‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 104 sur 398 · DAT · texte numérisé non relu

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ûrraa, malgré les nombreux ennemis des Juifs, la permis->ion i|uc Cyrus avait donnée de reconstruire le temple de Jérusalem, et qui avait été momentanément retirée sous le règne d'Artaxercès, Esd. 6, Mo.; cf. 4, 5. 2*. 6, 4. Agg. 4, 1. 2, 1. Zach. 4, 4. Son royaume s'agrandit par plusieurs conquêtes : ce fut sous lui que se révolta Rabylone, désireuse de retrouver son indépendance première, mats après un siège et des horreurs sans pareilles, et à la tète de toutes ses troupes, il lit rentrer celle \ille dans la soumission, ayant accompli, sans le savoir, les prophéties juives d'Esaïe, 47, I. 48, 4 4., et de Jéremie, 50, 8. 9. 51, 4. 6. 9. 45. ; cf. Zach. 2, 7. On peut remarquer aussi que dans ces passages Dieu donna aux Juifs renfermés dans jjabylone, le conseil pressant de quitter celte ville avant le siège redoutable dont elle était menacée. Scaliger et Dr Mill ont cherché à établir l'identité de ce Darius avec Darius Nolhus, mais Kitto a montré les difficultés chronologiques qui s'opposent à l'adoption de celle manière de voir. — Bossuet croit reconnaître en Darius l'Assuérus du livre d'Ester ; maisr. cet arlicle.

3° Darius de Perse. Le roi ainsi nommé, Néb. 42, 22. est très probablement Darius Ochus, ou Nothus, fil* d'Artaxercès Longue- Main, dont le règne 1res agité dura dix-neuf ans, et qui mourut vers l'an 406 av. C. C'est l'opinion de Gesenius. Josèphe, Grolius, Leclerc et Kitto pensent qu'il s'agit plutôt du règne de Darius Codoman, parce que le souverain sacrificateur Jadduab, qui semble indiqué dans ce verset comme contemporain de Darius, était à Jérusalem lorsque Alexandre le Grand s'approcha de celte ville, et l'on connaît le rôle qu'il joua dans celle circonstance. Mais ou peut très bien admettre que son père Johanan ait seul été contemporain de Darius, el le vieux Néhémie peut avoir encore vu, avant de mourir, le jeune Jadduab commencer à exercer la charge de sacrificateur.

DATHAN, frère d Abiram, q. v.

DATTES. Le dattier, phœnix dactylifera, hébr.Tamar, maintenant assez rare en Palestine, y était autrefois très abondant, surtout dans les environs de Jéricho, de Hen-Guédi, et du lac de Génézarelh. Tadmor, ou Palmyre, devait ses deux noms aux riches plantations de dattiers qui croissaient dans son voisinage. C'est l'arbre que nos versions ont traduit par (aime ou palmier, indiquant le genre sans dés:gner l'espèce, Jug. 4,5. Joël 1,42.; cf. Josèphe, Anl., 45, 4. 2. Pline, 43, 0. On retrouve le dattier sur des monnaies romaines comme symbole de la Palestine, et la ville de Jéricho avait reçu le nom de ville des dalles, à cause de la quantité de ces arbres qui se trouvaient dans son voi-

sinage, il y en avait aussi en Egypte, en Perse el en Arabie, Ex. 15, 27., et ils étaient regardés dans ces contrées comme des arbres utiles et des plus précieux. Le daitier recherche les terrains chauds el sablonneux, mais sans craindre l'humidité. Il s'élève souvent jusqu'à la hauteur de 30 m., et atteint i'â^e de deux siècles. Son tronc droit el élancé porte à son sommet un bouquet de branches feuillées , élégamment recourbées vers la terre, assez longues d'abord (2 à 3 m.) mais se raccourcissant de beaucoup vers le haut de l'arbre. Ses fruits sont ramassés en grappes nombreuses; ils ont la forme de glands, mais sont plus grands et recouverts d'une peau rougeàtre : ils offrent un manger délicat, très goùlé en Orient, soit frais et tels qu'ils sont cueillis sur l'arbre , soit pressés en petits gâteaux; ceux de Médine passent pour les meilleurs. On en fait aussi une espèce de liqueur connue sous le nom de vin de dattes, el fort estimée; ». Cervoise. Après que le premier jus a été exprimé, on verse de l'eau sur les dalles qu'on laisse ainsi macérer quelques jours, el l'on en fait une nouvelle liqueur, un petit vin peu agréable, mais dont on se sert volontiers comme rafraîchissement. Avec les branches de l'arbre, on fabrique des paniers, avec leurs fibres des cordes, avec les feuilles des nattes, et le tronc même, quoique mou intérieurement, comme celui des monocolyledones en général, est assez solide au dehors pour qu'on puisse l'employer comme bois de charpente (Xénoph., Cyrop., 7, 5. 44.) — Gen. 43,41. v. Pistaches.

