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Carte d'Arabie

Au sens plus étroit, l'Arabie biblique comprenait la pro-

vince actuelle du Hauran, au sud- F | 4 rs ë ᾿ est de Damas, avec les | 5 ne connait aucun nom de localité. Les stations du

oasis adjacentes, l'Arabia prima de l'époque romaine et V'Arabaya des inscriptions achéménides. L'unité géographique de cette province remonte à une haute antiquité. A l’époque patriarcale (vers 1900 avant J.-C.), les peuplades ismaélites qui l'habitaient transportaient en Égypte les plantes aromatiques qui croissaient sur les montagnes du Galaad du nord. Gen., XXXVI, 25.

Des divers territoires arabes qui sont mentionnés dans la Bible, nous ne pouvons identifier avec plus ou moins de vraisemblance que les noms suivants, en procédant du nord au sud :

Auran (11, Havrän), « blanc, » c’est la province prin-

cipale de l'Arabie biblique. Le nom semble dû aux neiges qui couvrent les sommets des montagnes pendant une

grande partie de l'année; il forme parallèle à celui du Liban (225), qui a le même sens. Jusqu'aux derniers

temps, on plaçait dans cette province l'A lsadamus mons de Ptolémée; mais, en réalité, la forme plus exacte Asalmanus, donnée par un manuserit, répond à l'hébreu Moszs, qui est une des dénominations du mont Hermon.

La ville de Chanath, πῦρ, conquise par les fils de Machir,

Num., xxx11, 42, est la Canatha des Grecs, aujourd'hui Qanawât. La paraphrase chaldaïque mentionne la ville de j:n2, la Motha de Ptolémée (aujourd'hui Imtan),

qu'elle confond à tort avec le Basan, 173, des Hébreux,

qui est la Bathanée.

Rohob (=n2, Rehob), « largeur. » Un chef de cette

contrée a fourni une troupe d’auxiliaires aux Ammonites contre David. II Sam. (II Reg.), x, 6. Il se peut que ce soit l'ancien nom de l'oasis de Saffa, dans laquelle Ptolémée semble placer les Ῥααθηνοι, et qui porte le nom de nan dans les inscriptions que MM. de Vogüé et Waddington y ont découvertes. La possibilité d'entendre sous ce nom la ville galiléenne de Rohob mentionnée dans Jos., xIx, 28, paraît beaucoup moins vraisemblable.

Τοῦ (=*, T6b), « bon. » Les troupes d'un chef de ce pays (29 vx) ont pris part à la bataille dont il vient

d'être question et ont combattu dans les rangs des ennemis de David. II Sam. (II Reg.), x, 6. À l'époque des Juges, Jephté, chassé par ses frères, se réfugie dans le pays de Tob. Jud., xt, 3, 5. C'est probablement le district dans lequel se voit actuellement la ruine nommée et-Täibe, à peu près à moitié chemin entre Der'at ou Edre‘at (Edraï} (27258) et Boçra. Dans I Mach., v, 13, l'expression « pays

de Tob » est devenu «pays de Tobie »; Vulgate : Tubin. Selcha (5252, Salkah), ville d'Og, roi de Basan. Deut.,

ur, 10. On l'identifie ordinairement avec la ville de Salchat, tout près de laquelle passait, à l'époque romaine, la limite de l’Auranite et de la Nabatène; et comme les divisions territoriales changent peu dans ce pays, il y a présomption que c'était aussi le cas dans l'antiquité. Cependant l'orthographe hébraïque 72%, que l'aspiration du 2 semble

caractériser comme une forme contractée de Sallakhat, diflére considérablement du nom nabatéen 571%, qui ἃ produit la forme arabe snx, Carkhad. Il faut donc supposer que la forme nabatéenne repose sur une étymologie populaire, déterminée par la forte position de la citadelle, ππτὸν το ππ - σῦς (—0), « rocher pointu (?). »

Bostra ou Bosora (N°32), ville considérable et colonie romaine, située à moitié chemin entre Tayibe (= 21%) et Salkhat. Elle n’est mentionnée que dans le premier livre des Machabées, v, 26 (Bosor). Judas Machabée détruisit la ville et délivra les Israélites qui y étaient assiégés par Timothée, chef des Ammonites. L’antiquité de celte localité est attestée par son nom, qui signifie « forteresse » en hébreu, et ne peut pas s'expliquer par l’araméen.

Depuis le sud de la Moabitide jusqu’au golfe d'Akaba,

désert mentionnées dans les Nombres, ΧΧΧΠΙ, 41-44, ne peuvent guère être déterminées, et on ignore même si elles se trouvaient à l'est ou à l’ouest de l'Idumée.

