‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 82 sur 474 · ACHITOPHEL · texte numérisé non relu

ACHITOPHEL

raioth et seulement petit-fils de Sadoc. Les critiques de l'école rationaliste prétendent, il est vrai, que c'est par suite d’une erreur que le nom de Méraioth a été introduit dans ces passages, et ils soutiennent qu'Achitob était véritablement le père de Sadoc; mais leur opinion ne s'appuie sur aucune raison sérieuse. Les tables généalogiques des familles sacerdotales existaient certainement à l'époque d'Esdras et de Néhémie, et l'auteur des Paralipoménes et du second livre d'Esdras ne les ont pas altérées volontairement en les reproduisant. Il a pu arriver sans doute que dans les nombreuses transcriptions des listes de noms propres, faites par les copistes de la Bible, quelque nom ait été inséré çà et là par erreur, comme un nom ἃ pu être omis dans d’autres cas; cependant rien ne montre qu'il en soit ainsi dans la généalogie de Sadoc : son père Méraioth n'a pas été nommé partout, parce qu'il était moins connu, cf. un exemple semblable dans I Esd., v, 1, et Zach., 1, 1, 7; mais il n'en ἃ pas moins existé et il est le fils d’Achitob. Quant à celui-ci, il vécut avant le règne de David ; on ne peut déterminer exactement à quelle époque, à cause de l'incertitude de la chronologie hébraïque dans ces temps reculés. Pour l’Achitob mentionné I Par., vi, 41-12, voir ACHITOB 9. F. VIGOUROUX.

3. ACHITOB, fils d'un autre Amarias, prêtre sous Josaphat et père d’un autre Sadoc. I Par., vi, 11-12; cf. II Par., XX, 44,

4. ACHITOB, un des ancêtres de Judith, fils de Melchia, de la tribu de Siméon. Judith, var, 1.

ACHITOPHEL (hébreu : ‘Ahitôfel, « mon frère est folie (?) » Septante : ᾿Αχιτόφελ), conseiller de David. Il était de Gilo, probablement la Djala actuelle, dans les montagnes de Juda. L'Écriture dit que c'était « sa ville », II Reg., xv, 12, et c'était sans doute aussi celle de sa famille, puisqu'on y voyait le tombeau de son père, dans lequel il fut lui-même enseveli. II Reg., xvI1, 39. Il avait là une maison, et il devait y faire sa résidence habituelle, autant que le lui permettaient ses fonctions; du moins il s'y trouvait au moment de la révolte d'Absalom. C'est ce qui explique comment il put se rendre si promptement et sans que David en füt informé auprès du rebelle, lorsque celui-ci l'appela à Hébron. II Reg., xv, 12, 31. Gilo, en effet, était dans le voisinage d'Hébron.

Telle était l'opinion qu'on avait de la prudence et de la sagesse d'Achitophel, que ses avis étaient accueillis à la cour comme des oracles divins. II Reg., xvi, 23. Aussi la nouvelle qu'il était entré dans la conjuration causat-elle à David, parmi tant de sujets d'inquiétude, plus de crainte que tout le reste; il comprit quel redoutable secours allaient apporter à son fils l'habileté et le crédit d'un tel homme, et il adressa aussitôt à Dieu cette priére : « Rendez insensés, Seigneur, les conseils d'Achitophel ! » II Reg., xv, 31. La trahison de celui dont il avait fait son conseiller et son confident, qu'il admettait à sa table comme son plus intime ami, blessa en même temps profondément le cœur de David, comme nous le voyons dans les psaumes qu'il composa à cette occasion, Ps. XL, 10, et surtout Ps. τιν, 43-15 : « Si mon ennemi m'avait outragé.…; mais toi, que je regardais comme un autre moimême! » etc.