DAVID (le bien-aimé), lils d'Isaï, de la tribu de Juda, comptait parmi ses ancêtres Rulh la .Moabile, Hachait l'hôtelière de Jéricho, el Tamar la Cananéenne. Il fut le chef de la dynastie des rois de Juda, el le Christ, qu'il avait préfiguré dans sa royauté, est sorti de sa race, et a porté, comme l'héritier de son trône, le nom caractéristique de lils de David. David naquit à Bethléhem, vers 4081 ans av. C. Samuel avait alors environ cinquante-quatre ans. L'heureuse influence du dernier des juges répandait la piété el la prospérité chez les Israélites. Le septième et dernier fils d'Isaï, occupé dans sa jeunesse à paître les troupeaux, avait dix-neuf ans lorsqu'il tut désigné, par fonction sainte répandue sur sa tête, pour succéder, sur le trône d'Israël, à Saul, dèsobéis>ant et rejeté. Néanmoins sa destinée ne devait se dérouler que successivement, el Dieu, pour le préparer au trône, le (Il passer à travers bien des vicissitudes et des dangers. Peu après son sacre, il fut appelé auprès de S.iùt pour distraire, par le charme de la musique, la mélancolie du roi que possédait ud mauvais esprit. Rentré chez son père, après le succès de ses soins, il ne larda pas à se faire

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connaître de nouveau du roi et du peuple par sa victoire sur Goliath, le géant Philistin, q. v. Jl esi beau de voir un jeune homme de vingltrois ans, soutenu par sa foi, s'avancer avec une fronde et cinq pierres du torrent, contre un ennemi colossal armé de toutes pièces. Il remporta la victoire parce que Goliath s'était confié dans sa force et avait délié le Dieu d'Israël, au nom duquel David se présentait pour le combattre. Dès ce moment, David entra définitivement au service du roi, qu'il ne quitta plus. Mais la jalousie de Saûl, excitée par les louanges du peuple, s'alluma bientôt contre David et, sauf quelques intermittences, ne cessa de le poursuivre avec un acharnement toujours croissant. La protection divine, qui reposait sur David, fit tourner a sa gloire, à sa popularité,' a l'affermissement de son royal avenir, les missions périlleuses confiées à sa jeunesse par le mauvais vouloir de SaUl, et consacrées par l'enthousiasme et la confiance de l'armée. Saûl, après avoir, dans le mariage de sa fille aînée, manqué à la promesse qu'il avait faite au vainqueur du Philistin, voulut faire servir à l'assouvissement de sa haine l'amour que Mical, sa seconde tille, éprouvait pour le jeune capitaine. La prudence et la vaillance de David déjouèrent ces perfides manœuvres; Saûl dut l'accepter pour gendre, et sensible aux remontrances de Jonathan son fils, l'ami de David, il imposa pour un moment silenee à son injuste aoimosité. Ce ne fut qu'une trêve. Les succès du héros d'Israël, dans la guerre qui venait de recommencer contre les Philistins, rallumèrent les flambeaux de la jalousie et de ta haine dans le cceur de son puissant ennemi. Deux fois, lorsquo David cherchait a soulager les souffrances morales de Saûl, souffrances d'envie et de rage qui s'irritaient peut-être de leur injustice même, deux fois, joignant l'ingratitude à la folie, Saûl avait cherché à clouer contre la paroi, d'un coup de javeline, son chantre fidèle et dévoué. Parvenue à son comble, la fureur de Saiil furce David à s'enfuir. Délivré une première fois par la puissance de l'esprit de Dieu, qui, en se répandant sur les émissaires de Saûl, et en gagnant Saûl lui-même, les contraint d'oublier, aux pieds de Samuel, leurs mauvais desseins, et de glorifier le Seigneur, David est bientôt contraint de fuir de nouveau. Il est secouru par Ahîmélec et l'enveloppe dans sa disgrâce. Puis, après avoir tenté de se réfugier auprès d'Akis, roi de Gath, et après avoir placé son père et sa mère en lieu de sûreté, il se met à parcourir le pays à la tête de g<ns malheureux romme lui, vivant dans les lieux écartés et mettant sa troupe, forte d'environ 400 hommes, au service de ses concitoyens, pour les protéger contre les incursions des peuples environnants. Dans

