‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 194 sur 398 · JER 433 JER · texte numérisé non relu

JER 433 JER

donna D'ayant amené aucun résultat, il dut prendre les armes, et les vainquit; 42,000 hommes périrent dans celle guerre. Dès lors Jephthè jugea en paix Israël pendant six ans, puis il mourut et fut enseveli à Galaad. Son nom est rappelé dans un discours de Samuel, 4 Sam. 42, 11., et dans l'épître aux Hébreux, 44, 32. On trouvera dans mes Juges d'isr., p. 86-95, une poésie de M. le pasteur Fréd. Chavannes, le Dernier Chant de la fille de Jephlhé.

JËR AH, Gen. 10, 26., Joktanide nommé entre Hatsarmaveih et Hadoram; inconnu. Jérah signifie, en hébreu, la lune, et se retrouve également dans le nom de Jérieo, d'où quelques largums ont voulu induire que Jérah avait été le fondateur de celle ville, mais c'est une explication qui ne peut se soutenir. Michaëlis, avec plus de raison, quoique Ton ne puisse rien décider, pense à la côte et à la montagne de la Lune, en Arabie, près la mer des Indes.

JÉRAHMÉEL (miséricorde de Dieu). 4° Fils de Kis, 4 Cbr. 24, 29. — 2» Fils aîné de Helsron, frère de Ram et de Célubaï, de la tribu de Juda, 1 Chr. 2, 9. 25. 26. 27. — 3° Distric t de la partie méridionale de Juda; il fut occupé sans doute par les descendants du fils de Hetsron,

I Sam. 27, 10. 30, 29.

JERED, 4° v. Jared. 2° Jéred, père de Guédor; Pénuël eut un fils du même nom, 4 Chr. 4, 4 8. 4. Ils étaient de la tribu de Juda, et paraissent avoir été fondateurs ou princes de la ville de Guédor, mais on ignore l'époque à laquelle ils vécurent.

JÉRÉMIE (grandeur de l'Eternel). 4° Prophète hébreu, fils de Hilkija, de la race sacerdotale, natif de flanathoth, dans la tribu de Benjamin, Jér. 1, 4. 32, 8. C'est celui de tous les prophètes qui nous a laissé le plus de détails personnels sur sa vie et sur son activité. Sa vocation était déjà annoncée avant sa naissance, et fort jeune encore, âgé de quatorze ans à peine, il commença l'exercice de son ministère dans la treizième année du roi Josias (626-625 av. C). Il demeura jusque près de sa fin à Jérusalem, seul, sans famille (46, 2.), presque sans amis, annonçant le malheur a ses concitoyens, qui ne s'en effrayaient point ; le bonheur, et ils refusaient d'y croire. Presque toujours menaçant dans ses prophéties, il vit presque toujours les hommes répondre à ses oracles par des menaces ou de mauvais traitements; il dut pleurer sur lui-même en pleurant sur les autres, mais il ne sut jamais faiblir ni déguiser la vérité, quelles que fussent les prières ou les menaces.

II ne se laissa point décourager par l'opiniâtre résistance, ni aigrir par la malveillante fureur de ses ennemis; il les aimait, il les plaignait, et ne cessa de les conjurer de chercher leur bonheur dans l'accomplissement de la volonté

divine; dévoué à son pays, à celle Judée qui le persécutait, il resta le témoin infatigable de la vérité, l'ennemi, toujours ferme dans sa modération, de l'erreur, de l'incrédulité, de l'obstination; il remplit dignement sa mission d'ambassadeur des cieux, et fut en Juda comme d'un autre monde ou d'un autre temps. A la fois faible et fort, timide et courageux, désireux du repos et travaillant sans relâche, tendre et plein d'énergie, pacifique et agressif, il redoute de parler et affronte cependant tous les dangers, insultes et mauvais traitements; cet ensemble de qualités opposées est si frappant que Haevernk-k y voit une des preuves les plus remarquables de la divinité de la mission de Jérémie. La vie de ce prophète a été remplie d'événements, et n'en est pas moins monotone, parce que ces événements se ressemblent tous, ils se passent tous dans la sphère de la fidélité d'une part, de la persécution de l'autre. Il commença sous le règne de Josias et continua sous Jéhoachaz, Jéhojakim, Jéchonias et Sédécias. Après avoir prophétisé d'abord à Hanathotb, il se rendit à Jérusalem, 14, 24. 22., cf. 42,5, 6., et l'on ne connaît aucun détail de son histoire jusqu'en la quatrième année de Jéhojakim. où il faillit périr pour avoir annoncé la destruction de Jérusalem et du temple, Jér. 26. Sous Jéchonias il prophétise encore, 2 Chr. 36, 12., mais son ministère n'est interrompu ni signalé par aucun événement. Enfin, sous Sédécias, à l'approche des grands malheurs de Jérusalem, il parle avec plus de force encore, avec plus de clarté, ses oracles sont plus effrayants, et les persécutions redoublent, Jér. 11 et 42. Ceux de Hanatlioth même, sa ville natale, s'élèvent contre lui, 11, 21.; plus tard il est renfermé dans la maison de Jéhonalhan, 37 et 38., parce qu'il a voulu quitter Jérusalem, qui s'est rebellé contre le roi de Babylone, malgré les conseils et les oracles du prophète. Conduit devant Sédécias, il lui réitère l'annonce des mêmes malheurs, et obtient une autre prison moins dure, un geôlier moins sévère, 37, 47. Ses ennemis, irrités du changement qui s'est opéré dans sa position, demandent sa mort a Sédécias ; le prophète est jeté dans une fosse boueuse, où il eût péri si Dieu n'eût veillé sur ses jours, et ne l'eût sauvé par le moyen d'Hébed-Mélec, 39, 45. Enfin Jérusalem est prise, et Jérémie trouve dans le malheur public son entière liberté ; le roi païen le sauve quand les rois juifs l'ont persécuté ; et si Jérémie est un instant, par mégarde, chargé de cbalnf s et conduit à Rama, il est bientôt remis en liberté par ordre de Nébuzaradan, et préfère rester dans sa patrie que de suivre les vainqueurs â Babylone, où de grands honneurs lui sont promis. Un parti était resté en Judée, celui de Johannan, qui projetait d'aller chercher en Egypte

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une pairie nouvelle, un asile contre de nouvelles invasions; ils s'adressent à Jérémie pour Taire légitimer leur résolution par un oracle, mais le prophète cherche a les en dissuader, riiap. 42 et 43. La foule se tourne également vers l'Egypte, on émigré en masse, et plutôt que d'abandonner ces malheureux, le prophète les accompagne et cherche, mais en vain, â les préserver de l'idplàirie, et surtout du culte des astres. Ici s'arrête son histoire; le lieu et l'époque de sa mort sont inconnus. Il est probable qu'il mourut à Taphnès; une tradition porte qu'il y fut lapidé par ses compatriotes incrédules-, d'autres montrent son tombeau au Caire; quelques-uns pensent qu'il est revenu en Judée; quelques pères enfin, s'appuyaoi sur Matth. 46, 44., pensent qu'il n'est pas mort, mais qu'il a été enlevé au ciel comme Elle. — v. Kayser; Eev. de Théol., V, p. 454. sq.

Prophéties. Les oracles de Jérémie sont en général écrits dans un style large et abondant, moins obscur que celui de la plupart des aulres prophètes. Les emblèmes y abondent, mais s'expliquent facilement : celui du potier qui, d'un vase brisé, en reforme un autre, annonce aux Juifs que Dieu peut détruire leur race perverse pour se faire un autre peuple obéissant et lidèle, 48, 2.; ailleurs c'est un pot de terre que le prophète met lui-même en pièces dans la vallée de Hinnom, 49, 4.; ailleurs, un joug chargé de liens, qu'il porte sur son cou, 27 et 18.; ou bien, l'achat d'une propriété, 33, 7.; ou encore, une ceinture de lin qu'il cache dans une des cavernes de l'Euphrate, 43, 4. C'est également comme symbole qu'il fait appeler devant lui les Récabiles, 35, 4 . Les oracles de Jérémie ont été réunis sans égard à la chronologie, et il règne dans leur arrangement un péle-mèle qu'il est plus facile d'apercevoir que de débrouiller. Abarbanel a dit que c'était un livre qu'il fallait lire sens devant derrière (prius posleriùs et posteriùs priùs). On a fait beaucoup de travaux pour essayer de rétablir ces oracles dans l'ordre dans lequel ils ont été prononcés; le commentaire français de Dabler est à cet égard un des meilleurs, comme il est en général utile à consulter sur toutes les difficultés relatives aux temps et aux prophéties de Jérémie. En allemand, Ewald et Neumann. En anglais, un des meilleurs ouvrages est celui du docteur Blayney. Voici comment il flxe la suite des chapitres : 4° les prophéties qui ont été prononcées sous le règne de Josias 4-42; 3° celles qui ont été prononcées sous Jéhojakim 43-20; 22; 23; 25; 26; 35; 36; 45-48; 49, 4-33; 3° sous Sédècias, 24 ; 24 ; 27-34 ; 37-39 ; 49, 34-39 ; 50 ; 54 ; (le ch. 52, serait l'œuvre de Baruc ou d'Esdras);

rusalem jusq'au dépari du peuple pour l'Egypte» 40-44. — La division adoptée par Ewald est tout autre. On doit remarquer comme plus particulièrement messianiques les passages 23, 5.6., où Christ est appelé l'Eternel notre Justice , et 34, 31-36. 33, 8., qui annoncent l'abrogation de la loi mosaïque, la disparition de l'arche, l'efficace de l'expiation faite par la mort de Jésus, le caractère spirituel de la nouvelle alliance, et l'influence profonde et intérieure de l'Evangile, cf. iléb. 8, 8-43. lo, 16. — Le prophète Jérémie est cité, Matth. 27, 9., au lieu de Zach. 44, 42., soit que Jérémie, étant l'un des plus importants des prophètes, eût donné son nom comme titre général au recueil de toutes les prophéties, soit qu'il y ail eu une faute ou une addition de copiste, ou un manque de mémoire chez saint Matthieu, soit enfin par une confusion (appelée synchyse) de deux passages en un seul ; cf. le passage cité de Zacharie avec Jér. 32, qui n'est pas sans analogie matérielle avec Matth. 27. On peut opter entre ces divers moyens de conciliation ; il y en a encore au moins treize autres.

