ARMÉNIENNE (VERSION) DE LA BIBLE
la version de la Bible en arménien sont traitées in extenso. — Les sociétés bibliques protestantes ont également publié un certain nombre d'éditions de la Bible, ou de parties de la Bible, en langue littéraire. Voici les principales : 1. Bible complète, Saint-Pétersbourg, 1814 (Société biblique de Russie); 2. Ancien Testament et Nouveau Testament, séparément, Saint-Pétersbourg, 1817 (même société) : ces deux éditions ont été surveillées par Jean, archevêque arménien d'Astrakhan ; 3. toutela Bible, Calcutta, 1817 (par les soins d'Heber, archevêque anglican de Calcutta) ; 4. Nouveau Testament complet et Évangiles seulement, Constantinople, 1893 (British and Foreign Bible Society); 5. Nouveau Testament, Smyrne, 1838 (American Bible Society).
Enfin, pour compléter cet article, nous mentionnerons quelques-unes des éditions qui ont été publiées, principalement par les sociétés protestantes, ou à leurs frais, dans les deux dialectes modernes de Constantinople et d'Ararat. Plusieurs de ces éditions ont la langue littéraire en regard du dialecte vulgaire. 1. La Bible complète, Moscou, 1835, éditée par Dittrich, de la Société des missionnaires de Basle, à Schouscha; publiée par la British and Foreign Bible Sociely (dialecte d'Ararat); 2. le Psautier, 1844, publié par la Société des missionnaires de Basle (langue littéraire et dialecte d'Ararat); 3. Nouveau Testament, préparé à Constantinople, 1860, par la British and Foreign Bible Society (langue littéraire et dialecte d'Ararat); 4 Nouveau Testament, édité par le P, Zohrab, revisé par Saint-Martin, Paris, 1825, publié par la British and Foreign Bible Society (langue littéraire et dialecte de Constantinople) ; 5. Nouveau Testament, revisé par Adger, Smyrne, 1842, publié par les soins de l'American Bible Society, aux frais de la British and Foreign Bible Society (dialecte de Constantinople ); 6. Ancien et Nouveau Testaments, séparés, Constantinople, 1857, par les soins de l'American Bible Sociely, aux frais de la British and Foreign Bible Society (dialecte de Constantinople). — (Le P. Élie Toomadjan, méchitariste de Venise (1777-1848), a traduit la Bible arménienne en latin, mais son travail reste manuscrit.)
III, Nature et importance de la version arménienne. — La version arménienne suit de très près le texte grec reçu, pour l'Ancien comme pour le Nouveau Testament. Elle n'appartient à aucune recension connue, ce qui s'explique peut-être par le fait mentionné plus haut, que quelques-uns des manuscrits grecs dont se servirent les traducteurs venaient de Constantinople ou d'Éphèse, tandis que d'autres venaient d'Alexandrie, Bertholdt, Einleibung, t. 11, p. 560, croit que les premiers appartenaient à la recension de Lucien, et les derniers à celle d'Hésychius. D'ailleurs la version arménienne est assez peu connue. La plupart des savants qui se sont occupés de la critique du texte grec de la Bible ne savaient pas l'arménien. Ils ont dû travailler sur des variantes en nombre insuffisant, qu'ils tenaient des arménisants, et, pour comble de malheur, ces variantes ont souvent été tirées de l'édition fort peu critique d'Uscan. Trégelles fut plus heureux. M. Charles Rieu, chef du département des manuscrits orientaux au British Museum, collationna pour lui le texte du Nouveau Testament des éditions d'Uscan et de Zohrab, et traduisit aussi toutes les variantes que le savant méchitariste avait réunies. Le travail de M. Rieu a été publié dans le Greek New Testament, de Trégelles. Voir Scrivener, À plain introduction to the criticism of the New Testament, 3 édit., Cambridge, 1883, p. 408. Kaulen a donné, dans son Einleitung in die heilige Schrift, un certain nombre de passages de la version arménienne (Ancien et Nouveau Testaments), qui montrent : 1° que cette version suit le grec fidélement, quoique non servilement, ibid., $ 176, p. 1%#; 2° que celte version concorde avec les textes reçus non seulement au point de vue du dogme , mais encore au point de vue de la critique, substantiellement au moins, ἰδία, $ 177, p. 145.