les montagnes, trahi par ceux -la même qu'il avait aidés et délivrés, il n'échappe a la mort que grâce aux merveilles réitérées de la protection divine, et, par deux fois, il épargne Saûl qu'il avait l'occasion de frapper à coup sûr, I Sam. xi, et 26. L'ingratitude et la persévérance de son ennemi lassent enfin sa constance et sa foi, il se retire chez les Philistins, el reçoit Tsiklag pour refuge el habitation. Cette faute grave fut punie par la position fausse et difficile où il se trouva placé chez les ennemis de son peuple, obligé de vivre pendant deux ans environ dans la dissimulation, le mensonge et la cruauté. A la bataille de Guilboah, conduit par Akis dans les rangs des Philistins, il se trouve dans l'alternative inévitable ou de faire la guerre à son peuple, ou de tirer perfidement l'épée contre un bienfaiteur trop confiant, dont il avait accepté l'hospitalité. La méfiance des Philistins, en le faisant renvoyer, lui épargna un crime ; la prise de Tsiklag, qu'il trouva brûlée et pillée par les Hamalecites, parait avoir été le châtiment dont Dieu se servit pour le faire rentrer en lui-même. Près de périr par la main des siens, que l'enlèvement de leurs femmes, de leurs enfants et de leurs biens avait exaspérés, il se fortifia en soo Dieu, apaisa ses gens, poursuivit et atteignit les pillards, reprit tout ce qu'il avait perdu, et fit en outre un immense butin. C'est ce butin qui lui servit à regagner, par des présents faits à propos, la bienveillance des principaux Israélites.

Sur ces entrefaites, la mort de Saûl, 4 Sam. 31, lui ouvrit les avenues du trône, et la tribu de Jodale reconnut pour son roi. Il avait trente ans alors; il choisit pour résidence l'antique ville d'Iiébron, 2 Sara. 2. Is-Boseth, fils de Saûl , fut mis à la tète d'Israël par les légitimistes de l'époque, et une longue guerre s'en suivit. La défection et la mort d'Abner, la trahison de Bahana et de Hécab, qui assassinèrent Is-Boseth, y mirent un terme. David , en punissant de mort les meurtriers de SaUl d'abord, puis les lâches assassins du fils de Saûl, se montra juste et récompensa dignement les traîtres. On regrette qu'il n'ait pas montré la même fermeté envers Joab, son neveu, meurtrier d'Abner. Le crédit el l'influence de ce vaillant homme de guerre auprès de l'armée le sauvèrent; David n'osa pas en le punissant compromettre une autorité faible encore et précaire.

Maître de tout Israël, à l'âge d'environ quarante ans, David prend Jérusalem sur les Jébusiens, et y fix» sa résidence. Il abaisse et humilie les Philistins, ces ennemis constants nu peuple de Dieu. L'arche, qui depuis la mort d'Héli , était restée séparée du sanctuaire, est conduite avec pompe et aux acclamations

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nimes du peuple, dans un tabernacle dressé pour elle en Sion. David projette la construction du temple ; Dieu réserve celte gloire à Salomon mais prononce dans celte occasion solennelle l'oracle qui fixe dans la famille de David la succession de la royauté qui devait aboutir au Messie. La prospérilé de David parvient à son comble, ses ennemis sont subjugués tout aleniour, leurs insultes et leurs efforts ne servent qu'à étendre la domination d'Israël, et les limites annoncées par Moïse, Deut. H , 24. sont atteintes pour la première fois.

