‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 459 sur 474 · Tour des Quarante Martyrs, à Ramléh · texte numérisé non relu

Tour des Quarante Martyrs, à Ramléh

le témoignage d'Eusébe; de saint Jérôme, de leur époque et de tout le royaume latin de Jérusalem. C’est la vieille et authentique tradition. » (L. Heidet.)

Enfin, on ἃ aussi identifié Arimathie avec Neby-Samouil, colline au nord-ouest de Jérusalem, où, d'après quelques topographes, était bâti le bourg de Ramathaiïm, patrie de Samuel. Voir RAMATHAÏM. E. JACQUIER.

ARIOCH, hébreu : ‘Ary6k; babylonien : Éri-aku, « serviteur du (dieu) Lune ; » Septante: ᾿Αριωχής, ᾿Αριώχ (et Ἐπριώχ, Judith, 1, 6).

4. ARIOCH, roi mésopotamien allié de Chodorlahoτον, dans son expédition en Palestine au temps d'Abraham. 9. Chodorlahomor et ses confédérés, Amraphel, Arioch et Thadal, vainquirent les rois de Sodome | et de la Pentapole; mais, comme ils s'en retournaient | chargés de butin, ils furent surpris à l'improviste et défaits par Abraham, Gen., x1v, 1-15. Voir AMRAPHEL et CHODORLANOMOR.

Les textes cunéiformes anciens nous mettent sur la trace de cet Arioch. La Vulgate l'appelle roi de Pont, saint Jérôme ayant ici suivi la traduction de Symmaque; mais

— ARIOCIH 962

il ne peut s'agir évidemment du royaume classique de ce nom, qui n'existait pas encore à cetle époque et que sa situation géographique ne permet pas de mettre en relations avec Chodorlahomor, roi d'Élam, au sud-est du Sennaar, Les Septante et l'hébreu lisent d'ailleurs « roi d'Ellasar », c'est-à-dire non pas 46] a ville d’Assur, la première capitale du royaume assyrien, ac luellement Kaléh- Schergat, sur le Tigre, dont on ne trouve encore aucune trace à cette époque rec ulée, et qui paraît d'ailleurs trop éloignée de l'Élam, mais, par un changement de lettres assez fréquent, Larsa, actuellement Senkéréh, trés ancienne ville du Sennaar ou pays de Sumer, un peu au nord d'Ur, la patrie d'Abraham. Frd. Delitzsch, Wo lag das Paradies,

. 223-224. Nous savons, en eflet, qu'à cette époque τες ulée Larsa formait un royaume vassal des conquérants élamites (appelés Koudourides du nom du premier élément des noms royaux Chodor-lahomor, Koudour-Lag: mar, Koudour-Nahoundi, Koudour-Maboug). Arioch par: être précisément le dernier roi de Larsa, annexée ensuite à la Babylonie à l'époque de Hammourabi (ou Hammouragas) (2307 [?]-2252 [?]); les deux groupes cunéiformes qui composent ordinairement son nom se lisent Rün-Aku ou Riv-Aku, le syllabaire cunéiforme mésopotamien ne distinguant pas lm du v; ils pourraient même se prononcer, d’après G. Smith et Eb. Schrader, Éri-Aku. Cet Arioch, de race élamite, fut vassal de Koudour-Maboug, roi d'Élam, d'Ur, de Sumer, d’Akkad et de Syrie, et allié de Chodorlahomor, roi d'Élam. L'échec que lui infligea Abraham fut bientôt suivi de la prise de Larsa par les rois nationaux de Babylone, qui expulsérent les Élamites de toute la Mésopotamie. Arioch fut done le dernier roi de Larsa; mais sa capitale ne fut pas détruite, Hammourabi de Babylone y fit même réparer le temple de Samas, « le soleil, » qui y resta en grande vénération jusqu'à la fin de la monarchie babylonienne. Peut-être le livre de Judith, dans les Septante, a-t-il gardé le souvenir de la défaite d'Arioch par les Babyloniens dans la mention qu'il fait, 1, 6, de la plaine de Rage isignéé ensuite comme « la plaine d'Érioch, roi des Élamites », c'est-à-dire de la dynastie élamite. (La Vulgate lit : « Dans la plaine d'Érioch, roi des Éliciens. » Judith, 1, 6). L'Arioch du livre de Daniel, 11, 14, montre que ce nom resta familier aux Babyloniens.

