Soldats romains. Colonne Trajane, à Rome
L'armée romaine est en Dacie, Au bas, à gauche, des soldats, dont l'un tient une lance avec son bouclier, conduisent des chevaux qu'on vient de débarquer. Au-dessus sont des gardes du corps, armés du bouclier ; ils se distinguent par la peau d'ours sur la tête et par les cercles de métal destinés à soutenir cette coiffure, Devant les gardes marche la cohorte auxiliaire germaine, vêtue seulement d’un pantalon, tenant le bouclier de la main gauche et la massue de la droite. Elle suit l'empereur Trajan, qui traverse
à cheval une forêt. Deux cavaliers, des cavaliers romains combattent contre les Daces.
étaient nommés. Les tribuns n'étaient pas pris parmi les | centurions, mais parmi les jeunes gens de famille sénatoriale ou équestre, qui inauguraient par cette charge leur carrière politique. Tous les tribuns portaient comme marque distinctive l'anneau d'or des chevaliers, et se divisaient en laticlavii (d'origine sénatoriale) et angusticlavii (d’origine équestre).
Les soixante centurions des légions étaient choisis au nom des consuls par les tribuns, et portaient pour insigne un cep de vigne, qui indiquait l'autorité dont ils étaient investis pour punir les soldats. Le premier poste parmi les centurions était celui de primipilus où commandant du premier manipule des triari. Les centurions n'étaient pas ordinairement promus à des grades supérieurs; mais, leur temps de service terminé, ils se retiraient dans la vie privée, et étaient quelquefois élevés à l'ordre équestre.
Du temps de Polybe, on recrutait ordinairement chaque année quatre légions, qui, unies à un contingent correspondant de socii, formaient deux armées consulaires. — Les seuls citoyens romains étaient appelés à servir dans | les légions. Pendant la durée de son service militaire, de | dix-sept à quarante-six ans, le soldat légionnaire était | obligé à seize ou tout au plus à vingt campagnes, et le soldat de cavalerie à dix seulement.
δὴ Les « socii ».— Aux légions s’adjoignaient les troupes des socii. Après la dissolution de la ligue latine, on doit entendre par socii les contingents des villes confédérées et des colonies latines. Celles-ci ne fournissaient
equites singulares de la garde, viennent lai annoncer l'approche de l'ennemi. A droite,
de parler. Mais quand les Romains commencèrent à faire la guerre hors de l'Italie, ils prirent dans les pays où ils combattirent d’autres troupes qui constituèrent une classe spéciale et distincte, appelée auæilia (troupes auxiliaires). Cf. I Mach., vu, 25. Le nombre de soldats qu’elle comprenait n’était pas fixé relativement aux légions, mais il variait selon les temps et les circonstances. Plus tard, dans la période postérieure, lorsque les socii, ayant reçu le droit de cité, formérent une partie intégrante de l’armée romaine, il n'y eut plus que deux classes de soldats, c'està-dire les romains et les auxiliaires.
d) Cohorte prétorienne. — Outre ces différents corps et en dehors des légions, il existait aussi une delecta manus imperaloris ou cohors prætoria. Elle fut diversement organisée selon les temps, mais elle constlitua toujours la garde d'élite du commandant en chef. A la fin de la république, chaque commandant avait sa cohorte prétorienne, composée d’infanterie et de cavalerie.