A partir du golfe d'Akaba, les noms de territoire deviennent plus fréquents dans la Bible. A l'entrée de ce golfe, nous rencontrons depuis une haute antiquité deux villes voisines l’une de l’autre : Élath (τον, "Élaf), et Asiongaber, (732 ΤΌΣ, “Ésyiôn Gäbér). La première devait son nom à une forêt de chênes ou de térébinthes qui se trouvait dans son voisinage, et qui fournissait le bois nécessaire à la construction des navires, ce qui donnait

un grand prix à sa possession ; la seconde formait un bon port abrité contre les tempêtes. Elles appartenaient nomi-

nalement aux Iduméens, mais paraissent avoir souvent joui d'une grande indépendance et formé une sorte de territoire libre et ouvert à toutes les tribus du désert. Les Hébreux, n'ayant pu obtenir libre passage ἃ travers le mont Séir ou l'Idumée propre, sortirent de l'Arabie Pétrée, près des villes que je viens de nommer, sans avoir été molestés par les Iduméens. Deut., πὶ, 8. Cet état de liberté relative du territoire littoral du golfe à l'égard du royaume édomite explique en même temps la facilité avec laquelle certaines’ tribus de l'Arabie Pétrée, comme les Madianites et les Amalécites, quittaient leurs päturages pour entreprendre des razzias dans la Moabitide et dans la Palestine transjordanique, et même dévaster la Palestine occidentale, après avoir traversé le Jourdain. Gen., xxxvi, 35; Jud., VI, 8; vi, 24.

La Genèse, xxv, 1-4; 12-16, divise les habitants de ce pays en deux familles distinctes, quoique étroitement apparentées, les Ismaélites et les Céturéens; ces deux peuples sont d'origine abrahamide , et par conséquent issus du même père que les Israélites, mais non pas de la même mère, et ils se sont mélangés avec les autres races.

Les Céturéens (ΠΡ Ὁ Ὁ 523) doivent leur nom à la femme

libre (nëN) qu'Abraham épousa après la mort de Sara.

Les auteurs arabes nomment une tribu Qatur&, qui habi-

tait avec les Gurhum, dans la contrée de la Mecque; mais

l'exactitude de cette donnée semble bien douteuse. Zamrân (5731, Zou6pav, Ζεμόράμ) rappelle les Zama-

reni de Pline, H. N., vi, 32, et aussi Za6pau, la capitale des Cinédocolpites, Ptolémée, VI, vir, 5; mais l'orthographe de ce dernier nom est incertaine; on le trouve souvent écrit Ζααράμ. Si le royaume de Zimri (Zambri) mentionné dans Jérémie, χχν, 35. appartenait à l'Arabie, le rapprochement avec la capitale que je viens de citer gagnerait en vraisemblance.

Jecsan (γ Ὁ). Yog$än, ᾿Ιεξάν). inconnu. La tribu de

Yäqië, que les généalogistes arabes placent dans le Yémen, parait être d’origine biblique.

Madan (555, Medän, Μαδάλ), Gen., xxv, 2; ce nom

ne reparaît que dans la Genèse, xxxvI1, 36, comme équivalent à celui de Midyän (Madian); c'était une branche de cette dernière peuplade. Le géographe arabe Yäqüt mentionne un Ouadi Medän près de Dedän, et une idole gurhumite porte aussi le nom de Madän. Madian (p52, Midyän, Μαδιάν) ; c'est le peuple le plus

connu des Céturéens, qui fut très puissant jusqu'à la fin de l'époque des Juges. 11 habitait primitivement, à ce qu'il paraît, les parages occidentaux du golfe d’Akaba, non loin du mont Sinaï. Exod., 171, 15. Des caravanes madianites allaient chercher en Galaad des essences aromatiques qu’elles transportaient en Égypte. Gen., xxxvn1, 95, 28. Après la sortie des Israélites d'Egypte, les Madianites semblent être remontés vers le nord et avoir eu l'intention de s'emparer de l'Idumée, mais sans pouvoir y réussir, Chassés de ce dernier pays par le roi Adad, ils furent poursuivis jusque dans la plaine moabite, et y subirent une grande défaite. Gen., xxxvi, 35. De là ils passèrent dans la Moabitide, où les Israélites les trouvèrent comme alliés de Balac, roi de Moab, leur adversaire, et leur infligèrent une terrible défaite, dans laquelle les Madianites perdirent plusieurs de leurs chefs. Num., xx11, 4; xxx1, 2-12. Au temps des Juges, ils séjournaient sur les pâturages du Haurän, et se sentaient assez forts pour soumettre la Palestine du nord, avec le secours des Amalécites et d’autres tribus du désert; mais la vigoureuse résistance de Gédéon brisa définitivement leur force, Jud., vi, 28, et depuis ce temps on ne les cite que comme de riches marchands de bétail. Is., Lx, 6. A l'époque de la dynastie perse, les Madianites étaient déjà redescendus dans le sud; mais sur la rive orientale du golfe d’Akaba,

où Ptolémée, VI, νη, 2, signale une ville du nom de Modiana, ville connue aussi des géographes arabes. Dans ces derniers temps, le capitaine Burton a découvert dans ce territoire d'anciennes mines exploitées par les Romains,

Jesboc (pzv, Yébäq , ᾿Ιεσθώχ) ; ce pays, resté inconnu

pendant longtemps, paraît dans les annales de Salmanasar II, qui raconte avoir fait prisonnier le chef Buranate de Yasbouga, dans la bataille livrée au roi de Patin, près de l'Oronte inférieur. Selon toutes les vraisemblances, le territoire de Y$bäqg était situé non loin de lEuphrate.