L'identification d’Arioch et de Rim-Aku, proposée par G. Smith, Notes on the early history of Assyria and Babylonia, Londres, 1872, p. 10 et 29, acceptée par Eb. Schrader, Lenormant , etc., regardée comme très vraisemblable par Delitzsch, Wo lag das Paradies, p. 224, a été combattue par Tiele, Babylonisch-Assyrische Gescluchte, t. x, p. 12%, sous prétexte que les groupes cunéiformes en question peuvent aussi se lire Arad-Sin, le sens du nom propre restant le même, « serviteur du dieu Lune ». Mais une v ite dans laquelle ce nom royal est écrit, non plus idéographiquement, mais phonétiquement, affirme la lecture Rim-Aku, et corrobore l'identification proposée par Smith. Lenormant, Choix de textes cunéiformes, t. ut, p. 164; The cuneiform Inscriptions of Western δῖα ὍΣ 15 ῬῚ: n. 3; pl. v, n° 10. --- Voir Schrader- Whitehouse, The cuneiform Inscriptions and the Old Testament, t. 1, p. 120; t. 1, p. 296-301; G. Smith, Early History of Babylonia, dans les Records of the Past, 119 série, t. v, p. 64-70; Sayce, ibid., 2 série, 1.1, p. 10; t. mr, p. 19-20; Vigouroux, La Bible et les découvertes modernes, 5° édit., t. 1, p. 485-487; Lenormant, La langue primitive de lu Chaldée, p. 37% et suiv.; Lenormant-Babelon, Histoire ancienne de l'Orient, ΤῊ 1v, p. 94-97 ; Maspero, Histoire ancienne de l'Orient, 1886, 4e édit., p. 188; 1. M. Price, Literary Remains of Rim- Sin (Arioch), King of Larsa, in-4, Chicago, 1904.

E, PANNIER

2, ARIOCH, officier à la cour de Nabuchodonosor, roi de Babylone. Dan., 11, 14, 15, 24, 25. Les rationalistes cherchaient autrefois à ce nom une étymologie perse,

sanserite, etc., Gesenius, Thesaurus linguæ hebrææ, 4329, p. 148; cf. Keïl, Daniel, 1869, p. 78; Hitzig, Daniel, Leipzig, 1850, p. 26, dans l'intention plus ou moins avouée de renverser l'autorité et le caractère historique de Daniel; mais présentement on y reconnait un nom babylonien, soit Ariku, « le long, » soit Rim ou Riv-Aku, « serviteur du dieu Lune, » forme analogue à Sidrach, Sudur-Aku, « envoyé du dieu Lune, » Dan., 1, 7. — Arioch remplissait à la cour la charge de « chef de la milice royale », non pas de chef de l'armée babylonienne, mais de chef des gardes du corps, comme porte le texte chaldéen, rab tabbähayä’, « chef des satellites; » au ÿ.14, il est chargé d'exécuter les devins, incapables de découvrir le songe du roi; au Ÿ. 24, c'est lui qui introduit Daniel auprès de Nabuchodonosor. Ces fonctions sont souvent confiées, en Orient, aux mêmes officiers. II Reg., ιν, 12; 1, 15. Les bas-reliefs nous montrent que quelquefois même les rois exécutaient en personne leurs prisonniers.— Voir Schrader-Whitehouse, The cuneiform Inscriptions and the Old Testament, t. 11, p.127 ; Lenormant, La divination chez les Chaldéens, p. 198, où il propose l'étymologie Ariku, « le long », nom propre, certainement usilé aussi en Assyrie et en Babylonie, mais rendant peut-être moins bien compte de la présence du vau et du iod dans la transcription chaldéenne. Οἵ. Vigouroux, La Bible et les découvertes modernes, 5e édit., t. IV, p. 456. E. PANNIER.

ARISAI (hébreu : ’Arisai ; Septante : ‘Pougaïos), huitième fils d'Aman. Esth., 1x, 9.