Cette prospérilé, le succès de ses armes et la gloire de son règne exercèrent sur l'âme de David une funeste influence. Ses mœurs s'amollirent ; son âme s'endormit dans les délices. Pendant qu'il savourait à Jérusalem les douceurs et le luxe d'une royauté orientale, et que son armée, sous la conduite de Joab, faisait le siège de Rabbath-Hammon, David se laissait séduire par la beauté de Batb-Séba, femme d'Urie, et tombait dans l'adultère; après avoir échoué dans les odieuses intrigues qu'il tenta pour cacher les traces de son crime, il fut conduit, de péché en péché, à faire périr, par la main des Hammooites, Urie et plusieurs de ses plus fidèles serviteurs. Enfin réveillé de son sommeil de péché, et rappelé à lui-même par la voix fidèle de Nathan, David montra, par sa sincère et profonde repentance, les dispositions saintes qui ranimaient et qui, après une funeste et trop longue interruption, avaient repris possession de son âme. Il avait alors 52 ans.

Mais, dès ce moment, la prospérité qui lui avait élé si fatale se relira de lui, et depuis celle époque jusqu'à la fin de son règne, son âme fut maintenue dans l'humilité, la défiance d'ellemême et la soumission au Seigneur, par une suite de calamités publiques ou particulières. Les désordres domestiques qui souillèrent et ensanglantèrent sa maison, la violence exercée par Amnon contre sa sœur Tamar, la vengeance sanglante qu'Absalon tira de cette offense, l'exil de ce tils bien aimé qui en fut la suite, le retour toléré d'abord, puis la grâce complète de ce jeune homme dont le crime n'était pas sans excuse, l'ingratitude de celui-ci, ses menées, la guerre civile qu'il alluma pour enlever à son père le royaume et la vie, révolte qui fut bien près d'èire couronnée par la victoire ; tous ces événements trouvèrent David, souvent faible peut-être dans le gouvernement de sa famille, mais humble, mais fort, mais grand dans sa foi et dans sa piété, sous la puissante main du Dieu qui le châtiait dans son amour. Le succès presque complet de la tentative d'Absalon semblerait indiquer que, depuis son crime, David, soit influence de l'âge, soit surtout conscience

de son humiliation, et souvenir de ses fautes, avait perdu cette force de volonté, cette présence d'esprit et celle fermeté de décision qui l'avaient porlé, de vicissitudes en vicissitudes, jusque sur le trône de Juda et d'Israël. Toutefois la fidélité et le dévouement de ceux qui entourèrent et sauvèrent David dans celte circonstance, montrent que, s'il avait perdu sous quelques rappons, il élail cependant toujours le vrai roi de ce peuple un moment égaré, mais qui n'avait pas cessé d'avoir pour lui confiance et affection : c'est ce que prouvent encore l'insuccès de la révolte de Scéba, fils de Bicri, qui succéda à celle d'Absalon, et la fin sanglante de ce rebelle.

A peine le fléau de la guerre civile eut-il fini île troubler le pays, qu'une autre calamité, la famine, se fit sentir en Israël. C'était un châtiment du massacre des Gabaoniles, que Saûl avait fait mourir, au mépris de la foi jurée. Ce crime avait élé inspiré à Saûl par un faux semblant de zèle, et par le besoin de conserver ou d'augmenter sa popularité. Si le châtiment tomba sur le peuple, c'est que Celui qui sonde les cœurs avait découvert dans l'esprit du peuple le germe et la vraie source de cette iniquité. De même la vengeance qui, à la demande des Gabaoniles, tomba sur la famille de Saûl, se justifie aux yeux de quiconque connaît l'unité d'esprit qui, à ce degré de civilisation, caractérise les grandes familles, ou, pour employer un mot de nos langues modernes, les clans : chacun de leurs membres adopte comme siennes les intentions du chef; il s'y associe de cœur, et les exécute de point en point avec l'apparence, au moins, de la plus entière spontanéité. On peut donc dire que le crime de Saûl élail celui de sa famille, et que le châtiment qui frappa ses enfants atteignit certainement des coupables. La famine fut pour les Israélites une leçon haute et importante. Ils apprirent par là que le Dieu d'Israël, bien que leur protecteur suprême, ne faisait aucune acception des personnes; Dieu recherchait sur son peuple, même en faveur de profanes Cananéens, les iniquités commises conire ceux-ci; le châtiment leur>appelait que le seul litre personnel à la faveur divine se trouve dans la justice et dans l'obéissance.

