‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 448 sur 474 · Monraie d'Arétas IV Philodème · texte numérisé non relu

Monraie d'Arétas IV Philodème

Tête imberbe et laurée à droite. — À. Femme debout à gauche, levant 11 main droite. 1223 990 nn1[n]l. — ..n2v (Arétas, roi de Nabat. Année...).

roi des Nabatéens, il changea son nom en celui d'Arétas et prit possession du trône. Josèphe, Ant. jud., XVI, 1v, 4. Il trouva un compétiteur en la personne de Syllæus, qui l'accusa auprès d'Auguste d’avoir pris le titre de roi sans la permission impériale. Arétas écrivit à l’'empereur pour se justilier, et accusa Syllæus d'avoir fait empoisonner Obodas. Il joignit à sa lettre l'envoi d'une couronne d'or du poids de plusieurs talents. Auguste renvoya le présent; mais, bientôt après, Nicolas de Damas, venu à Rome pour plaider la cause d'Hérode Ier, démasqua Syllæus, qui fut condamné à mort. Josèphe, Ant. jud., XV, 1x, 4; x, 8 et 9. Auguste, toujours mal disposé pour Arétas, veulait donner ses États à Hérode Ir, mais il changea d'avis en apprenant la manière indigne dont ce dernier traitait ses fils; il se contenta de blämer Arétas d’avoir pris le titre de roi sans son ordre, accepta ses présents et le confirma dans sa royauté. Josèphe, Ant. jud., XVI, 1x, 9; Strabon, xvi, p. 782; Nicolas de Damas, dans C. Müller, Fragm. hist. græc., t. 11, p. 351. Devenu l’allié des Romains, en haine d'Hérode, Arétas fournit des troupes auxiliaires au légat de Syrie Varus, dans la guerre qu'il fit, l'an 4 après J.-C., aux Juifs révoltés. Josèphe, Ant. jud., XVII, x, 9; Bell. jud., LI, v, 1. Plus tard cependant il donna sa fille en mariage au tétrarque Hérode Antipas; mais celui-ci la répudia pour épouser Hérodiade, femme de son frère Philippe. La fille d’Arétas se réfugia auprès de son père, qui déclara la guerre au tétrarque et le vainquit. Hérode invoqua le secours des Romains. Sur l'ordre de Tibère, Vitellius, légat de Syrie, marcha contre Arétas; mais, à la nouvelle de la mort de l'empereur, il abandonna la campagne. Josèphe, Ant. jud., XVII, v, 1-3. Ce fut probablement alors que le roi des Nabatéens reprit possession de Damas, qui avait appartenu à son prédécesseur. Deux faits appuient cette hypothèse : 1° Caligula apporta de grands changements dans les royaumes vassaux de Rome; 2 la série des monnaies de Damas portant l'effigie impériale s'interrompt pendant les règnes de Caligula et de Claude. Mionnet, Description des monnaies, t. v, p. 286; Supplément, t. vu, p.193; De Saulcy,

ARESI — ARETIUS

Numismatique de la Terre Sainte, p. 36. Saint Paul,

qui venait de se convertir au Christianisme, fut obligé de se faire descendre, pendant la nuit, dans une corbeille, le long des remparts, pour échapper aux poursuites de l'ethnarque ou gouverneur qu'Arétas avait placé à Ja tête de la ville. 11 Cor., ΧΙ, 32-33. Quelques auteurs ont pensé que cet événement avait eu lieu pendant une occupation antérieure et temporaire de Damas par Arétas; mais cette explication est moins probable, On possède un certain nombre d'inscriptions nabatéennes datées des diverses années du règne d'Arétas IV. Euting, Nabatäische.Inschriften, p. 24-61, n. 1 à 20; de Vogüé, Syrie centrale, inscript. sémit., p. 118: E. Renan, Journal asiatique, 1873, p. 373; Zeitschrift der deutschen morgenländischen Gesellschaft, 1869, p. 150; 1871, p.429; R. P. Lagrange, Zeitschrift für Assyriologie, 1890, p. 290. Sur les inscriptions et sur les monnaies, Arétas IV est appelé Rahem amméh, d'où son surnom grec de Philodème qui en est la traduction, « qui aime son peuple. » Ses deux femmes, Halda et Seqailat, sont souvent représentées au revers. Voir Joh. Gottlob Heyne, De ethnarcha Aretæ Arabum regis, 1755; Wieseler, Chronologie des Apostolischen Zeitalters, 1848 ; E. Schürer, Geschichte des jüdischen Volkes im Zeitalter Jesu Christi, t. 1, p. 617-619 ; duc de Luynes, Revue numismatique, 1858, p. 294-296; de Vogüé, 1bid., 1868, p. 162; Babelon, ibid., 1887, p. 374-377; de Saulcy, Annuaire de numismatique, 1873, p. 13-17; 1878, p. 461-464; de Vogüé, Syrie centrale, inscriptions sémitiques, 1865, p. 103-106; Levy, dans la Numismatische Zeitschrift, de Huber de Karabacek, t. 1, 1871, p. 445-#8; Euting, Nabatäische Inschriflen, in-%, Berlin, 1885, p. 81-87.