ARISTARQUE ('Apiorapyos, « excellent chef »), chrétien de Thessalonique, Act., XX, 4, qui accompagna saint Paul dans son troisième voyage de missions. Avec Gaïus, il fut entrainé dans le théâtre d'Éphèse, par la foule irritée contre l’Apôtre, Act., xix, 29, et faillit être massacré. Aristarque suivit saint Paul en Macédoine, puis en Grèce, et alla avec lui en Judée, Act., xx, 4, par la Macédoine, la Troade, Milet, la mer Méditerranée, Tyr et Césarée. Il monta avec l'Apôtre captif sur le navire d’Adrumète, Act, xxvI1, 2, qui les conduisit le long des côtes de la province d'Asie, d'où ils partirent pour Rome. Dans cette ville, 1l fut le fidèle compagnon de captivité et de travail de saint Paul. Coloss., 1v, 10; Philémon, 24. On perd ensuite ses traces. D'après les Grecs, il fut évêque d’Apamée, en Phrygie; d'après le martyrologe romain et Adon, de Thessalonique. Il aurait été décapité à Rome sous Néron avec saint Paul ; sa fête est fixée au 4 août. Ἐς JACQuIER.

ARISTÉE, ᾽᾿Αρισταῖος, auteur prétendu d'une lettre relative à l'origine de la version grecque des Septante. Il se dit Egyptien d'origine, paien de religion, devenu prosélyte juif, ὑπερασπιστής, C'est-à-dire officier des gardes de Ptolémée Philadelphe (284-247), et très aimé de ce prince. Quand celui-ci, sur le conseil de Démétrius de Phalère, voulut faire traduire en grec la loi de Moïse, pour placer cette version dans la bibliothèque qu'il avait fondée à Alexandrie, Aristée fut un des messagers envoyés au grand prêtre Éléazar, à Jérusalem. Dans sa lettre à son frère Philocrate, il raconte les événements dont il est censé avoir été témoin. Voir SEPTANTE. Son récit trouva créance. Josèphe, Ant. jud., VIT, 1, 2 et suiv., le reproduit presque mot pour mot. Philon, Vita Mosis, 11, 6, l'a accepté aussi, mais sans nommer Aristée, Les anciens admettaient unanimement la lettre d'Aristée comme authentique. Louis Vivès, dans une note sur saint Augustin, De Civilate Dei, xvi, 42, émit le premier des doutes sur son authenticité. Il fut suivi par Joseph Scaliger, Ad chronicon Eusebii, Patr. lat., t. xxXvIT, col. 485. Dès lors la plupart des critiques ont tenu cette lettre pour apocryphe. H. de Valois, In 1. y, c. 8 Eusebii H. E.; Léon de Castro, In Isaiam, proæm.; Salmeron, Comment. in Evang.,

ARIOCH — ARISTOBULE

proleg., v1; Montfaucon, Prælimin. in Hexapla Origenis, ut, 9, Patr. gr., t. xv, col. 62-66, etc. Son authenticité a cependant été soutenue par Ussérius, De græca LXX interpretum versione syntagma, Londres, 1655; Isaac Vossius, De LXX interpretibus eorumque translatione , La Haye, 1661; Appendiæ ad librum de LXX interpretibus, 1663; Responsio ad objecta nuperæ criticæ sacræ, dans Variarum observationum liber, Londres, 1655, p. 301-304; B. Walton, Prolegom., 1x, 4; Le Nourry, Bibliotheca maxima Patrum, t. x1, p. 2%; Simon de Magistris, Daniel secundum LXX, Rome, 1772, p.309-623 ; Const. Oikonomos, Περὶ τῶν ὁ ἑρμιηνευτῶν τῆς παλαῖας θείας γραφῆς βιδλία, Athènes, 1844; Grinfield, An apology for the Septuagint., Londres, 1850. On pense généralement aujourd'hui que cette lettre est l'œuvre d'un Juif pieux,

qui a voulu, en la composant, donner de l'autorité à la

version grecque de l'Ancien Testament, et glorifier son peuple et sa législation aux yeux des Grecs. Il a pris le nom d'Aristée, qui était celui d'un écrivain, auteur d'un livre sur les Juifs, que mentionne Alexandre Polyhistor. Voir Eusèbe, Præpar. Ev., 1x, 25, τ, xx1, col. 728, Cf. Nœldeke, Histoire littéraire de l'Ancien Testament , trad. franç., Paris, 1873, p. 160-169.

