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ACRABATHANE — ACTES DES APOTRES

supérieure. Cependant la plus directe et la moins di.fiale est celle du milieu, nommée Eg-Safah. On voit encore, à l'entrée, les restes d'un fortin, destiné autrefois à en garder l'approche. La montée prend environ deux heures, et M. Schubert a trouvé, au sommet, l'altitude de 466 mètres. De ce point, l'on aperçoit le désert, qui s'étend à perte de vue, des deux côtés de l'Arabah, jusqu'à la mer Morte. La contrée est affreusement désolée. Le chemin suit constamment la direction nord-nord-ouest. Cf. Bædeker, Palestine et Syrie, Leipzig, 1882, p. 316; Chauvet et Isambert, Orient, Syrie et Palestine, Paris, 1887, p. 59.

Il faut distinguer la montée d’Acrabim de la ville du même nom, capitale de l'Acrabatène (voir ACRABATHANE), et, suivant Eusébe, Onomasticon, au mot "Aypx66eiu, el saint Jérôme, Liber de situ et nominibus locorum heb., τ, xx, col. 866, située « à neuf milles à l'est de Naplouse, en descendant vers le Jourdain comme pour aller à Jéricho ». Ce bourg, qui n'est mentionné nulle part dans la Bible, mais est plusieurs fois cité par Joséphe comme cheflieu de la toparchie de ce nom, Bell. jud., 11, xx, 4; UT, πὶ, 5; IV, 1x, 3, se retrouve aujourd'hui dans le village de ‘Agrabéh, à quelque distance au sud-est de Naplouse : on peut en voir la description dans V. Guérin, Description de la Palestine, Samarie, t. 11, p. 3-5.

A. LEGENDRE

ACRE, Saint-Jean-d'Acre. Voir ACCHO.

ACRON, forme exceptionnelle du nom de la ville d'Accaron dans la Vulgate, Jos., xIx, 43. Voir ACCARON.

ACROSTICHE. Voir ALPHABÉTIQUE (POÈME).

ACTES DES APÔTRES (Πράξεις ᾿Αποστόλων, Actus Apostolorum ).

I. Nom. — Dans les anciens manuscrits, le cinquième livre historique du Nouveau Testament porte le nom de Πράξεις ᾿Αποστόλων ou de Πράξεις τῶν ᾿Αποστόλων. Rarement avec l'article, αἱ Πράξεις. En latin, Actus ou Acta Apostolorum. Ce titre répond très bien au contenu du livre, où se trouve relaté un choix d'actes, par lesquels les Apôtres opérèrent la fondation de l'Église. Les Allemands ont adopté le nom de Apostelgeschichte ( Histoire des Apôtres). Cette appellation n’a pas toute l'exactitude désirable, car le livre est loin de donner l’histoire de tous les Apôtres; même l'histoire de l’apostolat de saint Pierre et de saint Paul y est très incomplète.

Il. Authenticité. — Toute l'antiquité ecclésiastique n’a qu'une voix pour attribuer à saint Luc la composition du livre des Actes. Mais, cette persuasion étant inconciliable avec les idées de l’école rationaliste de Tubingue, les adeptes de cette école furent amenés à nier l'authenticité de ce livre, et à en reculer la rédaction au 11° siècle, époque à laquelle, d’après leur système, se fit dans l'Église la fusion entre les pétriniens et les pauliniens. Selon ces docteurs, le livre des Actes est une sorte de roman historique, ayant pour but de faire apparaître Pierre et Paul travaillant de concert et en conformité de vues à la propagation de l'Évangile. C'est contre ces adversaires que nous devons démontrer que les Actes sont vraiment l’œuvre de saint Luc.

« Une chose hors de doute, dit M. Renan lui-même, Les Apôtres, introd., p. x, c'est que les Actes ont eu le même auteur que le troisième Évangile, et sont une continuation de cet Évangile. On ne s'arrêtera pas à prouver cette proposition, laquelle n’a jamais été sérieusement contestée. Les préfaces qui sont en tête des deux écrits, la dédicace de l'un et de l’autre à Théophile, la parfaite ressemblance du style et des idées, fournissent à cet égard d'abondantes démonstrations. » Si l'on regarde ce point comme acquis à la critique, et que l’on suppose établie sur des preuves solides l'authenticité de l'Évangile de saint Luc, il faudra du même coup attribuer les Actes à cet écrivain apostolique, disciple et compagnon de saint

Paul. Il est démontré dans un autre article que le troisième Évangile est incontestablement l'œuvre de sant Luc. Done, pour adjuger légitimement les Actes au même auteur, il nous suffirait d'en appeler à cette démonstration, Mais on peut, indépendamment de cet argument interne, fournir des témoignages péremptoires en faveur de l'authenticité de ce livre canonique.