Lamentations. Recueil de cinq chapitres, contenant autant de chants ou élégies dans lesquels le prophète déplore les diverses calamités qui ont affligé sa patrie; le cinquième est un épilogue ajouté aux quatre premiers citants. Jérémie est auprès de Dieu l'interprète du peuple qui demande le pardon de ses*péchés et In restauration d'Israël. Quelques anciens auteurs pensent que c'est des Lamentations qu'il est parlé 2 Chr. 35, 25. (Josèphe, saint Jérôme, OEcolampade), mais il parait évident que le chant funèbre prononcé sur la mort de Josias, est un autre ouvrage de Jérémie qui ne doit pas être confondu avec les Lamentations, et Calvin appelle ce sentiment une grossière erreur (crassum; v. aussi Bullinger). Jarcbi veut encore que les Lamentations soient le livre qui a été écrit par Baruc, sous la dictée de Jérémie, après que Jéhojakim , dans sa stupide fureur, en eut jeté au feu le premier rouleau; mais le contenu des Lamentations n'est pas en accord avec ce qui est dit, Jér. 36, 2., des choses renfermées dans le livre dicté à Baruc ; peut-être y a-t-il une allusion à ce livre à la fin de 36, 32., mais on n'en sait rien. L'époque de la rédaction est inconnue; les Septante et la version arabe disent que Jérémie l'écrivit pendant la captivité et sur les ruines de Jérusalem abandonnée. Les quatre premiers chapitres sont composés de strophes acrostiches suivant l'ordre alphabétique; au ch. 3, les strophes sont de trois versets : ce même genre de poésie se retrouve dans quelques psaumes et dans quelques chapitres des

4° celles qui furent prononcées pendant le gou- Proverbes; l'auteur sacré, en y ayant égard, a vernemeot de Guèdalia, depuis la prise de Jé- 1 consulté peut-être le goût de son temps, peul-

être aussi la mémoire de ceux à qui s'adressaient ses chants. Pour un autre ordre on ne saurait en chercher; le prophète s'abandonne à ses sentiments douloureux plus qu'il ne s'attache à leur donner une forme, et ses plaintes ue sont pas un discours; l'espérance qui le soutient au milieu de ses peines, c'est la pensée que lors même que la terre est déserte et le temple détruit, Dieu règne encore et peut contracter avec son peuple une alliance nouvelle, pleine de grâce, pourvu que le peuple retourne a Dieu par un repentir sincère et véritable.

Le nom et les prophéties de Jérémie sont rappelés, 2 Cbr. 36, 21. Esd. 4, 1. Dan. 9, 2.; cf. Jér. 25, 42. 29, 10.

— L'Ecriture sainte mentionne encore d'autres hommes de ce nom : le père de Hamulal, épouse de Josias, 2 R. 24, 48.; un vaillant chef de la tribu de Manassé, 4 Chr. 8, 24.; enlin deux héros de l'armée de David, 4 Chr. 4 2, 4. 4 0. 43.

JÉRICO ou JÉRICHO, ville de la tribu de Benjamin sur les frontières d'Ephraïra, à 8 kilom. du Jourdain et à 28 de Jérusalem , dont elle était séparée par une contrée rocheuse et déserte, Jos. 46, 7. 1 8, 21 . C'est peut-être à cause de cette circonstance que Jésus a placé entre ces deux villes la scène du Samaritain miséricordieux, Luc 10, 30. Les environs de Jérico, véritable oasis au milieu des sables de la solitude, bornés à l'ouest comme en amphithéâtre par des montagnes calcaires, hautes et sans verdure, étaient fécondés par de riants cours d'eau, et extrêmement fertiles. Ils produisaient surtout des palmiers, dont la ville a pris son nom, Deut. 34, 3. Jug. 1, 16. 3, 13. On y trouvait également des rosiers et du baume odoriférant (le nom de Jérico peut se dériver, à cause de cela, de l'hébreu riach, sentir, en allemand riechen; d'autres le dérivent de yérach, v. Jérab; ce serait ville de la lune) : le miel y abondait et le climat était délicieux; tout était réuni pour en faire un paradis terrestre, excepté les serpents venimeux qui y foisonnaient. Patrie de l'hospitalière Rahab, Jos. 2, 1 . Hébr. 11, 31., Jérico, déjà construite et fortifiée lors de l'entrée des Israélites en Canaan, fut leur première conquête; ils la détruisirent, et Josué la voua à l'interdit, défendit de la rebâtir, et annonça que celui qui braverait sur ce point les menaces divines, y perdrait successivement l'aîné et le second de ses fils; Hie) fut assez malheureux, 537 ans plus tard, pour oser s'exposer à cette terrible épreuve, et il y succomba, 1 R. 16, 34. Entre ces deux époques cependant, le nom de Jérico n'est pas perdu : cette ville est nommée comme existant, Jos. 18, 21. Héglon, roi de Moab, y possède un palais, Jug. 3, 20., et les ambassadeurs de David, outragés par Banun, s'y retirent pour laisser

croître leur barbe, 2 Sam. 10, 5. 4 Chr. 49, 5. On peut croire que dans le premier de ces passages, il ne s'agit que du territoire de la ville; dans les autres, il s'agit plutôt d'un hameau reconstruit non loin de l'emplacement de la précédente Jérico, hameau qu'un roi païen aura pris comme un lieu de plaisance, où il se sera établi avec quelques sujets, et qu'on ne saurait confondre avec la ville proprement dite, dont le rétablissement avait été défendu aux Israélites seulement. Josèphe distingue clairement les deux villes (Guer. des Juifs, 5, 4.). Depuis Hiel, l'ancienne Jérico rentra dans le domaine public, et personne ne craignit plus d'y demeurer; Achab la fit fortifier; une école de prophètes s'y établit, 2 R. 2, 4., et on la revoit encore après l'exil, Esd. 2, 34. Néh. 7, 36. Elle fut embellie par Hérode, qui y fit construire un magnifique palais, et l'éleva au-dessus des plus belles villes de son royaume ; il y fit noyer son beau-frère le sacrificateur Aristobule, et luimême y mourut. Notre Sauveur a fait quelques miracles à Jérico, et il y visita Zachée qui était à la tête des péages que les Romains avaient établis sur le commerce du baume, Luc 49, 4 .; il y guérit aussi les deux aveugles, Matth. 20, 30. On trouve encore, sous le nom de Ricba, les ruines de cette ancienne ville, mais ce n'est plus qu'un méchant village, ceint d'une clôture d'épines sèches, avec une tour carrée, presque entièrement démolie, de construction franque; au douzième siècle déjà, Phocas dit qu'il restait à peine quelques traces de cette ville. — Quant à l'assainissement des eaux de Jérico, 2 R. 2, 49., on ne peut y voir qu'un miracle. Ces eaux, que l'on visite encore sous le nom de fontaine d'Elisée, étaient rendues amères, salées peutêtre par le voisinage de la mer Morte, et le prophète les rendit saines et potables en jetant du sel sur la source, et en annonçant de la part de Dieu qu'elles cesseraient d'être insalubres, bénédiction que Dieu seul pouvait donner, secret que les hommes n'ont jamais connu.

JÉROBOAM (dont le peuple est nombreux).

