‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 205 sur 398 · JE II · texte numérisé non relu

JE II

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avoir cité pour modèles les Juifs, les apôtres et les premiers chrétiens, il ajoute : « Je sais que Ton est aujourd'hui peu touché de ces exemples. On croit que ces anciennes austérités ne sont plus praticables. La nature, dit-on, est affaiblie depuis tant de siècles. On ne vit plus si longtemps. Les corps ne sont plus si robustes. Mais je demanderais volontiers des preuves de ce changement ; car il n'est point ici question des temps héroïques de la Grèce, ni de la vie des patriarches ou des hommes avant le déluge : il s'agit du temps des premiers empereurs romains, et des auteurs grecs et latins les plus connus. Que l'on y cherche tant que l'on voudra, on ne trouvera point que la vie des hommes soit accourcie depuis seize cents ans. Dès lors, et longtemps devant, elle était bornée à soixante et dix ou quatre-vingts ans. Dans les premiers siècles du chrislanisme, quoiqu'il y eût encore quelques Grecs et quelques Romains qui pratiquassent les exercices de la gymnastique pour se faire de bons corps, il y en avait encore plus qui s'affaiblissaient par les débauches, particulièrement par celles qui minent le plus la santé, et qui font qu'aujourd'hui plusieurs d'entre les Levantins (Orientaux) vieillissent de bonne heure. Cependant, de ces débauchés d'Egypte et de Syrie sont venus les plus grands jeûneurs, et ces grands jeûneurs ont vécu plus longtemps que les autres hommes. »

JEUX. Les Hébreux n'étaient riches en divertissements d'aucun genre; leur caractère était trop sérieux, leur éducation trop sévère, leur religion trop pure, même dans son formalisme. Les vers de Racine, dans Athalie, le font admirablement sentir :

Quel» tbnt donc toi plaisirs? — QoelquefoU a l'autel Je présente au grand prêtre ou l'encens ou le sel : J'entends chanter de Dieu les grandeurs infinies; Je vois l'ordre pompeux de ses .

Sans doute, les enfants s'amusaient quelquefois; on les voit jouer dans les rues, Zach. 8, 5. Matin. 44, 46.; Job 40, 24. semble indiquer qu'ils aimaient à apprivoiser des oiseaux, et Zacharie 42, 3. qu'ils connaissaient le jeu du disque ou un exercice gymnastique de ce genre, comme le jet de la pierre des montagnards suisses. Ce sont les seules traces qui nous soient laissées de divertissements quelconques; on ne trouve, du reste, chez eux aucune sorte de jeux particuliers, pas même le jeu de dés si usité chez les anciens, ni jeux de hasard, ni jeux de représentations, ni théâtres, ni courses de chevaux, ni combats d'hommes ou d'animaux. Salomon lui-même, qui avoue qu'il ne s'est refusé aucun plaisir, ne parle de rien de semblable (Calmet); il ne parle que de beaux bâtiments, de jardins, de vignes, de vergers, de réservoirs d'eau, de bonne chère, d'i

d'or et d'argent, de musiciens et de musiciennes. Dans le passage 2 Sam. 2, 4 4., il n'est pas question d'un jeu, mais d'un véritable combat. La musique, Lam. 5, 44., le chant et la conversation aux portes de la ville étaient les seuls délassements des Hébreux, leurs seules distraclions. Plus tard, après l'exil, lorsqu'ils se corrompirent par le contact des Grecs, ils acceptèrent leurs jeux, et les pontifes eux-mêmes introduisirent dans les écoles publiques et dans les gymnases la lutte, la course, le palet, 2 Macc. 4, 42., cf. 4 Macc. 4,45.; puis quand à la domination grecque eut succédé la domination romaine, les Hérodes firent construire des théâtres et des amphithéâtres en plusieurs villes de la Palestine, et y firent représenter des pièces et des jeux de tous genres, divertissement fort honnête, fort innocent en lui-même, qui tendait seulement â faire aimer les choses visibles au détriment des choses invisibles, et qui ne prépara pas les cœurs à recevoir le roi humble et débonnaire qui allait venir. — Saint Paul fait quelques allusions aux jeux et aux combats des Grecs : 4 Cor. 9, 24. 27. 2 Tim. 2, 4. 5.; peutêtre aussi 4 Cor. 45, 32., cf. 4, 9., quoiqu'il ne soit pas très sûr (Rùckert) que les bêtes féroces dont il est parlé dans ce passage, soient de celles auxquelles on livrait quelquefois les malfaiteurs pour satisfaire la curiosiié théâtrale du public; une des principales objections, c'est que Paul était citoyen romain, et que celte qualité devait le soustraire au supplice, mais son litre n'a pas toujours été connu ou respecté ; cf. Act. 46, et dans un mouvement de cruauté populaire l'on aura pu n'y pas avoir égard et le méconnaître.