On s'est demandé à quels motifs il fallait attribuer une trahison dans laquelle on a justement vu le type de celle de Judas, et l'acharnement qu'Achitophel fit paraître dans sa lutte contre son roi, II Reg., xvi, 21; xvir, 1-3; on a cru les trouver dans la parenté d'Achitophel avec Bethsabée, femme d'Urie. Elle était sa petite-fille, la fille de son fils Éliam, 11 Reg., xxu1, 34, le même qui est appelé ailleurs Ammiel, par le renversement des syllabes de son nom. 1 Par., ΠΙ, 5. Par son adultère avec Bethsabée et par le meurtre d'Urie, ΠῚ Reg., ΧΙ, David avait porté dans la famille d'Achitophel le deuil et le déshonneur ; le vieux

conseiller vit dans la révolte d'Absalom l'occasion la plus favorable pour tirer de ce double crime une vengeance éclatante : il voulut arracher au roi la couronne et même la vie, en travaillant au triomphe de son fils. Plusieurs même, rapprochant ces antécédents des circonstances de son intervention dans le complot, ont pensé qu'il en avait été le promoteur.

Π débuta dans son entreprise par un coup d'abominable mais très habile politique : à peine Absalom était-il rentré à Jérusalem, qu'il lui conseilla de déshonorer son père publiquement, dans la personne des épouses du second rang, restées dans la capitale. Il voulait par là rendre impossible toute réconciliation entre David et Absalom, en même temps qu'il assouvissait sa haine; mais c'était en réalité les desseins de Dieu qu'il exécutait, il accomplissait sans s’en douter la prophétie de Nathan à David après sa chute. II Reg., ΧΙ, 11-12.

À ce conseil, que le jeune prince osa suivre, en 510céda un autre qui aurait ruiné la cause de David et aurait perdu le roi lui-même, si on avait voulu l'écouter. Achitophel soutenait qu'il fallait se mettre à la poursuite du roi sur-le-champ et sans lui laisser le moindre répit; il offrait de conduire en personne l'expédition, se faisant fort de battre et de disperser l’escorte de David, et de le frapper dans cet abandon. Il aurait certainement réussi; mais Dieu, qui avait résolu la défaite et la mort d'Absalom et le rétablissement de la fortune de David, ne permit pas qu'on prit ce parti, le seul auquel on püt raisonnablement s'arrêter. [I Reg., xvit, 14. Absalom en reconnut la sagesse; il ne voulut toutefois rien faire sans consulter Chusaï. C'était un ami de David, II Reg., xv, 37, qui avait feint, par son ordre, de le trahir pour s'attacher à Absalom. 1] avait pour mission de contre- balancer l'influence d'Achitophel et de faire échouer ses plans. 11 persuada, en effet, à Absalom et à tous les siens qu'il n'avait point encore assez d'hommes avec lui et qu'il valait mieux attendre l'arrivée de nouvelles troupes, et ce délai sauva David, en lui donnant le temps de s'éloigner et d'aller au delà du Jourdain pour former une armée et préparer sa victoire.

Achitophel fut humilié et irrité du peu de cas que, pour la première fois, on faisait de ses conseils. Il vit en même temps quelles conséquences allait avoir pour lui-même la ruine de la cause d'Absalom, inévitablement perdue par ce retard : la fin de son crédit, le déshonneur attaché à son nom, le châtiment que pouvait lui attirer l'infamie de sa trahison et de ses conseils. Le désespoir s'empara de Jui. Il sella son âne et s'en retourna à Gilo. Arrivé dans sa maison, il eut soin, par un dernier trait de cette prudence humaine que saint Paul appelle une prudence de mort, Rom., vin, 6, de mettre ordre à ses aflaires, et, oubliant la seule nécessaire, celle de son salut, il se pendit. ἢ Reg., ΧΙ, 29. E. PaLIs.

ACHOBOR, hébreu : ‘Akbôr, « mulot ou souris; » Septante : ᾿Αχοδώρ.