L'Epistola ad Philocraten a été éditée par Jac. Middendorpius, Historia Aristeæ, Cologne, 1578; par Garbitius, Aristeæ historia de legis divinæ ex hebræa lingua in græcam translatione, Francfort, 1610; par Hody, De Bibliorum textibus originalibus, Oxford, 1705; par Van Dale, Dissertatio super Aristea de LXX interpretibus, Amsterdam, 1705. Une édition critique a été publiée par Schmidt, dans Archiv für wissenschaftliche Erforschung des À. T. de Merx, Halle, 1868, τ. ur.

* E. MANGENOT.

1. ARISTOBULE (’Aptorééouroc), Juif d'Alexandrie, de famille sacerdotale, διδασχάλος, maître ou conseiller du roi d'Égypte Ptolémée. II Mach., 1, 40. Le peuple de Jérusalem, le conseil et un certain Judas, lui adressèrent une lettre, II Mach., 1, 10-11, 19, pour l'engager, lui et les Juifs d'Égypte, à rendre grâces à Dieu, qui avait délivré la nation de grands dangers par la mort d’Antiochus, II Mach., 1, 11-17, et à célébrer, de concert avec leurs frères de Jérusalem, la fête de la purification ou fête du feu sacré, découvert par Néhémie, II Mach., u, 15 et 1, 36. L'Antiochus dont cette lettre rapporte la mort paraît bien être Antiochus III le Grand et non Antiochus IV Epiphane, qui périt dans des circonstances différentes. Cf. col. 692. Le récit de cette mort semble avoir été écrit peu après l'événement (187 avant J.-C.); la lettre doit donc être datée de l’an 187 ou 186 avant J.-C., et non pas de jan 124 avant J.-C. (188 de l'ère des Séleucides), comme le ferait croire la ponctuation défectueuse du ÿ. 10 de II Mach., 1. Cette date se rapporte à la lettre précédente ; elle la termine, comme c’était l'usage. II Mach., x1, 21, 33, 38. Le Ptolémée dont Aristobule fut le maître ou conseiller serait donc Ptolémée V Épiphane (204-181 ). Dans cette hypothèse très vraisemblable, notre Aristobule pourrait très bien être le même personnage que le philosophe péripatéticien qui dédia à Ptolémée VI Philométor (185-146) une exposition allégorique du Pentateuque. Eusèbe, Præp. Ev., vu, 9, t. ΧΧΙ, col. 636. Rien ne s'oppose à ce qu'il ait vécu sous les deux règnes. Le but de son commentaire, intitulé ᾿Εξηγήσεις τῆς Μουσέωςγραφῆς où τοῦ Μουσέως νόμον, était de prouver que les anciens poètes et philosophes grecs avaient largement puisé dans les livres de Moïse, en sorte que le Pentateuque était la source de la philosophie et de la sagesse païenne. Cf. ALEXANDRIE (ÉCOLE EXÉGÉTIQUE D’), col. 360. Manquant de preuves, il forgea un bon nombre de passages de poètes et d'historiens. Ainsi il en fit sous le nom de Linus, de Musée, d'Orphée, d'Homère, d'Hésiode, etc., et il le fit si habilement, qu'il trompa plusieurs écrivains profanes et certains Pères de l'Église. Les fragments qui nous restent d'Aristobule ont été réunis par Eichhorn, dans l'Alige-

965 ARISTOBULE meine Bibliothek der biblischen Lilteratur, t. v, p. 253- 259 ; l'authenticité en a été démontrée par Walckenaër, Diatribe de Aristobulo Judæo, contre les négations de R. Simon, Hody, Eichhorn, ete, Aristobule avance qu'avant la version des Seplante, certaines parties des livres de Moïse avaient été traduites en grec, Eusèbe, Præp. Ev., 12, 1. xx1, col. 1097. Mais le but que poursuit cet auteur dans son commentaire rend son témoignage suspect. On a voulu lui attribuer la composition du livre de la Sagesse, mais on n'apporte pas de raisons sérieuses ; et ce n'est pas ainsi qu'aurait parlé ce favori des rois d'Égypte. — Voir L. ἃ. Walckenaër, Diatribe de Aristobulo Judæo, in-4°, Leyde, 1806; Girôrer, Philo, 2% édit., in-8°, Stutt-

gart, 1835, p. 71 et suiv.; Haneberg, Révélation bi- |

blique , 2 in-8, Paris, 1856, t. 11, p. 84; Ε΄. Vigouroux, Les Livres Saints et la critique rationaliste, 4° édit., τ αν, p. 625-640, E. LEVESQUE.

