‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 195 sur 398 · JÉS 445 JÉS · texte numérisé non relu

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des, comme un symbole de ce qu'il y a de plus divin dans l'humanité ; là même où l'Eglise l'a méconnu, le peuple l'a reconnu et revendiqué, souvent mal à propos et dans l'ignorance, mais cette ignorance est la faute de ceux qui ne l'ont pas compris eux-mêmes, lorsqu'ils étaient chargés de l'expliquer. Aux jours de Jésus le peuple attendait le libérateur d'Israël, mais un libérateur terrestre; et dans tous les temps Jésus a été considéré par les peuples comme le représentant d'un libéralisme politique; c'est une erreur qu'il faut imputer avant tout à ceux qui ont voulu faire du christianisme un moyen de régner, et qui n'ont pas voulu comprendre que son règne n'est pas de ce monde, r. Bastie, Démocratie et Religion, p. 29.

9° On a fait de nombreuses tentatives pour réunir en une seule biographie tous les détails que les evangélistes donnent sur la vie de Jésus, mais ces Harmonies ont l'inconvénient d'être fort arbitraires, car il n'y a pas de fil directeur pour guider dans un semblable travail. Non-seulement les évangiles, simples recueils de faits, ne tiennent pour ainsi dire aucun compte de l'ordre chronologique, au point que lorsque Jean mentionne quatre voyages à Jérusalem, les synoptiques n'en indiquent qu'un seul, mais encore ils se taisent sur une foule de circonstances importantes qui ne nous sont connues que par des allusions presque involontaires, ainsi les miracles faits à Chorazin et à Belbsaïda, et ils constatent, ce que le simple bon sens suffit à faire pressentir, qu'ils sont loin de prétendre être complets, et que si Ton avait voulu écrire toutes les choses qu'a dites et faites Jésus, le monde, en quelque sorte, n'aurait pu les contenir, Jean 20. Ainsi d'une part le manque d'ordre, d'autre part de nombreuses lacunes; dans de pareilles conditions on voit que tous les essais qu'on pourra faire d'une harmonie des évangiles, et celui de Calvin est certainement un des plus remarquables, n'aboutiront jamais qu'à des présomptions plus ou moins ingénieuses, à des hypothèses plus ou moins vraisemblables. Avec des fragments il est difficile de reconstruire l'ensemble, el ce que les Cuvier, les Piclet de la Rive ont pu faire en paléontologie, rétablir au moyen de quelques débris les formes d'animaux disparus, ne peut se faire dans le domaine de l'histoire, surtout quand il s'agit de l'flommc- Dieu. En tout cas, il importe de tenir compte exactement de toutes les données de l'histoire évangélique, de n'en négliger, de n'en dénaturer aucune. L'évangile de Jean donnant seul quelquesdates, c'est celui qu'il faudra prendre comme base chronologique, mais il sera toujours difficile de rattacher exactement à ces dates, el d'intercaler, à leur vraie place, les faits racontés dans les trois autres évangiles. Toutefois

I comme, en l'absence d'une certitude, il est toujours bon d'avoir au moins un fil directeur, nous reproduisons à la fin de cet article (n° 14 j l'essai d'une harmonie des évangiles, telle que l'a proposée M. le prof. Edward Robinson, de New-York, sans revenir sur les réserves qui ont déjà été faites à ce sujet. On trouvera d'autres essais du même genre dans la concordance de Mackenzie, et dans les différentes Vies de Jésus qui ont paru, soit en français, soit en d'auires langues. Nous citerons, en particulier, parmi les ouvrages qu'on pourra consulter avec fruit, quoique à des points de vue différents : en allemand, la Vie de Jésus, par Hess, écrite surtout au point de vue de l'édification; puis celles d'Ewald, de Lange, deNéander(trad. Goy), de Lichtenstein,de Riggenbach (trad. Steinheil), etc.— v. aussi les solides travaux de Meyer, Ritschl, Holtzmann, Zieihe, etc. En français, à l'exception des deux traductions ci-dessus mentionnées, il n'existe aucune Vie de Jésus proprement dite. Le travail le plus substantiel, scientifiquement parlant, est celui de M. Colani (Jésus-Christ et les croyances messianiques de sou temps); mais on possède un grand nombre d'études sur différents points spéciaux de l'histoire du Sauveur,disserialions,eommenlaires,sermons,etc., parmi lesquels nous mentionnerons surtout le volume de M. de Pressensé, intitulé le Rédempteur. Les relations de voyages en Palestine, jettent également du jour sur plusieurs faits de l'histoire évangélique. Enfin, les principaux allas bibliques, entre aulres Weiland el Ackermann, donnent des plans approximatifs des voyages de Jésus, mais ces plans, on le comprend, sont subordonnés à la question même de sa biographie.

