I)EI
DY.l
sont englouties par la mer, de semblables changements ont bien pu avoir lieu il y a 4,000 ans. Dans les îles Aléoutes, par exemple, en 1806, une tle sortit de la mer, qui avait 4 milles géographiques de tour; une aulre fut formée en 1814, sur laquelle était un pic de 3,000 pieds de haut. En 1737, par suite de tremblements de terre et d'irruptions volcaniques, la côte du Kamtchatka subit de grands changements : des lieues entières de côtes s'enfoncèrent dans la mer, des plaines furent soulevées et devinrent des plateaux, de nouvelles baies et de nouveaux lacs furent formés. Le 4 février 1797, une étendue de pays de 40 lieues de long et 20 de large, près de Quilo, reçut une forte impulsion d'ondulation qui dura quatre minutes et renversa de fond en comble toutes les villes et villages; ce mouvement se fit sentir plus ou moins sur une longueur de 170 lieues du nord au sud. et de 40 de l'est à l'ouest; au pied du volcan de Tunguragua la terre s'entrouvrit et donna passage à des torrents d'eau et d'une boue fétide, qui dans des vallées de 1 ,000 pieds de largeur atteignirent à la hauteur de 600 pieds, laissant sur leur passage des dépôts de limon qui interceptèrent une rivière et amenèrent la formation de lacs, jusqu'à ce que l'eau accumulée pendant 80 jours, eut acquis une masse suffisante pour rompre et entraîner ces digues. (Lyell, Princ. of Geol., vol. I, p. 470. 510. 474.)
Il serait facile de multiplier à l'infini les exemples, mais nous croyons en avoir dit assez pour démontrer la possibilité de la rupture des isthmes qui unissaient au nord l'Asie avec l'Amérique, au sud l'Asie avec la Nouvelle-Hollande et toutes les lies intermédiaires, isthmes qui n'étaient plus nécessaires après avoir contribué à l'exécution de l'ordre de Dieu, Gen. 8, 47. 9, 1 . en fournissant aux hommes et aux animaux un chemin pour se répandre sur la plus grande partie de la terre et la peupler. — Nous ne prétendons pas cependant par là, que toutes les ilcs, et tous les pays aient été habités dès le temps de la dispersion; au contraire, il est notoire que plusieurs lieux sont restés inhabités pendant des siècles, jusqu'à ce que les progrés de la navigation y aient fait aborder des hommes, soit par suite de voyages, de découvertes et de conquêtes, soit qu'ils y aient été jetés contre leur gré par des tempêtes et des naufrages. Pour ne citer que l'exemple le plus rapproché de nos pays, l'Islande n'a été découverte que dans le huitième siècle, et la première colonie s'y établit l'an 874; ce ne fut qu'un siècle plus tard, qu'un seigneur, Torwald, découvrit le Groenland et s'y établit; il en est sans doute de même d'un grand nombre d'îles de ia mer du Sud. A ce propos nous ferons remarquer que les pays dont nous venons de parler, offrent
une nouvelle preuve du refroidissement graduel de la chaleur du globe, car l'Islande et le Groenland jouissaient il y a mille ans d'un climat doux et tempéré; il y croissait beaucoup d'arbres, les côtes étaient couvertes de verdure, la mer très poissonneuse et les forêts pleines de gibier, (Mallet, întrod. à l'hist. du Danemark). A la même époque la vigne et le grenadier croissaient en Angleterre.
On peut reconnaître dans cette interruption des communications, une direction particulière de la sagesse, éternelle, qui voulait qu'après trente-sept siècles de séparation, les hommes, en se retrouvant, retrouvassent aussi chez presque tous les peuples ces traditions si remarquables sur la création, la chute des premiers hommes, le meurtre d'Abd et surtout ce déluge duquel date la formation de toutes les races actuelles, ce déluge qu'on voit représenté dans la langue hiéroglyphique des Chinois, comme sur les monuments mexicains et sur la médaille d'Apamea Kibotos; événement dont le souvenir se retrouve non-seulement chez toutes les nations instruites de l'antiquité européenne et asiatique, mais encore aux îles Sandwich, chez les tribus errantes de l'Amérique du Nord, comme chez les Péruviens et les Mozcas dans la Péninsule méridionale. — Il serait trop long de donner ici un résumé de ces traditions; ceux de nos lecteurs qui désireraient examiner ce sujet, trouveront des détails intéressants dans les Fragments de l'histoire de la Terre, de M. F. de Rougemont, que nous avons souvent eu l'occasion de citer; dans l'ouvrage du docteur Wiseman, intitulé Lertures on the connexion between science and reveaied Religion, 1, 133.328-371., 11,1 27-1 52. ; dans le Dictionnaire des cultes religieux, article Déluge ; v. aussi le Discours sur les Révolutions de la surface du globe, par Cuvier, p. 165-179; l'Histoire des Incas, de Garcilasso de la Vega; la Conquête du Pérou, par
don Augustin dcZarate; l'Ana
iysc ues
tradi-
tions religieuses des peuples de l'Amérique, |>ar Kastner, et en général toutes les mylhologies.
Quelques auteurs croient que les traditions diluviennes qui portent le nom de Yao en Chine, d'Ogygès et de Deucalion dans l'Occident, ne sont pas des traces défigurées du déluge universel seulement, mais >e rattachent à des inondations postérieures qui auront eu lieu par la rupture de laes, et divers changements volcaniques ou autres survenus depuis Noe sur la surface du globe ; nous ne prétendons pas décider cette question, mais ce qui nous parait certain, c'est qu'à toutes ces traditions se trouve mêlée l'idée du repeuplement de la terre par une seule paire d'êtres humains, idée qui est évidemment la même que celle qui nous est donnée sous sa véritable forme dans le récit de Moïse.
DEL
2 sa