2, ARISTOBULE. Saint Paul, dans son Épitre aux Romains, xvi, 11, ordonne de saluer les gens (chrétiens) de la maison d'Aristobule, Celui-ci était-il Romain ? Était-il mort ou absent de Rome, lorsque l’Apôtre éerivit sa lettre, ou même était-il chrétien, puisque saint Paul ordonne de saluer seulement ceux de sa maison ? Toutes questions sur lesquelles on ἃ fait des conjectures, mais auxquelles on n'a aucune réponse à faire, Les ménologes grecs font d’Aristobule un des soixante-dix disciples, le frère de Barnabé, et rapportent qu'il prêcha l'Evangile en Grande - Bretagne ; ils fixent sa fête au 15 et 16 mars ou au 31 octobre. E. JACQUIER.

ARIUS (Αρεύς), roi de Sparte. Un roi de ce nom écrivit une lettre à un grand prêtre du nom d'Onias. IMach., χαὶ, 7, 22 (20). Le texte reçu des Septante déforme ce nom; au Ÿ. 7, il l'appelle Δαρεῖος; au ÿŸ. 22, ᾿Ονιάρης.

τί .Θ en

257, — Monnaie d'Arius Ier,

Tête d'Alexandre imberbe, couverte d'une peau de lion, à droite. — à. BAXIAEOZ APEOËZ, Jupiter assis, à gauche, tenant l'aigle de la main droite et la main gauche appuyée sur le sceptre.

Le texte primitif devait porter ’Apeïos, qui est la forme donnée également par Josèphe, Ant. jud., XIE, 1v; v, 8. Dans 1 Mach., x11, 22 (20), le texte reçu contient ces mots : ὧν ἀπέστειλεν ᾿Ονιάρης βασιλεύς Σπαρτιατῶν ᾽Ονίχ, le texte primitif devait être ONIAAPEIOE, et il faut lire : ἀπέστεῖλεν ᾿Ονίχ ᾿Αρεῖος χ. τ. }. Les auteurs profanes et les monnaies donnent à deux rois de Sparte de cette époque le nom d'’Ape5ç. Arius Ier régna quarante-quatre ans, de 309 à 265, et Arius IT, huit ans, de 26% à 256. C’est évidemment du premier qu'il s'agit, car c'est le seul qui ait été contemporain d'un grand prêtre du nom d'Onias, Onias Ler, fils de Jaddus, qui exerça le souverain pontificat de 323 à 300. La chronologie s'oppose à toutes les autres hypothèses, notamment à celle de Josèphe, qui suppose les lettres écrites par Arius IL à Onias II, car Onias I fut grand prêtre de 222 à 205.

Arius [er appartenait à la famille des Agiades ; il était fils d'Acrotatos, qui mourut avant de monter sur le trône, et il succéda à son grand-père Cléomène II. Diodore de Sicile, xx, 29. En 250, Arius se mit à la tête d'une ligue

— ARKEVOLTI 966 des villes grecques, qui s'allia à Ptolémée Céraunos contre Antigone Gonatas, et attaqua, au nom du conseil des Amphictyons, les Étoliens, qui s'étaient emparés du territoire sacré de Cirrha; mais ses troupes furent massacrées. Justin, XXIV, 1, 4, Il était occupé à une expédition en Crète, quand Pyrrhus, roi d'Épire, attaqua Sparte en 272, Il revint en toute häte, conclut une alliance avec les Argiens, et bientôt la mort de Pyrrhus mit fin à la guerre, Pausanias, ΠῚ, 6, 2; Plutarque, Pyrrh., 26-29. En 967, Arius s’allia sans succès à Ptolémée Philadelphe pour sauver Athènes du joug d'Antigone Gonatas. Pausanias, it, 6, 3; Justin, xxvr, 2. Il mourut à Corinthe, en 965, dans une bataille contre les Macédoniens. Plutarque, Agis, 3; Justin, xxvi, prol. La ville d'Élis lui éleva deux statues. Pausanias, vi, 12, 5, et 15, 5. La principale source de l’histoire d’Arius est le livre de Phylarque dans lequel à puise Justin. Il existe (fig. 257) un superbe tétradrachme de ce roi, avec l'effigie d'Alexandre et la légende BAZI- AEOË APEOË, qui se trouve aujourd'hui au Musée de Berlin. Von Sallet, Numismatik Zeitschrift, 11, 1875, p. 126 et 285, pl. 1x. La lettre d'Arius Itr au grand prêtre Onias Ier, 1 Mach., χα, 20-93, dit que « les Spartiates et les Juifs sont frères et de la race d'Abraham ». Sur ce sujet, voir SPARTIATES. E. BEURLIER.