Sué (πτῷ, Sûah, Σωιέ, Σαυχεῖς) est souvent mentionné,

dans les annales assyriennes, sous le nom de Suhu. Τὶ était situé sur l'Euphrate, près de l'embouchure du Balih. La situation si éloignée de l'habitation de cette tribu vers le nord n'étonne pas, quand on sait que les Ituréens, et plus tard les Nabatéens, ont aussi poussé leurs pérégrinations très loin au nord. Ces derniers ont même constitué le royaume d'Édesse, et au commencement des conquêtes de l'islamisme les Ghassanides du Gaulan ont émigré en Asie Mineure. Néanmoins une localité du nom de πτῷ ἃ

dù exister en Arabie, dans le voisinage de Them&, Job, 11, 11, localité qui formait le point de départ des Suhites euphratiques.

Parmi les peuplades issues de Jecsan, celles que l’auteur de la généalogie céturéenne nomme Assurim, Latusim et Loomim, vx, muz25 et D2N5, ne peuvent

plus être identifiées, car les noms analogues que l'on rencontre dans les légendes musulmanes sont empruntés à la Bible; mais on trouve dans les inscriptions nabatéennes les noms d'homme 11%x et 1525, dont le premier du moins est sans aucun doute antérieur à l'époque perse, pendant laquelle la chuintante s'était déjà changée en n dans les dialectes araméens, où lon prononçait ΠΊΩΝ pour τῶν. Le rapprochement des Leummim et des Benôu Läm arabes est inadmissible.

Les deux autres peuplades jecsanites Saba et Dadan, Nzv et 717, reviennent dans la liste des peuples de l'Arabie

méridionale. Gen., x, 7. Cette circonstance fait voir que l’auteur admet l'émigration d’une partie de ces tribus couschites vers le nord et le mélange des Ismaélites avec ces émigrants. Des faits de cette nature se passent continuellement en Arabie: des tribus du sud, poussées par leurs voisins ou par la famine, se transportent loin au nord, et des tribus septentrionales s'en vont jusqu'à l'extrême sud de la péninsule. Les récents voyages de MM. Doughty, Euting et Huber, nous ont fait connaître l'existence d’une riche colonie sabéo-minéenne établie à el-‘Olà, un peu au sud de la ville nabatéenne d'el-Higr ou Égra. Les inscriptions minéennes montrent que la colonie est restée en rapport avec la mére patrie et sous la dépendance de son gouvernement. Tel a dû être aussi le cas aux époques plus anciennes. Le Saba septentrional est mentionné dans les textes de Théglathphalasar Ier et de Sargon, au milieu d’autres territoires arabes conquis par ces rois. Le dernier reçut le tribut d’Ittamara le Sabéen, nom qui se rencontre, dans les inscriptions de l'Arabie méridionale, sous la forme ΣΝ ΣΤΥ, comme un nom royal; il est cependant difficile de faire de ce roi un contemporain de Sargon, par cette simple raison que le It‘amara auquel fait allusion le monarque assyrien ne porte pas le titre royal. 1] faut donc se contenter de savoir que les textes assyriens, comme la Genèse, attestent l'existence d'un Saba septentrional, cf. Job, 1, 15, et par conséquent que la reine de Saba qui se rendit auprès de Salomon n'était pas de ce pays, mais de la Sabée méridionale, conformément à l'opinion générale. Cette dernière contrée était renommée dans toute l'antiquité pour sa richesse en essences aromatiques, somme pour ses mines d'or. Quant à la question de savoir si le Saba du nord était un territoire ou seulement une ville, elle est résolue par les textes assyriens, qui écrivent

eo Do RE

tantôt δ." Saba, « ville de Saba, » tantôt mat Saba, « pays de Saba; » la ville de ce nom était donc la capitale d'un territoire assez considérable, Il me parait assez vraisemblable que la ville d'el-'Olà, qui a fourni aux voyageurs modernes de nombreuses inscriptions appartenant aux trafiquants venus du sud, représente sinon la capitale de la Sabée septentrionale elle-même, du moins une des villes qui faisaient partie de son territoire, À cette hypothèse, il n'y a qu'une seule objection sérieuse, c'est qu'à l'époque où les inscriptions méridionales furent gravées, la ville d'el-‘Olà était la capitale d'un royaume indigène .des Lihyän, les Lechaieni de Pline. Cependant cette difficulté peut bien n'être qu'apparente : d’abord la formation du royaume lihyanite peut avoir eu lieu à une époque plus tardive, par exemple après l'expédition de Nabuchodonosor en Arabie, qui paraît avoir amené un grand bouleversement dans l'ancienne situation des tribus à l'égard les unes des autres ; ensuite l'auteur de la généalogie céturéenne ἃ pu regarder les Lihyän eux-mêmes, en admettant que cette tribu ait existé de son temps, comme un mélange de Céturéens et de Sabéens, dans lequel ce dernier élément formait la majorité. L'idée que la ville d'el-‘Olà serait une localité de l'ancienne Sabée septentrionale peut donc se défendre provisoirement, jusqu'à ce que de nouvelles découvertes viennent nous apporter la vraie solution du problème.