9o L'ARMÉE ROMAINE AUX PREMIERS TEMPS DE L'EMPIKE. — Avec la monarchie, l'armée romaine (fig. 271), qui n'avait été jusque-là que temporaire et composée de soldats levés seulement pour une campagne, se transforma en armée permanente, qui subsista même en temps de paix; elle jura fidélité au prince comme imperator, et elle fut ordinairement commandée dans les provinces par les legati Augusti pro prætore, et à Rome par les trois préfets du prétoire, de la cité et des vigiles. — Dans l'armée impériale réorganisée par Auguste, on doit distinguer six divi-
sions spéciales, savoir : «) les légions; b) les auxiliaires ; c) la garnison de Rome; d) la flotte; e) l'artillerie et le génie; 7) la milice municipale et provinciale,
a) Les légions impériales. — Le nombre des légions était devenu excessif pendant la guerre sociale, César le réduisit un peu, À sa mort, il y en avait plus de quarante, Après la bataille d'Actium, Octave en avait plus de cinquante; plusieurs d'entre elles furent transformées en colonies romaines. Après la mort d'Auguste, il restait seulement vingt-cinq légions, trois d’entre elles ayant été détruites dans le désastre de Varus. De nouvelles furent formées par Claude, Néron, Galba et Vespasien, et elles s'élevèrent ainsi au nombre de trente, qui pendant longtemps resta invariable, — Leurs noms furent quelquefois empruntés à des localités, comme Urbana, Sabina, Mutinensis; d'autres fois aux peuples contre lesquels elles avaient combattu, comme Seythica, Parthica, ou à une enseigne, comme fulminata. Quant aux noms impériaux, elles portèrent d’abord le nom du prince qui les avait formées, comme Flavia Ulpia; mais, depuis Caracalla, les légions prirent le nom de l’empereur régnant, comme Antoniana, Severiana, Alexandrina. — La légion, pendant l'empire, eut quatre turmæ de cavalerie, et fut placée sous le commandement d'un legatus legionis, personnage de rang sénatorial et ordinairement de la classe des prætorii. Le légat avait sous ses ordres non seulement la légion, mais aussi le détachement de troupes auxiliaires qui était joint à chaque légion. Au- dessous du légat étaient les tribuns militaires, Act., xxI, 31, etc., qui commandaient chacun une des dix cohortes dont se composait la légion depuis César, et les centurions, Matth., vin, Ὁ; xxvII, 54; Act., x, 1, 22; xxur, 26, etc. Chaque camp avait de plus son commandant spécial, appelé præfectus castrorum.
δὴ) Auwilia. — Tandis que, sous la république, on entendait par auæilia les troupes de soldats non romains, recrutées en partie dans les provinces et fournies en partie par les rois et les peuples alliés, on comprit sous ce nom, pendant l'époque impériale, tous les corps qui étaient dans les provinces, en dehors des légions, qu’ils fussent composés de citoyens romains ou étrangers. Dans cette catégorie, on doit distinguer les subdivisions suivantes : 1. vexilla veteranorum, ou la réunion de tous ceux qui avaient déjà achevé le temps régulier de leur service militaire; 2, cohortes italicæ civium romanorum voluntariorum, composées de ceux qui s’enrôlaient volontairement en Italie, cf. Act., x, 1, dans un but de lucre ou pour faire leur carrière militaire, lorsqu'on eut cessé de recruter les légions en Italie; 3. cohortes auiliariæ, formées dans les provinces et armées en partie selon l'usage romain, en partie selon l’usage des pays étrangers, d’où les noms de sagittarü « archers », de scutarii « portebouclier », de contarii «armés de la longue pique appelée contus », de catafracti « cavaliers pesamment armés », de fundilores « frondeurs »; 4. alæ equitum (corps de cavalerie), appelées quingenariæ où milliariæ selon qu'elles comptaient cinq cents ou mille chevaux. Voir AUXILIAIRE.
€) Garnison de Rome. — La partie principale de l’armée qui résidait dans les villes capitales se composait des cohortes prétoriennes, dont l’origine remontait à l’époque de la république. Elles constituaient primitivement la garde du commandant en chef au milieu du camp. Auguste rassembla à Rome trois des neuf cohortes prétoriennes, οἱ il détacha les six autres en divers lieux de l'Italie, La garnison de Rome se composait encore de divers autres éléments qu'il est inutile d'énumérer ici.
d) Flotte. — Auguste établit deux grandes flottes: l’une, pour la garde de la Méditerranée, au cap Misène (classis Misenatium); l'autre, pour la garde de l'Adriatique, près de Ravenne (classis Ravennatium). À ces deux flottes principales s’en joignirent quelques autres moins importantes, comme celle d'Alexandrie en Égypte (classis Alexandrina).