Bibliographie. — Parmi les ouvrages cités dans le cours de cet article, on devra consulter plus spécialement : Joh. Joach. Schræder, Thesaurus linguæ armenicæ antiquæ et hodiernæ, in-4°, Amsterdam, 171 ; Lelong, Bibliotheca sacra, édit. de Masch, 5 in-#, Halle, 1778-1790 ; Sukias Somal, Quadro della storia letteraria d'Armenia, in-80, Venise, 1829: Neumann, Versuch einer Geschichte des armenischen Eiteratur, nach den Werken der Mechitaristen frei bearbeitet, in-8, Leipzig, 1836; P. Karekin, Bibliographie arménienne : historique et cataloque des livres ar.néniens imprimés du ΧΡ siècle jusqu'à nos jours, avec extraits des préfaces (en arménien moderne), in-8e, Venise, 1883; du même auteur, Catalogue des anciennes traductions arméniennes {τν 5 - Χ11Π15 siècle), in-8%, Venise, 1889 (en arménien moderne). On trouvera d'intéressantes notices sur les éditions complètes de 1666, 1705 et 1733, dans Clément, Bibliothèque curieuse, t. nr, p. 428 et suiv. H. HYVERNAT.
ARMON (hébreu : Haharmônäh, avec l'article; Septante : Ῥομμάν ou Ῥεμμάν), lieu d'exil où devaient être transportés les Israélites. Amos, 1V, 3. C'est un nom qu'on ne lit qu'une fois dans la Bible et qui est une énigme pour les interprètes. Les moyens que fournissent la critique textuelle et l'exégèse n'ont pu jusqu'ici en donner une explication satisfaisante. Voici les renseignements que nous pouvons tirer des manuscrits, des LÉROAE: des interprètes et du contexte.
Au point 5 vue des variantes, on us ἐπ seize
vav porte nine dans trois: 521071, ΠΣ ἀν AR avec heth et vav por te cholem ; dans un: 522 55, hahar Monah, en deux mots; enfin, dans un autre : 212277, ha‘armünah, avec ain. Cf. B. Kennicott, Vetus Testamentum hebraicum cum variis lectionibus, Oxford, 1776- 1780, τ. 11, p. 264; J.-B. de Rossi, Scholia critica in V.T. libros, Parme, 1798, p. 85-86.
Les versions anciennes, suivant plus où moins l’une ou l'autre de ces leçons, ont toutes vu ici un nom composé, dont la première partie est 55, Adhär, « la montagne; » Symmaque seul fait exception. Les Septante semblent avoir lu j29 55, kähär Riümmaän, puisqu'ils traduisent :
int,
εἰς τὸ ὅρος τὸ Ῥομμάν ou Ῥεμμάν, « vers la montagne de Remman. » Aquila donne : εἰς ᾽᾿Αρμανα ὄρος, « vers le mont Armana; » Théodotion : εἰς ὑψηλὸν ὄρος, « vers une montagne élevée; » et la cinquième version : [εἰς ὄρος] Μονά, « [vers la montagne] de Mona. » Pour ces deux dernières, nous suivons les Hexaples d'Origène, d’après l'édition de Montfaucon, Paris, 1713, t. 11, p. 356; car saint Jérôme, dans son Commentaire sur Amos, t. xxv. col. 1024, attribue à Théodotion la traduction de la cinquième version et vice versa. Symmaque donne simplement : εἰς "Epunviay ou ᾿Αρμενίαν, « vers l'Arménie.» C’est également cette province que désignent la paraphrase chaldaïque et la version syriaque, qui “traduisent toutes deux : »2277 52, türé
harmëni, « les montagnes d'Arménie. » Saint Jérôme, dans la Vulgate, se rapproche d'Aquila en mettant Armon. En résumé, les versions anciennes, à l'exception d’une seule, voient dans Haharmônah un nom propre, soit celui de l'Arménie, soit celui d'une montagne particulière.
Parmi les interprètes anciens et modernes, les uns, de l'école juive surtout, reconnaissent ici un nom commun; les autres, et c'est le plus grand nombre, y trouvent un nom ἈΓΒΡΘΏΓΕΙ — Raschi prétend Ἐπ faut demander l'ex-
nah, ou K1277, harmaända', usité aussi du Talmud ,*
et qui signifie « pouvoir royal ». Le sens de la phrase serait alors: Et abjicietis auctoritatem seu potestatem regiam, c'est-à-dire « vous perdrez ce faste, celte arrogance, cette autorité dont vous vous prévalez aujourd'hui». Cf. Rosenmüller, Scholia in V. T., Prophetæ minores,