4. ACHOBOR, père de Balanan, roi d'Idumée. Gen., XxXxXVI, 38; 1 Par., 1, 49. γ

2. ACHOBOR, fils de Micha et père d'Elnathan. Il fut un des premiers officiers du roi Josias, qui l'envoya consulter la prophétesse Holda, au sujet du livre de la Loi, trouvé par le grand prêtre Helcias. IV Reg., xx1r, 12, 14; Jer., xxvI, 22; xxxVI, 12. Il est nommé Abdon, IL Par., xxx1V, 20.

ACHOR (Vallée d') (en hébreu : ‘Êmeg ‘Akôr; en grec: ‘Eucxaywp), vallée de la Palestine où Achan fut, par ordre de Josué, lapidé avec toute sa famille, pour s'être réservé, contrairement aux prescriptions du Seigneur, une part de butin dans le sac de Jéricho. Jos., vu. C'est même à cet événement que le lieu doit son nom : racine ‘äkar, « troubler. » Josué dit au coupable : « Parce que tu

ACHITOPHEL — ACHSAPH

nous as troublés (‘äkartänû), que le Seigneur te trouble (ya‘ekorkä) » ou t'extermine « en ce jour….; et ce lieu fut appelé et s'appelle encore aujourd’hui la vallée d'Achor, » Jos., vu, 25-26, c'est-à-dire « vallée du tumulte ou des troubles », suivant l'interprétation de saint Jérôme, Liber de situ et nominibus loc. heb., t. ΧΧΠῚ, col. 868.

Cette vallée est indiquée, Jos., xv, 7, comme formant, vers l'est, l'une des limites septentrionales de la tribu de Juda. Or, de ce verset, traduit littéralement de l'hébreu, il semble résulter que l'endroit qui nous occupe doit être cherché au sud de Galgala. « La frontière (de Juda) monte vers Debéra, depuis la vallée d'Achor, vers Le septentrion regardant Galqala, qui est vis-à-vis de la montée d’Adommim, laquelle est au midi du torrent. » On est donc, d'après cela, tout naturellement amené à identifier la vallée d’Achor avec l'Oued el-Kelt (Carith), qui serpente précisément au sud de Galgala (Tell-Djeldjoul}. Cf. V. Guérin, Descript. de la Pal., Samarie, t. τ, p. 125-126. Nous préférons, à la suite de beaucoup d'auteurs, cette opinion à celle d'Eusèbe, Onomasticon, et de saint Jérôme, loc. cit., qui placent la vallée d'Achor au nord de Jéricho. Il faudrait alors la reconnaître dans l'Oued en-Nou'aüneh, et ce serait mettre beaucoup trop haut la limite septentrionale de Juda. Avec l'identification proposée, au contraire, ax sud-ouest de Jéricho, le chapitre xv s'explique très facilement. Voir la carte de la tribu de Benjamin. Cette derniére ville et Galgala devaient être moins élevées que la vallée; car, au ÿ. 24 du chapitre vir, au lieu de : « ils les conduisirent vers... », on lit en hébreu : vayya'älü, « ils les firent monter. » C.F. Keil, Biblischer Commentar über das Alte Testament, Josua, Leipzig, 1874, p. 60.

La vallée d'Achor était restée dans l'esprit des Hébreux comme un lieu de malédiction; aussi, pour donner une idée du changement que la rédemption devait apporter au monde, les prophètes disaient qu'elle serait convertie « en parc de troupeaux », Is., Lxv, 10, la vie pastorale étant le symbole de la paix et de la tranquillité, et « en porte d'espérance », Osee, 11, 15, après avoir été, pour le peuple qui entrait dans la Terre Promise, uae porte d’affliction. Voir CARITH. A. LEGENDRE.