4° Jéroboam 1er, fondateur du royaume des dix tribus, sur lequel il régna vingt-deux ans (970- 948). Fils de Nébal et de Tséruha, il appartenait par sa naissance à la grosse et jalouse tribu d'Ephraim; il remplit, sous Salomon, les fonctions d'inspecteur des travaux publics dans la tribu de Joseph (Ephraïra et Manassé); nul doute que pendant ce temps, et grâce à sa position , il n'ait eu souvent l'occasion de prêter l'oreille aux mécontents ut de leur servir d'appui et de centre de ralliement. Dieu, qui avait annoncé à Salomon la division de son royaume comme châtiment de ses péchés, et qui voulait se servir de Jéroboam pour accomplir cette ré- I voluUon, lui fit révéler par le prophète Ahija les

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hautes dignités qui lui étaient réservées. Jéroboam, pressé de jouir du trône, conspire, mais ses complots sont découverts, et pour éviter le ressentiment du roi. il doit s'enfuir en Egypte, à la cour de Sisak; après la mort de Salomon, il ne tarde pas à éire rappelé par son parti, et, comme Roboam refuse de supprimer ou de diminuer les impôts et d'alléger les charges du peuple, Jéroboam est proclamé roi des dix tribus, et le schisme s'opère. Jéroboam choisit pour capitale de son royaume Sichem d'abord, puis Tirtsa; pour consolider sa puissance, il commence par faire fortifier plusieurs villes, Sichem et Pénuel, et, craignant l'influence des souvenirs religieux , il change par politique la religion de son peuple, brise les liens religieux si forts qui unissent encore ses nouveaux sujets à Jérusalem, la capitale du royaume rival : les grandes fêtes les y appelaient trois fois l'an, ces voyages eussent pu tôt ou tard les rattacher a la dynastie légitime; il faut à tout prix les prévenir. C'est à quoi il parvint en établissant aux deux extrémités de son royaume, à Dan et à Bé.hel, le culte du veau d'or, prodigieux acheminement à l'idolâtrie, et en faisant desservir ce nouveau culte par d»'s personnes qui n'appartenaient point a la tribu de Léû; il maintint ces mesures impies, ces innovations antilhéocratiques, malgré les avertissements des prophètes, malgré leurs mirât les, 1 R. 43, et ne se laissa pas même toucher par la mort prématurée de son fils Abija, bien qu'à celle occasion il eût paru vouloir se rapprocher un instant du vrai Dieu, 44, 1. Enfin, comme il était assez naturel de s'y attendre, il ne donna pas la paix à son pays, et fut, pendant tout le temps de son règne, en guerre avec Roboam, roi de Juda, et avec son successeur, 4 R. 4 4-45, 2 Cbr. 40 43. Son histoire a été écrite par le prophète Jiddo, 2 Chr. 9, 29. 4 2, 45.

2° Jéroboam //, treizième roi d'Israël, Ûls de Joas, régna sur Israël pendant quarante et un ans, 810-769. Par ses richesses et de nouvelles conquêtes qu'il fit sur les Syriens, auxquels il reprit Damas et Hamalb, il éleva au plus haut degré de puissance et de splendeur le royaume que son père avait déjà laissé dans la plus florissante prospérité; il lui rendit ses anciennes limites orientales, et parut béni de Dieu, ilais en même temps le luxe et la corruption des mœurs tirent de nouveaux progrès, et le culte du veau d'or fut maintenu comme sous le premier Jéroboam, ainsi qu'on peut le voir par la lecture des prophètes contemporains Amos et Osée. Après lui, Israël ne fit que décliner, 2 R. 43, 43. 4 4, 23-29.

JÉRUBBAQAL et Jérubbéseth. v. Gédéon.

JÉRUSALEM. Cette ville célèbre a porté différents noms, d abord Jébus,Jug. 49, 40. 4 Chr. |

4 4, 4., puis poétiquement, Salem, Ps. 76, 2., et dans le sens religieux ville sainte, ville de Dieu (Hiéropolis), Néh. 44, 4. 48. Matth. 4,5., ou ville de justice (Sédec), Cadytis. chez Hért d ute ; Alkuds (ou Alkodesh, la sainte) chez les peuples de l'Orient ancien et moderne; enfin Jérusalem, qui est son nom le plus ordinaire, celui qu'elle porta depuis que David en eut fait la capitale de son royaume. Elle était située à 8 milles de Joppe et à 5 du Jourdain, sur un plateau assez élevé au-dessus du reste du pays, ce qui explique la locution monter à Jérusalem, employée par les Juifs de toutes les tribus. Son sol était pierreux et calcaire, mais très fertile.

Primitivement, et lorsqu'elle appartenait encore aux rois de Canaan, Jos. 40, 4. 23., elle n'occupait que la colline de Sion, et se composait de la citadelle très forte de ce nom, 2 Sam. 5, 7., et de la ville proprement dite. Cette dernière avait déjà été prise et habitée, concurremment avec les Jébuslens, par les hommes de Juda et de Benjamin, à l'époque des Juges, Jos. 45, C3. Jug. 4, 21., cf. 4 Sam. 47,54; mais la forteresse opposa toujours aux Israélites, jusqu'aux jours de David, la plus vigoureuse résistance. David réussit enfin à s'en emparer, 2 Sam. 5, 6. ; il y fixa sa résidence, et la nomma de son nom, cité de David, 2 Sam. 5. 7. 9. 6, 42. 4 6. 4 R. 3, 4. 8, 4. 2 R. 9, 28. 44, 20.; cf. Néb. 42, 37. Dès lors Jérusalem fut le centre politique et religieux du royaume; elle prit un accroissement considérable. Salomon la fortifia, 4 R. 3, 4. 9, 46 ; il y fit élever le temple sur la colline de Morija, 4 R. 6, et se construisit à lui-même un palais magnifique, 4 R. 3, 4. 9, 15. Hozias, Jolbam, Ezéc.hias et Manassé l'agrandirent encoi e et continuèrent de la l'ortilier, 2 Chr. 26, 9. 27, 3. 32, 5. 33, 14. Elle n en succomba pas moins dans plusieurs sièges, 4 R. 44, 26. I R. 4 i, 4 3., et finit par tomber entre tes mains des Caldéens, qui la démolirent, 2 R. 24, 25, (586 av. C). La Bible ne donne pas beaucoup de détails sur le genre d'architecture et le mode de construction des maisons de Jérusalem : on voit seulement que les murailles étaient garnies de tours et de créneaux, 2 Chr. 26, 9. 45. 32, 5.; l'une de ces tours est spécialement désignée, Jér. 31, 38. Zach. 4 4, 4 0. Hophelet Millo paraissent avoir été comme deux forts détachés, et selon d'autres, une partie de la citadelle, ou du rempart, 2 Sam. 5, 9. 4 R. 9, 15. 24. 14,27. 2 Chr. 32, 5.27, 3. 33, 14.11 est parlé des portes de la ville Jér. 39, 4. 2 Chr. 32, 6., et les auteurs sacrés nomment la porte des poissons, 2 Cbr. 33, 4 4.; celle du coin, 2 R. 14, 13. Zacb. 14, 40.; celle de Benjamin, Jér. 37, 43. 38, 7. Zach. 4 4, 10.; celle d'Ephraïm, 2R. 14, 13.; la première porte, Zacb. I 1, f 0.; celle de la vallée, 2 Chr. 26, 9.; celle des chevaux, Jér-

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H, 39.; celle du potier, vers la vallée de Hinnom, Jér. 19, 2. (porta fictilis, Vulg. et les rabbins; mal traduit « porte orientale » dans nos versions); enfin la porte du milieu, Jér. 39, 3. Quant à leur position présumée, v. plus bas. — La haute porte de Ez. 9, 2. était, selon toute apparence, une des portes du temple. Comme places publiques, on remarquait celle de la porte et celle des boulangers, 2 Chr. 32, 6. Jér. 37, 24. Autour de la ville étaient deux étangs provenant de la source de Siloé, Es. 7, 3. 36, 2., et les jardins royaux qui étaient arrosés et fécondés par ces étangs, Jér. 39, 4. 52, 7. Néh. 2, 14.

Une question qui ne peut se résoudre complètement est celle de savoir à laquelle des deux tribus de Juda ou de Benjamin a appartenu Jérusalem avant le temps de l'exil. D'après Jos. 18, 28., cf. 15, 8., elle a été donnée en partage aux Benjamites, et bien qu'ils soient mêlés aux Jébusiens, c'est eux que l'on y voit demeurer, Jug. 4, 21.; le passage Jér. 6, 1. confirme cette opinion. D'un autre côté, d'après Jug. 4 , 8, ce sont ceux de Juda qui s'emparent de la ville; ce sont eux encore qui s'y mêlent aux Jébusiens, Jos. 45, 63., et le Ps. 78, 68. semble donner Jérusalem a cette tribu. On peut concilier ces deux versions en admettant que si les boinmes de Juda ont en effet occupé la plus grande partie de Jérusalem, la ville cependant et son territoire appartenait réellement aux Benjamites, et qu'elle était située en dedans des fromières de celle tribu.