.Mentionnons enfin pour mémoire le livre du Dr Strauss qui a fait tant de bruit en Allemagne il y a 25 ans, el celui de M. Renan dont l'imagination a fait presque tous les fiais. Dans ce roman célèbre, les tendresses du fantaisiste semblent parfois n'être qu'une trahison, tandis que les recherches du philosophe rappellent celle parole de l'indifférence : Qu'est-ce que la vérité? La poudre d'or qu'il a soulevée a pu aveugler un moment le public et séduire même des esprits sérieux; mais à mesure que le calme s'est lait, l'engouement a disparu, el ceux qui l'appelaient l'évangile du dix-neuvième siècle ont lini par reconnaître qu'il n'y avait là qu'un succès de circonstance. Nous devions le rappeler, mais nous n'avons pas à entrer ici dans le détail de la nombreuse littérature à laquelle il a donné naissance : la simple énuméralion des livres et brochures, écrits à celle occasion, tiendrait un volume, el l'on compreud que personne n'ait eu le courage de toul lire. Parmi les orthodoxes nous mentionnerons seulement les travaux d'Orth, Cbappuis,Secrélan, de Pres-

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sensé; parmi les libéraux, Réville, Schérer, Coquerel et Colani; parmi les laïques catholiques, Lasscrre, Poujoulat, de Broglie, Cochin ; parmi les prêtres, Plantier, Parisis, Gratry, et.-. Schenkel à Heidelberg, et Peyrat a Paris, jaloux des lauriers de M. Renan, se sont efforcés de faire mieux en faisant la même chose; ils n'ont abouti qu'à de lourdes contrefaçons.

10° On ne possède aucune donnée authentique sur la figure et la taille du Christ ; les représentations et portraits les plus anciens qu'on en a faits, n'ont aucune valeur historique : ainsi, la statue d'airain que lui érigea, dit-on, à Panéas (Césarée), l'hémorrhoïsse qu'il avait guérie, monument qui fut détruit par ordre de l'empereur Julien ; ainsi, le portrait que Jésus aurait lui-même envoyé à Abgare, roi d'Edesse ; ainsi, le saint mouchoir qui aurait servi à essuyer sa sueur, et aurait reçu miraculeusement l'empreinte de sa figure (le même qui a pâli à Rome il y a quelques années, et dont les yeux ont lancé des éclairs d'indignation à propos de la ruine commencée de la papauté); ainsi, les jèortraits que Luc aurait faits de Jésus, de Marie et de plusieurs apôtres; ainsi encore, la description qu'en a donnée un employé romain, Publius Lentulus, et dont les textes varient considérablement : « Capillos vero circinos et

