ARC-EN-CIEL — ARCHE D’ALLIANCE
principaux archanges qui « se tiennent devant le Seigneur ». Tob., xu, 15; cf. Luc., 1, 19; Apoc., vin, 2 Voir ANGE, col. 577; GABRIEL, MICHEL, RAPHAEL,
1. ARCHE D'ALLIANCE. Hébreu : ’arôn; Septante : ἢ χιθωτός. À ce mot s'ajoutent ordinairement différents déterminatifs : ’ärôn πα δα, ἢ χιδωτός τοῦ μαρτυ-
| piov, «arche du témoignage ; » βου! Yehôväh, τῆς διαθήχης
Κυρίου, « de l'alliance du Seigneur ; » habberit, « de Y'alliance; » Yehôväh, « de Jéhovah. » Ces noms étaient donnés à l'arche, d’abord parce qu'elle contenait les tables de la loi, qui étaient le témoignage de la volonté divine et de la sournission promise par le peuple; ensuite parce qu'elle était elle-même la marque visible de l'alliance contractée entre le Seigneur et Israël ; enfin parce qu'elle servait de trône à l'invisible divinité,
L Sa raison d'être. — Les Hébreux avaient été en contact pendant plusieurs siècles avec les Égyptiens idolâtres. Ils avaient vu sur les bords du Nil les représentations multiples des plus étranges divinités. Ils s'étaient familiarisés avec le spectacle de ces dieux et de ces déesses d'or, d'argent, de pierre ou d'argile, portant des têtes d'homme, de singe, de bélier, de chacal, d'épervier et d’autres animaux. Ils avaient été témoins de ces fastueuses processions dans lesquelles on promenait les images des dieux ou les emblèmes sacrés (fig. 241). Ces objets vénérés étaient cachés, ou quelquefois placés à découvert, dans
“un petit naos ou temple d’or, d'argent ou de bois précieux. Un de ces petits naos de bois se trouve au musée des antiquités de Turin. Le naos était ordinairement placé sur une bari, ou barque sacrée, de même forme que celles qui naviguaient sur le Nil. La barque était ornée d'emblèmes religieux, et parfois de personnages divins qui abritaient le naos de leurs longues ailes étendues (fig. 242). Voir Vigouroux, La Bible et les découvertes modernes, 5° édit., t. 11, p. 524.
Au milieu d’une nation si profondément plongée dans toutes les pratiques de l’idolätrie, Dieu avait conservé au sein de son peuple les traditions du monothéisme spiritualiste. Quand ce peuple se trouva assez nombreux, et suffisamment formé pour être constitué en nation distincte, Dieu le tira d'Égypte et l'emmena au désert. Les merveilles qui avaient accompagné la sortie d'Égypte soutinrent d'abord son courage. Mais dans l'isolement du désert, pendant que Moïse était sur le Sinaï, les Hébreux se sentirent comme abandonnés, et ils réclamérent un dieu sensible, qui frappât leurs yeux, à qui ils pussent faire honneur de leur délivrance, et dont la protection assurât leur avenir. Exod., xxxn1, 1, 4. Aaron leur fabriqua un veau d'or, à l'imitation de l’Apis égyptien. Il y avait quelque chose de légitime dans la réclamation des Hébreux; ils avaient besoin d'une représentation sensible qui leur rappelàt sans cesse la présence de la divinité attentive à leurs besoins. Dieu le savait, et même avant leur acte de coupable idolâtrie, Exod., xxv, 10-22, il s'était proposé de leur donner un signe sensible de sa présence, maïs sous une forme qui ne püt éveiller aucune idée idolätrique ni même anthropomorphique. Il commanda de faire l'arche.
