ARMÉNIE — ARMÉNIENNE (VERSION) DE LA BIBLE
d'Ararat (en arménien), in-4°, Venise (récent) ; P. Müller- Simonis et Henri Hyvernat, Du Caucase au golfe Persique à travers l'Arménie, in-49, Paris, 1892, — Pour l'histoire et les antiquités : Fr. Lenormant, Histoire ancienne de l'Orient, 6 in-8, Paris, 1881-1888, t. 1v, ), 241 et suiv. ; Tiele, Babylonisch-assyrische Geschichte, in-8°, Gotha, 1886; Schulz, Inscriptions cunéiformes copiées à Van et dans les environs, dans le Journal asiatique, 115 série, {, 1x, 1840; Hincks, On the Inscriptions of Van, dans le Journal of the Royal Asiatic Society, t. IX; Fr. Lenormant, Sur l'ethnographie et l'histoire de l'Arménie, dans les Lettres assyriologiques, t. 1, p. 117 et suiv.; Mordtmann, Entzifferung und Erklürung der armerischen Keilinschriften von Van, dans la Zeitschrift der deutschen morgenländischen Gesellschaft, t. XXXI et ΧΧΧΙ ; Sayce, The Cuneiform inscriptions of Van, dans le Journal of the Royal Asiatie Society, τ. XIV et xx (contient une bibliographie complète des inscriptions de Van) ; Tehamitchian, Histoire d'Arménie, 3 in-%, Venise, 1784-1786 (en arménien); Avdall, History of Armenia, 2 in-8, Calcutta, 1827 (traduction abrégée du précédent); Indjidjian, Antiquités arméniennes, 3 in-%, Venise, 1835 (traduit par Cappelletti en italien, 3 vol., Turin, 184); Cappelletti, L'Armenia, in-8°, Florence, 18#1 ; Hamilton, Researches in Asia Minor, Pontus and Armenia, 2 in-8°, Londres, 1842; Brosset, Voyage archéologique dans la Géorgie et l'Arménie, in-8°, avec atlas, Saint-Pétersbourg, 1851 ; Victor Langlois, Collection des historiens anciens et modernes de l'Arménie, 2 in-8, Paris, 1809. H. HYVERNAT.
ARMÉNIENNE (VERSION) DE LA BIBLE. Nous traiterons : I. de l'histoire de la version arménienne; IT. des principales éditions; IL. de la nature et de l'importance de la version arménienne.
I. Histoire de la version arménienne. — Dès que Mesrob eut fixé l'alphabet arménien (406 après J.-C.), i entreprit, sous la direction du patriarche Isaac, et avec l'aide de ses principaux disciples, Jean d'Eguéghiatz et Joseph de Baghin, une traduction « des vingt-deux livres canoniques del ‘Ancien Testament, et du Nouveau Testament ». Ce travail était terminé en 411. Voyez Gorioun, Biographie de Mesrob, dans Langlois, Collection des historiens anciens et modernes de l'Arménie, 2 ἴῃ - ἀρ, Paris, 1869, τι 11, p. 10; F. Nève, L’Arménie chrétienne et sa liltérature, in-8°, Paris, 1886, p. 15, 22, Cf. Moise de Khorène, 111, 53. Cette première version fut faite par saint Isaac sur la version syriaque, dit l'historien Moïse, I, 54, parce qu'on ne possédait pas le texte grec, et parce que, de plus, la langue syriaque avait élé, pour différentes raisons, la langue liturgique dans certaines contrées de l'Arménie, jusqu'à l'invention de l'alphabet arménien par Mesrob. Voir Gorioun, Biographie de Mesrob, p. 11; Lazare de Pharbe, Histoire, x, dans Langlois, Collection, t. 11, p. 226. Cf. Saint-Martin, Mémoires historiques et géographiques sur l'Arménie, 2 in-8, Paris, 1819, &. 1, p. 11; Tchamitchian, History of Armenia translated by Avdall, 2 in-8°, Calcutta, 1827, t.1, p. 239; R. Simon, Histoire crilique des versions du Nouveau Testament, chap. xvir, in-#°, Rotterdam, 1690, p. 196. Ce premier travail, fait à la hâte, sur des exemplaires quelconques, laissait sans doute beaucoup à désirer; car, quelques années plus tard, Isaac et Mesrob envoyérent à Édesse Joseph de Baghin avec un autre de leurs disciples, Eznik, «afin qu'ils traduisissent en arménien.les Saintes Écritures sur le texte syriaque. » Gorioun, Biographie de Mesrob, p. 11-12. D'EÉdesse les deux jeunes gens se rendirent à Byzance, où ils furent rejoints par d'autres disciples de Mesrob, parmi lesquels se trouvait Gorioun, l'auteur de la Biographie de Mesrob. Ils passérent plusieurs années à Byzance, et ils s'y trouvaient encore à l'époque du concile d'Éphèse (431), Leurs travaux terminés, ils reprirent le chemin de l'Arménie,
emportant dans leur bagage littéraire les actes du concile | Psaumes (Venise, 1587; Lemberg, 1616; Venise, 1642; 7