Il est à peine douteux que saint Clément de Rome, 1 Cor., τι, t. 1, col. 209, fait allusion à un texte des Actes, XX, 35, lorsqu'il loue les Corinthiens de ce qu'ils « préférent donner que recevoir ». — Saint Ignace d’Antioche, en deux endroits de ses lettres authentiques, semble à peu près transcrire les paroles des Actes, lorsqu'il dit, Smyrn., ui, t. v, col. 709 : Μετὰ δὲ τὴν ἀνάστασιν συνέφαγεν αὐτοῖς xat œuvémev. Voyez Act., x, 41 : Οἴτινες συνεφάγομεν χαὶ συνεπίομεν αὐτῷ μετὰ τὸ ἀναστῆναι αὐτὸν ἐχ νεχρῶν. Ailleurs, Magnes., v, t. v, col. 665 : "Exaoros εἰς τὸν ἴδιον τόπον μέλλει χωρεῖν. Voyez Act., 1, 25 : Πορευθῆναι εἰς τὸν τόπον τὸν ἴδιον. — Il en est de même de saint Polycarpe, Phü., 1, t. v, col. 1005 : “Ὃν ἤγειρεν ὁ Θεὸς, λίσας τὰς ὠδῖνας τοῦ ἅδου. Voyez Act., 11, 24 : Ὃν ὁ Θεὸς ἀνέστησε, λύσας τὰς ὠδῖνας τοῦ θανάτου (ἅδου, d'après une autre leçon). --- La Διδαχὴ τῶν ᾿Αποστόλων, récemment découverte par Bryennios, se sert d’une manière analogue de Act.,11 44, 45; 1v, 32, édit. Bryennios, p. 21, ἡ. 4. — La lettre à Diognète, 3, 4, t. 11, col. 1172, rappelle Act. XVI, 24.

11 suffit de descendre au commencement du 1e siècle pour entendre les voix les plus autorisées des diverses parties de l'Église nommer Lue comme l'auteur du livre des Actes. Saint Irénée, réunissant en sa personne les traditions de l'Asie et de la Gaule, après avoir rapporté plusieurs choses consignées dans les Actes, ajoute, Hær., ΠῚ, χιν, t. ὙἹι, col. 91% : « Omnibus his cum adesset Lucas, diligenter conscripsit ea, uti neque mendax neque elatus deprehendi possit. » — Clément d'Alexandrie, Strom., V, xu, t. 1x, col. 124: « Sicut et Lucas in Actibus Apostolorum commemorat Paulum dicentem : « Viri Athenienses. » Suit le commencement du discours à l'Aréopage, Act., xvir, 22 et suiv. — Tertullien, témoin de l'Église d'Afrique, De jejun., x, t. 11, col. 966: « Porro, cum in eodem commentario Lucæ et tertia hora orationis demonstretur, sub qua Spiritu sancto initiati pro ebriis habebantur, et sexta, qua Petrus ascendit in superiora. » Voyez Act., 11, 15 et x, 9. — Le témoignage de l'Église romaine est plus ancien encore. Il se trouve dans le canon du ue siècle découvert par Muratori : « Acta autem omnium Apostolorum sub uno libro scripta sunt. Lucas optime Theophile comprehendit, quia sub præsentia ejus singula gerebantur. » — Toute la tradition de l'antiquité est, pour ainsi dire, résumée par Eusébe de Césarée, lorsqu'il place le livre des Actes parmi les ὁμολογούμενα, c'est-à-dire parmi les livres canoniques dont l'autorité est incontestée, Hist. Eccl., 111, 25, 1. xx, col. 268. Il l’attribue à saint Luc. Hist. Eccel., 11, 4, τ. xx, col. 220. Il est donc indubitable que le livre des Actes était répandu dans l'Église dés le 19° siècle et que dés lors il était regardé partout corame l'œuvre de saint Luc. Sinon, à la fin du nr siecle, l'Église n'aurait pas été unanime à le lui attribuer.

Ce témoignage concordant de la tradition est abondamment confirmé par les indices que fournit le livre luimême. [9 L'auteur, racontant les voyages de saint Paul, parle constamment, à partir du chapitre xx, à la premiére personne du pluriel, et conduit ainsi son récit jusqu'à la captivité de saint Paul à Rome. Il était donc le compagnon de l'Apôtre, et se trouvait notamment avec lui à Rome. Or tel était saint Luc, dont saint Paul dit, dans sa seconde lettre à Timothée, 1v, 11, écrite de Rome pendant sa captivité : « Luc seul est avec moi; » et dont il envoie de la même ville les salutations aux Cclossiens et à Philémon. Coloss., 1v, 14; Philem., 2%. Il entre d'ailleurs, suv les dernières années du ministère de saint Paul et sur ses voyages, dans des détails si minutieux, que lé

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