ARIZTIZABAL (Pierre d’), frère mineur de la Régulière Observance, en la province de Castille, qualificateur du tribunal suprême de l'Inquisition, vivait dans le milieu du xvu® siècle. Il a donné au public : Super canticum Habacuc Discursus politico-morales, in-f°, Madrid, 1648, en espagnol ; Commentaria latina in librum Josue, in-f°, Madrid, 1652. P. APOLLINAIRE.

ARIZZARRA Hyacinthe, de l'ordre de Saint-Dominique, professeur d'Écriture Sainte et de langues orientales à l’université de Modène, a laissé une bonne introduction à l'étude de la Bible sous ce titre : Elementa sacræ hermeneuticæ, in-4°, p. x1-260, Castelnuovo di Garfagnane (dans la province de Massa), 1790. Hurter, dans le Nomenclator litterarius, t. 11, p. 1031, donne à tort la date de 1740. L'épitre dédicatoire, adressée à Aloysio Ruflo, nonce apostolique auprès de la cour de Toscane, parle de Pie VI (1775-1799) comme du pape régnant. L'auteur traite avec beaucoup de sûreté et de largeur les questions relatives à l'inspiration, au canon, à l'autorité respective des versions. Il est au courant des meilleurs travaux parus de son temps, non seulement parmi les catholiques, mais aussi parmi les protestants d'Allemagne, qu'il cite avec éloge et utilise là où ils ont un réel mérite. On sent qu'il est de l’école de son savant contemporain et compatriote J. B. de Rossi, quand il recommande l'étude de l’hébreu dans un chapitre spécial intitulé : De necessilate studii hnquæ sanctæ, chap. 1x. Il n’exige pas seulement de l'interprète la connaissance des langues, mais aussi celle de l'histoire ancienne, qui doit embrasser

l'étude des faits, des mœurs, des institutions, des croyances. Il bläme ceux qui se méfient des explications empruntées à l’histoire et préfèrent résoudre les difficultés par des interprétations ingénieuses patronnées par quelque autorité. « Ils sont dans l'illusion, ajoute-t-il, quand ils croient que les auteurs sacrés n’ont pas employé les procédés ordinaires de composition parce qu'ils sont inspirés, et pour cela ils se font scrupule de se servir d'une méthode qui est partout reconnue nécessaire pour entendre les auteurs grecs ou romains, » chap. ΧΙΝν, De munere interpretis. Le chapitre sur l’exégèse des Pères comparée à celle des modernes n'est pas moins intéressant. Des travaux, comme celui d'Arizzarra, ont vu malheureusement le jour à une heure très troublée, et ils sont demeurés trop longtemps sans écho parmi les catholiques. J. Tomas.

ARKEVOLTI Samuel ben Elhanan, rabbin qui vivait

à Padoue, à la fin du xvre siècle et au commencement du xvue. Il donna en 1602 une grammaire hébraïque assez estimée, ‘Arugat habbôëêm, « Parterre de plantes aromatiques, » Cant., v, 13, in-%°, Venise, 1602; in-80, Amsterdam , 1730. E. LEVESQUE.

ARLOTTO, de Prato, en Toscane, frère mineur, docteur en théologie, de l'université de Paris, provincial de Toscane, puis général de son ordre, mort à Paris, en 1286. Sixte de Sienne et Marcellin de Pise lui attribuent un ouvrage anonyme intitulé Concordantiæ utriusque Testamenti, qui, après avoir été répandu en de nombreuses copies, fut plus tard imprimé, toujours sous l'anonyme. Les bibliographes franciscains en ont noté nombre d'éditions, que malheureusement ils n'ont pas décrites, notamment : Nuremberg, 1485; Bologne, 1486; Bäle, 1496, avec corrections de Sébastien Brandt; Strasbourg, 1530, avec plus de corrections encore; Venise, 1549, in-4; Anvers, Plantin, 1572 et 1585; Hanovre, 1618; Francfort, 1620 ; Anvers, 1625, etc. P. APOLLINAIRE.