JÊZANIA (l'Eternel a exaucé), v. Hazaria 7°.

JIBLÉHAM, ville de Manassé en deçà du Jourdain, Jos. 47, 44 . 2 R. 9, 27. Elle fut longtemps habitée par les Cananéens, Jug. 4, 27. C'est la même que Bilnam, 4 Chr. 6, 70.

J1GDALIA, tils de Hanan, Jér. 35, 4., homme de Dieu ou prophète, inconnu.

J1RÊIJA (vision de l'Eternel), Jér. 37, 43., officier de Sédécias ; il arrêta, â la porte de Benjamin, le prophète Jérémie qui voulait quitter Jérusalem, dont il attendait la destruction, et se retirer en Benjamin. Tu vas te rendre aux Caldéens! lui dit-il, et il le conduisit devant les chefs ses ennemis, qui le firent battre de verges et jeter en prison.

J1SBAH, fils de Méred, père ou chef d'Estemoah, ville de Juda, 4 Chr. 4, 47. Jos. 45, 50.

J1SCA, Gen. 44, 29., fille de Haran le frère d'Abraham, et par conséquent nièce de ce dernier; elle était sœur de Milca, qui épousa son oncle Nacor, aussi frère d'Abraham. Quelquesuns pensent que c'est la même qui prit plus lard le nom de Saraï et devint épouse d'Abraham ;

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cependant cela est peu probable à cause de Gen. 20 42.

JISUI (uni, plal). 4° dis ou descendant d'Aser, Nomb. 26, 44. — 2° Un des noms d'Is-Boseth, 4 Sam. 44, 49.

JITHNAN, ville de Juda sur la frontière de lldumée, Jos. 45, 23., à 6 milles d'Eleutbéropolis du côté d'Hébron, d'après Eusèbe.

JITHBA. v. Jéther 2°.

JIZRAH1A (que l'Eternel a engendré), 4 Cbr. 7, 3., arrière-petil-lils d'issacar, eut quatre enfants, et sa postérité sous David ^comptait déjà 36,000 hommes en état de porter les armes ; l'historien sacré explique par la polygamie ce prodigieux accroissement.

JIZRÉHEL (semence de Dieu), Jesréel, ou Esdraelon, était une ville de la tribu d'issacar, Jos. 49, 48.; elle fut longtemps la résidence du roi Achab, 4 R. 48, 45. 24, 4., et après lui de sa veuve Jésabel, 2 R. 9, 30., qui l'a rendue célèbre par l'histoire de la vigne de Nabotb, 4 R. 24, 4. 2 R. 9, 40. D'après Eusèbe, elle était située entre Scytbopolis et Légion, a II milles de la première selon Jérôme, et à 4 0 de la dernière, non loin de Dothaïn, Judith 3, 44. La source qui se trouve dans son voisinage 4 Sam. 29, 4 . porta plus tard le nom de Tubania, et allait jeter ses eaux dans le Jourdain du côté de Scythopolis. La plaine de Jizréhel, Jos. 47, 46. Jug. 6, 33. Os. 4,5., s'étendait de tous les côtés a l'entour de la ville, depuis le Carmel Jusqu'au Jourdain à la sortie du lac de Génésareth; elle touchait, au nord, aux montagnes de la Galilée, vers le pied du mont Thabor, au sud aux montagnes d'Ephraïm; le Kisou la traversait dans presque toute son étendue, et lui donnait une richesse de fertilité qui n'est pas perdue de nos jours, quoiqu'elle ait considérablement diminué. Un grand nombre de batailles s'y sont livrées, car la plaine de Jixrébel était bien faite pour séduire ceux qui aiment à étendre de longues colonnes d'armées ; outre les combats rapportés dans l'Ecriture, Jug. 4, 43. 6, 33. 4 8am. 29, 4. 34, 4 . 4 R. 20, 26. 2R. 23, 29. 4 Macc. 41. 49., il faut compter encore la sanglante bataille des Juifs contre Vespasien, la rencontre des croisés et de Saladin en 4247, la défaite des Turcs par Kléber rt Bonaparte en 4799, et un combat plus sanglant, plus acharné, déilnitif, que l'Ecriture semble annoncer comme devant se livrer dans cette célèbre plaine à la fin des temps.

