‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 438 sur 474 · Autre stèle votive de Carthage · texte numérisé non relu

Autre stèle votive de Carthage

qu'on a trouvées en Phénicie et à Carthage, et sur lesquelles une main est souvent figurée (fig. 238-240). Cf. II Sam. (ILReg.), xvur, 18. Voir Man 2.

ARC-EN-CIEL. Ce phénomène céleste est simplement appelé en hébreu «l'arc», gé$ét, Gen., 1x, 14, 16; Ezech., 1, 28; Eccli., χα, 12, comme l'arme du même nom, et sans doute aussi à cause de sa forme recourbée. Quand Dieu fait de l'arc-en-ciel le signe de son alliance avec Noé, après le déluge, il l'appelle « mon arc ». Gen., 1x, 13 (et aussi au Ÿ. 14, d'après les Septante et la Vulgate). Il n'y ἃ dans cette expression aucune trace des conceptions mythologiques d'après lesquelles l’arc-en-ciel serait l'arme de certains dieux. Elle suppose seulement que Dieu est l’auteur et le maître de l'arc-en-ciel comme de tous les autres phénomènes naturels, Eccli., xzi1, 12, et qu'il le prend dans la circonstance comme un signe spécial de ses volontés. L'alliance, berit, qui suit le déluge est la première que Dieu fait avec l'homme; et comme elle est universelle, comprenant même toute âme vivante sur la terre, Dieu choisit, non un signe qui puisse distinguer seulement une race, comme la circoncision , signe de lalliance faite avec la postérité d'Abraham; mais un signe pris dans la nature même, et pouvant frapper tous les regards. « 1] daigna faire ce traité, dit Bossuet, non seulement avec les hommes, mais encore avec tous les animaux tant de la terre que de l'air, pour montrer que sa providence s'étend à tout ce qui a vie. L'arc-en-ciel parut alors; Dieu en choisit les couleurs si douces et si agréablement diversifiées sur un nuage rempli d'une bénigne rosée plutôt que d'une pluie incommode, pour être un témoignage éternel que les pluies qu'il enverrait dorénavant ne feraient jamais d'inondation universelle. Depuis ce temps, l’arc-en-ciel paraît dans les célestes visions comme un des principaux ornements du trône de Dieu, et y porte une impression de ses miséricordes, » Discours sur l'histoire universelle, ne part., chap. 1. Dans le récit de la Genèse, ni le contexte ni les paroles de Dieu ne font entendre, comme l'ont cru quelques interprètes, que l'arc-en-ciel n'avait pas encore paru avant le déluge. Le verbe nâfatti, Gen., 1x, 13, au parfait, ne doit pas être traduit ici par le futur, comme dans la Vulgate ponam ; il s'applique plutôt à une chose déjà existante, à laquelle on donne une nouvelle destination. Cf. Exod., vu, 1; I Reg., ἈΠῸ 43; Jer., 1, 5.

Dans la légende babylonienne du déluge, bien que l'arc-en-ciel ne soit pas présenté comme signe de l'alliance faite entre les dieux et les hommes, cependant il paraît être aussi mentionné à la col, 3, 1. 59, de la tablette cunéiforme, Cuneiform Inscriptions of Western Asia, &.1v, pl. 50-51, au moment où les dieux viennent respirer l’agréable odeur du sacrifice offert par le héros sauvé : « La grande déesse, à son approche, éleva les zones

grandes que Anou (le ciel) ἃ faites comme leur gloire. » Trad. Lenormant, Les origines de l'histoire, t. 1, p. 615. Cependant le sens de l'idéogramme rendu par zones n’est pas encore solidement établi. Ajoutons que M. Haupt croit devoir lire ban, l'idéogramme de gaëtu, «are, » dans son Excurs sur le récit cunéiforme du déluge inséré dans Schrader, Die Keilinschriften und das alte Testament, 1883, p. 59.

Dans Eccli., xcur, 12-13, l’arc-en-ciel est célébré parmi les autres phénomènes célestes à cause de sa beauté : « Vois l’are, et bénis celui qui l’a fait. Qu'il est beau dans sa splendeur! Il entoure le ciel de son cercle de gloire; les mains du Très- Haut l'ont ouvert. » Aïlleurs, Ezech., 1, 38; Eccli., L, 7; Apoc., IV, 3; x, 1, il est pris comme terme de comparaison ou comme ornement dans les descriptions de visions célestes. Dans l'Apocalypse, il est désigné par son nom grec, ἴρις, qui a été simplement transcrit dans le latin. J. THomas.

ARCHAÏSMES. Il y ἃ dans les plus anciens livres de la Bible hébraïque un certain nombre de termes, de locutions et de formes archaïques, qui tombèrent plus tard en désuétude. Quelques-unes de ces expressions et de ces formes vieillies furent reprises par quelques écrivains hébreux qui, comme Ézéchiel, par exemple, s'efforcèrent d'imiter le style des auteurs plus anciens. L'étude de ces formes archaïques peut servir à caractériser le génie propre des auteurs bibliques et servir aussi à montrer l'antiquité de certains écrits. La langue hébraïque ἃ eu une grande stabilité et n’a subi, dans la suite des temps, cornme langue parlée ou du moins comme langue écrite, que peu de changements, de même que l’assyrien, qui est resté sensiblement le même dans les plus anciennes inscriptions cunéiformes et dans les plus récentes, quoique les premières soient séparées des secondes par un intervalle d'environ deux mille ans. Cependant, malgré cette fixité, qui est un trait caractéristique des langues des peuples sémites, on remarque, dans le Pentateuque, un certain nombre d'archaismes importants. Ainsi le mot ’abib, désignant « le mois des épis », Exod., 1x, 31, etc., n'est usité que dans les livres de Moïse. Le pronom personnel de la troisième personne, 11, Aù', « lui, » y est employé cent quatre-vingt-quinze fois à la forme masculine au lieu de la forme féminine, Sn, Aî, « elle, » ce qui n’a point lieu dans les autres livres de l'Ancien Testament. La forme masculine 73, πα αν", y est aussi employée vingt et une fois pour la forme féminine 5772, na‘aräh, « jeune fille, » laquelle est seule en usage dans les autres parties de la Bible hébraïque. Quand deux mots sont à l'état construit, comme on l'appelle, c'est-à-dire lorsque un substantif ou un mot employé substantivement a pour complément un autre substantif, le Pentateuque marque quelquefois cette liaison par un yod ajouté au premier mot; ainsi Gen., xxx1, 39, « vol de jour et vol de nuit » ou € (brebis) volée le jour et volée la nuit » est exprimée par genubti yôm ügenubti läyeläh. On ne retrouve plus que de rares vestiges de cette forme antique de construction dans la langue postérieure. Voir F. Vigouroux, Manuel biblique, Te édit., t. 1, n° 247, p. 381; Les Livres Saints et la critique rationaliste, 4 édit., t. 11, p. 159.

ARCHANGE (’Apyäyyehos), mot qui signifie « chef

des anges », et qui ne se lit que dans le Nouveau Testa- |

ment, Î Thess., τν (15), 16; Judæ, 9 ; il était inconnu aux

YAncien Testament, les archanges y sont cependant désignés sous le nom de has$ärim häri $onim, « premiers princes, » Dan., x, 13; $ar haggädôl, « grand prince, » Dan., ΧΗ, 1; ou seulement de $ar, « prince. » Dan., x, 15, 20. L'archange Raphaël est simplement appelé « ange »

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