ARMÉE CHEZ LES HÉBREUX — ARMÉES ÉTRANGÈRES (ASSYRIENNE
l'arche eut cessé d'être portée dans les campagnes militaires. On offrait quelquefois des sacrifices avant le combat, 1 Reg., vi, 9; cf, χα, 9. Au moment où l’on allait livrer la bataille, les prêtres, selon la prescription du Deutéronome, xx, 2, devaient adresser la parole aux troupes pour exciter leur courage et leur confiance, ΠῚ Par., xx, 14-929.
110 Entretien de l'armée. — Avant la création d'une armée permanente, chacun pourvoyait d'ordinaire à son équipement personnel et à sa subsistance, Cf. 1 Reg., XVI, 47-18, Cependant dans l'expédition contre les Benjamites, le dixième des hommes était spécialement employé au service des vivres. Jud., xx, 10. On recevait parfois des offrandes volontaires. II Reg., xvr, 28-29; I Par., ΧΗ, 39-40, De plus, si la nécessité l'exigeait, on réquisitionnait des habitants du pays qu'on traversait ce qui était nécessaire aux guerriers et aux bêtes de somme. Jud., var, 5-17. Lorsque la guerre avait lieu sur le sol national, les concitoyens offraient souvent d'eux-mêmes, et quelquefois au prix des plus grands sacrifices, tout ce dont l’armée avait besoin, Il Reg., xvir, 27-29 ; I Par., χα, 39-40. Les parents avant tous les autres se faisaient un point d'honneur et une joie d'envoyer, autant qu'ils le pouvaient, des vivres à leurs enfants soldats. 1 Reg., xvir, 17-18. En pays étranger, l'approvisionnement se faisait aussi par le pillage et les razzias, selon les lois de la guerre alors en usage, et qui persistent encore aujourd'hui parmi les Bédouins nomades. Le service militaire, étant transitoire et ne dépassant jamais les nécessités de la défense nationale, n'était pas considéré comme un métier susceptible de rétribution régulière. Aussi ne trouve-t-on aucune trace de solde militaire chez les Hébreux jusqu'à l'établissement d’une armée permanente; chaque homme se trouvait suffisamment rémunéré par la part de butin qu'il faisait dans la campagne, après laquelle, l’armée étant dissoute, chacun rentrait chez soi et reprenuait sa vie ordinaire. L'institution d’une armée permanente amena un changement dans cette organisation, car alors les rois prirent à leur charge
l'équipement des soldats, ΠῚ Par., xxvi, 14, et leur subsis- |
tance, cf. III Reg., 1V, 27. Quant à la solde en argent, elle paraît avoir été inconnue jusqu'aux Machabées. À cette époque, Antiochus est signalé dans l'Écriture comme payant une solde à ses troupes, I Mach., 111, 28, et Simon Machabée, peut-être τη par l'exemple des princes étrangers, paraît avoir institué la même chose pour l’armée des Juifs. I Mach., x1v, 32. Cependant les troupes mercenaires, qui étaient de véritables ouvriers aux gages, reçurent toujours une solde fixe. IT Par., xxv, 6. Jean Hyrcan osa ouvrir le tombeau de David et en tirer trois mille talents d'argent pour payer celles qu'il avait prises à son service. Josèphe, Ant. Jud., XIII, var, 4.
119 Troupes mercenaires. — En dehors des contingents étrangers incorporés régulièrement dans l'armée permanente, comme les Géthéens, les Céréthiens et les Phéléthiens du temps de David, les rois de Juda et d'Israël firent trés peu usage de ces étrangers, qui se louaient pour une campagne, moyennant une solde déterminée ou une promesse de butin. L'Écriture ne mentionne qu'un fait de ce genre, sous Amasias, roi de Juda, qui projeta d'adjoindre à son armée cent mille mercenaires israélites, pour combattre les Iduméens qui venaient de secouer le joug de Juda, IV Reg., vi, 20-22, Ce projet d’ailleurs ne fut pas complètement exécuté; car, réprimandé par un prophète de cét acte antithéocratique, Amasias les renvoya avant de s'être mis en campagne. La solde totale promise par Amasias était de cent talents d'argent, environ 850000 fr. de notre monnaie, ce qui donne pour chaque homme la faible rétribution de 8 fr. 50, I est probable qu'Amasias avait de plus promis une part de butin,
Nous retrouvons plus tard, à l'époque des Machabées, des soldats mercenaires incorporés dans l'armée des Juifs, à côté des troupes nationales, recrutées et organisées selon le mode établi par Moïse. 1 Mach., 111, 55; cf,
Exod., ΧΥΠῚ, 21; Deut., 1, 15; 1 Reg., vin, 12; IV Reg., 1, 9; x1, 4, Ainsi l'armée qu'avait organisée Simon Machabée reçut sous son fils et successeur Jean Hyrcan des renforts de troupes mercenaires, Josèphe, Ant. jud., XIII, vu, 4, qui s'élevèrent du temps d'Alexandre Jannée au nombre de 6200 soldats, tous guerriers d'élite, qui n'hésitèrent pas à donner leur vie pour la cause à laquelle ils s'étaient vendus dans le combat sanglant contre le roi de Syrie Démétrius Ier Soter. Josèphe, Ant. jud., XIIT, XI, 5; XIV, 1. La reine Alexandra entretint également un contingent de soldats étrangers, sur lesquels elle aimait à s'appuyer dans les luttes de partis si fréquentes alors entre les Juifs, Joséphe, Ant. jud., XIIL, xvr, 2, et enfin dans l'armée d'Hérode il y avait des légions de Thraces, de Germains et de Gaulois. Josèphe, Ant. jud., XVII, vu, 3.