C'est par la plaine de Jizréhel que passait la grande route de Samarie a Jérusalem. Les voyageurs qui l'ont parcourue ne sont pas d'accord sur son étendue, et varient entre 40 et 20 milles de longueur et 7 à 42 de largeur. — Aujourd'hui Merj-Ibn-Amir.

2» Ville de Juda, Jos. 46, 56. — 3° Un dis de

Hétham, de la tribu de Juda, 4 Cbr. 4, 3. — 4° Fils d'Osée et de Gomer la femme débauchée. Os. 4, 4.

JOAB (qui a un père), 4» 4 Cbr. 4, 44., (ils de Séraja, fonda une colonie d'ouvriers à Ono, dans une vallée de Benjamin voisine du Jourdain, cf. Néh. 4 4 , 35. Il était pelit-fils de Kénaz et neveu de Hotbniel, le premier des juges, Jug. 4, 43. A celle époque, qui n'était pas fort éloignée du séjour de l'Egypte, les Israélites avaient, comme on voit, conservé la connaissance des arts et métiers que leurs pères avaient appris pendant la servitude, et qu'ils avaient eu l'occasion d'exercer encore pendant le voyage du désert.

2e Joab, neveu de David par Tséruîa fille d'Isaï, 4 Sam. 26, 6. i Sam. 8, 46. 47, 25. 23, 48. 4 Cbr. 2, 46. 48, 4 5. 27, 7. Il devint général en chef des troupes de son oncle, et fut redevable de son avancement aussi bien à ses grands talents militaires qu'à ses liens de parenté avec le roi. Il commanda, avec ses frères Hazaël et Abisaï, les troupes de David contre Abner, lorsque David n'avait encore pour lui que la tribu de Juda ; vainqueur, il vengea la mort d'Hazaël en tuant Abner dans un guetapens. Puis lorsque David eut été reconnu roi de tout le pays et qu'il eut transporté sa résidence de Hébron à Jérusalem, Joab ayant enlevé aux Jébusiens la coltine de Sion qu'ils occupaient encore, il fut nommé chef suprême de l'armée, 2 Sam. 40, 7. 4 4, 4. 4 R.44, 45., et on ne le voit qu'une seule fois à la téle d'une division sous les ordres de David, 2 Sam. 48, 2. Il (it ensuite la guerre d'Idumée, Ps. 60, 4., et le siège de Rabbath - Hammon où périt Urie, qu'il exposa lui-même sur l'ordre de David.

Pendant l'exil d'Absalon, Joab le servit auprès de son père et réussit à opérer un rapprochement momentané, qu'il ne voulut ou n'osa pas même solliciter complet ; cependant Absalon ayant fait incendier les champs de Joab, celuici, fatigué des importunes instances d'Absalon, linit par intercéder pour lui auprès du roi, et obtint qu'il pût rentrer à la cour. Mais, soit qu'il en voulût à Absalon pour le procédé dont il s'était servi, soit qu'à tout prendre il préférât le roi légitime à un usurpateur dont il était peut-être jaloux, il ne s'associa point à la conjuration, resta tidèle à David, battit Absalon à la bataille d'Ephraïm et le tua malgré les ordres exprès du roi, 2 Sam. 48. Ce meurtre resta impuni devant la loi, mais David remplaça Joab par Hamasa, et le favori disgracié ne put reprendre sa place que par un nouveau meurtre, celui de son rival, 2 Sam. 20, 7. Il continue alors le siège d'Ahel, où s'était réfugié Sébab, et ne se retire qu'après la mort du rebelle. De retour auprès de David, il entreprend a contre-

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«eut le dénombrement du peuple, qu'il déconseille, 4 Chr. 24 ; puis, ne pouvant oublier l'affront qu'il a reçu, toujours irrité contre Davjd, voyant ce roi devenir vieux, il cherche à se mettre dan6 la faveur d'Adonija, qui aspire à la couronne; mais, au milieu d'un banquet des conjurés, arrive le bruit du sacre de Salomon et des mesures royales qui sont prises pour prévenir la réussite du complot. Joab s'enfuit a Gabaon, le sort d'Abiatbar l'effraye, celui d'Adonija, frère de Salomon, l'effraye plus encore; U se cramponne a l'autel, mais Bénaja se jette sur lui, et, malgré la sainteté du lieu, le met à mort sur l'ordre réitéré de Salomon, k qui David avait laissé l'ordre de ne point l'épargner, 4 R. S, 5. sq.