6) Poliorcétique, — Le corps des fabri, commandé
par un præfectus fabrum, avait la charge de faire manœuvrer les machines de guerre, balistes, catapultes, béliers, et de construire les fortifications, les terre-pleins (aggeres), de creuser les galeries souterraines (cuniculi), etc. Cf. Luc,, x1x, 43,
7) Milices provinciales et municipales. — Les provinces sénatoriales et aussi celles des provinces impériales qui n'avaient point de légions possédaient une milice provinciale, formée dans la province et divisée en cohortes. Elle était souvent insuffisante pour la défense de la province et même pour le maintien de l'ordre. Les milices municipales étaient destinées à les renforcer. L'existence de ces dernières est connue par l'importante inscription découverte à Osuna, en Espagne, en 1870, — Les troupes romaines de Judée, au temps de Notre-Seigneur, avaient leur quartier général à Césarée, Cf. Act., xxur, 93.
Bibliographie. — Juste Lipse, De militia romand libri V, in-4, Anvers, 1596; CI. de Saumaise, De re militari Romanorum, in-4, Leyde, 1657; 4. ἃ. Grævius, Thesaurus antiquitatum romanarum, t. x; Ἐς Haase, De mililarium scriptorum græcorum et latinorum omnium editione instituenda narratio, in-8°, Berlin, 1847; Fr. W, Rückert, Das rümische Kriegswesen, in-8, Berlin, 1850; CI. Lamarre, De la milice romaine, ἴῃ - 80, Paris, 1863 Br. Renard, Précis de l'histoire militaire de l'antiquité, in-80, Bruxelles, 1875; 1. de La Chauvelays, L'art militaire chez les Romains, in-8°, Paris, 1883 ; J. Marquardt, Handbuch der rümischen Alterthivmer, t. 11, Leipzig, 188%, traduction française par J. Brissaud, De l’organisation militaire chez les Romains, in-80, Paris, 1891; K. Kraner, L'armée romaine au temps de César, trad. Baldy et Larroumet, in-12, Paris, 1884 ; R. Cagnat, L'armée romaine au siège de Jérusalem, dans la Revue des études juives, t. xx, 1891, p. xxvi-Lvin ; J. B. Mispoulet, Des institutions politiques des Romains, 1. 11, in-8, Paris, 1883, p. 310-379 ; Bouché-Leclercq, Manuel des institutions romaines, in-80, Paris, 1885, p. 206-337; L. Fontaine, L'armée romaine, in-12, Paris, 1883. H. MarucCuHr.
VI. ARMÉE SYRIENNE DES SÉLEUCIDES. — Les Séleu cides, qui furent si longtemps en guerre avec les Juifs à l’époque des Machabées, les combattirent avec des ressources et des armes inconnues jusqu'à cette époque dans la terre de Chanaan. Ils avaient la science militaire des Grecs et des Macédoniens, docti ad prælium, 1 Mach., ιν, 7. Leur armée se composait d'éléments grecs et d’éléments indigènes. Cf. Corpus inscriptionum græcarum , 3137; Polybe, v, 79. La phalange en constituait la force principale. Elle était recrutée en partie parmi les Macédoniens, en partie parmi les citoyens des villes grecques d'Asie, Corpus inscript. gr., 3137, lig. 14. Ce corps était devenu plus mobile depuis Alexandre et était divisé en σπείραι équivalant à peu près aux cohortes romaines ; les oxeipa étaient subdivisées elles-mêmes en σημαίαι de quatorze hommes, Polyhe, v, 4. A ces troupes se joignaient des contingents indigènes levés en temps de guerre. Josèphe, Ant. jud., I, xir, 9. Les Séleucides empruntèrent de plus à l'Inde ses terribles éléphants, qui jetérent un si grand effroi parmi les Romains eux-mêmes, quand ils les virent dans l’armée de Pyrrhus. Tite Live, Supplem., x, 6-7, édit. Lemaire, t. ur, p. 267. Nous voyons un de ces éléphants sur une terre cuite de Myrina (fig. 272). Ils sont aussi représentés sur les monnaies des rois de Syrie (fig. 173, col. 689). Les livres des Machabées en parlent dans plusieurs passages. ! Mach., 1, 18; 111, 34; vi, 30-46; vint, 6; IL Mach., ΧΙ, 1; xx, 2, 15; χιν, 12. On les couvrait de cuirasses pour les garantir des traits ennemis, I Mach., vi, 43, et on les enivrait pour exciter leur fureur. I Mach., vi, 34. Les Séleucides avaient aussi des chariots redoutables, à cause des faux dont ils étaient armés. L'armée de Lysias, quand elle marcha contre Judas Machabée, en comptait trois cents, IT Mach., ΧΙ, 2. Les soldats syriens étaient divisés en différents corps, selon l'arme dont ils faisaient usage, Les phalangistes étaient
armés de la sarisse ou longue pique de vingt et un pieds et de l'épée. Les corps auxiliaires avaient des armes particulières, presque toujours celles de leur pays. Le premier livre des Machabées, 1x, 11, distingue expressément les archers et les frondeurs, qui étaient placés au premier rang dans le combat. Les cavaliers sont aussi souvent
ART En 272. — Éléphant broyant un Galate. Terre cuite de Myrina. Musée du Louvre.