Les dernières années de David furent consacrées aux immenses préparatifs de la construction du temple, réservée à Salomon, mais que David eut toujours devant les yeux. Moins agitées que les précédentes, elles furent cependant troublées par le péché du dénombrement, et par la conspiration d'Adonija. L'orgueil présida au dénombrement du peuple. Il fallait que ce péché fùi bien évident, puisque Joab même, le sanguinaire et mondain Joab, reprit David à

ce sujet.

Toutefois le cœur du roi se montre

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encore dans sa piété généreuse, dans sa confiance pleine et entière en son Dieu, lorsque, appelé à faire le choix douloureux d'un châtiment, il préfère tomber dans les mains de Celui dont les compassions sont en grand nombre. La mortalité qui punit l'orgueil de David et décima son peuple, est une preuve de plus que le droit de Dieu sur les hommes pécheurs est de les fairt* périr quand et comme il le veut, et en même temps, que le dernier mot de sa justice distributive est réservé pour une autre dispensalion. A cet événement se rattache le choix de l'emplacement du temple-, ce choix, marqué par un sacrifice en dehors du rite lévitique, et par une expiation efficace, puisque c'est là que l'ange apparut et que la plaie s'arrêta, avait ainsi une valeur typique, et recevait d'en haut une consécration indispensable sous l'économie mosaïque.

Comme un flambeau consumé jette un dernier éclat avant de s'éteindre, nous retrouvons la fermeté, la décision, l'humilité, la piété, tous les beaux traits du caractère de David, dans sa conduite au sujet de la tentative d'Adonija. Et comme le soleil couchant, avant de disparaître, se dégage des nuages pour embraser la terre et les cieux de l'éclat de ses derniers rayons, ainsi les derniers actes publics de David, relatifs à la construction du temple, ont une grandeur et une beauté de foi toute particulière, et couronnent dignement la vie de ce grand serviteur de Dieu. Il mourut âgé de 74 ans, en laissant, suivant une dispensalion divine, ie trône à un fils de Bath-Séba.

Le testament de David, 1 R. 2, MO., les ordres qu'il donna à Salomon, concernant Joab et Simhi, se justifient clairement aux yeux de quiconque les examine avec foi et avec impartialité. David, par diverses causes, au fond desquelles se trouvait une coupable faiblesse, avait laissé vivre ce neveu qui, chéri de l'armée, était u trop puissant pour lui. » Joab avait d'ailleurs mis le comble à ses crimes, en participant à l'entreprise d'Adonija. David ordonne à Salomon de faire justice. — David, comme homme, avait pardonné à Simhi, et l'avait laissé vivre en paix tout le temps que lui-même avait vécu; maintenant qu'il va mourir, qu'il n'a plus rien à faire avec les passions de la terre, qu'il a entièrement „et jusqu'au bout donné la preuve de la sincérité de son cœur en pardonnant, il peut laisser venir le tour de la justice, et faire châtier par le roi son fils un crime contre la royauté. Sa conduite envers les meurtriers de Saùl et d'Is-Boseib montre la droiture de son caractère dans les affaires de ce genre, et prouve que son unique préoccupation était le châtiment d'un sujet rebelle, sans qu'il s'y mêlât aucun sentiment de rancune personnelle.

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Le rôle de David, dans l'histoire du peuple d'Israël, a été capital. Il est le fondateur de la royauté tbéocratique. Il a été ce que Saùl aurait pu, mais n'a pas voulu être. La fondation de la royauté était une déviation du principe de la théocratie ; celte déviation, longtemps combattue par Samuel, devait trouver son correctif dans le caractère personnel du roi et dans l'esprit de la royauté. Saûl, demandé par le peuple, sest trop souvenu de l'origine de sa puissance; il a tout sacrilié à la popularité. Ce fut la source de stsdésobéissances et la cause de sa réjeclion. David a été l'homme selon le cœur de Dieu; il a été roi de la part de Dieu, pour diriger le peuple dans les voies divines, non pour complaire au peuple, et par une fatale complaisance l'égarer loin de Dieu. C'est lù le trait saillant qui dislingue les deux rois et les deux royautés. Celle de Saûl (q. v.) a été mondaine, celle de David a été sainte. A ce litre il a été type du Messie, et il a eu l'honneur d'être le dernier des patriarches, ancêtres du Sauveur.