Ainsi mourut ce grand et sanguinaire capitaine, expiant à la fois quatre grands crimes qui, tous les quatre, avaient eu leurs excuses (quel crime n'en a pasp), le meurtre d'Abner qui avait tué Hazaël, le meurtre d'Absalon qui avait été rebelle, celui d'Ilamasa qui avait aussi commencé par la révolte, enlin la conjuration d'Adonija, qui se présentait comme l'ainé des (ils et le prétendant légitime. Ambitieux, mais sage et prudent, il a su toute sa vie détruire ou ménager, selon que cela lui était avantageux. U a attendu la vieillesse pour commettre une imprudeoce, et elle lui a conté cher; il tenait à la vie et n'a pu la sauver, malgré sa passive résistance. Son nom est rappelé, 4 Cbr. 26, 28., parmi ceux qui consacrèrent à Dieu les dépouilles des vaincus.

JOACH (fraternité), v. Eliakim.

JOACHAZ. t>. Jéboachax 3°.

JOAD. v. Jébojadah.

JOAS (qui désespère, qui brûle). 4» Père de Gédéon, de la tribu de Manassè (vers 4359 av. C), Jug. 6, 4 4. 7» *4. 8, 43. Longtemps idolâtre, il avait cbe* lui un autel de Banal, et un bocage près de sa demeure, mais lorsque son Ois eut porté la main sur ces tristes objets d'un faux culte, il comprit lui-même la grandeur de son péché, et n'hésita pas à se joindre à Gédéon contre ceux qui venaient lui demander raison de sa conduite; il eut le bonheur d'être plus ferme dans le bien qu'il ne l avait été dans le mal.

2U Joas, 4 R. 22, 26. 2 Cbr. 48, 25., appelé fils du roi (d'Acbab, peut-être, par une femme de second rang), ou fils d'Hammélec (inconnu). C'est à lui que fut confiée la garde du prophète Micbée pendant l'expédition d'Achab contre le roi de Syrie.

3° Joas, huitième roi de Juda, occupa le trône pendant quarante ans (876-837). Il était le seul des lils d'Athazia qui eût échappé à la ernauté de sa grand'mère, l'usurpatrice Hatbalie. Elevé sur le tr6ne à l'âge de sept ans, par les soins

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du souverain sacrificateur Jébojadah, qui lui

avait conservé la vie et la couronne, il marcha dans les voies de la, piété aussi longtemps qu'il fut sous la direction de ce cher et vénérable parent (plus de vingt-trois ans, cf. 2 R. 42, 7.), et son royaume prospéra; il s'occupa entre autres, avec beaucoup de zèle, de la restauration du temple. Mais après la mort de Jéhojadah, il parait qu'il tomba sous l'influence des grands du royaume, qui, enclins au vice et a l'idolâtrie, supportaient avec impatience le joug de la religion, et qui l'entraînèrent même à faire assommer de pierres le prophète Zacharie, lils de son bienfaiteur Jébojadah, dont les reproches irritaient leurs consciences. Dès lors son histoire ne présente plus qu'une suite de malheurs. Sa noire et honteuse ingratitude envers son frère adoptif fut punie, et ceux qui la lui avaient suggérée n'échappèrent pas au malheur commun; il se vit menacé d'une invasion des Syriens, ses armées furent défaites par des ennemis bien moins nombreux, et il dut racheter sa couronne et son indépendance au prix des trésors du temple; enfin il se forma une conjuration contre lui, et il périt sous le fer des assassins, 2 R. 44 et 42, 2 Cbr. 23 et 24. Il fit le bien ou le mal, suivant qu'il fut bien ou mal conseillé; il ne manqua pas d'énergie, mais de volonté, et ce qu'on lui fit vouloir, il sut l'exécuter avec résolution; triste résolution qui a imprimé a sa mémoire une tache ineffaçable. S'il devait mal finir, il eût mieux valu pour lui qu'il n'eût pas bien commencé,

4° Joas, fils et successeur de Joacbax, fut le douzième roi d'Israël, et régna seize ans (826- 810). Ce que l'histoire sacrée nous dit de lui nous donne l'idée d'un caractère assez mélangé. D'un côté l'on voit chez lui un certaiu courage, un certain degré de foi, quelque confiance, et beaucoup d'estime pour le prophète Elisée ; de l'autre, il paraît avoir suivi les égarements de ses prédécesseurs, et être resté fidèle au culte du veau d'pr. Il pleura quand il apprit que le prophète était près de sa fin ; il vint le voir et frappa trois fois la terre de ses flèches; c était un oracle, et Elisée lui dit qu'au lieu d'exterminer les Syriens il ne les frapperait qu'en trois rencontres; il réussit en eflet à reprendre aux Syriens quelques villes situées sur la rive droite du Jourdain, que son père avait perdues, mais il ne poussa pas plus loin ses avantages. U fut également heureux contre Amatsia, roi de Juda. Malgré ses efforts pour maintenir la paix, il dut prendre les armes et pénétra jusque dan» Jérusalem, qu'il rançonna, et qu'il laissa ainsi appauvrie et ruinée à son roi naturel, dédaignant de le détrôner, 2 R. 43, 9-25. 44, 1-18. 2 Chr. 25. — A tout prendre, pour un roi d' Israël, il n'a pas été un mauvais roi, et sa mémoire ne