Ce groupe a douze centimètres de haut sur autant de large. La tour et la housse avaient été peintes en rouge, les deux bossettes placées sur la tour en bleu. L’éléphant appartient à la race de l’Inde. Le soldat qu’il écrase est un Galate, reconnaïssable en particulier à ses armes. Cette figurine est peutêtre un souvenir de la victoire qu'Antiochus Soter remporta en 275 avant J.-C. sur les Galates, grâce aux seize éléphants qu'il avait dans son armée. Voir E. Pottier et 5. Reinach, Juuilles dans la nécropole de Myrina, dans le Bullelin de correspondance hellénique, t. 1x, 1885, p. 485 à 493.
mentionnés, ils étaient très nombreux et ils jouaient un rôle important dans les batailles. I Mach., 1, 48; τι, 39; ιν, 1, 28, 31, etc. Ils commençaient l'attaque et soutenaient les fantassins, 1 Mach., 1v, 7; vi, 38; ils étaient chargés en particulier de protéger les éléphants, quand ces animaux faisaient leur charge. 1 Mach., vi, 35. La cavalerie était placée avec les corps auxiliaires sur les flancs; la phalange au centre. Tous les soldats des rois de Syrie étaient d’ailleurs bien fournis de ces nombreuses armes défensives qu'avait imaginées ou perfectionnées l'esprit inventif des Grecs. Cf. 11 Mach., v, 9. L'auteur du premier livre des Machabées, 1v, 6-7, signale le contraste entre les trois mille hommes de Juda, « qui n'avaient ni armure ni épée, » et les soldats ennemis, « établis solidement dans leur camp, couverts de leurs cuirasses et entourés de cavaliers. » Cf. I Mach., vi, 35. Plus loin, 1 Mach., vi, 35, 39, il admire leurs casques de bronze et « leurs boucliers d’or et d'airain, qui resplendissent sur les montagnes et brillent comme des flambeaux éclatants ». Certains corps étaient en effet armés de boucliers d'argent, on les appelait ἀργυράσπιδες, Tite Live, xxxvnr, 40; Polybe, v, 79; d'autres avaient des boucliers d’airain, χαλκάσπιδες, Polybe, 11, 66. Pour les sièges, les Syriens avaient un grand nombre de machines, anciennes et nouvelles, qui lançaient des traits enflammés, des flèches et des pierres. I Mach., vi, 51. Les auteurs des livres des Machabées parlent aussi des vaisseaux des rois d’Antioche. I Mach., 1, 18; xv, 3, 14, 37-38; II Mach. ιν, 20; x1v, 1. — Voir Rüstow et Kôchly, Geschichte der griechischen Kriegswesens, in-8, Argovie, 1852; G. Busolt
et Bauer, dans Iwan Müller's Handbuch der classischen Alterthums Wissenschaft, t. αν, τὸ part., Nordlingue, 4887, p. 318-329; G. Gilbert, Handbuch der griechischen Slaatsalterthümer, 2 in-8, Leipzig, 1881-1885, H. Droysen, Heerwesen und Kriegführung der Griechen, dans K. F. Hermann's Lehrbuch der griechischen Antiquitäten, t. 11, 2 part., in-8°, Fribourg-en-Brisgau, 4889. F. VIGOUROUX.
ARMÉNIE. I. Now. — L'Arménie est appelée, dans la Bible, de différents noms, quelques-uns désignant l'ensemble du pays, d'autres ne s'appliquant qu’à l’une ou l’autre province.