Après l'exil, el dans les premiers temps de la reconstruction de Jérusalem (536 av. C), on trouve une nouvelle ville et d'autres détails, Néh. 3, et 8. On mit sans doute à profit, pour ce nouveau travail ce qui subsistait encore des anciens fondements et des anciennes fortifications, et l'on rebàtil les murs et les portes autant que possible sur leur emplacement primitif, cependant avec des différences amenées soit par des besoins d'agrandissement, soit par les corrections jugées convenables, soit par la disparition des premiers tracés. Le nom des portes fut changé, et l'on en trouve douze nouvelles, mentionnées Néh. 3 et 8, : celle des eaux, des chevaux, du bercail, des poissons (Soph. 4, 40.); la porte-vieille (probablement la même que la première-porte, Zach. 14, 10.); celle d'Epbraïm, Néh. 8, 46. ; celle de la vallée, Néh. 2, 43. 4 ; celle de la fiente, Néh. 2, 4 3.; celle de la fontaine, Néh. 2, 44.; la porte orientale, celle de Miphkad (du conseil), et celle de la prison. Il n'est plus parlé de celles du coin, du potier el de Benjamin. (Quant aux portes mentionnées Ez. 48, 31 ., elles appartiennent à une vision, et sont prophétiques). On ne peut guère préciser la position de ces différenles portes ; le cliap. 1 2

de Nébémie ne donne même à cet égard que de vagues indications. Au nord-ouest, la porte du coin et celle d'Epbraïm (qui était peut-être la môme que celle de Benjamin, 2 R. 44, 43., cf. Zach. 4 4, 10.); du nord-ouest au sud-est, la vieille-porte, celle des poissons et celle du bercail, Néh. 3, 4-6, 42, 39.; entre elles étaient celle des chevaux, et celle de l'eau; celle d'Epbraïm et la vieille-porte étaient voisines sans qu'il y en eût aucune autre entre elles, Néh. 42, 39.; du sud-ouest au nord-ouest, la porte de la fontaine (Siloé); celle de la fiente et celle de la vallée (Guihon); la porte du potier était peui-étre la même que celle de la fontaine; quanta la pone du milieu, on ne la connaît pas; s'il y a eu avant l'exil une ville inférieure, on peut croire que c'est la porte qui joignait les deux villes. Les portes nommées 2R. 44, 6. 15,35. 4 Chr. 44, 48. 26, 16. 2 Cbr. 23, 5. Jér. 36, 10, cf. 26, 40., appartenaient au temple ou à des villes voisines.

Il n'est parlé que de deux tours sur les murailles de la ville, celle de Hananéel, et celle de Méah, Néh. 3, 4. 42, 39. Zach. 4 4, 40., toutes les deux proche de la porte du bercail, du côté de celle des poissons, vers l'est. — On ne trouve dans cet le période le nom d'aucune place et d'aucune rue. La partie la plus forte de Jérusalem paraît avoir été alors la cité de Sion, nommée aussi ville de David, qui avait élè fortifiée par les Syriens, et que l'on regardait co.i.me imprenable, 4 Macc. 4, 35. 3, 45. 4, 2. 9, 52. 40, 6., jusqu'au moment où le prince Simon réussit a s'en emparer, 4 Macc. 4 4, 37.

La troisième époque est celle de Jésus et des apôtres jusqu'à Josephe : cet historien lui-même est une source précieuse de renseignements de lous genres sur la topographie de Jérusalem aux temps qui précédèrent la conquête des Romains, et par conséquent aux temps de Jésus, puisque la ville resta à peu près la même jusqu'à sa destruction, sauf l'achèvement et la mise en état de défense de la nouvelle ville. D'après Josèphe, Jérusalem était bâtie sur quatre collines formant deux crêtes parallèles du nord au sud ; l'une se relevant à son extrémité méridionale et s'avançant comme un promontoire escarpé entre la vallée de Hinnom et celle de Josapbat, l'autre s'abaissant au contraire sensiblement. Entre ces deux crêtes se trouvait une espèce de dépression, combe, ou vallée, dont la partie supérieure est peu profonde, et que l'on suppose être l'ancienne vallée des Tyropéens, ou faiseurs de fromage (v. Bovet, et Van de Velde), quoique plusieurs auteurs, et à leur têle Robinson. donnent au Tyropéen supérieur une direction de l'ouest à IVst qui le ferait passer au nord du mont de. Sion. Celle vallée des faiseurs de fromage devint peu ;i peu

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une rue par les nombreuses constructions qui y furent faites.

Jérusalem se composait de trois parties principales : la ville haute, située vers le midi sur la colline de Sion, la plus élevée de toutes ; la ville basse, sur la colline d'Acra , au nord de Sion etdeMorija; la nouvelle ville , au nord, sur une colline qui était primitivement plus basse, et qui fut élevée par des travaux et des terrassements subséquents : c'est celte ville neuve qu'Hérode Agrippa chercha à réunir à la vieille ville. Au sud-est s'élevait le temple sur h montagne de Morija , qui touchait au nordouest, par la forteresse Antonia, au plateau et à la ville inférieure, et communiquait par des ponts avec la ville haute : cette dernière était fortifiée par une muraille garnie de soixante tours ou tourelles, dont les trois plus importantes (Hippique, Phasaël et Marianne) avaient été élevées par Hérode le Grand , et qui formaient comme une couronne autour de la colline; la ville basse, qui était reliée au sud avec la ville haute, était garnie d'une muraille avec quatorze tours à sa partie septentrionale; enfin la muraille de la nouvelle ville était la plus forte et la plus solide de toutes, ayant «0 coudées (4 4 m.) de haut, ou 23 (4 4», 50) en comptant les créneaux et les parapets, et construite probablement en zigzag, puisque Josèphe lui donne quatre-vingt dix tours, dont la principale, au nord-ouest, avait 70 coudées de haut. Vers le nord, Jérusalem avait trois rangs de murailles; le sud (Sion et Morija) n'en avait qu'un seul, ces collines étant suffisamment protégées, à l'est, au sud, et au sud-ouest par les ravins qui étaient à leur pied. On voit que Jérusalem pouvait à juste titre passer pour une des plus fortes citadelles de l'antiquité. Josépbe lui donne une lieue et demie de tour (33 stades) Hécatée lui donne 50 stades, et une population de 420,000 âmes, chiffre bien peu élevé en comparaison de l'évaluation de Josèphe, qui porte à 2,700,000 le nombre des hommes qui se trouvaient dans la sainte cité les jours des fêles solennelles.

Outre le temple, dont nous reparlerons en son lieu , Il faut nommer parmi les édifices les plus remarquables de Jérusalem : — a) La citadette Jntonia, bâtie par Jean Hyrcan, qui lui donna d'abord le nom de Baris, puis fortifiée et embellie par Hérode en l'honneur de Marc Antoine. Elle était située sur un rocher escarpé de 50 coudées de hauteur, au nord-ouest du temple, avec, lequel elle communiquait par des passages dérobés ; elle présentait dans son intérieur toute l'apparence d'une ville, des places, des allées, des statues, et un grand nombre de bâtiments : aux quatre coins étaient des tours, dont celle du sud-ouest, qui était la plus rap-

prochée du temple, avait 70 coudées de haut : elle dominait ainsi non-seulement le temple, mais la ville tout entière, et les Romains y entretinrent longtemps une garnison; c'est là que Paul fut conduit et détenu, Act. 24, 34. 37. 22, 24. 23, 40. — 6) Le palais d'Hérode, magnifique bâtiment de marbre, entouré de murs de 30 coudées de hauteur, non loin des trois tours septentrionales de la ville supérieure. — c) Le Xyste, grande place publique entourée d'allées et de galeries vers la partie est-nordest de la ville d'en haut, communiquant par un pont avec le temple. — d) La tour d'Ophel. q. v. , vers la muraille orientale de la ville supérieure. — e) Le Prétoire, v. cet article et Procurateurs.

Hérode Agrippa H semble avoir le premier imaginé le pavage des rues.

Les environs de la ville, surtout vers le nord, étaient riches en jardins et en maisons de plaisance, 2 R. 25, 4. Jér. 39, 4. ISéh. 3, 45. : on y trouvait aussi quelques lieux de sépulture ; quant aux étangs et rivières, v. Rogucl et Siloé.

Depuis l'exil, Jérusalem a été la proie des nations ; son histoire est celle de tout Israël.