ACHSA (hébreu: ‘Aksäh; Septante : Acyd), fille de Caleb, fils d'Hesron. I Par., 11, 49. I ne faut pas la confondre avec la fille du célébre Caleb, nommée Axa dans la Vulgate (hébreu : ‘Aksäh). Jos., χν, 16, 17; Jud., 1, 12, 13. Le Caleb, père d'Achsa, 1 Par., 11, 49, était fils d'Hesron, et vivait avant Moïse; le Caleb du livre des Juges et de Josué était fils de Jéphoné et contemporain de Josué.

ACHSAPH (hébreu : ’Ak$äf ; Septante : ’A£io, Jos., x1, 1; xu1, 20; Κεάφ, Jos., xx, 25; Vulgate : Achsaph, Jos., x1, 1; χα, 30; Axaph, Jos., xix, %5), ancienne cité royale chananéenne, qui fit plus tard partie de la tribu d’Aser. Jos., xx, 25. Un de ses rois fut appelé par Jabin , roi d’Asor, à entrer dans la ligue formée contre Josué, et fut vaincu comme les autres princes du nord. Jos., ΧΙ, |; x, 20.

Robinson a cru retrouver cette ville dans les ruines connues sous le nom de Xhirbet- Ksaf ou 1ksaf, et situées au sud de l'angle formé par le Léontès, quand, descendant du Liban au nord-est, il prend tout à coup la direction de l'ouest. Biblical Researches in Palestine, 29 édit., Londres, 1856, τ. 11, p.55. « Ces ruines, dit M. V. Guérin, consistent en de nombreux amas de matériaux plus ou moins considérables, restes de maisons ou d’édilices renversés, épars ou accumulés au milieu d'un épais fourré de broussaiiles. De tous côtés, on rencontre des citernes antiques creusées dans le roc.» Description de la Palestine, Galilée, t. τι. p. 269. L'identification proposée paraît également probable au savant explorateur français, et il y a, en effet, une ressemblance assez frappante entre les deux noms; mais plusieurs resons nous empêchent de l'admettre. C’est d'abord

la place qu'occupe Achsaph dans l'énumération des villes frontières de la tribu d'Aser, Jos., xix, 25-26; celles qui la précèdent et la suivent immédiatement appartiennent à la région sud-ouest des montagnes de Galilée : Halcath {Yerka , Chali (Alia), Béten (El-Banéh), Amaad (Khirbet el-Amoud), Messal (Mouslih). Voir la carte de la tribu d'Aser. Nous trouvons ensuite que le ὃ, 2 du chapitre ΧΙ distingue formellement les rois de Madon, de Sémeron et d'Achsaph des « rois du nord, qui habitaient dans les montagnes ». Enfin Josèphe nous dit que la tribu d'Aser occupait la plaine ou partie basse, τὴν χοιλάδα, qui, partant du Carmel, se dirige vers Sidon, Ant. jud., V,1, 22, en sorte que Khirbet-Ksàf semble bien plutôt appartenir par sa position à la tribu de Nephthali. Ajoutons que l’ordre d'après lequel Achsaph est mentionnée dans la liste des noms géographiques de Thoutmès ΠῚ suffit, aux veux de M. Maspero, pour exclure le site proposé par Robinson, site qui « nous porterait trop au nord ». G. Maspero, Sur les noms géographiques de la liste de Thoutmès 11] qu'on peut rapporter à la Galilée, extrait des Transactions of the Victoria Institute, or philosophical Society of Great Brilain, 1886, p. 9.

Il faut done, croyons-nous, placer la ville dont nous parlons au sud-ouest de la tribu d'Aser. Nous ne saurions cependant y voir, avec quelques auteurs, Accho ou Saint- Jean-d'Acre, dont nous aurions ici un autre nom. J. Kitto, Cyclopædia of Biblical Literature, 1802, τ. 1, p. 48. — Grove, dans Smith's Dictionary of the Bible, t. 1, p. 17, a supposé que c'était Khaïfa, qui semble se retrouver dans le K:59 des Septante. Nous aimons mieux cependant, à la suite des explorateurs anglais, identifier Achsaph avec Kefr-Yasif, dont le nom correspond assez exactement à la transcription des traducteurs grecs, ᾽Αζιφ. Palestine E.cploration Fund, Quart. Su, 1876, p. 76.

