de la critique cette édition « faite sur la Vulgate ». Il ne fait d'ailleurs pas plus de cas de l'édition d'Erpenius, qui n'est, dit-il, que la réimpression de la même version d’après un manuscrit de Leyde (!). D'un autre côté, Juynboll, dans sa description d’un manuscrit arabe de Franeker (publiée en 1838), a remarqué que ce manuscrit suit l'édition de 1591, et que l'un et l'autre étaient conformes à la Vulgate, en sorte qu'on ne saurait accuser l'éditeur Raimondi d’avoir retouché la version arabe sur la Vulgate, le manuscrit dont il s’est servi pouvant être du même genre que celui de Franeker, — Juynboll identifie ensuite son manuscrit et l'édition princeps avec la version de Jean de Séville. Ce dernier point fut contesté par Gildemeister, dans ses communications à Tischendorf. (Tischendorf, Novum Testamentum græce, édit. de 1859, Proleg., Ῥ. CGxXXxIX.) Quoi qu'il en soit, il ne serait pas impossible que le manuscrit de Franeker appartint à la même famille que ceux de Londres, de Munich et de Léon; et ces trois derniers prouvent bien qu'il y a eu au moins une version arabe faite en Espagne sur un texte latin.
2 Versions arabes des Actes, des Épitres et de l'Apocalypse. — On n'a pas encore suffisamment étudié l'histoire des versions de cette partie du Nouveau Testament, on se contente de dire d’une manière un peu vague qu'elles sont dérivées du syriaque. Mais il est bien probable qu'une étude judicieuse des manuscrits conservés dans les différentes bibliothèques d'Europe conduirait à des résultats analogues à ceux auxquels M. Guidi est arrivé pour les Évangiles. Les Actes des Apôtres et les Épitres, celles de saint Paul surtout, étaient trop lues dans les Églises d'Egypte et de Syrie pour que des traductions privées ou canoniques n’en aient pas été faites à plusieurs reprises. On trouvera l'indication des manuscrits à utiliser dans les catalogues des grandes bibliothèques.
ARABES (VERSIONS) — ARABIE
Je me contenterai de citer ainsi un manuscrit du rx siècle, conservé à Leipzig. Cf. Tischendorf, Arecdota, Leipzig, 1861, p. 13. — Les Actes, les Épitres et l'Apocalypse se trouvent : 1. dans l'édition d'Erpenius, Leyde, 1616, que nous avons déjà citée plusieurs fois, et dans la réimpression de Londres, 1829 ; — 2. dans les Polyglottes de Paris et de Londres; — 3. dans l'édition carchouni de Rome. 1703, et dans sa réimpression, Paris, 182%; — #%. dans l'édition complète de Rome, 1671, et sa réimpression à Londres, 1820. — Ont été publiés séparément les livres suivants : 1. Les Actes des Apôtres, par D.-J.-H. Callenberg, Halle, 1742. — 9. L'Épitre aux Romains, par Erpenius, Leyde, 1616. — 3, La même, par Callenberg, Halle, 1741. — 4. L'Épitre aux Hébreux, par le même, Halle, 1742. (Les éditions de Callenberg ne sont que des réimpressions de la Polyglotte de Londres.) — 5. L'Épitre aux Galates, d'après un manuscrit d'Heidelberg, Heidelberg, 1583. — 6. L'Épitre à Tite, avec traduction latine interlinéaire par Jean Antonidas, 1612. — 7. Les Épitres des saints Jacques, Jean et Jude, en arabe, éthiopien et latin, par Nisselius et Petræus, Leyde, 1654. — 8. Les Épitres de saint Jean, par Raphelenge, Leyde, 1612. — 9. L'Épitre de saint Jacques, avec traduction latine par Nicolas Panecius, Wittenberg, 1694. — 10. Les Épîtres de saint Jean, par Jonas Hambræus, in-16, Paris, 1630. — 11. L'Épitre de saint Jude, d’après un ancien manuscrit d'Heidelberg, in-fv, Breslau, 1630.
Voici enfin quelques autres éditions faites par les soins des sociétés bibliques protestantes. 1. Tout le Nouveau Testament, traduit par Sabat, revu par Thomason, Calcutta, 1810. Réimprimé à Londres en 1825, sous la direction de Lee, et à Calcutta, 1826, sous celle de Thomason. — 2. Le Nouveau Testament publié par Salomon Negri, aux frais de Ja Society for promoting Christian knowledge. C'est une réimpression de la Polyglotte de Londres, avec modifications par l'éditeur; Londres, 1827. — Enfin on trouvera encore le Nouveau Testament dans les éditions complètes de la Bible, catholiques ou protestantes, dont nous avons parlé à propos de l'Ancien Testament.
Voir Storr, De Evangeliis arabicis, Tubingue, 1775; Gildemeister, De Evangeliis in arabicum e simplici syriaca translatis, Bonn, 1865; Richard Simon, Histoire critique des versions du Nouveau Testament, chap. XVII; Holzmann, Lehrbuch der histor. kritischen Eïnleit. in das Neue Testament, Fribourg-en-Brisgau, 1886.
H. HYVERNAT.
ARABIE (hébreu : 377, 217, ‘ärub, ‘äräb), pays situé
à l'est et au sud-est de la Palestine, et composé en grande partie de déserts parsemés de petites oasis plus ou moius fertiles. L'étymologie de ce nom est incertaine. On ne saurait guère penser à 277, ‘éréb, « doux, agréable; » mais
plutôt à 5227, ‘äräbäh, « pays plat, plaine déserte, » Ce
nom géographique ne figure dans aucun livre biblique antérieur au vie siècle avant J.-C. La première mention en est faite dans Isaïe, xx1, 13; celle de l'adjectif 277,
‘äräbi, « Arabe, » se trouve pour la première fois dans Isaïe, xt, 20, avec le sens d’« habitant du désert » et de « nomade ». Dans les annales assyriennes, on constate le mème sens pour Aribi ou Aribäa ; un chef arabe du nom de Gindibù a combattu avec beaucoup d'autres rois syriens contre Théglathphalasar II à la bataille de Qarqar, dans l'Hamathène.
I. GÉOGRAPHIE. — L'Arabie de l'époque biblique et assyro-babylonienne ne comprenait ni la péninsule sinaitique, appelée plus tard Arabie Pétrée, ni la plus grande partie de la péninsule arabique que les géographes grecs ont nommée Arabie heureuse. Cette dernière contrée porte dans la Genèse le nom général de « pays de Kousch », c'est-à-dire d'Éthiopie, nom qui s’est transmis aux Grecs, lesquels appliquent également à l'Arabie heureuse la dénomination d'Éthiopie orientale. L'Arubie biblique, au sens
le plus vaste, était donc limitée au sud par le Hedjàz actuel, à l'ouest par la Palestine transjordanique, la Damascène et l'Hamathène, à l'est par les solitudes du désert syrien, l'Arabie déserte des géographes classiques; mais il est impossible d'en fixer les limites du côté du nord et de l'est, et de décider d'une part, si elles dépassaient l'Euphrate, de l'autre, si elles englobaient le territoire de Palmyre.
C Oasis de Saffa
Nota: Les noms modernes sont ceruls en caracteres filiformes Er: Médine Tea, ete