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NEUVIÈME PARTIE

Depuis ta résurrection jusqu'à l'ascension.

(Quarante jours.) Le matin de la résurrection. La visite des femmes au sépulcre ; Marie Magdeleine retourne à Jérusalem. Les anges au sépulcre. Jésus se montre aux femmes sur le chemin de Jérusalem. Pierre et Jean courent au sépulcre. Le Seigneur et Marie Magdeleine. Rapport des gardes. Jésus apparaît à Pierre, puis aux deux disciples, sur le chemin d'Emmaûs. A Jérusalem il apparaît au milieu des apôtres, Thomas n'étant pas avec eux. Huit Jours après il se montre à eux, Thomas étant au milieu d'eux. Jérusalem. — Les apôtres retournent en Galilée; Jésus se montre à neuf d'entre eux sur les bords du tac de Tlbériade : il se fait voir aux apôtres et à cinq cents frères sur une montagne de la Galilée. — Il se montre à Jacques, puis à tous les apôtres. Jérusalem. — Son ascension ; Béthanie. — Conclusion de l'évangile de Jean. (Matth. 28; Marc 46; Luc 24; Jean 20, et 24; Act. 4, 4-42.4 Cor. 4 5, 5-7.)

JÉTHER, Jug. 8, 20. (1245 av. C), fils atné de Gédéon, refusa de mettre à mort Zébah et Tsalmunah chefs de Madian, parce qu'il était trop jeune. — 2° Israélite d'après 2 Sam. 47, 25., Ismaélite d'après 4 Chr. 2, 47. (Ce dernier est le plus probable, mais en tout cas il était

prosélyte.) Il épousa Abigaïl sœur de David, et fut père d'Hamasa, 4 R. 2, 5.; il portait anssi le nom de Jilhra.

JÉTHRO, ou Réhuel, Ex. 2, 48. (4534 av. C.), prince et sacrificateur de Madian, devait ces titres peut-être à ses richesses ou à sa grande sagesse ; il donna une de ses filles à Moïse, qui les avait protégées contre les attaques de bergers avides et paresseux, et retint son gendre auprès de lui, lui confiant la garde de ses troupeaux. Ils durent cependant bientôt se séparer, et Jétbro ne revit Moïse que lorsque celui-ci était à la tête de toute la multitude d'Israël, dans le désert au pied du Sinaï. Jéihro, par ses conseils, compléta ce qui pouvait manquer encore à la paix et au bonheur matériel du peuple et de Moïse, en suggérant à ce dernier l'idée de se faire soulager dans ses fonctions de Juge, par des juges inférieurs établis sur cinquante, * sur cent, sur mille Israélites, et qui ne feraient remonter jusqu'à lui que les causes difficiles. Lorsque Jéthro retourna dans son pays, il laissa auprès de Moïse Hobab, son fils, qui l'avait accompagné, et qui devait servir de guide aux Israélites dans les solitudes qu'ils traversaient. Ex. 3, 4. 48, 4. sq.

Jétbro descendait d'Abraham par Kéturah ; quoique placé en dehors du peuple béni, il avait conservé quelque connaissance du vrai Dieu, sa foi avait pu être éclairée et fortifiée par ce qu'il avait vu et entendu précédemment; elle le fut davantage encore par les récits de Moïse, et par l'ouïe de toutes les délivrances merveilleuses que Dieu avait accordées à son peuple, et il n'hésita pas à se joindre a Moïse et aux anciens pour offrir un sacrillce en l'honneur de l'Eternel, grand par-dessus tous les dieux; ce fut en quelque sorte l'acte publie par lequel il se rattachait pour l'avenir au culte de Jéhovah et aux destinées de l'Eglise du désert.

JETUR (gardien), Naphis et Nodab, 4 Chr. 5, 49., Hagaréniens, chefs de tribus ismaélites; les deux premiers descendaient d'Ismaël, Gen. 25, 45., mais Nodab était d'une autre famille à moins qu'il ne soit le môme que Kedma ou tel autre des fils d'Ismaël nommés dans ce passage.

JEUNE, exercice d'abstinence qui a été dans tous les temps et dans tous les pays une marque de deuil et d'affliction, parce qu'il en est la manifestation naturelle. En Orient surtout, et les mahométans ont encore leur ramadan, ou jeûne d'un mois, le jeûne a joué un grand rôle dans les cérémonies religieuses, et l'on peut dire qu'il est plus qu'une cérémonie; c'est un acte, mais individuel, recommandé même par l'exemple et par les préceptes de Jésus et de ses apôtres. On peut le considérer comme acte de pénitence, ou comme préparation de fait à une

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vie moins charnelle, moins terrestre, plus pure. Les anciens le considéraient davantage sous le premier point de vue, les chrétiens doivent s'attacher davantage au second. Chez les Juifs comme chez tous les Orientaux, le jeûne était l'expiation des fautes passées, le moyen de prévenir les châtiments divins; cf. Jon. 3, 5., une espèce de sacrifice, surtout le sacrifice des pauvres. Pour le chrétien ce doit être un préservatif contre les passions, un moyen presque naturel de les amortir et de les mater, une sorte de crucifixion de la chair, un protecteur, trop négligé des chrétiens, contre l'influence d'un corps de péché qui devrait être dompté et soumis a l'esprit.