Situé à quelque distance au nord-est de Saint-Jeand'Acre, ce village est assis sur une colline dont les pentes inférieures vers l'ouest sont soutenues par un puissant mur d'appui, aux blocs réguliers, la plupart de grand appareil et antiques. Les habitants, au nombre de six cents, appartiennent presque tous à la religion grecque schismatique. On y remarque surtout une sorte de petite tour carrée, bâlie avec des pierres trés régulières, et renfermant une chambre voutée qu'éclaire un œil-de-bœuf audessus duquel une croix ἃ été sculptée au dehors. Elle faisait partie autrefois d'un bâtiment plus considérable, qui a été démoli et remplacé par des maisons toutes modernes. On voit aussi au bas de la colline, vers l'est, un beau puits, très profond et d'apparence antique. Il est construit en pierres de taille. Le réservoir et les auges qui l'environnent sont aussi bâtis avec des pierres de même appareil. V. Guérin, Description de la Palestine, Gulilée, τ. 11, p. 4.

A. LEGENDRE

ACHZIB, ville de Juda. Jos., xv, ἀξ. Voir ACHaAZIB 2.

ACHZIBA, ville d'Aser. Jos., x1x, 29, Elle est appelée Achazib, Jud., 1, 31. Voir ACHAZIB 1.

ACKERMANN Léopold, exégète catholique autrichien, né à Vienne le 17 novembre 1771, mort dans la même ville le 9 septembre 1831. Il entra en 1790 dans l'ordre des chanoines réguliers de Saint-Augustin, et prit en religion le nom de Pierre Fourrier. 11 enseigna dans son couvent les langues orientales et l'archéologie, et il devint en 1806 professeur d'exégèse de l'Ancien Testament à l’université de Vienne, où il succéda à Jahn et occupa sa chaire avec succès pendant vingt-cinq ans. On a de Jui : Introductio in libros Veteris Fœderis usibus acadedemicis accommodata, in-8, Vienne, 1895; c'est la troisième édition corrigée et rectifiée de l' Introduc. Lio de Jahn {voir JAUN); Archæologia biblica, in-8°, Vienne, 1826, nouvelle édition également corrigée de Jahn (elle a été réimprimée par Migne, dans son Cursus Scripturæ Sacræ, t 11, 1840, col. 823-1068); fropheltæ minores perpelua

ACIHSAPIS — ACRABATHANE

annotatione illustrati, in-8v, Vienne, 1830, commentaire qui ne renferme pas des choses nouvelles, mais réunit ce qu'il y ἃ de meilleur dans les ouvrages plus anciens, en y joignant des observations philologiques ; l'auteur commente le texte hébreu original, qu'il reproduit; son travail est court, mais bon. — Voir V. Seback, Ρ F. Acker-

mann, biographische Skizze, in-8°, Vienne, 1892,

F. VIGOUROUX

ACORE AROMATIQUE. Voir JONC ODORANT.

1. ACOSTA Gabriel, chanoine portugais, né à Torrevadras, mort en 1616, fut professeur à Coimbre, ΠῚ composa sur le chapitre xL1ix° de la Genèse, sur Ruth, les Lamentations de Jérémie, Jonas et Malachie, des commentaires qui furent publiés après sa mort, in-f°, Lyon, 1011. Voir Nicolas Antonio, Bibliotheca hispana nova, 2 in-fv, Rome, 1672.

