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montueux, ils se seront peut-être tournés vers I le nord, puis ils auront donné à l'Oxus le nom de Guihon ou Djiboun, qu'il porte encore de nos jours. De là, continuant leur chemin d'Orient en Occident, presque en ligne droite, de Balkh (ou Bactres) à Babylone, le troisième grand fleuve qui se trouvait sur leur route est le Tigre, qu'ils auront appelé Hiddékel ; le quatrième est l'Euphrale ; c'est le môme ordre dans lequel ils sont énumérés dans la Genèse.
Une difficulté reste encore à examiner : d'où provenait la branche d'olivier que la colombe rapporta à Noé ? Les commentateurs qui ont fait aborder l'arche en Arménie ont été embarrassés de trouver que l'olivier ne croissait point dans ce pays; mais d'autres ont prouvé qu'il y croissait anciennement, lorsque la température de la terre était plus chaude qu'elle ne l'est de nos jours (Richter, Hausuibel) ; d'autres aussi ont démontré que les oliviers peuvent pousser des feuilles sous l'eau. Mais, d'un autre côté, les géologues pensent que la force dissolvante et c.orrosive des eaux du déluge, dont on voit de nos jours tant de traces, de ces eaux qui avaient enlevé les rochers des plus hautes cimes, creusé des vallées, rompu en quelques lieux des digues naturelles, élevé ailleurs des amas de débris, de boue et de cailloux, laissé après leur passage des lacs et des méditerra nées; — ils pensent, disons-nous, que des eaux agissant avec une telle force, doivent avoir détruit toute la végétation, enlevant dans leur cours les couches de terre végétale, et tout ce qui y croissait. Comment alors l'olivier auraitil résisté ? Pour nous qui croyons, avec Cuvier et d'autres, que les anciens continents ont été détruits, nous ne pouvons admettre qu'aucun arbre antédiluvien se trouvât dans le voisinage de l'arche, croissant au lieu qui l'avait vu naître avant le cataclysme ; il n'aurait pu s'y trouver, à la rigueur, que quelques plantes marines. Mous pensons que lorsque après les 150 jours Dieu fil sortir la terre du sein de. l'eau, ce qui se passa fut une répétition du 3* jour de la création; Dieu dit: « Que les eaux qui sont au-dessous des cieux soient rassemblées en un lieu, et que le sec paraisse, et ainsi fut. » Et la terre après cette crise, ou soir cosmogonique, obéissant aux lois qui lui avaient été données au 3e jour, poussa son jet et produisit de l'herbe portant sa semence selon son espèce, et des arbres qui avaient leur semence en eux-mêmes. De même que pendant les trois derniers jours de la création, et après les soirs cosmogoniques qui les avaient précédés en bouleversant tout ce qui se trouvait sur la surface du globe, la végétation s'était chaque fois reproduite, ainsi, après le déluge, la terre nouvelle qui venait de
sortir des eaux se couvrit de plantes et d'arbres utiles à ses nouveaux habitants; les conditions de chaleur et d'extrême humidité qui furent alors si défavorables à la longueur de la vie des hommes, durent, au contraire, pénétrer les plantes , comme sous les régions humides des tropiques, d'une vigueur végétative extraordinaire, et leur procurer une prompte croissance ; ainsi, lorsque la colombe sortit pour la première fois, les plantes ne faisaient que de commencer a germer sur la partie de la terre que les eaux avaient laissée à découvert ; une semaine après elle trouva déjà des rameaux et des feuilles, mais pas de branche assez forte pour qu'elle pût s'y percher; lorsqu'elle sortit pour la troisième fois, le bois commençait déjà à pouvoir la porter. La température de ces hautes contrées étant alors celle des plus basses régions de l'air, il n'est pas étonnant qu'il pût y croître des oliviers dans ce temps-là, tandis qu'aujourd'hui l'on ne trouve à leur place que des neiges qui ne fondent jamais.
Nous devons faire observer ici que l'histoire du déluge nous donne une preuve remarquable de la manière de compter le temps; il était évidemment divisé en semaines, 7, 4. 40. 8, 9. 40. \1. ou espaces de sept jours; et il n'est pas probable que le pieux patriarche Noé, cet homme juste et plein d'intégrité, qui marchait avec Dieu, négligeât ses commandements et oubliât de sanctifier le septième jour établi pour être un jour de repos dès la création du monde.
Il parait que longtemps encore après le déluge il continua de s'opérer dans le monde des changements remarquables ; la vie des hommes fut abrégée, les langues et les nations se formèrent et prirent d'une manière permanente les caractères nationaux qui forment leur cachet distinctif. Les variétés produites chez les animaux par la différence des climats, de la nourriture et du genre de vie, donnèrent naissance aux espèces. Dans la nature inanimée il s'opérait des changements correspoidanls : les contrées volcaniques qui forment l'archipel indien, celui du Japon, les Kouriles, les Alèoutes, les Antilles, après avoir été assez longtemps élevées au-dessus des mers pour que les isthmes qui les joignaient eussent pu servir de passage aux hommes qui allèrent s'y établir, s'enfoncèrent probablement dans l'eau à peu près au point où nous les voyons aujourd'hui, de manière à ne laisser au-dessus de la surface que les parties les plus élevées de ce vaste continent sous la forme d'îles et d ilols. Si l'on trouve celte hypothèse trop hardie, l'on n'a qu'à examiner ce qui se passe actuellement dans ces mêmes régions, et l'on sera convaincu que si de nos jours encore des fies et des montagnes surgissent de l'Océan, tandis que d'autres contrées