Elle fut prise successivement, en 320 av. C. par Ptolémée Lagus: en 464 , par Anliorhns Epiphanes de Syrie ; en 36 (l'an 717 de Rome), par Hérode le Grand, devenu roi des Juifs; entin, l'an 70 ap. C, par Titus, fils de Vespasien : massacre effroyable dans lequel périrent plus d'un million de Juifs, et dans lequel la plus belle des villes devint en peu de temps la plus mémorable des ruines. Titus laissa subsister les trois tours du nord, la muraille occidentale et quelques maisons; mais ces débris eux-mêmes furent démolis en 436, quand Adrien, pour braver les Juifs, eut résolu de faire construire sur l'emplacement de l'ancienne Jérusalem, une nouvelle ville sous le nom d'^lia Capitolina, et à la place du temple de Jéhovah un temple de Jupiter; mais celte colonie militaire n'occupa jamais tout l'emplacement qu'embrassait le centre de l israélitisme. Dès lors Jérusalem a été prise et reprise, détruite et reconstruite vingt fols : tous les âges sont venus ajouter à ses ruines anciennes des ruines nouvelles, et relui qui désire aujourd'hui retrouver les traces de la Jérusalem que Jésus-Christ a visitée, doit se rappeler qu'elle a été renversée de fond en comble aux jours de Vespasien par les assiégés non moins que par les assiégeants; qu'elle l'a été en 430 par Julius Severus. en 644 parles Persans, en 636 par les Sarrasins, en 4086 par les Seldjoucides, en \ 099 par les Croisés, en 4 4 87 p;irSaladin, par les Turcs en 4247 et I f 39, sans compter les nombreuses luttes qu'elle a eues à soutenir dès lors contre des ennemis de tous genres, — et chaque fois ses palais, ses rues, ses maisons, ses murailles ont été démolis, et

des nouveaux quartiers se sont élevés sur les décombres des anciens. Où qu'on fouille aujourd'hui I on trouve 40 à 42 m. de débris; l'histoire a ses cailloux roulés comme la géologie ; récemment, quand on s'est occupé de creuser les fondements d'un couvent autrichien, l'on a trouvé trois maisons bâties en étages l'une sur l'autre (F. Schickler). 11 n'en faut pas davantage pour montrer combien la topographie de la Jérusalem ancienne est difficile à établir, et combien en particulier sont précaires les indications des traditions arabes ou monacales sur les lieux, rues ou maisons, où doivent s'être passés la plupart des faits de l'histoire évangélique. Sans même toucher à la légende, il suffit de rappeler toutes les incertitudes qui régnent sur la place de la colline d'Acra , sur la direction exacte de la vallée desTyropéens, et sur l'identité de l'Eglise du Saint-Sépulcre, q. v. Aujourd'hui Jérusalem/ dont l'enceinte date de Soliman 11 (1536 à 1539), n'est plus rien; c'est une ville de 4.630 pas de tour, un évéché angloprussien, le rendez-vous de 25 à 30,000 habitants (d'autres disent même 45,000), de toutes les nations et de tous les cultes, parqués en quatre quartiers distincts : chrétiens, arméniens, juifs et mahométans; seuls ses anciens maîtres, les Juifs, y marchent en courbant la tète, honteux de s'y trouver, triste monument de la vérité des prophéties et de la ferme exécution des menaces divines.

Un grand nombre d'ouvrages, dont plusieurs assez récents, renferment des descriptions détaillées de Jérusalem; quelques-uns écrits à un point de vue tout subjectif, d'autres plus topographiques et scienlitiques : La liste en serait considérable, on peut se contenter d'indiquer ici Lamartine et Chateaubriand qui sont le plus connus, quoiqu'ils ne puissent pas faire autorité; puis, Schubert, Joh. Bail, Strauss (Sinaï und Golgatha), Van de Velde, Schuliz, Sepp, Tiscbendorf, Ackermann, en allemand; en anglais, Robinson, Thomson (the Land and the Bookj.Keith (les Juifs d'Eur. et de Palest.); en français enfin, une thèse assez complète d'A.Coquerel, le Journal d'un Voyage au Levant, t. III; Schickltr, En Orient; Félix Bovet (Voyage en Terre-Sainte) ; Gérard Saintine , Topogr. de l'anc. Jérusalem, dans Trois ans en Judée ; et de Pressensé (Le Pays de l'Evangile), v. aussi l'Histoire de Jérusalem, de M. Poujoulat (1842).

Que sera la nouvelle Jérusalem de l'Apocalypse 21 , 2. P Celle question ne peut se traiter ici; mais comme on ne la traite presque nulle part, il importe de la rappeler : Jérusalem sera restaurée , et deviendra de nouveau le centre du peuple de Dieu, la capitale du monde, et la résidence de celui qui aura vaincu l'Antic.hrisl. La question d'Orient se tranchera.

JES A BEL, ou IzébeL 4° La plus méchante peut-être de toutes les femmes qui aient jamais occupé un trône. Païenne de naissance, fille d'Ethbahal, roi de Tyr et de Sidon, elle était la sœur de Badezorin, le grand-père de Pygmalion et de Didon. Toujours adoratrice des dieux païens, dont le patronage favorisait ses voluptés et ses cruautés, elle épousa sans crainte un Juif de nom, Achab, qui lui apportait un trône et une grande tolérance pour le crime : elle sut rendre son époux plus idolâtre et plus sanguinaire encore (908 av. C). Elle jura l'extermination d'un culte qui ne pouvait être exterminé, et la mort d'un prophète, F.lie, qui ne devait point mourir. Elle réussit mieux avec Nabolh, qu'elle fit tuer pour avoir sa vigne; mais ce crime envers un homme du commun peuple ne fut pas moins enregistré devant Dieu , et Elle lui annonça que les chiens dévoreraient son corps. Achab mourut, et Jésabel vit le règne de ses deux fils, Acbazia et Joram ; puis vint Jéhu, l'exterminateur de sa dynastie. Le palais d'Achab était probablement près des murs de la ville, non loin du champ de Nabolh : Jésabel, voyant arriver l'usurpateur, se montra tout ornée A l'une des t fenêtres du palais, peut-être pour voir Jéhu, peut-être pour le braver, le séduire ou le menacer; mais Jéhu parla, et cette odieuse femme fut précipitée dans la rue, où les chiens la dévorèrent et la firent disparaître en peu d'heures. 1 R. 46, 31. 18, 4. 49, 4. 21, 5. 2 R. 3, 2. 9, 7. — Son nom signifie, selon les uns, l'insulaire ; selon les autres, intacte, pure, une Agnès : on l'a conservé dans l'Isabelle moderne.

2° Femme de l'Eglise de Thyatire, qui n'est connue que par la mention de l'Apoc. 2, 20. L'Esprit lui reproche ses impudicilés et ses doctrines idolâtres ; le nom qui lui est donné n'est probablement qu'une épithète, un souvenir de l'ancienne Jésabel, qu'elle rappelait par sa scandaleuse conduite. On pense que c'est une femme de haut rang, que Jean n'a pas voulu nommer.

JESSÉ, t\ Isaî.

JESUAH, ou Jéhosuah, Esd. 2, 2. 3, 2. 4, 3. 5, 2. Ncb. 7, 7. 4 2, 4 . (536 av. C), fils de Jébotsadak, exerça, sousZorobabel, les fonctions de souverain sacrificateur, auxquelles il avait droit quoique son père n'eût pu les exercer; il se montra digne de sa tâche, combattit les machinations des Samaritains, et travailla sans relâche à la reconstruction de Jérusalem et du temple. Son nom se retrouve Agg. 4,4.2, t. Zach. 3, 4. 6, 44. Dans ces deux derniers passages, il est nommé comme emblème du peuple, d'abord opprimé puis restauré, et il rappelle, par sa lune avec Salan, que le véritable empire et la véritable sacrilicalure d'Is-

raël ne trouveront leur réalité qu'en Christ.

JESURUN, diminutif de Jasar, q. v. Nos versions le traduisent par « les hommes droits, » Deut. 33, 6.; par droiturier (comme Jasar), veut. 32, 45. 33, 26. ; et le conservent comme »om propre, sans le traduire, Es. 44, 2. Les Septante le rendant par ^vazijf/ivo;, la Vulgate par dilectus dansée Deutêr., et par rectissimus v*Xî a**16 Elyn*Pjog»quement il renferme 'idée de droiture, nfiais on croit en général qu'il est employé poélHfluement pour exprimer I affection que Dieu porleStf^'e Peuple qu'il a adopte, et que cette adoption 11. rendu saint et juste à ses yeux. - Gesenius regar* <* comme une abréviation de IsraetunZofr* Israël), maisc'est forcé. HHHg induit :

susJESl?d^S^tSUS'Chris,■ 2° *' 3° Jésus,, nis de Sirach, auteur du livre <1p i'F„ T

«astique ou la Sanience » Ll . Ecc,é"

sus est la forme g recle de ZP'^'

mier Josué oui a ini^inu i ' ail du Pre-

la Canaan célesie à dT nu, •' qul a 0Uïert JÉSUS-CHRIST n. ' ' C""roM e" lul-

fois "Sw ïï^r:"1» r esi * "

JÉS

toutes les perfections, de toute la majesté divine; — ce corps qui, en forme de chair de péché, naît débile, croît, se développe, ressent la faim et la soif, la fatigue et la souffrance, subit la mort, mais ne peut être retenu par elle sort du sépulcre, encore susceptible d'accomplir les fonctions animales, et pourtant échappe aux lois de la matière, et s'élève d'une manière visible vers ce royaume où la chair et le sang ne peuvent entrer; — celte âme qui, elle aussi, se développe, croit en sagesse, souffre, se réjouit s'attache, ressent la tentation, s'abat dans la tristesse, puisse relève triomphante au milieu dr toutes les faiblesses, pure de toute souillure et ferme, sereine, sainte, radieuse, révèle au monde £idéal d'une grandeur humaine qui se confond ave^jjv^i'andeur même de Dieu? — Tous ces

problèines%£i,umit à peîne être indiqués ici Nous ne sauriolfi^ ??u? ne disons

les résoudre la scW1' '' e ,homme n'Y suffirait

mais mine à jes\l1X1aminer dans ,eurs

~ ' ressort de la dogma-

nas.