crispos , barbam habens copiosam et ru-

bram , bifurcatam, etc. » Ce que l'on peut

dire, c'est que, selon toute probabilité, Jésus n'avait pas de défauts corporels, qu'il n'avait rien non plus de bien saillant dans son extérieur, puisque Marie l'a pu prendre d'abord pour le jardinier, que les disciples d'Emmaus, et une autre fois les apôtres, au bord du lac de Tibériade, sont restés quelques moments avant de le reconnaître. Sa physionomie devait refléter la grandeur de son âme, et cet amour de l'humanité qui était le fond de son caractère et le mobile de sa mission; il devait enlin porter l'empreinte de la souffrance. Son regard et sa voix paraissent avoir eu quelque chose de particulièrement puissant. Quelques Pères, Clément d'Alexandrie, Origène, ont cru, mais à tort, pouvoir conclure d'Es. 53, 2. que l'extérieur du Seigneur était méprisable et repoussant, mais ce verset se rapporte plutôt à sa mission et à sa condition qu'à son corps et à sa figure. — On peut voir dans Calvin quelques détails de plus sur ce sujet, et la nomenclature des reliques nombreuses qu'on prétend avoir conservées de Jésus, depuis le jour de sa naissance et de sa circoncision jusqu'au jour de son ascension.

4 4° Les paraboles de notre Seigneur, rapportées dans le N. T., sont au nombre de vingtneuf : d'abord les sept paraboles du royaume, Matth. 43, et parallèles ; puis le figuier stérile,

Luc 43, 6.; l'enfant prodigue, 45, 44.; le bon Samaritain, 40, 30.; Lazare elle mauvais riche, 16. 49.; l'économe infidèle. 16, 1.; la brebis perdue, 15, 4. Matth. 48, 12.; la drachme perdue, Luc 45, 8.; la veuve importune, 18, 4.; le pharisien et le péage r, 48, 19.; l'homme qui va prendre possession de son royaume, 49, 11.; le créancier et les deux débiteurs, 7, 41.; le cep et les sarments, Jean 45, 4.; le développement de la semence, Marc 9, 26.; le serviteur impitoyable, Matth. 4 8, 28.; les ouvriers envoyés dans la vigne, 20,- 4 .; les deux fils envoyés dans la vigne, 21, 20.; les méchants vignerons, 24, 33, et parall.; l'invitation aux noces, 22, 1.; l'homme qui n'est pas revêtu de la robe de noces, 22, 44.; les dix vierges, 25, 1.; les talents, 25, 44.; le bon berger et la porte de la bergerie, Jean 40, 4. — Quant à leur interprétation, v. Paraboles.

42° La vie de Jésus est pleine de miracles, comme elle est un miracle elle-même; il n'est guère possible de les rappeler tous, car il en est, les guérisons par exemple, qui se reproduisaient tous les jours. Voici cependant l'indication des principaux : il change l'eau en vin, Jean 2, 4.; il ressuscite trois morts, 44, 4. Luc 7, 11, 8, 40. Matth. 9, 18.; il guérit les malades, Marc 3, 4. Luc 4, 38. Jean 4, 43.; et ailleurs : il guérit les lépreux, Matth. 8. 4. et ailleurs; il chasse les démons, Luc 4, 31.; il rend l'ouïe aux sourds, Marc 7, 31.; la parole aux muets, Matth. 9, 32.; la vue aux aveugles, 9, 27.. etc.; il marche sur la mer, Matth. 4 4, 22.; il calme la tempête, 8, 48.; il rassasie cinq mille hommes, Matth. 4 4, 45.; une autre fois quatre mille hommes, 45, 32.; le statère trouvé dans un poisson, 47, 24.; il échappe aux Juifs, Jean 8, 54 .; il chasse les marchands du temple, 2, 13.; il fait sécher le figuier, Matth. 21, 18.; pêche miraculeuse, Luc 5, 4 . , Jean 2 1 , 4 . — Sur la signification des miracles, et sur le sens que Jésus attachait a celle manifestation de sa puissance, v. Miracles.