2. ACOSTA Uriel, Portugais, né à Oporto vers la fin du xvr siècle, mort à Amsterdam en 1647. Il était d’origine juive et reçut une éducation très soignée. Entraîné par ses passions, après avoir été d’abord chrétien, il devint matérialiste et athée; puis il se fit circoncire, professa la religion de ses ancêtres et alla en Hollande, où les Juifs d'Amsterdam lui firent bon accueil, mais le chassérent bientôt de la synagogue, parce qu'il n’observait pas la loi mosaique ; ils le déférèrent même ensuite aux tribunaux comme athée. Pour se défendre, Acosta publia, en 1624, son Examen dos tradiçoens Phariseas conferidas con α ley escripla, dans lequel, renouvelant les erreurs des Sadducéens, il nie l'immortalité de l'âme et l'existence d'une autre vie. Il se réconcilia néanmoins avec ses coreligionnaires, mais pour se faire excommunier de nouveau plus tard. Il termina cette vie agitée par le suicide. Voir H. Jellinek, Uriel Acosta's Leben und Lehre, Zerbst, 1847; Uriel Acostas Selbstbiographie. Lateinisch und Deutsch, Leipzig, 1847; J. da Costa, Israel en de volke, Haarb., 1849.

F. VIGOUROUX

ACRABATHANE (᾿Ἀχρυθαττί"η), contrée où Judas Machabée remporta une grande victoire sur les Iduméens. I Mach., v, 3. La Vulgate distingue ici « les fils d'Ésaü qui habitaient l'Idumée, et ceux qui étaient dans l’Acrabathane » ; mais le texte grec, suivi par la version syriaque, fait de cette dernière région une partie de la première : ἐπολέμει Ἰούδας πρὸς τοὺς dinde Ἡσαῦ ἐν τῇ ᾿Ιδουμαία τὴν ᾿Αχραδαττίνην, € Judas combattait contre ‘les enfants d'Ésaü, dans l’Idumée, l'Acrabattine. » On sait, en effet, que le pays des Iduméens à ce moment s'étendait, dans la Judée méridionale, au moins jusqu'à Hébron. I Mach. v, 65. Pendant la captivité de Babylone, une émigration considérable de la population édomite s'était abattue sur ces fertiles campagnes, restées sans maîtres. Cf. F. Lenormant et E. Babelon, Histoire ancienne de l'Orient, Paris, 1888, t. VI, p. 405.

L'Acrabathane devait sans doute son nom à la montée d'Acrabim, dont il est question dans l’article suivant, et se trouvait ainsi au sud- ouest de la mer Morte. Les Iduméens, retranchés dans ces défilés comme dans une forteresse, étaient pour les Juifs des ennemis dangereux qui ne leur laissaient aucun repos. Judas Machabée les y attaqua et leur porta des coups terribles,

Il ne faut pas confondre l'Acrabathane dont nous parlons avec l'Acrabatène, que les historiens anciens mentionnent parmi les toparchies de la Judée, et qui était la cinquième, d'après Pline, v, 14; la troisième, selon Josèphe, Bell. jud., WI, 11, 5; οἵ, Reland, Palæstina ex monumentis veteribus illustrata, Utrecht, 1714, τ. 1, p.176, 191-192. Le texte grec cité plus haut place dans l’Idumée le lieu de la victoire du héros juif. Or, d'après nos deux historiens, l’Idumée était une toparchie distincte de l'Acrabatène, la huitième suivant l'un, la neuviéme selon l'autre: — on croit, en effet, que l'Orine de Pline indique le pays montagneux où se trouvaient Hébron et les villes

méridionales de la Judée, occupées, nous l'avons vu, par les descendants d'Ésaü. — Située plus haut, l'Acrabatène, au rapport d'Eusèbe, Onomasticon, et de saint Jérôme, comprenait la région qui s'étendait entre Néapolis (Naplouse) et Jéricho, ayant pour ville capitale Akrabbim, aujourd'hui ‘Agrabéh, et pour villes principales Édouma (Daouméh), Ianô (Khirbet-Yanoun) et Silo (Khirbet- Siloun). Si l'on doit se garder de confondre deux contrées distinctes, il n'est pas plus juste de dire, avec Boettger, Topographisch - Historisches Lexicon zu den Schriften des Flavius Josephus, Leipzig, 1879, p. 8, que l'Acrabatène « est vraisemblablement ainsi appelée de la montée de ‘Agrabbim, Num., xxx1v, 4, et ailleurs ». Il serait difficile de comprendre que la passe Es-Safah (voir ACRABIM) eüt donné son nom à une contrée située sur les confins de la Samarie. A. LEGENDRE.