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doit pas être sans estime. Son nom est rappelé Os. 4, 4. Aui. 4, 4.

JOB (triste). L'idée principale de tout le livre qui porte le nom de Job revient à cette question dont plusieurs autres documents de la littérature hébraïque se sont aussi occupés, l'Ecclésiaste par exemple : Pourquoi l'homme le plus pieux est-il souvent le plus souffrant, tandis que les plus méchants peuvent se réjouir dans l'abondance du bonheur ? C'est le grand problème de la vie humaine : Quel rapport y a-t-il entre le bien moral et le bien matériel? C'est aussi la grande énigme de l'éternelle contradiction qui existe entre les aspirations de la conscience et les faits de l'expérience. Qu'est-ce que l'homme vis-à-vis de Dieu ? L'Evangile seul devait le révéler plus tard. Le sage de l'ancienne Alliance se contente de poser la question, il ne se charge pas de la résoudre; il y répond, non par le raisonnement, mais par une résignation pieuse; il n'en sait rien; et c'est une hardiesse coupable que de se permettre des jugements sur les intentions cachées de Dieu, parce que l'expérience montre toujours que si Dieu impose des souffrances aux hommes pieux, ces souffrances servent finalement à leur véritable bien, et seront pour eux la source de joies d'autant plus grandes, et d'autant plus excellentes; il y aurait, par conséquent, de l'injustice à tirer du bonheur ou du malheur d'un homme des conclusions à l'égard de ses dispositions morales.

Cette idée n'est pas développée seulement par une théorie, elle est mise en action et présentée d'une manière visible, sous une forme d'histoire. La Providence, dans ses conseils, choisit un fils de cette terre pour réaliser par ses épreuves la vérité de sa sagesse et de sa bonté. Cette personne est empruntée à l'antiquité la plus reculée; les charmes qu'ont pour lui les lieux où ont vécu ses ancêtres l'entourent; Job, le riche patriarche, l'heureux père, l'émir de l'Arabie, devient le plus malheureux des mortels; toutes les épreuves l'accablent ù la fois; il perd sa fortune, ses enfants, sa santé; v. Lèpre : comme une consolation dérisoire, il lui reste une femme acariâtre et de fâcheux amis qui s'attachent à lui enlever la paix intérieure, à lui prouver qu'il n'a que ce qu'il mérite, vrais symboles de celte lâcheté humaine qui prend plaisir à frapper ceux qui sont par terre, au lieu de les relever ; mais la piété de Job grandit avec son malheur; au milieu des maux qui l'accablent il ne murmure pas, il reste un modèle de patience jusqu'au moment où l'on vient attaquer sa droiture et sa piété elle-même.

Les trois amis de Job représentent les jugements du monde : ils répètent sans cesse, et sous différentes formes, que Dieu fait du bien aux bons et du mal aux méchants. Cette pensée

peut être vraie en elle-même, elle peut être juste, elle est fausse dans certaines limites, dans l'application qu'ils en font; ils méconnaissent la piété de Job parce qu'ils ont des idées fausses sur ce qu'est la vraie piété, et Job remporte la victoire sur eux sans avoir cependant entièrement raison lui-même. La vérité est entre les deux. Elihu survient alors, il entre en scène et fait des reproches aux deux partis ; il montre à Job ses torts, c'est qu'il s'est cru innocent, et s'est regardé comme Dieu ; Job a discuté avec sa propre justice, aussi bien que ses amis. Elihu est donc destiné à humilier Job ; il prépare ainsi l'apparition de Dieu lui-même, qui, dans une brillante théophanie et dans un discours plein de majesté, déclare qu'il est le seul souverain, montre à Job les miracles de la nature et les merveilles de la création, et lui reproche d'avoir osé entrer en lutte avec lui. Mais Job obtient sa grâce, Dieu lui pardonne, lui accorde la grâce de ses amis, et lui rend au double tout ce qu'il a perdu. Le livre se compose de trois parties: 1° le prologue, chap. 4 etî; 2° le corps du livre, discours et action, la partie poétique, 3-41 ; 3° le dénouement et l'épilogue, ch. 42.