1 3° On trouve bien peu de choses dans les commentaires sur les circonstances qui ont accompagné la mort de Jésus. L'Ecriture nous dit qu'il y eut des ténèbres sur tout le pays (la Judée, ou la Palestine), depuis la sixième heure jusqu'à la neuvième (de midi jusqu'à trois heures), ainsi pendant toute la durée de la crucifixion, — et qu'à la mort du Sauveur le voile du temple se déchira en deux, depuis le haut jusqu'au bas, la terre trembla, les rochers se fendirent, les sépulcres s'ouvrirent, et plusieurs corps des saints qui étaient morts ressuscitèrent, et étant sortis de leurs sépulcres, après sa résurrection, ils entrèrent dans la sainte cité, et ils apparurent à plusieurs personnes, Matin. 27, 45. 54 . sq. — On a voulu expliquer

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par une éclipse de soleil les ténèbres qui accompagnèrent la crucifixion, et cela a pu paraître d'autant plus naturel que saint Luc ajoute, 23, 45. : « Le soleil s'obscurcit. » Mais une considération péremptolre s'y oppose, c'est que le mois de nisan commençait avec la nouvelle lune, et que la pàijue avait lieu le 15 nisan, par conséquent pendant la pleine lune. Tous les commentateurs sont d'accord à repousser une explication naturelle tirée de cet ordre d'idées; mais ils ne le sont plus quant à ce qui doit lui être substitué. Une cause physique quelconque (on ne saurait la déterminer davantage) a pu produire ce phénomène, et quand on se rappelle non-seulement l'éternelle prescience de Dieu qui exclut toute Idée de hasard, mais encore l'importance immense, unique, de la mort du Sauveur pour celui qui dispose à son gré de toutes les forces de la nature, on ne peut méconnaftre que celui qui a salué la naissance de Jésus par un concert des anges dans les deux, a dû aussi consacrer le moment de sa mort par un bouleversement dans les lois naturelles. D'ailleurs, ce n'est point le soleil seulement qui s'obscurcit ; la terre s'émeut, et l'économie du mont Slnaî est déchirée dans ce voile mystérieux qui fermait l'enlrée du lieu très saint; le sépulcre et la mort se reconnaissent vaincus, et les pierres même crient; les rochers parlent, là où un Impie clergé avait réussi ù Imposer le silence aux lâches et charnels enfants d'Abraham. «Tous les miraculeux phénomènes ici rapportés, dit Gerlach (trad. Bonnet et Baup), sont symboliques et renferment de profondes leçons. Dieu voulait montrer d'abord qu'il retirait de dessus ce peuple sa lumière, sa présence protectrice et consolante, et que toutes les puissances des ténèbres réunissaient leurs efforts contre le Sauveur du monde, comme il venait de le déclarer lui-même, Luc 22, 53. Dieu voulut aussi, lors de cet événemenl, le plus extraordinaire de l'histoire de l'humanité, montrer, par un miracle qui glorifiât Jésus-Christ, l'unité qui existe entre le monde invisible et le règne de la nature : le soleil de justice s'éteint dans les douleurs du Calvaire, et le soleil de la nature se voile de ténèbres. — Chacun de ces prodiges, outre le but général de réveiller l'attention et la crainte d'un peuple stupide et endurci, renferme un enseignement particulier. Le voile du temple, cf. Ex. 30, 40. Lév. 46, î.sq., indiquait que la demeure du Dieu vivant et saint était inaccessible à l'homme pécheur, et même au peuple de l'alliance, jusqu'à l'accomplissement des temps. Ce voile, déchiré au moment où se consommait sur la croix le vrai sacrifice d'expiation pour le péché, proclamait d'une manière frappante aux yeux de tout le peuple assemblé dans le temple pour l'ablution

