‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 470 sur 474 · Assurbanipal. Rusas. » Sarduris III · texte numérisé non relu

Assurbanipal. Rusas. » Sarduris III

Les deux rois d'Urartu les plus célèbres sont Ménuas et son fils Argischtis Ier, Celui-ci porta à son apogée la gloire militaire de son pays; c'était à une des périodes d'abaissement de l'Assyrie. Sarduris II ne fut pas moins heureux que son père, pendant les premières années de son règne; mais l'Assyrie s'étant relevée plus forte que jamais avec Sargon, le roi d'Urartu vit rapidement décli-

ARMÉNIE

ner sa fortune. Son successeur Ursa, homme aussi diplomate que belliqueux, lutta héroïquement, mais en vain. L'Urartu ne fut pas moins maltraité que le royaume d'Israél, qui avait succombé quelques années auparavant sous les coups du conquérant assyrien., Ursa préféra se donner la mort que de tomber aux mains du vainqueur. Néanmoins, grâce à ses montagnes presque inaccessibles et à son éloignement, l'Urartu se releva insensiblement et vécut en assez bons termes avec sa puissante voisine, jusqu'au jour où la fortune de celle-ci commençant à décliner, les Mèdes, entrainant les Urartiens à leur suite, allérent se joindre aux Chaldéens pour renverser définitivement le colosse ninivite, qui les avait tous opprimés pendant si longtemps.

Les Urartiens adoraient le dieu Khaldis, leur dieu national, et d'autres dieux, dont quelques-uns, quarantesix environ, ont chacun leur nom, tandis que d'autres sont désignés par le titre d'enfants de Khaldis. Khaldis est généralement associé aux dieux de l'Air et du Soleil (Teisbas et Ardinis, suivant M. Sayce). Cette triade suprème semble empruntée du Panthéon assyrien ; suivant M. Sayce, les Urartiens avaient aussi pris des Assyriens le culte de la déesse Istar, la seule divinité féminine de leur Panthéon. D'ailleurs il est démontré que le syllabaire vannique est d'origine assyrienne : il fut introduit par Sarduris Ier, et même les deux inscriptions que nous avons de ce roi sont rédigées en langue assyrienne. — La langue employée par les successeurs de ce roi n’a rien de sémitique ni d'aryen. Fr.-Lenormant a été le premier à montrer qu'elle é‘ait étroitement apparentée au géorgien, et cette découverte a été confirmée par les études des savants qui se sont occupés après lui de la langue des anciens Arméniens. — Les arts industriels de l'Urartu, tels que nous les connaissons d’après les objets de bronze ou autres, trouvés dans les fouilles de Toprak-Kaléh, près de Van, sont également empruntés des Assyriens.

Le quatrième livre des Rois et celui d'Isaïe, XXXVI1, 38, nous disent qu'Adramélek et Sarasar, après avoir assassiné leur père Sennachérib, s’enfuirent en Ararat. D'après Moïse de Khorène, qui s'appuie sur le témoignage de Mar Apas Catina (Moïse de Khorène, 1, 32, dans la Collection des historiens anciens et modernes de l'Arménie, par Langlois), Sarasar ou Sannasar se serait établi dans la montagne de Sim, entre le Murad-Sou et le Tigre occidental. Adramélek ou Atramélek, appelé aussi Arkamozan, aurait eu en partage les montagnes au sud du lac de Van. C'est de ce dernier que descendraient les deux grandes familles des Ardzrouniens et des Kenouniens. La famille des Ardzrouniens acquit une influence considérable en Arménie, à l’époque des invasions arabes, et fonda un royaume qui eut Van pour capitale (908-1080. Un de ses rois les plus fameux, Sennachérib (1003-1021), fonda le fameux monastère dit maintenant « les sept églises », dans la montagne de Varak, à l’est, et près du lac de Van. Cf. Moïse de Khorène, Histoire d'Arménie, passim, dans la Collection de V. Langlois, et aussi Dulaurier, Historiens arméniens [dans les Historiens des Croisades], Curonologie arménienne, etc. — Le souverain d'Arménie qui accueillit si bien les deux parricides est probablement l'Argischtis ΠῚ des inscriptions vanniques. Moïse de Khorène, 1, ch. xxI1, le nomme Sgaiïorti.