A cette époque, le mercenariat s'était tellement généralisé, qu'il n'y avait plus d'armée dans laquelle ce genre de troupes ne tint une place importante, et les princes s'appuyaient sur elles à ce point, qu’on en voyait licencier leur armée nationale pour ne garder que les mercenaires, comme fit Démétrius II Nicator. Josèphe, Ant. jud., XIII, τν, 9. Les Juifs, qui jusque-là n’avaient combattu que pour se défendre contre l'invasion étrangère, se laissérent emporter par ce mouvement, et l'on en vit s’enrôler un grand nombre dans les armées d'Alexandre, de Séleucus Ier Nicator et des Ptolémée, surtout de Ptolémée Ier Soter et de son fils Ptolémée IT Philadelphe. Josèphe, Ant. jud., XI, vin, 5; XII, 11, 5; πι, 1. On en trouve jusqu’à trente mille au service d'Alexandre Ier Balas, roi de Syrie. I Mach., x, 36. Ces mercenaires juifs étaient très recherchés à cause de leur fidélité, et pour se les assurer on leur accordait, malgré les exigences du service, toutes les exemptions qui leur étaient nécessaires pour pratiquer leur religion et garder leurs observances rituelles, telles que le repos sabbatique. I Mach., x, 34 — Voir J.-A. Danz, De Ebræorum re militari dissertatio, in-4°, Iéna, 1690, et dans Ugolini, Thesaurus Antiquitatum sacrarum, t. XXVII, 60]. CCCLXVcccxcvi ; J. Lydius, Syntagma sacruwm de re militari, ibid., col. CxxXV-CCCLXIV ; J. Jahn, Biblische Archäologie, II Theil, t. 11, 1802, p. 379-59%; Dissertation sur la milice des Hébreux, dans la Bible de Vence,t. νι, Paris, 1828, p. 233-300; Frd. Keil, Handbuch der biblischen Archäologie, 2 édit., in-8°, Francfort-sur-le-Mein, 1875, p. 746-760. P. RENARD.
2. ARMÉES ÉTRANGÈRES dont il est parlé dans la Bible. — L'Écriture n’a pas seulement occasion de s'occuper de l'armée des Hébreux, mais aussi des armées des peuples étrangers avec lesquels Israël ἃ été en guerre, Assyriens, Chaldéens, EÉgypliens, Philistins, Romains, Syriens, pour ne rien dire des tribus ou peuplades voisines, telles que les Ammonites, les Amalécites, les Moabites, les Iduméens, sur lesquelles nous ne savons rien de bien particulier, ou qui n'avaient même aucune organisation militaire spéciale.
1. ARMÉE ASSYRIENNE. — Les Assyriens furent peutêtre, avant les Romains, le peuple le plus militaire de l'antiquité. Pendant la période de leur histoire que nous connaissons en détail par les inscriptions cunéiformes, nous les voyons sans cesse en guerre, faisant tous les ans quelque nouvelle campagne, étendant de plus en plus loin leur puissance, et poussant leurs conquêtes jusqu'en Égypte. Ils détruisirent le royaume d'Israël, et portèrent des coups terribles à celui de Juda, qui fut longtemps leur tributaire. Leurs soldats, hommes forts et solides, étaient braves et intrépides, endurcis à la fatigue, aguerris par des combats continuels. Ils étaient ordinairement com= mandés par le roi en personne. IV Reg., xv, 19, 29; VIT 35 XVIII, ὦ, 19; 1 Ῥαύη γον IN Par ΧΧΣ 41e Is, xxxvi, 1; Eccli., xzvir, 20. Le général en chef, oui remplaçait quelquefois le roi, portait le titre de tharthan. IV Reg., xvur, 17; Is., xx, 1, D'autres grands officiers
avaient le titre, les uns de rabsaris ou rabsarès (selon | l'orthographe diverse de la Vulgate), IV Reg., xvit, 17; Jer., xxxIX, 3, 13; les autres de rabsacès, IV Reg.,
mettre en déroute (fig. 2%8, col. 90%). Ces cavaliers et ces chars étaient particulièrement redoutés, comme nous le voyons dans Isaïe, v, 28, et Nahurn, 11, 3, 4, 19, CE. Jer.,
260. — Le roi d'Assyrie combattant avec l'arc sur son char de guerre. D'après Layard, Monuments of Nineveh, t. x, pl. 18.
xvint, 17; Is., xxx vI, 2, etc. (Voir ces mots). Le roi combattait sur un char (fig. 260); les soldats se battaient à pied
ou à cheval. Tandis que la cavalerie égyptienne se com- :
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IV, 29; Judith, xvr, 5. Mais la partie la plus considérable des forces assyriennes était naturellement constituée par les fantassins. Ils étaient ordinairement armés de l'arc
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261. — Assyriens montant à l'assaut d'une place forte. D'après Layard, Monuments of Nineveh, t. τι, pl. 31.
posait exclusivement de chariots, l'armée assyrienne avait, outre des chars (fig. 229, col. 905), IV Reg., xx, 33, de véritables cavaliers, montés sur de forts chevaux, cf. IV Reg., xvinr, 95; Ezech., xx, 6, 12, 23, qui poursuivaient l'ennemi avec vigueur et achevaient de le
(fig. 227, col. 904), IV Reg., xIx, 32, de même que les cavaliers. Judith, 11, 7: Is., v, 28; xx1, 15; xxxvII, 33, etc. (fig. 28, col. 904; fig. 229, col. 905). Ils se servaient aussi de la lance, Judith, 1x, 9; x1, 2 (fig. 35, col. 227;
| fig. 57, col. 303; fig. 158, col. 637; fig. 224, col. 902) et
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