L'œuvre de David, comme prophèie, n'a pas été moins importante. Sans parler des prédictions nombreuses et détaillées relatives au Christ, qui sont répandues dans les psaumes; sans parler de cel admirable recueil auquel son nom se rattache, et dont il a écrit la plus grande partie (v. Psaumes), il fut l'auteur d'une révolution importante dans le culte mosaïque, révolution correspondante à la construction du temple qui a été son œuvre, autant et plus peut-être que celle de Salomon. Depuis la mort d'Héli, l'arche ne se trouvait plus dans le sanctuaire, el le culte n'était plus qu'imparlaitement célébré. Il n'a même pu l'être de nouveau d'une manière complète que dans le temple où il a été restauré avec une splendeur inconnue jusqu'alors : David a d'avance organisé le service et les fonctions des lévites, qui, n'étant plus chargés du transporl d'un tabernacle longtemps errant, désormais fixé , devenaient disponibles pour d'autres fonctions. Celles de gardiens et de chantres leur furent dévolues. Cette fonction de chantres qui coïncide avec la première formation du Psautier signale l'introduction de l'élément de l'éditicalion directe, qui d'abord se mêle au culte typique, pour le remplacer presque entièrement plus tard. Le symbole, à peu près la seule forme du culte sous Moïse, fut aux différents âges de l'Eglise judaïque, successivement mélangé avec la parole qui , sous le christianisme, occupe le culle presque entier, el n'a laissé au symbole qu'une place, éminente il est vrai , mais restreinte, dans ce qu'on appelle d'ordinaire les sacrements.

Tel a été David, homme d'une haute intelligence, d'un noble caractère, d'un cœur chaud et dévoué. Sur tous les trônes et dans tous les

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temps, il eût été un monarque distingué, le héros de son peuple. L'histoire profane, étrangère a l'auslère simplicité du style biblique, n'eût pas manqué d'exalter ses rares vertus, sa gloire et ses triomphes; elle eût carné ou pallié ses chutes. 11 ne pouvait en être de même dans le récit inspiré, car c'est a Dieu seul qu'appartient la gloire; la Bible a été écrite pour nous donner des exemples à suivre ou à éviter, et non des hommes ù idolâtrer. Mais, pour qui sait apprécier les choses, pour qui accompagne David d'un œil clairvoyant au milieu des vicissitudes si diverses d'une carrière longue et remplie, pour qui lit dans les mouvements de cette âme si droite, si chaleureuse, souvent si grande dans ses premiers élans, si habituellement dirigée par la pensée et l'amour du Seigneur, l'éioge biblique si remarquable qui lui a été décerné à tant de reprises, malgré les côtés sombres de sa conduite, n'aura rien qui étonne, et l'on répétera avec une conviction croissante, que c'était bien la « l'homme selon le cœur de Dieu; » I Sam. 43, 4 4. Act. 13, 52.

L'histoire de David embrasse le premier livre dp Samuel, depuis le chap. 46; tout le second livre de Samuel, et 1 R. 4-2. Elle est reproduite avec plus ou moins de détails, 4 Clir. 4 4-29. Son nom reparaît continuellement dans l'A. T., et une quarantaine de lois dans le Nouveau.

DÉBIH. Deux villes de ce nom. 4° Une dans la tribu de Gad, Jos. 43, 26. 2° Une adiré qui parait avoir été située dans le voisinage d'Hébron, Jos. 4 0, 38.; elle s'appelait auparavant Klriath-Sépher, Jos. 15, 45.; lors delà conquête les enfants d'Israël l'enlevèrent aux Cananéens, Jos. 40, 38. Elle fut d'abord ln<orporée à la tribu de Juda, 4 8, 49., puis plus tard cédée aux sacrificateurs, 21, 45. 4 Chr. 6, 58. On la retrouve aujourd'hui dans la ruine de Dilbeh, où leDrSlewart mentionne une source excellente, dont les eaux sont dirigées par un aqueduc sur la ville qui est au pied de la montagne; cf. Jug. 4 , 4 4. 45.