tails. Ils sont d'ailleurs « ,

IWe, de la psycbolo^X^ ce^T ' * ne sauraient être abordés daX^f , ''i

Nous n'avons V»1tâ^i*«^ à écrire une biographie de JéÎR^ t\ Tm Ufs de convenance, plusieurs ait" (i bien fa)re que de supprimer vjM"^^ telle vie est trop haute, disaient-item? P che pourqu'Jplume' pu^»™ ITlZ1™* u" ^eausatisfaisa^^r;;

50 s'humilie dans le sent ZT "V0™ ,a SÎSSeà en lra<*r tableau sat sfehZl son impuissance, et ffi ^Z^onV' att?9*"»* •^^'^3 divin sur nos lèvres, nous'inWte l adorl £ ™ "±1PU Seu,e sc de ce soi

silence ces choses que ï'œi n'a "L, ^ *"

questions pleines Û^& Z^IJ??™ Ie aussi pleines d'obscurité r^m , ou,e' mis etde/nir ,a persoÏÏ '

vainité,eetèdr,îh,e Salnl'EsP"M'union d?^ ! ™i£ ? de/h«nianifé dans sa personne son œuvre de roi, de sacrificateur eï de pronnèie son origine, sa naissance, sa vie, a Tort si résurreciion, son action dans J Eg ise et a.prèl dujère; son second avènement, so„ regt

Que peuvent dire et la physiologie et la nsvchologie pour expliquer son corps et so„ S -ce corps formé tout à la fois et par KinflueTc du Saint-Esprit et dans le sein de la chair ^

toutes les émoi ions humaines, et empreinte de

comprenons ce scrupule, mais sans le par1

t >IT "T arrête' c'esl moin* «lté ne que lacons,deration même de l'étendue du>

f J^Î lri l^d une«aniere Convenable, j Evangile, d'ailleurs, se résunk en Jésus' lui se résume aussi l'histoire de <W qui 1* vu annoncé, accompagné et prêchS sa vi rattache à une foule d'hommes et de> faits trouvent déjà leur place ailleurs, et?* . produisant ici, feraient néccssaiVen.eV

Nous nous bornerons donc à l'exai* -le quelques points particuliers, qui ne s traites ailleurs, et à un coup d'œil cén' la vie terrestre de Celui qui par sa devenu le chef de l'Eglise. '

Jrtrl^ d-«Jé'su-s sigDifie Sauveu«•; 0

de Christ signifie oint : ce sont à la VoT noms Propres ei des noms d'attributs. Le < sip n., m radî;ctîîn Kre^ne de l'hébreu M sic ou Mashiach. Jésus s'appelle encore Fn ,„

Tt'ti' VV d<1Ini^Adam, Scilo, David. „s MU Ji n 30^9 '°™>J^ 23,5.Zach. 3, .s

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sacrificateur, etc. La Concordance de Mackenzie compte près de deux cents noms et titres donnés ù Jésus, dans l'Ecriture.

8° La venue de Jésus est supposée d'un bout à l'autre de l'Ancien Testament, depuis l'instant de la chute, Gen. 3, 45. Les cérémonies du culte lévitique, le mosaïsme tout entier, le sacerdoce et les prophètes l'annoncent et lui rendent d'avance témoignage ; Jésus a mis le sceau à leurs visions, cf. Dan. 9, 24. Les types et les prophéties messianiques abondent; il faut se tenir en garde toutefois contre l'imagination qui pourrait en faire voir partout. Girard des Bergeries a peut-être exagéré, les types; Hengstenberg, dans sa Christologie, a été préoccupé outre mesure de son sujet, et a multiplié te nombre des oracles relatifs au Messie. Ces deux ouvrages n'en ont pas moins une grand valeur, et méritent d'être étudiés. Les faits principaux de la vie de Jésus sont annoncés clairement : l'époque de sa naissance, Dan. 9, 25.; le lieu, Mich. 5,2.; sa naissanced'une vierge, Es.7,44.; son nom, ibid.; son surnom (Nazarien, rejeton) Es. 4 4, 4.; son retour d'Egypte, Os. 44, 4. ; le massacre des innocents, Jér. 34, 45.; l'œuvre du précurseur, Es. 40, 3. Mal. 3, 4.4, 5.; la mission de Christ, Es. 53; son entrée dans Jérusalem, Zaeb. 9, 9.; son humiliation, ses souffrances, sa mort expiatoire, le prix auquel il serait livré, les méchants qui seraient mis ù mort avec lui, sa glorieuse sépulture, sa résurrection,^. 2*, Es. 52, 43.53, U. Zach.14,43., cf. Jér. 48, 4. sq.; son ascension, Ps. 68, 48. 24, 9.; l'Eglise enfin qui naîtrait de son travail, de sa doctrine, et de son sang, Zach. 6, 4 ?., etc. 11 est beaucoup d'autres prophéties immédiatement et exclusivement applicables à Christ; nous avons indiqué les principales. On peut voir encore Agg. 2, 6-9. Zacb. 4», 40. Dan. 2, 44. 7, 4 3. Ps. 2, 45, 402, 4 40, etc.

3° L'année de la naissance de Jésus ne peut pas être déterminée d'une manière exacte, mais il e>t généralement admis qu'elle est de quelques années antérieure à l'an 4 de l'ère chrétienne. On voit, en effet, par Matth. 2, 4-6., que Jésus est né du vivant d'Hérode le Grand, mais peu de temps avaut sa mon. Or Hérode mourut l'an 750 de Rome, un peu avant Pâques (Jos., Ant., 47, 8, 4,-44, 44, 5.-47, 9, 3.). Si, de cette date, nous défalquons les jours de la puriflcation, le temps de la visite des mages, le voyage en Egypte, le séjour dans ce pays jusqu'au moment de la mort d'Hérode (et six mois ne seront pas un chiffre exagéré), il en résulte que le Christ est né au plus tôt dans l'automne de l'an 719 de Rome, donc quatre ans avant notre ère. — Une seconde donnée historique nous apprend, Luc 3, 4. 2., que» Jcan-Raptisie commença son ministère en la 45' année de Tibère; Jésus au

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moment de son baptême avait trente ans, Luc 3, 23. L'un et l'autre étaient sans doute entrés en fonctions au même âge, conformément à l'usage lévitique, Nomb. 4, 3. 35. sq. Si nous reculons de trente ans en arrière, nous arriverons à connaître l'année de la naissance des deux cousins. Auguste était mort le 29 août 767; il fut immédiatement remplacé par Tibère, qui était déjà son associé sur le trône depuis deux ou trois ans. Ces années de corégcncc comptent habituellement dans la vie des rois : Tibère serait donc monté sur le trône en 765 ou même en 764; sa 45e année tomberait sur l'an 773, d'où il suivrait que Jean, né trente ans auparavant, serait né en 748, et noire Seigneur en 749. (Si cependant on ne date les années du règne de Tibère que depuis la mort d'Auguste, la naissance du Seigneur tombe sur l'an 752, résultat sensiblement différent de celui que donne Matthieu). — On trouve un troisième indice, mais également sujet à incertitude, dans Jean 2, 20.: « On a été quarante-six ans à bâtir ce temple. » Josèpbe dit qu' Hérode a commencé la restauration de cet édifice la 48e année de son règne, mais ailleurs il nomme la 45e (Ant., 45, 4 4, 4. Guer. d. J. 4, 24, 4.), comme il donne aussi tantôt trente-sept, tantôt trente-quatre ans au règne de ce monarque, suivant qu'il le fait commencer à sa nomination par les Romains en 71 4, ou seulement, ce qui parait plus probable, à sa prise de possession du pouvoir après la mort d'Antigone, 747. La 48e année de son règne tomberait donc soit sur l'an 732, soit plutôt sur l'an 734 ù 735; et la première Pâque de notre Seigneur aurait été célébrée dans la 47e année du temple restauré, soit l'an de Rome 781. Jésus avait alors trente ans et quelques mois; sa naissance remanierait ainsi à l'automne de 750 U. C. (ou 748 si I on suit la variante de Josèpbe). — Notons enfin une tradition conservée par les Pères latins (Terlullicn, Lactance, Augustin), portant que la mort de notre Seigneur eut lieu sous le consulat de Rubelliuset de Fufius, c'està-dire l'an de Rome 782. Si, comme on le suppose ordinairement, la vie de Jésus a été de trente-trois ans et demi, sa naissance tomberait encore sur l'an 748; mais c'est une question à part. — Quelques écrivains modernes, se fondant sur Mattb. 2, 46., et prolongeant le séjour d'Egypte, pensent que Jésus avait déjà deux ou trois ans à la mort d'Hérode, et le font naître par conséquent déjà en 747 (Mùoter, etc.). C'est la même année que fixent également ceux qui, avec Keppler et Ideler, voient dans l'étoile des mages la conjonction de Jupiter et de Saturne qui eut Heu celte année-là. — Il résulte de ce qui précède que Jésus a dû naitre trois ou quatre ans avant l'ère vulgaire, et qu'il a pu naître quelques années plus tôt encore. L'ère vulgaire.