B) Race aryenne.— Cette race est désignée dans la table ethnographique de la Genèse, x, 3, par l’ethnique Thogormah, troisième fils de Gomer. D'après Fr. Lenormant, les fils de Gomer, après avoir erré dans les grandes plaines au nord du Caucase et du Pont-Euxin (plaines où ils habitaient probablement encore au temps de la rédaction de la table ethnographique), continuèrent, en descendant sur le bassin inférieur du Danube, la migration qu'ils avaient commencée sur les hauts plateaux de l'Asie centrale. De lä ils passèrent en Thrace; puis, franchissant l'Hellespont et le Bosphore, ils pénétrèrent dans l'Asie Mineure. Les uns (Ascenez) s'établirent dans la partie occidentale,

et plus spécialement dans la Phrygie; les autres (Riphath) s'arrêtérent en Paphlagonie; les derniers enfin, la race de Thogormah, poussèrent plus à l'orient encore, et commencèrent à envahir l'Arménie. C'était environ au vie ou ὙΠῸ siècle avant J.-C, Cet envahissement de l'Arménie par les nouveaux venus se fit lentement. Ils occupérent d'abord la partie occidentale, le Thogormah d' Ézéchiel, sans toucher aux royaumes d'Urarfu ou Ararat et de Man ou Minni, où habitaient encore les Urarfiens ou Alarodiens. Ce n'est guère, dit Fr. Lenormant, Histoire, L. 1, p. 204%, qu'à la fin du vrre siècle ou au commencement du vie que les Arméniens proprement dits, les fils de Thogormah, « firent la conquête de ces contrées, où plus tard une infiltration lente de nouveaux éléments ethniques, sous la domination perse, en fit un peuple entièrement iranien de langue et même de type physique, comme le sont les Arméniens modernes, »

Le défaut de documents authentiques ne nous permet pas de préciser l'époque à laquelle la race aryenne arriva au gouvernement du pays; ce ne fut probablement pas avant la chute de Ninive; tandis que le Tigrane Ier de Moïse de Khorène, dont les récits, à dater de ce roi, ont quelque vraisemblance, semble avoir appartenu aux nouveaux venus. Quoi qu'il en soit, on ne saurait douter que les premiers rois de la nouvelle race, comme les derniers de l’ancienne, n'aient été sous la dépendance directe des Mèdes et des Perses. Ils n'y échappèrent que pour passer sous la domination d'Alexandre le Grand (328) et des Séleucides, ses successeurs. L'Arménie fut alors administrée par des gouverneurs indigènes nommés par le suzerain. Le dernier de ces gouverneurs, Ardavatz, fut chassé par Arsace le Grand ou Mithridate, qui établit son frère Valarce roi d'Arménie (149). C'est ainsi que commença la dynastie arménienne des Arsacides, qui se maintint tant bien que mal jusqu'en 428 après J.-C., époque où elle tomba sous les coups des Sassanides.

On a prétendu que les Hébreux avaient connu l'Arménie par les Phéniciens (Lenormant, Origines, 11, 408), et que les textes bibliques montrent clairement la progression dans la connaissance de l'Arménie chez les auteurs sacrés. Personne ne voudrait nier le premier point, pourvu que les autres sources d’information ne soient pas exclues. Quant au second point, on peut concéder que la connaissance de l'Arménie a dù progresser, chez les Hébreux, comme loule autre connaissance ; mais les textes bibliques ne le montrent pas. Le rédacteur de la table ethnographique ne pouvait connaître le Thogormah d'Ézéchiel, puisque cetle race n'avait pas encore achevé sa migration; mais cela ne prouve nullement que Moïse n’en savait pas autant, sur l'Arménie de son temps, qu Ézéchiel sur l'Arménie du sien.

Voir, pour la géographie : Tournefort, Relation d'un voyage du Levant, 2 in-%, Paris, 1717; Morier, Voyage en Perse, en Arménie, traduit de l'anglais, 2 in-80, Paris, 1813; Kinneir, Voyage dans l'Asie Mineure, l'Arménie, trad. de l'anglais, 2 in-80, Paris, 1818; Saint- Martin, Mémoires historiques et géographiques sur l'Ar-

. ménie, 2 in-80, Paris, 1819; Jaubert, Voyage en Arménie et en Perse, in-8°, Paris (sans date) ; Indjidjian, Descriplion géographique de l'Arménie ancienne, in-%, Venise, 1832; Smith et Dwight, Missionary researches in Armenia, in-8°, Londres, 1834; Boré, L'Arménie, in-8v, Paris, 1838 ; Southgate, Narrative of α tour {οὐ} Armenia, 2 in-80, Londres, 1840 ; Fraser, Travels in Koordistan , Mesopotanriia, 2 in-8°, Londres, 1840; Chesney, The expedilion for the Survey of the rivers Euphrates and Tigris, 2in-8, Londres, 1850 ; Ainsworth, Travels and Besearches in Asia Minor, Mesopotamia, Chaldæa and Armenia, 2 in-12, Londres, 1842; Texier, Description de l'Arménie, 2 in-fo, Paris, 184 (2; Deyrolle, Voyage dans le Lazistan et l'Arménie, dans le Tour du monde, 1, ΧΧΙΧ, ΧΧΧ et xxx1; Schweiger-Lerchenfeld, Armenien, in-80, Jéna, 1878; Alishan, Description de la province

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