ARMAGÉDON (’Apuzy=ê00v). D'après l'Apocalypse, | xv1, 14-16, les rois de toute la terre seront rassemblés |

pour combattre le Dieu tout-puissant dans un lieu qui est appelé en hébreu Armagédon. Aucune localité ne porte ce nom d'Armagédon, mais on peut entrevoir com-

ment saint Jean ἃ formé cette appellation. Armagédon |}

signifie en hébreu la montagne de Mageddo. Or la ville de Mageddo, actuellement Ledjoun, adossée à la montagne du Carmel, donnait son nom à la partie occidentale de la plaine d'Esdrélon ; les environs de Mageddo ont été le champ de bataille le plus célèbre de la Palestine, celui où se sont livrés les combats les plus décisifs entre les Israélites et leurs ennemis. Au temps des Juges, les rois chananéens furent battus par les gens de Zabulon et de Nephtali, près des eaux de Mageddo. Jud., v, 19. Plus tard le roi Josias périt dans une bataille, livrée dans la plaine de Mageddo contre le roi d'Egypte Néchao. IV Reg, ΧΧΠΙ, 29 ; IL Par., xxxv, 39. Mageddo fut aussi le théâtre d'une victoire de Thothmes III sur les Héthéens. En souvenir de la défaite de Josias, le prophète Zacharie, χα, 11, pour peindre un grand deuil, rappelle celui de Mageddo. On comprend que saint Jean, localisant la grande bataille des rois contre le Tout-Puissant, l'ait placée dans la montagne de Mageddo. Galiléen de naissance, il devait en connaître les grands souvenirs. — Il est inutile de signaler les autres explications d'Armagédon qui ont été présentées ; elles sont peu plaueibles. E. JACQUIER.

ARME. Hébreu : néSeq; keli. Le mot hébreu neSeg, ΠῚ Reg., x, 25; Ezech., xxxIx, 9, 10, qui répond le plus exactement à notre expression générique d'armes, embrasse de plus les machines de guerre dont on se servait pour assiéger les villes fortes, Job, xx, 24; xxxIx, 21;

Ps. cxL (Vulgate , cxxx1x), 8, ainsi que les objets compo- |

sant l'équipement militaire, même ceux qui n'avaient aucune utilité directe pour l'attaque ou la défense ; et par extension les arsenaux qui les renfermaient. II Esdr., 11, 19. — L’hébreu keli, dérivé de käläh, « faire, fabriquer, » et que la Vulgate rend par vas, « vase, » dans le sens d'armes guerrières, signifie dans son acception première des objets quelconques sans autre détermination. Dans un

sens plus restreint, il est employé pour désigner certains |

objets déterminés, comme des meubles, Gen., Xxx1, 37; XLV, 90; Lev., xv, 4; des vases précieux, Gen., Xx1v, 53; Exod., 1, 22; χι, 2: ΧΗ, 90; xx II, 19 ; ou même des vases ordinaires, Levit., x1, 33; des vêtements, Deut., xx1r, 5; des instruments et en particulier des instruments de musique, I Par., xv, 16; II Par., v, 13; vu, 6; xxur, 43; XxxIV, 12 ; enfin les instruments de la colère divine comme sont les fléaux, guerre, inondations, tempêtes, elc. Is., x, 5; Jer., L, 2%; Ezech., xxxux, 7. Il était logique d'appliquer aussi cette expression vague aux instruments de

ARKEVOLTI — ARME

les écrivains sacrés, soit qu'ils emploient le mot kelé tout seul, Gen., xxvIt, 3, soit qu'ils le fassent suivre d'un déterminatif, kelé milhämäh « vases ou armes de guerre », Jud., χυπι, 11; cf. Jud., xvur, 16; Deut., 1, #1 ; kelé maâvét, Ps. vu, 14, « armes de mort. »

Les armes dont il est question dans la Bible sont principalement énumérées dans les passages suivants : 1 Reg., XV11,5-7, 38-399, 45-47; II Par., xxv1, 14-15; D Esdr., ιν, 143, 16; Job, x1r, 17-90 ; Jerem., xLvI, 3-4; Ezech., xxxIx, 9; Ephes., vi, 13-17. Les unes sont destinées à l'attaque, les autres à la défense, En voici l'énumération. Pour la description, l'usage et l'histoire de chaque arme en particulier, voir l'article consacré à chacune d'elles. Pour les armes de siège, voir MACHINES DE GUERRE.