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ou dionysienne, a été fixée au vi« siècle, par l'abbé Denys (Dionysius Exiguus) qui lui a donné son nom ; elle a été employée par Bède le Vénérable (première partie du vin* siècle) dans ses ouvrages historiques, et bientôt après dans des actes publics, par les rois francs Pépin et Charlemagne. — L'époque de l'année en laquelle Jésus naquit est plus difficile encore à déterminer; ce qu'il y a de sûr, c'est que ce ne fut pas en hiver, puisque les bergers gardaient les brebis dans les champs. Selon Lardner, ce serait entre la mi-août et la mi-novembre; selon l'arcbevéquc Newcome qui prend la moyenne, ce serait le 1er octobre; Winer donne une marge plus grande, et n'exclut que la saison froide. En fait, il n'y a aucune donnée positive; le 25 décembre commença à prévaloir au ivc siècle,, comme jour de la nativité, et si Ton en croit Léon le Grand, qui mourut en 461, il y avait bon nombre de gens à Rome qui célébraient ce jour bien moins à cause de la naissance du Sauveur qu'en l'honneur du soleil renaissant (Serm. XXI, ch. 6.)

4« Les généalogies. — Matthieu 1, 4-16. et Luc 3, 23-38., donnent l'un el l'autre la généalogie de Jésus; l'un, écrivant pour les Juifs, prend Abraham pour point de départ; le second, écrivant pour les nations, remonte jusqu'au chef de l'humanité, Ad im, et jusqu'à Dieu. Matthieu divise ses générations en trois groupes de quatorze membres chacun ; le premier groupe, période de la promesse, va d'Abraham à David ; il y manque plusieurs anneaux, notamment entre Saïmon et Jessé. — David, qui est le dernier terme de la première division, compte aussi comme le premier de la seconde; il est deux fois compris dans les quatorze; cette seconde période, celle des types rois, s'étend jusqu'aux jours de la transportalion ; au v. 8., entre Joram et Hozias, il manque trois chaînons, Achazia, Joas, Amatsia; au v. 11., les meilleures autorités portent simplement : « Et Josias engendra Jéchonias, etc., » en omettant la mention de Jakim, qui n'est qu'une glose, mais la glose bien naturelle d'un copiste qui avait remarqué une lacune, et qui voulait la combler ; seulement elle a été maladroitement comblée. Historiquement, Josias engendra Jéhojakim et ses frères; Jéhojiikim n'engendra que Jéchonias, et peutêtre un Sédecias mort bientôt, 2 R. 23. 34. 2 Chr. 36, 4.; cf. 4 Chr. 3, 15. 16. Les frères de Jéhojakim sont donc les oncles de Jéchonias, elle v. 41 doit se traduire, quant au sens du moins : « Josias engendra (fut le père ou grandpère de) Jéchonias, et ses oncles. » Il manque donc à celle division quatre noms au moins, et au lieu de quatorze on en devrait compter dixhuit, ce qui a fait supposer à quelques commentateurs que le v. 47. n'était qu'une note qu'un

copiste aurait plus lard fait passer dans le texte; mais l'accord des manuscrits s'y oppose. Il est plus probable que ces quatre noms étaient habituellement omis dans les tables généalogiques, sans qu'il > ait pour cela de motif à nous appréciable (on peut voir une omission semblable dans la généalogie d'Esdras, 7, 4-5., cf. 4 Chr. 6, 3-15.). — Dans le troisième groupe (abolition de la royauté et des types rois), Salalhiel est noté comme père de Zorobabel (Maiih. et Luc), tandis que, d'après 1 Chr. 3, 49., Zorobabel était fils de Pédaja.son frère; il faut donc supposer, avec Hug (II, 269), que Zorobabel était le fils aîné de Pédaja et de la veuve de Salalhiel, qui était mort sans enfants, et que pour cela il fut inscrit sur les registres de Salalhiel, conformément à la loi du lévirat, Deut. 25, 6. Au v. 13, Abiud, et Luc 3, 27., Résa, sont nommés comme fils de Zorobabel ; leurs noms ne se trouvent pas 4 Chr. 3, 49., mais cela n'a guère d'importance. Enfin, v. 46., nous voyons en quelque sorte l'esprit de cette généalogie ; elle est légale : Jésus descend de David légalement, par Joseph, le mari de Marie ; la formule « engendra » disparaît entre Joseph et Jésus ; après avoir suivi la filiation officielle de Joseph, Matthieu constate que, si Jésus appartient à la famille de Joseph, il ne lui appartient que légalement, civilement, et non selon la chair. Jésus était l'héritier naturel, légitime, de Joseph, puisque Joseph, qui avait d abord voulu renvoyer Marie, l'avait, sur l'ordre de Dieu, épousée avant la naissance de Jésus, v. 48.; ses droits au trône de David passaient ainsi à celui qui légalement était son iils ainé; en même temps il doit rester établi pour les lecteurs que Joseph n'était point le père de Jésus, mais seulement le mari de sa mère.

En comparant les deux généalogies, nous trouvons dans chacune une partie qui commence a David et se termine à Salalhiel, mais par deux filiations différentes :

Matthieu 4. David Luc 3.

Salomon

Jéchonias

Nathan

Néri

Salalhiel Zorobabel, etc.

Ainsi, Matthieu désigne Salatbiel comme fils ou descendant de Jéchonias et de Salomon, tandis que Luc le désigne comme fils de Néri el de Nathan. L'hypothèse de l'aulus qui, pour écarter la difficulté, suppose deux Salalhiel, est trop hardie. On peut voir ailleurs l'explication que nous avons donnée de cette espèce de divergence ; Salalhiel est lils d'Assir, de fait et de droit, et pelil-tils de Néri selon la chair, de Jéchonias selon la loi. v. Salalhiel.

On est assez généralement d'accord à supposer, quoique rien ne le dise positivement, que Lue a donné la généalogie de Marie ; les rapports de Joseph à Héli, v. 23., seraient ceux de gendre a beau-père, relation légale d'ascendance et de descendance, que le texte ne contredit point, puisque les relations de parenté ne sont indiquées que par la juxtaposition des noms dont l'un régit l'autre, sans indication du degré; le génitif peut sous-entendrc père, Ûls, etc.; le texte porte littéralement : « Fils, comme on l'estimait, de Joseph d'Héli, » ces deux noms n'étant point unis par le mot fils. Il serait étonnant, d'ailleurs, que la descendance directe de Joseph fût indiquée dans la branche de .Nathan, lorsqu'on pouvait la rattacher directement à la branche beaucoup plus glorieuse de Salomon. S'il s'agissait, en effet, de la généalogie de Marie, 011e d'Héli, Luc l'aurait donnée pour établir que Jésus descendait de David, nonseulement selon la loi, mais aussi scion la chair. Marie était réellement de la famille royale, ce qui nous parait ressortir de Luc 4 , 27. (« qui était de la maison de David » se rapporte à « une vierge « ); de 2, 5., où l'enregistrement de Joseph et de Marie dans le même endroit suppose une même origine et une proche parenté; enfin et surtout de Rom. 4, 3. (Hebr. 7, 4 4.), où Jésus est appelé fils de David selon la chair, v. Orig. cont. Ceîse, et S. Basnage, Ann., 1,88.— Ceux qui pensent que Luc donne, comme Matthieu, la liliation de Joseph, font d'Héli et de Jacob deux frères, dont l'un serait mort sans enfants; Joseph, le Uls aine du survivant, serait légalement attribué au défunt. — Sur l'ensemble de cet article, dont nous n'avons pu qu'effleurer les difficultés, v. les Commentaires, et spécialement en anglais Robinson.