ACRABIM (Montée d’), hébreu : Ma‘aléh ‘agrabbim ; Septante : ἀνάδασις ᾿Αχραθδίν, Num., xxxIV, 4; Jud., 1, 36; προσαναθάσις ᾿Αχραθίν, Jos., XV, 3; Vulgate : ascensus Scorpionis, « montée du Scorpion » ou « des Scorpions », suivant le texte original. Défilé ou passage indiqué comme frontière méridionale de la Terre Sainte, Num., XXXIV, 4, et de la tribu de Juda, Jos., xv, 3, et comme limite du pays des Amorrhéens, Jud., 1, 36. Cet endroit, d'après les mêmes témoignages scripturaires, devait se trouver entre le sud de la mer Morte et le désert de Sin. C'est pour cela que nous ne saurions, comme l’a fait M. de Saulcy, l'identifier avec la longue et raide montée de l'ouadi Ez-Zououeira, au - dessus de Djébel - Ousdoum. Voyage autour de la mer Morte, Paris, 1853, t. 11, p. 77. Le savant explorateur ἃ pu y trouver des scorpions en assez grande quantité ; mais il place trop haut la limite méridionale de Juda, et s'écarte ainsi de la ligne qui, partant du Ghôr, au sud du lac Asphaltite, passait par Sin et Cadèsbarné, dont l'emplacement, quel qu’il soit, était certainement plus au midi.

Disons tout de suite que les scorpions sont assez nombreux dans ces parages. Armés de palpes-pinces, dont ils se servent pour saisir leur proie, ces animaux venimeux font, à l’aide du crochet terminal de leur queue, des blessures graves. Cependant, l'espèce la plus commune en Syrie ne dépassant guère cinq ou six centimètres, leur piqure, quoique très douloureuse, est rarement mortelle pour l'homme. Voir SCORPION.

Robinson place, « à défaut de meilleure indication, » la montée d'Acrabim dans cette ligne de collines qui, au sud de la Sebkhah, forment une courbe irrégulière, croisant le Ghôr à peu près comme un segment de cercle dont la corde aurait environ six ou sept milles de longueur, et s'étendant obliquement du nord-ouest au sud-est. Biblical Researches in Palestine, 1856, t. 11, p. 120. La plaine marécageuse du Ghôr est, en effet, fermée de ce côté par une chaîne de collines calcaires, de couleur blanchâtre, composées de craie tendre ou de marne durcie, hautes de vingt à vingt-cinq mètres en moyenne, mais par endroits de quarante à cinquante mètres. Les bords de l’ouadi El-Djeib sont presque à pie, et le fond de la vallée monte insensiblement.

Cependant avec Riehm, Handwôrterbuch des Biblischen Altertums, au mot Akrabbim, et Grove, Smith's Dictioπαν of the Bible, t. 1, p. 42, nous croyons que les textes cités plus haut, aussi bien que la topographie et le sens ordinaire attaché au mot ma‘äléh, favorisent davantage l'identification d'Acrabim avec le défilé d'Es-Safah, au nord de l’ouadi Figréh. De ce dernier point, en suivant la route de Pétra à Hébron, on arrive en trente-cinq minutes, par un chemin raboteux, mais en quelques endroits poli et glissant, au pied d'un massif montagneux qu'on peut franchir par trois passes, distantes l’une de l'autre d’une heure environ. La plus orientale est appelée par les Arabes Es-Soufei, et celle de l'ouest El-Yémen, « la droite, » la plus fréquentée, parce qu'il y a de l'eau à la partie

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