Il y a quelques rapports entre l'idée dominante du livre de Job et celle qui règne dans la plupart des tragédies grecques. Le contraste du bien et du mal ; l'inégalité de la récompense ; les luttes de l'existence humaine dans toute sa fragilité, avec les coups du sort, voilà le but sublime de l'ancienne tragédie : c'est également celui de Job, mais avec cette différence que les Grecs, suivant la nature de leur religion, nous montrent l'idéal de l'humanité (Sophocle luimême nous indique l'idéal de la tragédie quand il dit qu'il a décrit les hommes tels qu'ils devraient être, et qu'Euripide les a décrits tels qu'ils sont), tandis que dans Job l'homme est dépeint avec ses misères, n'occupant qu'un rang inférieur; Dieu et ses perfections sont mis au premier rang, et forment l'objet principal de tout le livre ; toute la gloire revient à Dieu et à lui seul. Du reste, ressemblance dans la forme, même choix des objets, même caractère des personnages; le fait présenté n'est plus un fait individuel, c'est une affaire publique, la propriété de la nation : même distinction exacte» des personnes, et partant même intérêt, parce que ce ne sont plus des caractères ordinaires, mais les représentants d'un certain nombre d'hommes et d'idées. Enfin, même beauté de langage, de poésie, dont les beautés varient comme dans les drames grecs, et même profondeur des idées. Mais le mouvement dramatique est moins développé, ou pour mieux dire il n'y en a aucun : ce sont des conversations sublimes, des discours magnifiques, mais sans ac-

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Mon; la question, l'insoluble question reste toujours sans réponse; elle n'avance pas, et l'auteur, pour le dénouement, doit faire intervenir Dieu lui-même, qui rétablit Job dans son état primitif, en le comblant de bénédictions temporelles.

Le contenu du livre est-il une fable ou une histoire? Cette question a souvent été décidée d'une manière trop exclusive ; les uns ont voulu tout nier, les autres ont voulu regarder jusqu'aux moindres détails comme des faits, et les moindres paroles comme ayant été réellement prononcées. Les uns et les autres ont mis en avant de bonnes raisons. On peut faire valoir contre la vérité historique, — - 1° le caractère poétique du livre, qui indique une fiction : on ne peut pas imaginer que les amis de Job aient improvisé des réponses en vers aussi bien faits, et dans un ordre aussi admirable. Ce que Scbultens dit du caractère national des Arabes et de leur facilité à improviser en vers n'est pas suffisant pour expliquer la richesse de la poésie des discours de ce livre. Dans la bouche de Job, ces improvisations sont encore moins probables. — 2° Le prologue même, et l'épilogue, qui sont en prose, ne peuvent pas être pris à la lettre ; la scène dans les cieux, et le conseil de Dieu, sont une fiction. Les chiffres sont ronds: après son rétablissement, Job retrouve juste le double de ce qu'il a perdu; cette précision est évidemment le fait du narrateur. Enfin la manière égale et calme dont tout est raconté ne convient pas à l'histoire, et l'on voit que celui qui raconte tient moins à l'exactitude historique qu'à l'impression générale. — 3° Le nom de Job est symbolique -, soit qu'on le fasse dériver de l'arabe, il signifie se repentir, soit qu'on le dérive de l'hébreu, il signifie un homme qui est attaqué, comme Job, de toutes sortes de maux. — Voici, d'un autre côté, les arguments qu'on invoque p"our prouver que l'histoire de Job n'est pas une simple fiction, mais un fait réellement arrivé : 1° Quelques circonstances, quelques notices historiques, la généalogie d'Elihu, 32, 2., la patrie désignée de Job et de ses amis, 1 , 4 . 2, 4 1 . v. Hus. — 2° le témoignage d'Ezécbiel, U, 4 4. 16. 20., cf. Jacq. 5, 14., où Job est cité comme un personnage historique; v. aussi Tobie 2,42. 4 5. et Ecclésiastiq. 49, 44. où le mot twv è/Opûv provient probablement du mot hébreu original O'yeb, mal copié ou mal compris. —3» la tradition ; ainsi les Septante et la Peschito racontent toute sa généalogie en voyant Job dans le Jobab de Gen. 36, 33. (cependant la Peschito, ayant copié les S« plante, ne fait pas un témoignage à part). — 4° On montre encore en Orient le sépulcre de Job, mais malheureusement en cinq endroits différents, à Neva ou Nava, sur la route de Da-