5° Parents de Jésus, a) Marie, sœur de la mère de Jésus, Jean 1», 35., femme de Cléopas ou Alphèe. 6) Elisabeth, cousine de Marie, Luc 4, 30. c) Jacques, Joses, Simon et Judas, frères de Jésus, Jean 7, 3. 5. lu. 4 Cor. 9, 5. Matth. 42, 46. 43, 55. Marc 3, 31. Luc 8, 4 9. Jean 2, 42. Act. 4, 44. On a voulu donner au mot dîsXçoî le sens de cousins, pour concilier ces nombreux passages avec la soi-disant virginité perpétuelle de Marie ; ce sens est possible, mais il est forcé : on ne comprend pas, en effet, l'affectation avec laquelle les évangélistes emploieraient continuellement le mol frères dans un sensjqui n'est pas ordinaire, pour éviter le mol propre, qui ne se prête à aucune équivoque. Plus la chose était importante, plus il importait aussi de la dire de manière à éviter tout malentendu ; les apôtres ont employé une expression qui laisse des doutes sur le degré de celte parenté, et il en résulte au moins ceci, qu'ils n'attachaient aucune importance au fait, en effet bien indifférent, de

la virginité de Marie. Mais si, à cette régulière répétition du même mot, qui finit par signifier quelque chose, qui n'est plus un accident, mais une intention, nous ajoutons le nom de premier-né donné à Jésus, Matth. 4,25., dans un passage où il est parlé des relations de Joseph et de Marie (cf. aussi v. 18., avant qu'ils fussent ensemble), on doit convenir que la probabilité prend un caractère plus déterminé, plus positif. Le fait que ces frères et sœurs sont constamment avec la mère de Jésus, est également caractéristique r ce cortège s'explique s'il s'agit d'enfants, il ne s'explique pas s'il s'agit de neveux et de nièces. On l'a si bien compris, que plusieurs auteurs ont Uni par reconnaître qu'il s'agissait la des frères de Jésus, mais frères selon la loi, Ûls de Joseph, et non de Marie : cette explication lève quelques difficultés, mais elle en laisse subsister d'autres, notamment Matth. t, 48. 25. Le passage Jean 49, 26., qu'on a parfois invoqué pour prouver que Marie n'avait pas d'enfants, prouve seulement que Jean était plus digne de recueillir la vieillesse de Marie, alors presque sexagénaire, que des frères qui n'avaient pas cru en lui, et qui même une fois avaient voulu faire arrêter Jésus comme aliéné, Marc 3, 21.; il parait qu'ils furent convertis par la résurrection du Seigneur, Act. 4,4 4., et que ce fait merveilleux les décida de se joindre à l'Eglise. Les sœurs de Jésus sont mentionnées Matth. 43, 56., cf. Marc 6, 3. — d) La tradition fait de Salomé, femme de Zébédée, la sœur de Joseph, père de Jésus; mais le N. T. se (ait sur cette parenté.

6° Jésus fut élevé à Nazareth, et l'on conclut de Jean 7, 45., qu'il ne fréquenta pas l'école publique (rabbin ique) de la ville. Il apprit l'état de son père, suivant l'usage de ce temps, et l'on croit qu'il continua, même pendant sa carrière évangélique, d'y chercher, comme les rabbins, une partie de sa subsistance, line variante assez recommandable de Marc 6, 3. appuierait cette opinion. Ses amis et disciples pourvoyaient du reste à tout ce qui pouvait lui manquer, Luc 8, 3. Marc 45, 41., et dans ses voyages il trouvait une hospitalité affectueuse, souvent distinguée, et des soins qu'il devait aux mœurs de I Orient, et a la notoriété de ses miracles, Jean 4, 45. 4 2, 2. Le collège apostolique avait un petit fonds commun, destiné aux besoins les plus urgents, Matth. 14, 17. Luc 9, 13. Jean 12, 6. 43, 29. SI Jésus n'était pas riche, Luc 2, 24. Matth. 8, 20. t Cor. 8, 9., cf. Lév. 12, 8., on ne saurait non plus se le représenter comme pauvre et misérable, cf. Jean 49, 23. Ce serait même contraire ù l'analogie de la foi, cf. Ps. 37, 25.

7° La durée de son ministère ne peut être déterminée d'une manière exacte et sûre. On trouverait les éléments de cette recherche dans le

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nombre des Pâques que Jésus a célébrées, mais les trois premiers évangélistes ne mentionnent que la dernière, et Jean qui parle de cinq fèt^s juives que Jésus aurait faites à Jérusalem, outre une Pâque qu'il a passée en Galilée, ne les détermine pas assez nettement pour qu'on en puisse rien conclure à coup sûr. Trois Pâques au moins sont cependant indiquées : la première, Jean 2, 43., peu après le baptême de Jésus, ainsi presque au commencement de son ministère; la seconde, Jean 6, 4., Jésus est en Galilée; la troisième et dans tous les cas la dernière, Jean 12 et 13. Le ministère de Jésus aurait ainsi duré un peu plus de deux ans. Mais si la fête des Juifs, Jean 5, 1 .,doit être entendue de la Pâque, ce serait une année de plus qu'il faudrait ajouter à la durée de sa carrière publique. Sans entrer dans des détails qui sont du ressort des Commentaires, on peut dire que le mot f£te, même sans article, désigne souvent la Pâque, Matth. 27, 15. Marc 15, 6. Luc 23, 17., cf. Jean 18, 39.; que Jean, qui a l'habitude de mesurer le temps par les fêtes, n'a pas voulu dire simplement qu'il y avait une fête, mais la fêle, ce qui semble se rapporter plus spécialement à la Pâque; qu'il ne peut guère être question ici, ni de la fête de la Pentecôte, ni de celle des Tabernacles, ni de celle de Purim, quoique ce soit l'opinion de Keppler, proposée pour la première fois en 1615, et adoptée aujourd'hui par Hug, Néandcr, Olshausen,Tholuck, Meyer, Wieseler, F. Chavannes, Colani ; que la plupart des auteurs anciens et modernes se prononcent pour la Pâque-, ainsi Irénée : « El posthac iterum seconda vice adscendit (Jésus) in diem Paschae in Hierusalem, quando paralyticum, qui juxta natatoriam jacebat xxxviii annos, curavil, etc.; » c'est l'opinion d'Kusèhe et de Théodore!, de Luther, Scaliger, Grotius, Lightfoot, Leclerc, Lampe, Hengstenberg, Greswell, etc. Cyrille et Cbrysostome, Erasme, Calvin, Bèze et Bengel, pensent qu'il s'agit de la Pentecôte. Lucke et De Wette laissent la question indécise.

M. Fréd. Chavannes, dans un article de la Beo. de Théol. (1863) qui mérite d'être étudié, fixe d'après l'Evangile de Jean les principales dates de la vie de Jésus, en réservant quelques incertitudes, de la manière suivante : Première pâque, Jean 2, 13. le mardi 30 mars de l'an 28. — Fête de Purim tombant sur un sabbat, samedi 19 mars 29 (Jean 5, 1.9.); deuxième pâque, Jean 6, 4-59., lundi 18 avril 29. — Sabbat, pendant la fête des Tabernacles, Jean 7,44. samedi 15 oct.29. — Fête de la Dédicace, Jean 40, 22. du 20 au 28 déc. 29. — Troisième et dernière pâque, jour de la crucifixion de N. S., Jean 19, 14. Vendredi 7 avril 30. — Les données chronologiques et astronomiques, qui sont jointes à ce travail, lui donnent un caractère

de probabilité, qui équivaudrait à une certitude, si ce qu'on doit entendre par le jour de la préparation de la Paijue était susceptible d'être mieux déterminé, v. Préparation.

On voit que les limites de la vie publique de Jésus sont entre deux ans et demi et trois ans et demi. D'après ce que nous avons dit de l'époque de sa naissance, et en se rappelant qu'il commença son ministère à l'âge d'environ trente ans, il serait mort à l'âge de trente-deux ou trente-trois ans, et vers l'an 29 ou 30 de 1ère chrétienne; les termes extrêmes sont l'an 781 et l'an 783 de Rome, quoique plusieurs Pères de l'Eglise le fassent mourir à un âge beaucoup plus avancé, quarante ou cinquante ans, et ne lui donnent en outre qu'une carrière publique de huit à dix mois, d'un an au plus.

8° Calme et tranquille dans la pacifique révolution qu'il appogle au monde, Jésus ne veut pas démolir le judaïsme avant d'avoir établi le christianisme. Il continue d'observer lui-même les prescriptions de la loi, et s'il les maintient dans toute leur sévérité, en opposition à la lâche tolérance des prêtres d'alors, c'est peut-être pour constater une dernière fois qu'il est impossible à l'homme d'être sauvé par les œuvres. En observant la loi il en détermine l'esprit. Il fait du bien à tous, aux païens comme aux Juifs, au cenlenier de CapernaOm, à la Syrophénicienne, comme à J aï ru s, le chef de la synagogue; il supporte les intolérants Samaritains, et les protège contre l'intolérance de ses disciples; il ne craint pas de s'entretenir publiquement avec une femme de cette nation délestée des Juifs; peu soucieux de l'opinion publique, et la bravant, il s'établit en Galilée, et choisit ses amis et ses disciples parmi les humbles et méprisés Galiléens, protestant ainsi de diverses manières contre les préjugés de l'orgueil humain, de l'orgueil national, de l'orgueil hiérarchique, et de l'orgueil personnel. Il pardonne aux pécheurs, il est l'ami des pauvres, des péagers, des gens de mauvaise vie; il habite avec eux, et les reprend avec douceur, les relevant au lieu de les abaisser; il semble n'avoir de paroles sévères que pour les grands de ce monde et les dignitaires du temple; Hérode est un renard, les prêtres et tout ce qui est â leur dévotion, une race de vipères. On le voit pleurer avec eeux qui pleurent, avec la veuve de Naïn, avec la famille de Lazare ; l'amour est le fond de son caractère; il embrasse tout, U supporte tout; il aime tout ce qui a uu cœur d'homme, il aime surtout les faibles et les cbèlifs; c'est aux pauvres que l'Evangile est annoncé; il représente l'humanité dans le sens le plus large; il prêche la fraternité universelle. On ne doit donc pas s'étonner de voir son nom devenir si populaire, de son vivant encore, et servir aux générations de dix-huit siè-

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