DÉBOHA (abeille). 1° Nourrice de Rcberca : elle accompagna en Canaan la jeune fiancée d'Isaac, et parait avoir été dès lors traitée avec beaucoup d'affection et de respect par la famille du patriarche, Gen. 24, 59. 35, 8. Elle fut ensevelie au-dessous de Béthel, sous un chêne. — 2° Epouse de Lappidolh, femme pleine de foi et douée de dons prophétiques : ce fut elle qui délivra Israël de l'oppression de Jabin : elle fut le quatrième des juges fenv. 4 406-1306 av. C. Jug. 4, et 5. Elle se tenait sous un palmier, entre Béthel et Rama, dans les montagnes d'Ephraïm, ayant établi peut-être sa résidence dans cette retraite solitaire pour sa sûreté personnelle et pour celle des Hébreux qui, dans ces temps de détresse, recouraient à son auto-

rité. Divinement avertie, et comprenant que lé jour de la délivrance était arrivé, elle fil chercher Barac et lui donna l'ordre d'attaquer Siséra. Les tribus étaient divisées; chacune cherchait son intérêt propre plutôt que l'intérêt national ; Barac hésita un instant : Débora consentit a l'accompagner, mais le punit de son manque de foi en lui annonçant qu'il n'aurait pas l'honneur de la bataille, et que Siséra tomberait sous les coups d'une femme. Debora célébra sa victoire par un hymne sublime, plein d'enthousiasme et de précision, dont le style est si soutenu, la pensée si héroïque, l'élan poétique si naturel, les détails si vrais, le crescendo si bien observé, qu'on peut le regarder comme un chef-d'œuvre de poésie lyrique. Elle commence par célébrer rétablissement de la théocratie et par s'humilier au nom de son peuple dont les péchés ont attiré sur lui la colère de Dieu : puis elle fait l'éloge des tribus qui sont montées contre Siséra, en particulier de Zabulon et de Nephtall ; elle emploie l'ironie la plus amère contre la prudence et le bonheur paisible de celles qui ont refusé leur concours a Barac, Ruben, Galaad, Dan, Aser ; de peur que le peuple ne se glorifie, elle rappelle que la victoire est venue de Dieu ; « les étoiles ont combattu du ciel : » elle montre Jahel frappant le chef ennemi, et la mère de Shéra animée la première de pressentiments sinistres; elle termine enfin par des paroles d'espérance et de foi qui sont comme la couronne de son chant de triomphe, et qui rappellent à l'Eglise que jamais les purtes de l'enfer ne prévaudront contre elle. Nous avons donné dans nos Juges d'Israël, p. 39 à 48. une traduction nouvelle du cantique de Débora : r. aussi Herder, De la poésie des Hébreux.

DÊCALOGUE, v. Loi.

DÉCAPOLIS, ou la Décapote (les dix villes), nom d'un district situé au nord-est de la Palesline, touchant à la frontière de Syrie. Il était ainsi nommé a cause des dix villes principales qui se trouvaient sur son territoire, mais on ne peut plus en déterminer les noms avec certitude, les différents auteurs qui en parlent n'étant pas d'accord entre eux; Pline cite les suivantes : Damas, Philadelphie, Raphana, Scythopolis, Gadara. Hippon, Dion, Pella, Galasa et Canatha; elles étaient presque toutes habitées par des païens; Jésus y prêcha souvent, Malt h. 4, 25. Marc 5, 20. 7, 31.

DÉ DAN. Il y avait deux peuplades de ce nom. 4n Celle qui descendait d'Abraham par Kétura, Gen. 25, 3. et qui habitait la partie septentrionale de l'Arabie, près de l'idumée, Jér. 25, 23. 49, 8. T.7.. 25, 13. — 2° Celle qui descendait de Cus. Gen. 40, 7. et qui habitait la partie orientale de l'Arabie, près du golfe Perslquc. C'était une peuplade fort commerçante, Es. 24, 43.

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Ex. 17, 48*20. «5, 43. Il y a encore dans le golfe Persique une lie de ce nom, Paden.

DÉDICACE (fête de la), Jean 10. 22. Cette fête fut établie par Judas Maccabée (I Mac. 4, 86. 2 M:ic. 40, 6.) en souvenir de la purification du temple qui avait été souillé et profané par Antiochus Eplphanes, et se célébrai! en hiver pendant huit jours, à dater du 25 fcisleu (décembre), par une riche illumination des maisons à Jérusalem et dans les autres villes. Celte illumination élait le symbole de la joie, commi> aussi de l'espérance.