Dadan (537, Dedän, Δαδάν, Δεδάν, Δαιδάν) est la ruine

Daidän, située dans le Hedjàz septentrional, à l'est de Teimä et au sud-est d'Aïla, aux confins du royaume édomite. Ezech., xxv, 13. Les Dadan livraient des tapis précieux au marché de Tyr. Ezech., xxvir, 20. Ils étaient originaires du sud, et voilà pourquoi ils figurent dans la liste des peuples couschites dans la Genèse, x, 7; et cette donnée est confirmée par la présence du nom 71Ὶ dans les inscriptions sabéennes.

Des peuplades issues de Madiàän, on peut identifier les suivantes : A ;

Epha (n21,'Efäh, Γεφάρ, Γαιφά) est mentionné dans

Isaïe, Lx, 6, comme une tribu commerciale, riche en chameaux, et transportant de Saba l'or et l'encens. Les textes assyriens la mentionnent sous la forme Hayapäa, et les inscriptions du Saba présentent 527 comme un nom d'homme, À

Opher (527, ‘Éfer, ᾿Αφείρ) peut être la localité de ‘Ofr, que les géographes arabes placent entre la Sarrat ou montagne du Tihäma et Abän.

Hénoch (5:71, Hänôk, ’Evwy), assez probablement à

identifier avec la ville de Hanakia, à trois journées au nord de Médine. On ἃ fait remarquer que les noms ‘Epha, ‘Epher et Hanok, se retrouvent comme noms de famille dans les tribus de Juda, de Manassé transjordanique et de Ruben, et on en a conclu que plusieurs familles madianites se sont jointes aux Hébreux. Cette conclusion est bien vraisemblable, quand on se rappelle que Moïse était allié à une famille sacerdotale de Madian. Exod., nr, 1. ΤΠ y ἃ même lieu de penser que le 21 27, ‘éréb rab, qui

se joignit aux enfants d'Israël à leur sortie d'Égypte n'était pas simplement « une grande cohue mixte (ἐπίμιχτος πολύς, vulqus promiscuum innumerabile) », mais «une grande multitude d'Arabes », dans laquelle les Madianites étaient en majorité. Les rapports amicaux entre les Hébreux et les Madianites datent, dans tous les cas, de la premiére période du séjour dans le désert; plus tard, les rivalités et les questions d'intérêt ont provoqué une haine implacable entre ces deux peuples abrahamides,

Les noms ethniques Abida (352, "Abidä:) et Eldaa (πγτῦν, ’Eldä'äh) sont inconnus.

La série des peuplades ismaélites semble se dérouler dans un ordre plus strict, procédant du sud au nord. Gen., xxv, 13-15,

Nabaioth (n533, Nebâyôt, Ναδαιώθ) représente la nation

considérable des Nabatéens, qui, à partir de l’époque perse, formèrent un puissant royaume dont la capitale était la ville célébre de Pétra, l'ancienne résidence des rois iduméens, dont est tirée la dénomination d'Arabie Pétrée,

| Jusqu'au temps de Nabuchodonosor, ils habitaient sur les

limites du Hedjäz, et leur ville principale était 535 ou

Egra. Les voyageurs récents y ont découvert un grand nombre d'inscriptions funéraires, dont quelques-unes sont antérieures à l'ère chrétienne. En 169 avant J.-C., le grand prêtre renégat Jason se réfugia auprès d'Arétas (nnan) Ier, roi des Nabatéens, II Mach., v, 8, el déjà, en 312, les Nabatéens furent assez forts pour repousser l'attaque d'un détachement grec conduit par Athénée, un général d'Alexandre, et le succès remporté sur eux par Démétrius fut peu décisif. Diodore, χιχ, 94-100; Plutarque, Demetr., ΜΠ.

Le nom national des Nabatéens est, dans les inscrip= tions et les légendes monétaires des rois de Pétra, +222, avec un Ὁ, ἔς; mais l'orthographe hébraïque est confirmée par les textes assyriens, qui écrivent Nabayäta. On ἃ longtemps discuté la question de savoir si les Nabatéens étaient Arabes ou Araméens; la première opinion est soutenue par des savants très compétents, je crois cependant avoir prouvé que la seconde alternative était beaucoup plus vraisemblable. La langue des inscriptions, loin de montrer une uniformité et une stabilité qui distinguent les langues littéraires, diffère considérablement de l'araméen du nord, tel qu'il se présente dans les inscriptions de Palmyre, et dont la forme la plus ancienne nous ἃ été conservée dans l'inscription de Teimä. La masse énorme de courtes inscriptions ne contenant que des noms propres, et qui ont visiblement pour auteurs les classes les moins instruites de la nation, serait inexplicable, si l'on y voit l'usage d’une langue étrangère et savante. Enfin le développement de l'écriture nabatéenne, si différent de celui que nous constatons chez les autres peuples araméens, fait bien supposer un usage très prolongé de cette écriture, et par conséquent aussi de la langue qu'elle exprime. On objecte, il est vrai, qu'un grand nombre de noms propres nabatéens sont d’origine arabe; mais cela prouverait seulement que les populations de race arabe exerçaient déjà à cette époque une puissante influence sur leurs voisins araméens; ne voit-on pas les noms propres islamiques portés par des personnes qui ne sont pas de race arabe? Mais en réalité, quelle que soit leur origine, les noms propres nabatéens se distinguent par la terminaison w (1), qui n'existe pas dans les dialectes arabes voisins ; il y a donc ici une formation spécialement nabatéenne.