mas, non loin de Jérusalem; à Hems (Hamath), en Syrie; à Hellé, sur l'Euphrate ; dans l'Arabie Heureuse, à 2 ou 3 lieues de Sanaa; et sur la route d'Ispahan à Scbiras; enfin, d'après Eusèbe, la tradition montrait encore la maison de Job à Hastaroth-Karnajim. — En résumé, l'on peut croire que l'auteur a, comme les poètes en général, puisé son sujet dans l'histoire, qu'il l'a développé poétiquement, et qu'il a approprié l'histoire au but qu'il se proposait; dans tous les cas, il serait hardi de vouloir déterminer d'une manière absolue ce qui appartient à l'histoire et ce qui est pure fiction.

Quant à l'époque de la composition de ce livre, plusieurs pensent qu'il a été rédigé pendant la captivité (le Talmud, Gesenius, De Wette, Yatke); mais il y a eu une foule d'autres idées émises sur ce sujet, et toutes aussi probables ou improbables que celle-là. Cette première idée s'appuie de présomptions plutôt que d'arguments. On dit, par exemple, a) que l'idée de Satan assistant au conseil de Dieu est venue aux Hébreux par les Caldéens ; on suppose alors que la Genèse a aussi été écrite dans ce temps ; quand on en vient là, on n'a plus d'opinions, mais des préjugés, des préoccupations dogmatiques. 6) On trouve dans la doctrine des anges un coloris caldéen, 4, 48. 5, 4.45, 15. 24, 22. 33, 23. 24. 38, 7. Il est vrai que la doctrine des anges, dans Job, a quelque chose de particulier, d'étrange, mais ce doit être expliqué en grande partie par le caractère des personnes qui parlent; les détails que Daniel nous donne sur les Caldéens ne s'appliquent pas ici, et la foi de l'Orient a toujours été qu'il y a dans les cieux des saints qui sont les serviteurs de Dieu ; rien n'empêche d'accorder à celte doctrine une haute antiquité. En tout cas, le Satan de Job, n'agissant qu'avec la permission de l'Eternel, n'a aucun rapport avec l'Ahritnan tout à fait indépendante l'Avesta. c) On a voulu voir des allusions aux tristes événements de l'exil dans 9, 24. 3, 44. 12, 47-25. 45, 28. 16, 7. 30. 14. 15.: mais il faut pour cela une imagination à la fois vive et pauvre, et on ne peut le fairo à toute rigueur qu'en détachant ces passages de leur contexte ; c'est, au reste, le même principe en vertu duquel quelques théologiens modernes, et notamment De Wette, veulent donner à certains psaumes un caractère exclusivement national, d) On se fonde enfin sur le coloris araméen du langage; mais cette objection ne repose que sur un examen très superficiel de la langue, car c'est un coloris tout à fait particulier que celui de la langue de Job. Que l'on compare ce livre avec ceux qui ont été composés au temps de l'exil, et l'on verra que l'influence de l'araméen dans Job a été tout a fait originale, comme celle d'une langue beaucoup plus rapprochée de Thébreu

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qu'elle ne l'était lors de la captivité. Une autre influence, d'ailleurs, se fait sentir, que l'on oublie entièrement, c'est celle de l'arabe ; il y a dans Job des formes et des constructions qu'on ne peut expliquer que par l'arabe, et si quelques auteurs ont été un peu trop lojnen voulant voir des arabismes là où il n'y en avait pas (Schullens), cependant on en trouve qui ne peuvent nullement s'expliquer si l'on place la rédaction du livre au temps de la captivité.

D'autres théologiens ont fixé l'âge de Salomon comme celui de la composition de Job ; on a voulu même donner à ce livre Salomon pour auteur (Grégoire de Naziance, Lui lier, Dcpderlein, Richter, Rosenmuller, Schloltmann). Cette opinion repose sur l'analogie que l'on trouve entre quelques phrases de Job et quelques maximes des Proverbes, preuve qui n'est guère concluante ; rien n'est plus naturel, eq effet, que celte analogie, parce que Job parle souvent en forme de sentences, et que cette construction est peu susceptible d'une grande diversité. En général la poésie de Job est telle qu'elle a du fréquemment servir de modèle aux auteurs postérieurs. M. £. Renan place la composition du livre de Job au 8° siècle av. C., vers l'époque d'Ilosias ou d'Ezécbias, et l'attribuerait volontiers à l'un des sages qui formaient autour de ce prince une espèce d'école ou d'académie.