L’arche est une imitation du naos égyptien, l'objet dont on pouvait le plus facilement exclure tout souvenir idolâtrique. C'est un ‘ärôn, un coffre destiné à garder les objets; ce n'est pas une {£bäh, comme l'arche de Noé ou la nacelle dans laquelle Moïse enfant fut déposé, Gen.,
| vi, 14; Exod., 11, 5; ce n’est pas non plus une barque auteurs classiques. Quoiqu'il ne soit pas employé dans |
sacrée : elle ne rappelle en rien la bari égyptienne, qui était le véhicule des dieux et des morts sur le Nil céleste, La «barque de Iahvé», dont aiment tant à parler les rationalistes, n'existe donc que dans leur imagination. Ensuite l'arche, comme nous allons le voir, ne renfermait et ne portait aucune image de la divinité ; elle était seulement
dans le livre de Tobie, x11, 15, etc., comme l'archange | le signe de la présence divine et le lieu où se manifestait Gabriel dans l'Évangile de saint Luc, 1, 19, 26 (Gabriel | cette présence. C'était donc comme une sorte de sacre-
est appelé ᾿ξ, « homme, » dans Daniel, 1x, 21). Il y a sept
ment, révélant par sa réalité visible la présence de celui
qu'on ne peut voir, sans qu'il y eût péril de confondre jamais le symbole matériel avec la divinité spirituelle. Bossuet explique en ces termes le rôle de l'arche : « Depuis que Dieu s'est fait un peuple particulier, à qui il a donné une loi et prescrit un culte, sa présence s'est tournée en chose ordinaire, dont il a établi la marque sensible et perpétuelle dans l'arche d'alliance. La présence de Dieu se rendait sensible par les oracles qui sortaient intelligiblement du milieu de l'arche, entre les deux chérubins. L'arche, en cet état, était appelée l’escabeau des pieds du Seigneur, I Par., xxvi1, 2; on lui rendait l'adoration qui était due à Dieu, conformément à cette parole : Adorez
ARCHE D’ALLIANCE
vercle » et « ce qui couvre le péché, ce qui rend propice ». Le premier sens est ici très secondaire, et les versions ont avec raison adopté le second : Septante : ἱλαστήριον ; Vulgate : propitiatorium. L'or très pur dont cet objet devait être fabriqué indiquait d’ailleurs qu'il ne pouvait être un simple couvercle. Sur le propitiatoire étaient deux Chérubins d’or martelé, un de chaque côté, étendant leurs ailes horizontalement, de manière à couvrir le propitiatoire. Le mot « Chérubin » a différents sens dans la Bible. Bien que d’origine sémitique, il désigne ici des figures qui ont sans doute plus d’analogie avec les divinités ou personnages ailés d'Égypte qu'avec les kirubi à ailes d’aigle
241. — Barque sacrée portée en procession, D'après Lepsius, Denkmäler, Abth. 1, pl. 189,
V'escabeau de ses pieds, Ps. ΧΟΥΠῚ, 5, parce que Dieu y habitait et y prenait sa séance. » EÉlév. sur les myst., 1xe sem., 8. Jusqu'à sa disparition, l’arche garda cette haute signification.
II. Description de l'arche. — C'était un coffre fabriqué selon les prescriptions du Seigneur lui-même. Exod., xxv, 40-92, 1] était en bois de setim, c'est-à-dire d’acacia. Voir AcacrA, col. 103. Les dimensions sont indiquées en coudées : deux et demie pour la longueur, soit de 1m 30 à 1m 4); une et demie pour la largeur et autant pour la hauteur, soit de 0m 78 à Om84. Des plaques d'or très pur la revétaient à l’intérieur et à l'extérieur, et une bordure saillante ou guirlande de méme métal régnait tout autour. Aux quatre angles, et vraisemblablement vers le haut, étaient fixés des anneaux d’or sur les deux faces latérales; dans ces anneaux entraient des perches d’acacia revêtues d'or, au moyen desquelles on portait l'arche. Ces perches restaient là à demeure, même dans le Saint des saints du temple de Salomon. III Reg., vx, 7, 8.
Pour couvrir l'arche, le Seigneur ordonna de fabriquer un kappôré{, mot qui signifie étymologiquement « cou-
d’Assyrie. Les Chérubins de l'arche étaient des personnages probablement debout, comme furent plus tard ceux du Saint des saints. ΠῚ Par., 11, 13. Fr. Lenormant, Origines de l’histoire, t. 1, p. 158, pense qu'ils avaient des têtes d’aigles ou de vautours, parce que ces oiseaux sont appelés kurub en assyrien. Mais cette idée est inacceptable, De grands oiseaux d'or eussent rappelé trop vivement les divinités égyptiennes à tête d’ibis ou d'épervier, tandis que la figure humaine pouvait exprimer le respect et l’adoration, et, avec les grandes ailes, représenter sans danger d'idolâtrie les anges, serviteurs de Jéhovah. Ces figures de Chérubins furent la seule exception apportée à la loi qui défendait de faire des images taillées. Mais cette exception ne-pouvait créer de difficulté, parce qu'elle était ordonnée de Dieu même, et que l'arche était tou- , jours voilée aux yeux du peuple. Voir CHÉRUBINS. ἱ Nous donnons ici deux essais de reconstitution da l'arche d'alliance, d’après les données bibliques et les
monuments égyptiens. Il est évident en effet qu'on ne
peut emprunter qu'à ces derniers les éléments figurés de cette reconstitution, Les ouvriers hébreux du désert
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