du soir (trois heures), que désonnais l'accès du trône de la grâce (figuré par l'arche de l'alliance dans le lieu très saint) élait ouvert, et que l'homme pécheur, banni du ciel, pouvait tourner ses regards et ses espérances vers les demeures éternelles de la maison du Hère, cf. Hébr. 40, 20. — La terre, théâtre du péché, tremble sous le jugement de Dieu qui lui annonce à la fois sa destruction et sa rénovation future. Les rochers moins insensibles que l'homme aux souffrances du Fils de Dieu et aux coups de la justice divine (v. Serm. d'Ad. Monod), se fendent et accomplissent littéralement cette parole de Jésus à l'égard de ses disciples maintenant dispersés : « Si ceux-ci se taisent, « les pierres même crieront, » Luc 19, 40. — — Par la rupture de ces rochers, plusieurs sépulcres qui y étaient taillés, selon l'usage d'alors, s'ouvrirent; les corps de quelques élus de Dieu, endormis dans la foi au grand sacrifice qui venait de s'accomplir, pénétrés de la vie nouvelle dont le Sauveur ouvrait les sources et qui se communiquait à leur âme, se ranimèrent, et, après que la résurrection de Jésus-Chiisl eut remporté la dernière victoire sur le péché et sur la mort, ils sortirent de leurs tombeaux; ils entrèrent dans « la cité sainte, » expression choisie à dessein pour figurer la Jérusalem céleste, où entreront tous les rachetés de Christ tirés un jour de leurs sépulcres; et enlin ils apparurent à plusieurs fidèles, pour leur faire connaître ce merveilleux événement et sa signification prophétique. »

En général, on n'a pas assez remarqué combien toutes les circonstances importantes de l'humanité sont intimement mises en rapport avec des faits correspondants dans l'ordre physique et naturel, combien l'esprit et la matière semblent régis par une même vie. Quelquefois on a exagéré ce point de vue ; le plus souvent on l'a méconnu. Il y a peut-être plus d'esprit que de vérité dans ce parallèle qu'OIsbausen établit entre l'histoire de la chute et celle de la Passion : L'arbre de la science a amené la chute de l'homme, Yarbre de la croix son relèvement ; c'est dans le jardin d'Eden que le premier a succombé en mangeant du fruit défendu, c'est dans le jardin de Gellisémané que le second Adam a triomphé, dans le jardin encore qu'il a goûté au sépulcre le repos du sabbat; le premier homme a trouvé la mort dans le fruit d'Eden, c'est dans le fruit du vrai cep (symbole de la communion) que les croyants goûtent la vie éternelle. Le péché a fait croître les épines qui ont formé la couronne du Fils de Dieu, martyr, vainqueur et roi. » Mais, quoi qu'il en soit de ces détails, l'Ecriture nous fait souvent considérer la terre comme le corps de l'humanité; elles sont unies comme le corps et

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l'âme; l'une n'est que matière, l'autre est esprit; mais l'esprit réagit sur la matière. Il semble que ce soit une loi de la nature créée. A l'homme parfait une terre parfaite; au racheté qui soupire en attendant l'adoption, une création qui soupire et qui est en travail, Rom. 8, 21. 22.; à l'homme nouveau une nouvelle terre. L'alliance de Dieu avec Israël, sur le Sinaï, est scellée par l'ébranlement des puissances de l'air. La naissance du Sauveur est célébrée dans les cieux. A sa mort, la lumière pénètre jusque dans le lieu invisible. Des tremblements de terre annonceront les derniers temps; la résurrection des deux témoins, Àpoc. 44, sera accompagnée de signes semblables, et la Révélation nous montre à plusieurs reprises le soleil noir comme un sac de poil et la lune comme du sang, jusqu'au jour où la terre, elle-même renouvelée par un baptême de feu, rentrera en grâce et sera rendue à l'homme pour qui elle avait été créée.

On a cherché, naturellement, a expliquer d'une manière purement symbolique, mythique, les bouleversements qui ont accompagné la mort du Sauveur. Mais les historiens sacrés, partant à leurs contemporains de faits récents, ne pouvaient guère espérer de les tromper suides détails de celte importance; et quant à l'opinion qui veut que ces faits se soient passés dans l'ordre moral, dans le cœur des disciples, ou dans la conscience agitée de Pilate et des prêtres, elle est combattue par celte circonstance, que le centenier païen et ses soldais, qui gardaient Jésus, furent fort effrayés et tellement frappés de ce tremblement de terre, qu'ils s'écrièrent : « Véritablement cet homme était le Fils de Dieu. »

44° Essai d'une harmonie des quatre évangiles, d'après Edw. Robhison. v. 9°.

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