1. ARMES OFFENSIVES. — Les principales sont, pour les combats à distance : l'arc, le javelot et la fronde ; pour les combats corps à corps : l'épée et la lance ou pique.

19 L'arc (hébreu : gé$et), employé aussi pour la chasse, Gen., xxvH,3; Is., vi, 24, était chez les Hébreux, comme chez les autres peuples, l'arme habituelle des rois et des guerriers, soit à pied, soit à cheval. Gen., xxi, 16; II Reg, xx, 35; Job, xx, 2%; Is., ἘΠῚ 48.

2% Les flèches (hébreu : hési), I Reg., xx, 36-38; IV Reg, IX, 2%, complément de l'arc, étaient portées dans le carquois, teli, Gen., xxvI1, 3, de la racine {äläh, suspendre, parce qu'il était suspendu à la ceinture ou à l'épaule. Quelques interprètes donnent à ce mot le sens d'épée, mais celui de carquois est communément reçu, et il concorde avec le passage de la Genèse, xxvI1, 3, où l'on voit le téli placé à côté de l'arc du chasseur. Cf. Is., vir, 24. Le carquois est encore exprimé par le mot ‘asp@h, Is., xxu, 6; ΧΗΣ, 2; Jer., v, 16; Job, xxxIx, 23; Ps. cxxviIr (exxvi), 5.

30 La fronde (hébreu : géla‘), 1 Reg., xvH, 40 ; xxv, 29, employée par les bergers, ['Reg., xv11, 40, et les chasseurs, Job, xLr, 19, mais aussi par les troupes armées à la légère, IL Par., xxv1, 14, rendait les plus signalés services, non seulement dans les combats en rase campagne, 1 Reg., xvI1, 49, mais aussi du haut des remparts des forteresses. IV Reg., 117, 35. Elle était employée avec le plus grand succès par les Benjamites. Jud., xx, 16; 1 Par., xur, 2. Les pierres qu'on lançait avec la fronde, ‘abné géla', IL Par., xxv1, 14; Job, xL1, 20 (19); Zach., 1x, 15, étaient le complément de cette arme d’attaque.

45 Le javelot. Voir plus loin lance, G°.

5° L'épée, désignée en hébreu par le mot héréb, est présentée tantôt comme une arme tranchante, IL Reg., ut, 2%, tantôt comme une arme de pointe, I Reg., ΧΧΧΙ, #; IL Reg., 1, 16; I Par., x, 4; Prov., xx, 18; Is., σιν, 19. Quelques interprètes donnent le sens d'épée au mot mekéräh, Gen., XLIX, 5, qu'ils rapprochent du grec μάχαιρα, la courte épée des Lacédémoniens. Ce sens est fort douteux. Cf. Gesenius, Thesaurus linguæ hebrææ, p. 672. Les Hébreux ne paraissent pas avoir fait usage de l'épée très raccourcie ou poignard, qui se répandit en Palestine sous la domination romaine et demeura surtout l'arme des sicaires et des brigands. Josèphe, Ant. jud., XX, vin, 10; Bell. jud., 11, xux, ὃ.

6° La lance ou pique, hanit, II Par., xx, 9; Is., 1, #4; formée d’une hampe de bois, II Reg., xxr, 19; ΧΧΠῚ, 7, terminée par une pointe de fer forgé, lahébet, mot à mot, « flamme, pointe brillante du fer de la lance », I Reg.,

xvH, 7, était trés répandue chez les Hébreux dès les | temps les plus reculés. Dans l'attaque à petite distance

on s'en servait quelquefois comme de javelot, 1 Sam.

(1 Reg.), xvir, 10-11 ; χιχ, 9-10; xx, 8; à cause de ce | double emploi, cette arme, appelée ΠῚ Par., xxu, 9, pique, | est désignée au verset suivant par $élah, qui signifie

« javelot ». Cette lance, Aünit, se distinguait sans doute | par ses petites dimensions et sa légèreté d'une autre | lance appelée en hébreu r6mah, Num., xxv, 7; Jud., | v, 8; IL Par., x1, 12; χιν, 8; χχν, 5; xx, A4, I Esür,

re

combat, c'est-à-dire aux armes. C’est ce qu'ont fait souvent

EP

déc

svt étés

TE

Vo. 2

Page 1