E. BEURLIER.

3. ARÉTAS, commentateur grec, évêque de Césarée en Cappadoce. On trouve dans les éditions anciennes d'Œcuménius, et comme complément de ses commentaires des Actes des Apôtres et des Épitres, un commentaire ou édition glosée de l'Apocalypse qui porte le nom d'Arétas. Aizsi dans l'édition d'Œcuménius par J. Henten, Paris, 1630-1631, τ, 11: Arethæ explanaliones in Apocalypsin. Cette édition laisse à désirer. Un texte meilleur du commentaire d'Arétas a été donné par Cramer, dans ses Catenæ græcorum Patrum in N. T., Oxford, 1840. (Le texte de Cramer est reproduit par Migne, Patr. gr., t. cvi, col. 493-786.) Le titre exact de l'œuvre d'Arétas est: Brève explication, tirée des commentaires sur l'Apocalypse du bienheureux André, archevêque de Césarée de Cappadoce, mise en ordre par Arélas, indigne évêque de Césarée de Cappadoce. Par ailleurs on possède un commentaire sur l'Apocalypse qui porte le nom d'André, archevêque de Césarée de Cappadoce; il a été publié en grec pour la première fois par Sylburg, en 159,6, et il est reproduit d'après Sylburg par Migne, Patr. gr., t. C1, col. 215-458. Voir ANDRÉ 4, col. 564. Cet Arétas ἃ été considéré sans fondement suffisant, par quelques critiques, comme ayant été évèque de Césarée au ve siècle : en réalité il est à identifier avec l’évêque de ce nom que la liste épiscopale de Césarée compte au commencement du χε siècle, et dont on a récemment mis en lumière lactivité littéraire et philosophique. Voyez Ὁ. von Gebhardt, Der Erzbischof Arethas von Cäsarea, seine Studien und seine Bibliothek, dans les Texte und Untersuchungen de Gebhardt et Harnack, t. 1, Leipzig, 1883, p. 36-46. Le commentaire de l'Apocalypse a dù être composé entre 895 et 914. Le commentaire d'Arétas n’est pas une simple reproduction du texte d'André; il l'abrège, l'améliore et le complète de son propre fonds en maint endroit. Toutefois la science de l'Écriture a peu à y prendre. Voir Fabricius, édit. Harless, Bibliotheca græca, t. vin, p. 696-699.

P. BATIFFOL.

ARETIUS Benedict, théologien et botaniste suisse, né à Berne vers 1505, mort le 22 avril 1574. Son véritable nom était Marti; Aretius est la traduction grecque

V1. ed

ARETIUS — ARGENT

de ce nom (de "Apne, « Mars »). Choisi, en 1548, comme | l'argent surnageait, comme l'huile sur l'eau ». Pline, xxx111,

professeur de logique à l'université de Marbourg, il devint ensuite professeur de langues à Berne, et enseigna plus tard la théologie d'après les doctrines de Calvin, qu'il avait embrassées avec ardeur, ΠΠ explique le sens avec bonheur dans ses commentaires, mais il faut tenir compte de ses tendances, Il a composé : Commentarii breves in Mosis Pentateuchum , in-8°, Berne, 1602 et 1611 (ouvrage posthume) ; Conunentarii in Domini Nostri desu Christi Novum Testamentum, in-f et 11 in-80, Morsée, 1580-1585 ; in-f, Paris, 1607, Les éditions partielles en sont nombreuses : Commentarii in quatuor Evangelia, in-8v, Lausanne, 1577; Commentarii in Actuum Apostolorum historiam, 4590; Commentarii in omnes Epistolas Pauli et canonicas, iemque in Apocalypsim Joannis, 1589, etc. Voir Chr. Saxi, Onomastic. literar., part. 111, p. 399; Biblioth. instit. « Gesnero in Epitom. redact. per J. Simlerum et Joh. Frisium, Zurich, 1693, p. 111; G. Walch, Biblioth. theol. crilic., t. αν, passim. Le nom d’Aretius se trouve parmi ceux des auteurs condamnés par le concile de Trente. L. GUILLEREAU.