Enfin, une dernière opinion et la plus répandue regarde Moïse, ou tout au moins un de ses contemporains, comme auteur de ce livre (quelques lalmudistes, plusieurs Pères, Jacques d'Edesse, EpliremSyrus,Eusèbe, Jabn, Micuaèlis). Ce qui plaide en faveur de celle hypothèse, c'est que Job renferme des allusions assez fréquentes à l'Egypie, et qu'en particulier la description du iéviathan, si c'est le crocodile, suppose une certaine connaissance de ce pays ; on ajoute que le séjour de Moïse dans les déserls de l'Arabie, peu après sa fuite d'Egypte, a été un temps très favorable à la composition d'un livre où l'auteur expose que la prospérité n'est pas une preuve de justice, ni le malheur une preuve de péché. On remarque enlin l'analogie qu'il y a entre Job et le i'entateuquc pqur le style. Ces circonstances prouvent seulement que l'époque de Moïse, fort ancienne, doil avoir été celle de la composition de cet ouvrage; mais, dit Eichhorn, le style des livres de Moïse et celui de Job sont trop différents pour que leur composition puisse être attribuée au même auteur. — L'archevêque Mageea émis une opinion partagée par Home, et qui rentre dans celle qui précède, c'est que Job auraii écrit luimême l'ouvrage primitif, et que Moïse l'aurait transcrit en l'appropriant aux besoins des Juifs, et en le sanctionnant de son autorité.

Pour parvenir à un résultat sur celle question,

fixons quelques points comme jalons directeurs. 1° On voit d'abord que l'auteur du livre connaît l'histoire la plus ancienne du genre humain ; il renferme des allusions à la création et à la chute de l'homme, 9, 8. 9. 40,9.42,7-40. 45,7. 20, 4. 26, 6-43. 27, 2. 34, 33. 38, 4. sq.; cf. Gen. 4-3. Il connaît aussi le nom de Jéhovah, ce qui prouve qu'il était Hébreu et au courant des plus anciennes traditions des Hébreux. On pourrait donc croire qu'il a vécu en Palestine, après Moïse. 2° Mais il ne parait connaître ni la loi, ni la constitution politique d'Israël. Le grand nom de la Thorah (la loi), si solennel pour les Juifs, n'est pris, 22, 22., que dans le sens d'instructions, de préceptes ; et , quant à d'autres allusions, celles que Ton a voulu chercher et trouver prouvent plutôt le contraire, par exemple 24, 3. Il y a même dans Job des usages contraires à la législation mosaïque, cf. 42, 43. et Nomb. 27, 8. Job est prêtre lui-même et sacrifie des victimes à l'Eternel; ailleurs, 42, 20., les prêtres sont regardés comme les chefs et les princes de la nation, ce qui rappelle les temps d'Abraham à Mamré, Gen. 43, 48. Nous sommes conduits de là à tlxer notre attention sur un temps antérieur à la théocratie. 3° Tout est patriarcal dans ce livre ; Job est un prince, un. émir; nomade comme un Arabe; les vieillards sont l'autorité dont la sagesse est prise pour arbitre, o, 43. 22. 8, S. 42, 2p. 45, 40. 48. 32, 6.; lui-même atteint un âge qui appartient plus aux jours d'Abraham qu'à ceux de Moïse. Il distingue, avec la simplicité d'un Arabe bédouin, le pays, c'est-à-dire sa patrie, et lu dehors, l'étranger, 48. 47. le jugement est dans les mains du patriarche, 34, 43. Les bêtes sauvages du désert, les lions, les onagres, sont fréquemment employées comme images, 4, 40. 44, 42. 24, 5.; de même les caravanes qui traversent |e désert, les fleuves, les brigands, 6, 5. 49. 44, 44. 30, 3. Il a vécu tous le ciel, 11 a observé les étoiles comme un Arabe, et montre des connaissances remarquables en astronomie (v. Ideler, Recherches sur l'origine et la signification du nom des étoiles dans Job, Berlin 1809). 4° D'autres circonstances encore montrent évidemment la haute antiquité du livre. II est question , dans Job, des Caldéens, que Moïse connaît aussi, mais qui ne reparaissent dans l'histoire qu'au temps d'Esaïe, et alors comme un peuple beaucoup plus civilisé. L'usage des Romains, de déposer un enfant nouveau-né aux pieds de son père, qui était libre ou de le laisser, de l'abandonner, ou de le relever (de la élever un enfant) et de le prendre sur ses genoux en signe d'adoption ; cet usage contraire à la loi hébraïque, et dont on trouve des traces dans l;i Genève, 50, 23. 30, 3., se montre aussi dans le livre de Job, 3, \i. Nom-

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