‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 426 sur 474 · Le mont Ararat, D'après une photographie · texte numérisé non relu

Le mont Ararat, D'après une photographie

rable et flétrie. Les pentes de l’Ararat sont, en eflet, extrêmement arides, malgré les neiges du sommet. On croit que les eaux s'écoulent, par des fissures, sous les cendres et les laves, dans l’intérieur de la terre. Aussi les voyageurs signalent-ils l'Ararat comme un véritable désert, les indigènes n'y conduisent guère leurs troupeaux ; on n'y rencontre que rarement un animal, le bouquetin tour, la fouine et une espèce de lièvre ; peu ou point d'oiseaux. Depuis l'éruption de 1840, qui détruisit le couvent de Saint-Jacques et le village d’Argouri, la montagne est de moins en moins habitée.

Les Turcs donnent à l'Ararat tantôt le nom d’Agridagh (mont escarpé), tantôt celui d'Arghi-dagh (mont de l'Arche) ; les Persans l'appellent Koh-i Nouh, c’est-à-dire la montagne de Noé. Chez les Arméniens, la seule appellation en usage est celle de Masis ou Massis, qui signifie : « élevé, haut. » Nicolas de Damas, au témoignage de Josèphe, Ant. jud., 1, 1, 6, désigne l’Ararat par le nom de Baris. On peut consulter pour la géographie physique de l’Ararat les monographies suivantes : K. von Raumer, Der Ararat, der Pison und Jerusalem, dans Hertha , Zeitschrift für Erdkunde, 1829, t. x, p. 333 et suiv.; Dr Parrot, Authentische Nachrichten von der Besteigung des Ararat, dans Sophronizon, 1830, t. xn1, 4 livr., p. 1; Id., Reise zum Ararat, Berlin, 1835; Moritz Wagner, Reise nach dem Ararat, Leipzig, 4845; Monteith, La plaine d'Ararat, dans Annales des voyages, 1850, t. ur, p.159; Khodzko, Besteigung des grossen Ararat in 1850,

Tob., 1, 21, seulement dans le texte grec; Is., xxxwI; 38; Jer., LI, 27 (Septante, xxvi1, 38). La Genèse et le livre de Tobie parlent des « montagnes » d’Ararat; le livre des Rois et Isaïe de la « terre » ; Jérémie du « royaume » d’Ararat. Voilà pour les textes originaux; dans les diverses versions, les interprètes ont plutôt commenté que traduit. C'est ainsi que la Vulgate porte successivement pour ces. divers passages : super montes Armeniæ, in terram Armeniorum, in terram Ararat, regibus Ararat. Les Septante ont ἐπὶ τὰ ὄρη τὰ ᾿Αραράτ, εἰς γῆν ᾿Αραράθ, εἰς τὰ ὄρη, ᾿Αραράθ, εἰς ᾿Αρμενίαν (deux fois).

De l’ensemble de ces passages, Franz Delitzsch, Commentar über die Genesis, 1re édit., p. 221, inférait que, dans la langue de la Bible, Ararat est plutôt le nom d'un pays. Si l’on objecte que Gen., vin, 4, et Tob.. 1, 21, parlent clairement de « montagnes », τὰ ὄρη, les critiques répondent que si l'on tient compte du pluriel Aüré, « montagnes, » et d'un passage similaire, Jud., xu, 7, le texte de la Genèse et celui de Tobie peuvent se traduire « sur les montagnes [du pays] d'Ararat ». C’est ainsi qu'ont traduit MM. Nôüldeke, Untersuchungen zur Kritik des alten Testaments, chap. 1, Der Landungspunkt Noak's, p.146, et Guidi, Della sede primitiva dei popoli semitici, dans Mémoires de la classe des sciences hist. et phil. de l'Académie royale des Lincei, 85 série, t. πὶ, p. 50.

Quel est le pays que la Bible désigne sous le nom d'Ararat? Bochart. Geographia sacra ; Westen, Archæologia, t. ΧΥΠΙ, p. 302; Saint-Martin, Mémoires historiques

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