10 NOMS DÉSIGNANT L'ENSEMBLE DU PAYS. — L'appellation Arménie ou son équivalent terre des Arméniens ne se rencontre que dans deux passages de la Vulgate : Gen., vit, 4et IV Reg., xix, 37. Aïlleurs l'Arménie est désignée par le mot Ararat. Is., xxxvII, 38, et Jer., LI, 27; Tob., 1, 21 (texte grec). — Dans ces différents passages, le texte hébreu porte ’Arérät. Les Septante ont ᾿Αραράτ, Gen., vin, 4; IV Reg., χιχ, 37; εἰς ᾿Αρμενίαν, Is., ΧΧΧΥΙΙ, 38, et, faute manifeste de copiste, ἄρατε, Jer., XXWI (hébreu : μι, 27). Voir aussi Tobie, 1, 21. Aquila, Symmaque et Théodotion, comme la Vulgate, ont Armenia dans les deux premiers passages. Théodoret emploie aussi *Apyevix pour le passage que les Septante ont si mal lu. La version syriaque et l'arabe ont tantôt Qardu, c'est-à-dire Gordyène (Syriaque: Gen., var, 4, et Is., xxXvI1, 38; Arabe : Gen., VIN, 4), tantôt Ararat (Syriaque : IV Reg., xx, 37; Jer., LI, 27 ; Arabe : IV Reg., xix, 37) et tantôt Arménie. Arabe : Is., xxxvI1, 38. Les deux noms Arménie et Ararat ont donc été employés à une certaine époque pour désigner, dans son ensemble, un seul et même pays; nous allons les étudier au point de vue de leur histoire et de leur étymologie. Pour ce qui est de Qardu, ce terme ne désignait que les montagnes du Kurdistan, et non celles d'Arménie.
ΑἹ Arménie. — Ce mot ne se rencontre jamais dans les inscriptions cunéiformes d’Assyrie ni dans celles d’Arménie. Les auteurs arméniens n'emploient pas davantage cette appellation pour désigner leur pays, qu'ils nomment Haïk. Le document le plus ancien où nous trouvions le mot Arménie est l'inscription colossale de Darius à Béhistoun. Ce monument exécuté, suivant sir H. Rawlinson, en 516, contient plusieurs fois le mot A-r-m-i-n-a. Hérodote, ΠΙ, 93, emploie aussi le mot ᾿Αρμενία, et, après lui, tous les historiens et géographes classiques s’en sont servis à l'exclusion de tout autre. C’est de là qu'il a passé dans les versions de la Bible. Strabon, x1, 14, et, après lui, Justin, xLI1, 2, font dériver Arménie d’’Aguevos, Thessalien qui faisait partie de l'expédition des Argonautes. Moïse de Khorène, Hist., 1, 12, dit que c'est du roi Aram, fils d'Harma, et sixième descendant de Haïg, que les Grecs appellent son pays Armen; les Perses et les Syriens, Arméni. Suivant Bochart, PAaleg., 1, 3, l'étymologie la plus probable serait har-Minni (mont de Minni), que le Targum de Jonathan porte, Jer., LI, 27, là où le texte original a simplement Minni. Calmet, Dictionnaire de la Bible, au mot Menni, suggère Aram et Minni, c'est-àdire le Syrien de Minni. D'autres, assez nombreux, croient que l'Arménie est ainsi appelée à cause de sa grande élévation, dram, en hébreu, n'étant qu'une variante de la racine räm, être élevé. Cf. Rosenmüller, Handbuch der biblischen Alterthumskunde, t. 1, p. 267. — L'étymologie qui croyait retrouver l'élément Arya dans le nom de l'Arménie (Saint-Martin, Mémoires sur l'Arménie, t. 1, p. 269; Spiegel, Beiträge zur vergl. Sprachforschung, ἴ. τ, p. 131, etc.) est aujourd'hui reconnue par les meilleures autorités comme à tout le moins douteuse, Fr. Lenormant la tient pour radicalement fausse (Les origines de l’histoire, t. 11, p. 378). Max Müller, La science du langage, 1re série, traduction française, p. 260, est du même avis. Moins probable encore est l'opinion de Wahl, Asien, p. 807, Anmerk. 11, cité par Rosenmüller, Handb. der biblisch. Alterth., τ. τ, p.267,