Cédar (75?;, Qédär, Knèsp) est mentionné à côté des

Nabatéens, aussi bien dans la Bible (cf. Is., Lx, 7) que dans les inscriptions assyriennes. Ils habitaient dans des tentes noires, Cant., 1, 5, et des villages dépourvus de murailles; ils possédaient de riches troupeaux de bétail et de chameaux, dont ils faisaient un commerce lucratif. Ezech., xxvui, 21. Ils sont toujours restés les alliés fidèles des Nabatéens; même aux derniers temps de l'existence du royaume nabatéen, les Cedrei étaient inséparables des Nabatæi. Pline, H. N., v, 12. Cette circonstance donne à penser que dans la formule si fréquente dans les inscriptions nabatéennes, 129w1 1022 01n, (interdit des Nabatéens et des Salamiens, » le second nom ethnique est un remplaçant moderne de l'ancien nom de Qédär. Étienne de Byzance explique le nom de Ez)apuor par « hommes de paix » (— Nov), et ajoute ces mots : » On les appelle ainsi parce qu'ils se sont ralliés aux Nabatéens (ἀπὸ τοῦ ἔνσπουêor γενέσθαι τοῖς Ναθαταίοις). » Les Targums rendent l'hébreu 129, Num., Qéni, xxIV, 2, par πνϑῦυ, $alänv'äh,

|! « Salamiens. »

Adbéel (537, "Adbe’êl, Naëèsr).); cette tribu est men- | tionnée dans les inscriptions de Téglathphalasar If, sous le nom de /dibai'li. Après leur soumission, le roi assyrien leur confia la surveillance des tribus voisines de l'Egypte.

Les deux tribus suivantes, Mabsam (232, Mibsäm , Μασσάμ) et Masma (>2%2, Miëma‘, Maouix), sont inconnues; mais ces norns reviennent dans deux familles siméonites, 1 Par., 1v, 25; peut-être y faut-il voir un indice de la fusion de ces Ismaélites avec la tribu de Siméon.

Dumä (Aoïux, Dûmä) est généralement identifié avec l'oasis nommée Dowmnat el-Djendel, à sept journées de Damas, à treize de Médine et à quatre journées au nord de Teima. Elle porte de nos jours le nom d’el-Djéf, et forme la ligne de démarcation entre le Schäm (la Syrie) et l'Jräq (la Babylonie). Il n'y a point de raison suffisante pour voir une localité différente dans la Dümäh d'Isaie, xx1, 11. Si le prophète s'adresse à un gardien du Sé'ir pour avoir les nouvelles de cette oasis, c'est que de son temps la plupart des territoires ismaélites étaient des possessions iduméennes. Lament., αν, 21; Abd., 1, 9.

Massa (Kw2, Maësa’) se trouve dans les inscriptions de

Téglathphalasar II et dans celles d’Assurbanipal, sous la forme Mas'a, comme nom de ville et de territoire. Le livre des Proverbes, xxx1, 1-9, a consigné quelques dictons d'un roi de ce pays nommé Lamuel.

Hadar (55, Πᾶσαν, Χοδδάν, Χοδδάδ), inconnu.

Théma (Sz2®, Têmä’, Θαιμᾶ) est une très importante

oasis, à quatre journées de marche au sud-ouest de Du- | ma, avec laquelle elle est mentionnée dans les annales de Théglathphalasar 11. MM. Euting et Huber y ont découvert une grande inscription en araméen archaïque, et plusieurs autres inscriptions moins anciennes, qui nous font connaitre les noms de plusieurs divinités locales, ainsi que celui du grand prêtre.

déthur (=:2, Yetür, Ἰέἐτούρ); cette tribu, originaire

du sud, où elle n’a point laissé de trace, s’est transportée de bonne heure dans le centre du Hauran, où se trouve l'Iturée des géographes classiques. Strabon, XVE, 11, 20. De là elle s’est répandue jusque dans le Liban et l'Anti-Liban, au nord de Damas. Quelques auteurs confondent l'Zturæa avec la Trachonilis. Pendant le règne de Saül, les tribus hébraïques de Ruben et de Gad firent essuyer de graves défaites aux Ituréens et aux tribus apparentées dont nous allons parler ci-après, I Par., v, 10, 19, et le roi Aristobule les força à se convertir au judaïsme. C'étaient des montagnards sauvages et pillards; les Druses d'aujourd'hui sont peut-être leurs descendants.