AREUNA. La Vulgate écrit ainsi, dans le second livre des Rois, χχιν, 16-%3, le nom du propriétaire de l'aire sur laquelle fut bâti le temple de Jérusalem (voir AIRE D'ORNAN, col. 328). Ailleurs, elle l'appelle Ornan. Voir ORNAN.

1. ARGENT. Hébreu : késéf, de la racine käsaf. Késéf signifie « ce qui est blanc » et « ce qui est désirable ». Le nom donné à l'argent dans les autres langues montre, par analogie, que la première étymologie doit être préférée. Égyptien : nub het, «or blanc; » grec : ἄργυρος, d'apyée, « blanc. » D’après une autre étymologie, késéf signifie « coupure, » segmentum.

I. Son origine. — L'argent ne se trouvait pas en Palestine, et la découverte de quelques filons argentifères dans les montagnes du Liban paraît être relativement moderne. Cf. Kitto, Physical History of Palestine, p. 73. Ce métal précieux était, au contraire, commun en Chaldée avant Abraham ; il était appelé, dans ce pays, kaspu, qui est le même mot que késéf. Les Egyptiens avaient dans l'ile de Méroé, territoire de la Nubie, des mines d'argent assez productives, mais bien moins riches que les mines d’or qui donnaient leur nom au pays. Diodore de Sicile, 1, 33, 49. Abraham rapporta d'Égypte une grande quantité d'argent. Gen., ΧΠῚ, 2. Les Égyptiens en faisaient des coupes, Gen., x1iv, 2, de la vaisselle, Exod., x1, 2; x11, 35, des miroirs et toutes sortes d'objets (fig. 251). « Ils émaillaient l'argent, de manière à y reproduire l’image d’Anubis, ils le coloraient, mais ils ne le ciselaient pas. Ils se servirent ensuite de ce métal pour leurs statues triomphäles, et quand l'argent était mat, le prix en était très grand, » Pline, H. N., xxxur, 131, édit. Teubner, t. v, p. 27.

Les anciens tiraient encore l'argent de la Colchide, de Y'Attique, du pays des Chalybes ou Chaldéens du Pont, de la Bretagne. Strabon, I, 11, 39; IX, 1,23; XII, πὶ, 19; IV, v,2. Mais les mines d'argent de beaucoup les plus riches οἱ les plus facilement exploitables étaient celles d'Ibérie ou Espagne, le pays appelé Tharsis dans la Bible. Voir Tuarsis. Les écrivains de l'antiquité célébrent à l'envi ces fameuses mines. L'argent s'y trouvait à l'état natif et à une faible profondeur, de sorte que son exploitation ne présentait aucune difficulté. Aussi le voit-on aux mains des indigènes dés le début de l'âge du bronze. Cf. L. et “H. Siret, Les premiers âges du métal en Espagne, dans la Revue des questions scientifiques, avril 1888, p. 50, 379-384. D'autres fois, il était enveloppé dans une gangue qui rendait le quart de son poids de métal pur. Diodore, ν, 96. On exploita ensuite la galène (plomb sulfuré) argentilére, Pour en tirer l'argent, on pilait et on lavait à cinq reprises la pépite argentifére, on faisait fondre le sédiment, et « le plomb s'échappait sous l'action du feu, tandis que

95, 96. Au rapport de Strabon, ΠῚ, 11, 8, telle mine rapportait en trois jours à son propriétaire la valeur d'un talent euboïque (environ 4400 fr.). Plus tard les Romains s'emparèrent du pays ibérien et de ses riches gisements, I Mach., vin, 3. Polybe, d'aprés Strabon, loc. cit., rapporte que quarante mille ouvriers étaient employés à l'exploitation, près de Carthage la Neuve, et que le rendement quotidien était de vingt-cinq mille drachmes (249250 francs).

Mais bien auparavant, les Phéniciens, dont les vaisseaux longeaient sans cesse toutes les côtes de la Méditerranée, s'étaient aperçus de l'abondance de l'argent en Ibérie. Comme les indigènes n'en appréciaient pas la

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