D'autre» dédicaces solennelles sont encore mentionnées dans l'A. T., celle du temple de Salomon, 1 R. 8, celle des nouveaux murs de JérU<alem après l'exil, Néh, 42, 27., celle du nouveau temple, Esd. 6, 46.; v. encore Ex. 40, Notnb. 7. C'était aussi une coutume des Hébreux, coutume bien naturelle et commune a bien des peuples, de dédier à Dieu leurs maisons nouvellement construites, Deut. 2(>, 5. : cette dédicace n'était dans les cas ordinaires qu'une simple bénédiction prononcée, et l'inscription de quelques passages de la Loi audessus de la porte.

DÉHWlENS. Celle peuplade mentionnée Esd. 4, 9. comme une de celles d'où des colons furent transportés a Samurie, est sans doute la même que celle dont les auteurs profanes nous parlent sous le nom de Dabi ou Daha?, et qui se trouvait à l'est de la mer Caspienne, soumise à la domination persane (Uerod., 1, 125.

Strabon, 11,

DÉLAI A (que l'Eternel a délivré), fils de Sémahia et oflicier de Jéhoj;ikim, fut un de ceux qui, ayani entendu par Nichée que Baruc avait lu des prophéties sévères de Jérémie contre leur roi, prièrent Barue dii leur en faire une lecture particulière. Effrayés d:is menaces contenues dans cet écrit , Ils résolurent d'en donner connaissance à Jéhojakim, après avoir pourvu d'abord à la sûreté des deux prophètes. Le roi, irrité à la lecture à peine commencée de ces lignes, ayant déchiré le rouleau et voulant le jeter dans le feu. Délaîa et les autres officiers s'opposèrent, mais en vain, a celte impie résolution. Jér. 36, 12. 25. — D'autres personnages du même nom sont encore indiqués 4 Chr. 3. 24. Ï4, 48. Néh. 6, 10. 7, 62. Esd. 2, 60.

DELILA (la languissante), courtisane de la vallée de Sorek, probablement philistine, s:it par ses charmes séduire Samson, Ju£c d'Israël, s'en lit aimer sans l'aimer, profila de son amour pour le trahir, et spécula sur la confiance du héros. Gagnée par les Philistins, elle fatiguu Samson de ses importunltés pour lui arracher le secret de sa force ; trois fois il lui repondit d une manière évaslve , s'approchanl plus ou moins de la vérité, trois fois elle revint b la

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charge, et Samson que Dieu abandonnait éfj punition de son impure passion , finit par s'abandonner lui-même, et se livra à cetle femme qui le livra aux ennemis d'Israël. Jug. 16.

DÉLUGE. Inondation extraordinaire et universelle arrivée l'an du monde 2243 ( 3402 av. C.), par laquelle Dieu détruisit entièrement toutes les créatures vivantes qui se trouvaient sur la terre ferme, à l'exception de celles qui furent enfermées dans l'arche. Les eaux qui, au commencement de la création, couvraient toute la surface du globe, et qui s'étaient retirées partiellement au troisième jqur, v. Création, couvrirent encore une fois la terre ; puis elles se retirèrent à l'ordre du Tout -Puissant, le sec parut, la terre poussa son jet comme au troisième jour, et fut de nouveau peuplée d'hommes et d'animaux.

On peut lire, Gen. 6, 12-21. 7, 41-24. la narration à la fois concise et riche en détails que fait l'historien ^âcré de la première partie de ce cataclysme.

Basuage (Aniiq. Judaïf].,!!, p. 309) donne un calendrier de celte triste année; Calmet l'a copié; mais comme ce calendrier ne nous parait pas s'accorder toujours avec le texte, nous essayerons de le rectifier. On doit placer le commencement de l'année diluvienne à la même éponue que celui de l'année civile des Juifs, c'est-à-dire vers l'équinoxe d'automne, au mois de Tisri ; car Tannée ecclésiastique n'ayant été introduite qu'en vue des fêtes religieuses des Juifs, il n'est pas probable que Moïse y ait voulu rattacher la chronologie du déluge. La computalion des années de douze mois ordinaires du calendrier juif ne pouvant suffire aux périodes d'accroissement, dé décaissement et de séjour des eaux, nous avons été conduits à supposer que l'année du déluge doil avoir été une de celles où se trouvait le mois intercalaire de Beadar. Voici ce calendrier :

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