Naphis (w23, Nâfis, Nagéç), tribu jadis alliée avec

les Ituréens contre les Israélites transjordaniques, I Par., v, 19; leur nom a disparu plus tard.

Cedma (n27p, Qédmäh, K=ôux) rappelle le désert de Qedémôt (no5p; Vulgate: Cademoth), d'où Moïse envoya des messagers à Séhon, roi amorrhéen d'Hésébon. Deut., 11, 26. Une ville du même nom appartenait à la tribu de Ruben, mais on n'en sait pas exactement la situation. La dénomination de Cedmonéen, Qadmôni, Gen., xv, 19, peut bien désigner la population nomade de ce désert, qui va du sud du Hauran jusqu’au golfe d'Akaba. Cette circonstance, qui semble ressortir de ce passage dans lequel le Cedmonéen est nommé conjointement avec les Cinéens et les Cénézéens, qui habitaient dans l'Arabie Pétrée. Dans I Par., v, 19, le nom de Nodab, 27*2, qui

suit Jéthur et Naphis, doit sans doute être corrigé en τπρ, Qédém, et celui-ci n’est autre que le Qëédima de la Genèse, c'est-à-dire une tribu ismaélite particulière, et non l'équivalent du terme général Bené-Qédém (237723), |

qui s'applique à toutes les populations de l'Arabie déserte.

Outre les noms céturéens et ismaélites énumérés dans la Genèse, il y en a un certain nombre qui figurent dans les autres écrits bibliques, et que les dernières recherches permettent de déterminer avec quelque apparence de probabilité :

Asor (-‘:7, Häsôr); le royaume de ce nom a été défait

par Nabuchodonosor en même temps que les Cédar. Jer., XLIX,. 28-33, C'était probablement la localité nommée aujourd'hui el-Akhdar, presque à moitié chemin entre Teboük et Teima.

Naama (5273, Na'‘ämäh); Sophar, un des amis de

Job, était originaire de ce lieu. Job, 11, 11. Une inscription nabatéenne du 1° siècle avant J.-C., trouvée par M. Euting au sud d'el-Higr, porte le nom de Ma'nallahi de Na‘ana. Si ce nom de lieu n’est pas celui de l'endroit même, il prouve du moins l'existence d'une localité de ce nom dans l’ancienne Nabatée. ἃ comparer aussi le moderne Na‘amé, désignant un mamelon de la chaîne rugueuse nommée Harrat-el- A‘wérid, à l'ouest d'el- Akhdar.

IL. HISTOIRE. — Malgré la nature aride et uniforme du désert, les tribus ismaélites et céturéennes qui habitaient l'Arabie biblique ont une histoire très ancienne et des plus tourmentées. Elle forme d'ordinaire le prolongement des événements qui se passaient dans les territoires adjacents de la Mésopotamie et de la Syrie, et auxquels les Arabes ne manquaient guère de contribuer d'une manière plus ou moins directe. A défaut de la littérature indigène, qui ne nous est pas parvenue, nous sommes obligés de la puiser dans les seules sources qui nous restent de l'antiquité sémitique : la Bible et les inscriptions assyrobabyloniennes. Conformément aux derniers résultats de l'épigraphie sémitique, nous croyons utile de diviser l'histoire ancienne des Arabes, comme celle des autres Sémites septentrionaux, en quatre époques différentes : époque babylonienne, époque assyrienne suivie du court réveil de Babylone après la chute de Ninive, époque perse, époque gréco-romaine.

1° A l'époque archaïque de la prédominance de la civilisation babylonienne chez les Sémites occidentaux appartient l'immigration des Abrahamides en Palestine (vers 2100 avant J.-C.). La tradition hébraïque nous montre les deux branches abrahamides issues d'Ismaël et de Cétura comme établies aussitôt dans leurs territoires afférents,

| où ils s'assimilèrent des éléments égypto-couschites. Les | Madianites étaient alors le peuple le plus considérable,

aussi bien par leurs relations commerciales avec l'Égypte que par l'organisation fixe de leur sacerdoce, qui paraît avoir été restreint à une seule famille, pareille à celle de Lévi chez les Hébreux. Exod., 11, 15-18; xvinr, 1. Plusieurs mesures législatives de Moïse sont même attribuées aux conseils d’un prêtre madianite. Exod., xvir, 14-96. Le mouvement des tribus hébraïques vers le nord semble avoir déterminé un mouvement parallèle chez les Madianites. Impuissants à se maintenir sur la plaine moabite contre les Iduméens limitrophes, Gen., ΧΧΧΥΙ, 35, ils s'établirent provisoirement dans la Moabitide septentrionale, mais en furent chassés par les Hébreux. Deut., xxx1, 2-10. Alors ils remontent dans le Hauran, et, renforcés par les Amalécites et quelques autres nomades, ils saccagent à plusieurs reprises la Palestine du nord, jusqu'à ce qu'ils soient gravement défaits et poursuivis par

| Gédéon, ainsi que je l'ai déjà indiqué plus haut. A partir

de ce moment les Madianites renoncent aux entreprises guerrières et se contentent d'être de paisibles chameliers; leur ancien commerce avec l'Égypte passe aux tribus plus méridionales.