et « des copies authentiques des Saintes Ecritures ». Gorioun, ibid. Isaac et Mesrob cherchèrent immédiatement à mettre ces dernières à profit pour faire remanier l'ancienne version faite sur le syriaque, en la confrontant exactement avec « les copies authentiques qu'on leur avait apportées ». Gorioun, ibid, Mais les traducteurs qui travaillaient sous leurs ordres n'avaient pas une connaissance suffisante de la langue grecque, et leur travail fut jugé par trop imparfait. On envoya donc d'autres jeunes gens étudier le grec à Alexandrie, Moïse de Khorène était du nombre de ceux-ci (Moïse de Khorène, 11, 61). Ils rapportèrent sans doute d'Égypte d'autres exemplaires grecs de la Bible, dont ils se servirent pour perfectionner le travail de leurs prédécesseurs, en traduisant fidélement sur le texte des Septante, d'après les Hexaples d'Origène ; car les mêmes signes et astérisques se trouvent dans les anciens manuscrits arméniens de Ja Bible. Cf. P. Zohrab, Bible arménienne, # in-8°, Venise, 1805, introd., p. 6, 7. Voyez Gorioun, Biographie de Mesrob, p.11 et12; Moïse de Khorène, π|, 61; Tchamitchian, History of Armenia, t. 1, p. 239. Langlois, Collection, t. 11, p. 168, note, dit que cette version fut officiellement adoptée par les Pères du concile d'Aschdischad, en 434. Si le fait et la date sont exacts, l'approbation des Péres ne pouvait guère se rapporter qu'à la première rédaction de la version faite sur le grec. Voir P. Donat-Vernier, Histoire du patriarcat arménien catholique, in-8, Paris, 1891, p. 128-129.
Quelques auteurs, s'appuyant sur un passage de Bar- Hébrœus, ont avancé que la version arménienne avait été retouchée sur la Peschito. Mais l'opinion de Bar-Hébræus est une pure conjecture, qne ne confirme aucun document arménien ou syriaque. Pour les paroles de Bar- Hébræus, voir Walton, Prolegomena, xt, 16; Wiseman, Horæ syriacæ, p. 142. Cf. Rhode, Gregor Bar Hebræi scholia in Ps. v et xvz11, p. 74; Bredenkamp, Ueber diearmenische Uebersetzung des A lten Testaments, dans Eichhorn, Allgemeine Bibliothek, t. 1v, p. 634 et suiv, On ἃ aussi prétendu que la version arménienne avait été retouchée sur la Vulgate par le roi Haiton 11, à la fin du x siècle. La Croze, Thesaurus epistolicus, 111, 3 et suiv., 69; Michaelis, Introduction to the New Testament, édit, Marsh, 1893, τὶ 11, p. 103. C’est là une affirmation qui n'est rien moins que fondée. Voyez Alter, Philologischkritische Miscell., Vienne, p. 140 et suiv.; Holmes, Præfatio in edit. LXX, cap. 1v. L'histoire politique (Tchamitchian, History of Armenia, t. 11, p. 263 et suiv.) et l'histoire littéraire (Somal, Quadro della storia litterariæ di Armenia, in-8", Venise, 1829, p. 126) ignorent ce remaniement de la version arménienne. L'une et l’autre se contentent de dire que Haïton avait fait de la Bible son compagnon favori: qu'il s'en était fait faire une très belle copie, et que, ayant abdiqué la royauté, il se retira dans un couvent, où il revêtit, par esprit d'humilité, l'habit des franciscains. Il n'en a pas fallu davantage à certains esprits pour l'accuser d'avoir « corrompu » la version arménienne. D'ailleurs, parmi les nombreux manuscrits que l'on connaît, aucun ne justifie celte accusation.
II, Principales éditions. — En 1563, Séfer Abgar, d'une noble famille arménienne et secrétaire du patriarche Michel, fut envoyé comme ambassadeur à Rome par celuici, pour traiter des affaires ecclésiastiques de son pays avec le pape Pie IV. Il profita de son séjour à Rome pour faire graver et fondre les premiers caractères arméniens. Il se transporta ensuite à Venise, et c'est là, et non pas à Rome, comme on le dit généralement, qu'il publia le Psautier, 1565. Cette édition princeps de la littérature arménienne est enrichie de gravures. Quant à l'édition de 1515, dont parle Kaulen, Einleitung in die heilige Schrift, 8 174, p. 143, d'après Scholz, sans doute, Einleitung in die heilige Schrift, p. 500, elle n’a jamais existé. Pendant les cent années qui suivirent l'édition de 1565, rien ne parut de ἰὰ Bible, sinon quelques autres éditions des