La loi de Moïse était du reste bien sobre en préceptes relatifs au jeûne ; une seule fois dans tout le cours de Tannée, dans le jour solennel des expiations, le jeûne le plus sévère était ordonné aux Hébreux, Lév. 46, 29. 23, 27., cf. Act. 27, 9.; ils devaient alors s'abstenir non-seulement du manger et du boire, mais encore de toutes les autres jouissances matérielles qui les auraient éloignés des préoccupations sérieuses auxquelles ils devaient se livrer. D'autres jeûnes, mais spéciaux, individuels ou facultatifs, sont mentionnés dans l'histoire sacrée, celui de Josué, 7, 6., celui des onze tribus, Jug. 20, S6., celui des Juifs en Mitspa, 4 Sam. 7, 6., celui de David, 2 Sam. 42, 46.; v. encore Jon. 3, 5. Joël 2, 42. Jér. 36, 9. 4 11. 24, 42. 2 Chr. 20, 3. 1 Sam. 31, 43. — Après l'exil, des jeûnes furent établis régulièrement : en mémoire de la ruine de Jérusalem et du temple au cinquième mois, Zach. 7, 5., cf. 2 R. 26, 8. Jér. 52, 42.; de la mort de Guédalia et des Juifs qui étaient avec lui, 2 R. 25, 26. Jér. 41, 1.; de la première invasion des Caldéens à Jérusalem, au quatrième mois, Jér. 52, 6.; du commencement du siège au dixième mois, 2 R. 25,4. Zach. 8, 49., et d'autres événements plus ou inoins affligeants de l'histoire nationale juive; la passion des jeûnes en vint au point qu'ils en établirent un au huitième jour du quatrième mois, en manière de protestation contre la traduction des Septante. Le sanhédrin en prescrivait aussi quelquefois d'extraordinaires, lorsque la terre était menacée de sécheresse, ou dans l'attente de toute autre calamité publique; alors les animaux eux-mêmes pouvaient être obligés de jeûner, Jon. 3, 5. 7., et Virgile fait dire à un berger déplorant la mort de César, que les animaux eux-mêmes jeûnèrent en celte occasion :

Non ulli paitoa illit egere diebn*

Frif ida, Daphni, bote» ad flotnina; nulla neque amnem

Libavit quadrupea, nec graminis atligit berbaro.

(Eoloo. 3, 24.)

On voit des jeûnes de famille (dans les mêmes

circonstances où nous les trouverions chez nous, si cette coutume avait su s'établir dans nos mœurs faibles et sensuelles), .4 Sam. 4, 7. 20, 34. 31, 43. 2 Sam. 4, 42. 4 R. 22, 27. Esd. 4 0, 6. Néh. 4, 4., et quelquefois dans l'attente d'un malheur prochain, et pour le détourner, 2 Sam. 12, 46. Est. 4, 46. Tob. 4, 42.

Au temps de Christ, le jeûne avait atteint en importance des proportions exagérées : à défaut de piété on avait cherché l;« religion dans les pratiques et dans le jeûne ; les personnes pieuses savaient jeûner et se réjouir dans l'attente d'un Sauveur, Luc 2, 37. ; les autres ne savaient que jeûner ; pour eux, jeûner c'était tout; les disciples de Jean-Baptiste, qui n'étaient pas encore entrés dans la vive lumière de l'Evangile, partageaient les préjugés des mérites du jeûne, Matth. 9, 44.; les pharisiens étaient dévoués à cette idée, et ils se montraient jeûnant deux fois par semaine, Matth. 9, 14. Luc 18, 12., le cinquième jour de la semaine auquel Moïse monta sur le Sinaï, et le second auquel il en descendit. Les esséens et les thérapeutes jeûnaient aussi beaucoup, et si plusieurs d'entre eux étaient animés de sentiments pieux et vraiment israélitiques, plusieurs aussi ne voyaient non plus dans leur jeûne qu'un mérite dont ils s'enorgueillissaient.

On voit que Daniel se préparait par le jeûne aux révélations divines, 40, 3. 9, 3. C'est aussi par le jeûne que se préparait l'exorcisme de ceux qui étaient possédés de mauvais esprits, Matth. 47, 24., et les apôtres n'imposaient les mains aux anciens qu'après avoir jeûné avec prières, Act. 4 3, 3. 44, 23., toujours afin de diminuer les forces de la chair et de dégager l'esprit de son enveloppe.

Les Israélites jeûnaient ordinairement d'un soir à l'autre, mais jamais aux jours de sabbat ou de fête, et celte longue abstinence leur était plus facile qu'à nous à cause de l'ardeur de leur climat. Quelquefois le jeûne se prolongeait de plusieurs jours, et alors l'abstinence ne portait que sur les aliments les plus substantiels, Dan. 40, 3. On voit cependant, Est. 4, 46., l'exemple d'un jeûne entier de trois jours. Quant aux jeûnes de quarante jours, celui de Moïse et celui de Jésus, ils sorleut de la règle et des moyens ordinaires, et on ne peut pas mieux les expliquer que les nier, Ex. 24. 48. Deut. 9, 9. 48. Matth. 4, 2.

Jésus ne prescrivit aucun jeûne à ses apôtres, Matth. 9, 4 4.; cependant ils continuèrent longtemps d'observer les jeûnes judaïques, Act. 43, 2. 44, 23. 2 Cor. 44, 27., et les premiers chrétiens jeûnaient, soit seuls, soit ensemble, mais volontairement.

Voici quelques paroles de l'abbé Fleury sur le jeûne ; il regrette les anciens temps, et après

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