20 A l’époque des conquêtes assyriennes en Syrie (du ixe au vie siècle), l'Arabie a souvent retenti du bruit des armes formidables des guerriers ninivites et chaldéens. Assurnaçir-pal (885-860) reçut le tribut d'Il-Bani; chef de Suhi, lequel, ainsi que ses prédécesseurs, semble avoir

RE qe Det mar ee

865 ARABIE — ARACÉENS 866

été un gouverneur babylonien. Quelque temps après, le nouveau gouverneur de Souhi, Schadoudou, ayant reçu du secours du roi de Babylonie (nommée alors « pays de Kardouniyasch »), tenta une résistance qui finit par la soumission et la ruine totale du pays. Sous Salmanasar II (860-845), le che de Yasbaq (pzv’), Bour-Anaté, fut

fait prisonnier dans une bataille livrée à plusieurs rois de la Syrie septentrionale et de la Cilicie. Plus tard, les Assyriens, vainqueurs à la bataille de Karkar, en Hamathène, enlèvent mille chameaux au chet arabe Gindibou. Le prestige des armes assyriennes rend tributaires de Théglathphalasar ΠῚ (845-827) tous les rois de la Syrie, depuis l'Euphrate jusqu'à l'Egypte. Les tribus du désert suivent ce mouvement et envoient des présents au monarque ninivite, qui comprend tout de suite le parti qu'il peut tirer de ces agiles vassaux contre un retour offensit de l'Égypte. Le passage qui raconte cette soumission est très intéressant, malgré son état de mutilation : «Les hommes de Mas'a, de Teima, de Sab'a, de Hayapa, de Badana (aujourd'hui Béden)..., dont personne ne connaissait le nom et qui demeurent au loin, (ayant entendu [?]) la gloire de ma royauté, (m'envoyérent) tous ensemble leur tribut en chameaux, chamelles et plantes aromatiques de diverses espèces. J'établis les Idibi’li comme gardiens du pays d'Égypte, et dans tous les autres pays (dont je fis la conquête je plaçai des tribus arabes pour en taire la garde).» La dernière phrase restituée cadre bien avec le sens général de la narration, et sera confirmée par un fait analogue dont il sera question tout à l'heure. La prise de Damas et la transportation des tribus israélites du nord de la Palestine mirent les Assyriens presque en contact avec les Arabes du Hauran, qui étaient gouvernés alors par la reine Zabibiéh. Le tribut que cette reine envoya à Théglathphalasar ΠῚ consistait, outre les chameaux, les chevaux et autres animaux domestiques, en or, en argent, en plomb, en étofles teintes de pourpre (argamanu —= 221) et d'hyacinthe (takiltu — n5on), en

selles de couleur pourpre (article que les Dedän exportaient sur le marché de Tyr, Ezech., xxvu, 20), en oiseaux à plumage éclatant, en peaux de bœufs de montagne (cf. sua 2x, Ps. xx, 13), en poutres de chêne (cf. "21

3229, Is., 1, 15, etc.). Après la mort de Zabibiéh, la reine

Samsiéh, qui lui succéda, s'étant engagée dans une tentative d'insurrection fomentée par l’Écypte, fut ramenée à l'obéissance et obligée de payer une lourde rançon. Sargon IL (722-705), qui mit fin au royaume d'Israël en 721, remporta une grande victoire sur les tribus méridionales de Tamoud (les Thumydeni des géographes classiques, le peuple fabuleux des Thémoùd, dans le Korän), d'Ibadid, de Marsiman et de Hayapa, qu'il établit en partie en Samarie, évidemment dans le but de surveiller les pays voisins. On ne trouve nulle part la mention de la marche de Sargon dans l'extrême sud de l'Arabie déserte; la victoire dont il s'agit paraît plutôt due à un vassal fidèle limitrophe de ces tribus, probablement au roi de l'Idumée, dont les possessions englobaient plusieurs oasis ismaélites. Les colons arabes disparurent presque aussitôt devant les colonies plus nombreuses des gens originaires des pays de l’est, II (IV) Reg., xvir, 24; quelques familles arabes s’y perpétuèrent néanmoins jusqu’à l'époque perse, où nous trouvons l'Arabe Geschem ou Gaschmou faisant cause commune avec les ennemis des Juifs rapatriés. I Esd., 11, 19; 1v, 1; vi, 1, 6. Après cet acte de répression, Sargon reçut le tribut de Samsiéh, reine du Hauran, et d'It'amara, roi de Saba, et la tranquillité de l'Arabie se maintint pendant le reste de son règne et durant le règne de son successeur Sennachérib (705-681 ), qui étouffa sans grand effort la révolte d'Hazaël, roi d'Arabie, qui avait succédé à Samsiéh ; à cette occasion, la ville forte d'Adoumou fut pillée et ses dieux furent transportés à Ninive. À l'avénement d'Asarhaddon (681-668), Hazaël, à force de

