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SECONDE PARTIE LE PREMIER HOMME AU POINT DE VUE SCIENTIFIQUE

On nie aujourd'hui, au nom d’une fausse science, tout ce que l'Écriture nous enseigne sur le premier homme. Nous nous proposons de répondre brièvement à toutes les difficultés qu'on allègue contre les Livres Saints en traitant les trois questions suivantes :

4 Le premier homme fut-il un être intermédiaire entre l'animal et l'homme actuel? 2 Fut-il un sauvage? 30 A quelle époque fit-il son apparition ?

L L'origine animale de l'homme.— Pour les partisans du monisme, qui admettent avec toutes ses conséquences la théorie évolutionniste, et rejettent toute idée de création, il n’y ἃ point eu à proprement parler de premier homme. La transiormation qui a fini par donner à un ou plusieurs animaux placés dans des conditions favorables les traits qui nous distinguent, ἃ été si insensible, qu'il est impossible non seulement de fixer la date de l'apparition de notre espèce, mais même de dire d'un individu qu'il en fut le premier représentant. Le principal adepte du darwinisme contemporain, Hæckel, nous le dit formellement : ce passage « ἃ eu lieu avec une telle lenteur, qu'on ne peut en aucune façon parler d'un premier homme ».

Le célèbre professeur d'Iéna enseigne cependant que l'espèce qui précéda la nôtre, et à laquelle nous devons l'existence, appartenait à la famille des singes, la première de l'ordre des Quadrumanes. L'homme-singe, qu'on ἃ appelé plus savamment le pithécanthrope ou l’'anthropopithèque (de Mortillet), aurait vécu vers la fin de l’époque tertiaire, peut-être même plus tôt, d'après M. de Mortillet, qui lui attribue les silex soi-disant travaillés des couches niocènes de Thenay, près de Pontlevoy. C'était

ADAM (PALÉONTOLOGIE

un anthropoïide, frère des anthropoïdes actuels, mais plus rapproché de l'homme par ses caractères anatomiques ou physiologiques; car personne ne prétend plus aujourd'hui nous faire dériver des singes qui appartiennent à la faune contemporaine, tant est considérable la distance qui nous en sépare (fig. 23).

L'opinion de Darwin, auteur du système transtormiste le plus en vogue, ne diffère pas sous ce rapport de celle de son disciple Hæckel. Lui aussi nous fait descendre d’un singe inthropomorphe. C'était, nous dit en résumé le naturaliste anglais, un mammifère velu, pourvu d'une queue et d'oreilles pointues, qui sans doute vivait sur les arbres et habitait l’ancien continent.

Il faut le dire, tous les adversaires de la création de l'homme ne nous font pas descendre du singe. Il semble qu'aux yeux d'un grand nombre ce soit nous faire trop d'honneur encore que de nous attribuer cette origine : c'est à un étage inférieur, tout au plus parmi les marsupiaux ou les didelphes, qu'ils vont chercher nos ancêtres. Du moins reconnaissent-ils que les lois qui président au développement général des êtres s'opposent à ce que nous dérivions d’un quadrumane quelconque. De cet avis sont les professeurs Huxley, d'Angleterre ; Filippi, d'Italie, et Vogt, de Genève, bien que ce dernier ait semblé parfois nous attribuer pour ancêtre le singe actuel, et qu'un jour, peut-être dans un moment d'humeur, il se soit laissé aller à dire qu'il aimait mieux être « un singe perfectionné qu'un Adam dégénéré ».

C'est donc à l’origine animale de l’homme plutôt qu'à son origine proprement simienne que nous avons affaire. Ce point importe assez peu du reste; car, quelles que soient les divergences de vues qui les séparent relativement à la généalogie humaine, nos adversaires n’en recourent pas moins aux mêmes arguments quand il s’agit de démontrer leur thèse générale: la dérivation de l'homme d’un type inférieur. Nous pouvons donc emprunter ces arguments à Darwin lui-même, le chef du parti.

Ces prétendues preuves sont de trois sortes. Elles consistent : 1° dans la conformation générale du corps de l’homme ; 2 dans le développement de l'embryon humain ; 3 dans la présence chez l'homme d'organes rudimentaires. Exposons-les brièvement.

Première objection. — « Il est notoire, dit Darwin, que l'homme est construit sur le même type général, sur le même modéle que les autres mammifères. Tous les os de son squelette sont comparables aux os correspondants d'un singe, d’une chauve-souris ou d'un phoque. Il en est de même de ses muscles, de ses nerfs, de ses vaisseaux sanguins et de ses viscères internes. Le cerveau, le plus important de tous, suit la même loi... L'homme, a dit Bischoff, est bien plus près des singes anthropomorphes par les caractères anatomiques de son cerveau que ceuxci ne le sont non seulement des autres mammifères, mais même de certains quadrumanes, des guenons et des macaques. »

L'homme, ajoute Darwin, a les mêmes maladies que ces animaux inférieurs. Il peut en recevoir et leur communiquer la rage, la variole, la morve, etc., « fait qui prouve bien évidemment la grande similitude de leurs tissus et de leur sang. » Les singes sont sujets à un grand nombre d’autres maladies : le catarrhe et la phtisie, par exemple. Ils partagent nos goûts pour le café, le thé, les liqueurs spiritueuses, On en ἃ vu s'enivrer avec de l’eaude-vie, du vin et de la biére forte. « Ces faits prouvent, nous dit-on, combien les nerfs du goùt sont semblables

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