DICT, ΡῈ LA BIBLE

présents et de supplications, obtint la restitution des statues divines; mais le grand roi y fit graver les louanges des dieux assyriens, ainsi que son propre nom. La royauté réelle de l'Arabie fut donnée à uné princesse nommée Taboua, élevée au palais royal. Hazaël mourut peu de temps après; le monarque assyrien nomma roi le fils d'Hazaël, Ya‘lou, qui fut tenu de payer à l'Assyrie, outre le tribut ordinaire, une surcharge annuelle de deux mines d'or, mille pierres biruti, cinquante chameaux et mille grains (?) d'encens (?). Asarhaddon se rendit aprés cela dans le district éloigné de Bazou, visiblement le Buz des Hébreux, Gen., xxn, 21; Jer., xXv, 23, peut-être le Nadjd ou Djébel Schammar actuel. Des huit chefs ou dynastes qui gouvernaient la contrée, un seul put s'enfuir; l’oasis fut dévastée et ses divinités emportées. Au retour de l’armée assyrienne, le huitième chel, qui était en iuite, vint à Ninive pour implorer le pardon du vainqueur. Asarhaddon le nomma roi de Bazou, et lui rendit les statues qu'il avait prises après y avoir fait graver son propre nom.

Une tentative pour secouer le joug de l'Assyrie, sous le règne d'Assurbanipal (668-626), amena un terrible désastre sur l'Arabie. Lors de la révolte de son frère Samaë- $oum-oukin ou Samugnés, roi de Babylonie, les Arabes envoyèrent des troupes auxiliaires à celui-ci, et firent en même temps des razzias dans les pays syriens, afin d'occuper les garnisons assyriennes échelonnées le long du désert. Après avoir pris Babylone et ruiné la Susiane, qui s'était ralliée à la révolte, Assurbanipal décida de chätier les Arabes. Les troupes assyriennes, ayant chassé les pillards, envahirent aussitôt l'Arabie. Le roi Ouaïté eut peur et s'entuit chez les Nabatéens; le roi de Cédar, Ammouladi, tut pris dans la Moabitide avec Adiya, l'épouse d'Ouaïté, et transporté en Assyrie. À la place d'Ouaité, Assurbanipal nomma Abyaté’, fils de Té’ri, un des généraux des auxiliaires arabes de Samughès, qu'il croyait favorable à l’Assyrie; mais celui-ci ne tarda pas à se rallier aux Nabatéens, qui lui envoyérent des secours. Assurbanipal alla à leur rencontre à travers le terrible désert de Mas’, défit les Isammé (Ismaélites[?]) et les Nabatéens, et fit prisonniers les chefs arabes avec leurs familles. A son retour à Damas, les Arabes prirent de nouveau l’oflensive, espérant que la fatigue empêcherait le vainqueur de recommencer une nouvelle expédition; mais l’infatigable monarque rebroussa chemin et atteignit les Arabes dans l'Auranitide. Ceux-ci furent écrasés dans une grande bataille : les fuyards périrent de soit; les autres furent transportés en Assyrie avec un butin immense et d'innombrables chameaux. L'Arabie demeura presque anéantie pendant un demi-siècle.

30 A partir de ce moment les textes cunéiformes se taisent sur les événements de l'Arabie, mais nous savons par la Bible que Nabuchodonosor, après avoir détruit les royaumes de Juda, d’Ammon, de Moab et d'Édom, dévasta également les oasis éloignées de Cédar, de Haçor, de Théma et de Dedan. Jer., xxv, 23, 24. Ces ravages amenérent la disparition des peuplades trop réduites et leur fusionnement avec des tribus moins atteintes. Les Nabatéens, peu entamés par les invasions des Assyriens et des Chaldéens, devinrent des lors la nation principale de l'Arabie; les Cédar, réduits désormais au rôle de satellites, se rallièrent indissolublement aux Nabatéens, sous le nouveau nom de Salamiens. Ainsi fortifiés, les Nabatéens remontent au nord aussitôt après le départ des Chaldéens, et au commencement de la domination perse on les trouve déjà établis à Pétra, l’ancienne capitale des Iduméens.

4 A l’époque gréco-romaine, la Nabatée devient un royaume puissant, renfermant les territoires de Moab et d'Ammon, parfois même l'Arabie et la Damascène; mais cette histoire est déjà éloignée de l’époque biblique.

J. HALÉvY.

ARACÉENS (hébreu : Hä‘arqi ; Septante : 6 ’Apou- #aïos ; Vulgate : Aracæus). Nom donné à un rameau de la famille chananéenne qui habitait la ville d'Arca, au

807 ARACÉENS nord de la Phénicie, Les Aracéens ne sont nommés que Gen., x, 17 et 1 Par., 1, 15, dans la liste de la descen- | dance de Chanaan. La ville d'Arca n’est jamais désignée | elle-même directement dans l'Écriture, mais de tout

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