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d'une religion, tous les philosophes qui ont es sayé de donucr au monde des croyances religieuses, depuis Confucius jusqu'à Mahomet; la prière qui u sa place dans tous les systèmes et dans toutes les organisations du culte rendu à la Divinité, n'est ni commandée, ni même, chose presque étrange, recommandée par Moïse, le législateur «les Hébreux, qui a cependant prescrit de la manière la plus, minutieuse et la plus scrupuleuse, jusqu'aux plus petits détails du cuite public ou particulier. Un seul acte de ce genre paraît indiqué, Deut. 26, 13., comme souvenir d'actions de grâces pour les récoltes, mais ce n'est qu'en passant, et l'on peut y voir une profession de foi, une reconnaissance des droits de Dieu comme propriétaire du sol, aussi bien qu'une prière. Celle grave lacune dans l'organisation du culte juif, cet oubli de Moïse serait étrange, si par son etrangeté même il ne laissait pas entrevoir une intention bien marquée, bien positive et réfléchie. On seul que Moïse n'a pu oublier la prière, et il n'est pas difficile de se rendre compte des motifs qui l'ont empêché de la prescrire au peuple. C'est précisément parce qu'il savait ce que c'est que la prière, qu'il n'a pu songer h en faire l'objet d'ordonnances spéciales. La prière ne se commande pas; le Juif pieux devait puiser dans son cœur des actions de grâces pour le Dieu qui l'avait tiré d'Egypte, et cette conliance en lui qui porte à la prière : la prière ne pouvait être que naturelle chez lui; elle ne pouvait au contraire exister pour celui qui n'avait ni reconnaissance, ni amour, oi foi, et la lui imposer, comme on imposait à tous des purifications, des ablutions, ou des sacrifices, ç'eût été n'eu faire plus qu'une formalité, une cérémonie, un opui opération. Moïse laissa a la prière son caractère de spontanéité pour le culte paniculier comme pour le culte public, et ne régia rien de ce qui la concernait, parce qu'il n'y avait rien à régler. Les Israélites récitèrent peut-être moins de prières, mais ils prièrent davantage. Au dire de quelques rabbins, les sacrifices journaliers qui se faisaient matin et soir dans le temple, auraient été, même avant l'exil, accompagnés de prières, et quoiqu'on ne puisse guère regarder cet usage comme fort ancien, l'on trouve cependant en effet quelques traces de son existence, 1 Chr. 23^ 30., cf. Neb. |1, 17. Après l'exil, l'usage semble en être devenu plus ordinaire; Esdras a composé, dhVon, dix-huit prières, auxquelles Gamaliel en ajoiut une dix neuvième, et toutes célèbrent Dieu, en le glorifiant et le suppliant : quoi qu'il en soit de l'authenticité de ces prières plus que douteuses, plusieurs sont belles, et elles firent partie de la liturgie publique après le. retour de la captivité. Le peuple restait dehors en prière pendant le sacrifice, Luc 1,10., soit en gardant
le silence du recueillement, soit en se joignant aux prières du sacrificateur. -Le plus bel exemple que l'A. T. ail conservé d'une prière officielle, est celle que prononça le roi Salomon lors de la dédicace du temple, 1 R. 8, 22.; la plupart des psaumes sont également des prières, et ils étaient destinés au culte public.
L'A. T., et surtout l'histoire des anciens temps de la nation juive, ne nous fournil pas beaucoup d'exemples de prières particulières, et c'est assez facile à comprendre; la vie particulière de chacun appartient peu à l'histoire. Il résulte cependant de Es. 1, 15. (et cela résulterait déjà de la nature des choses), que la prière était un des actes ordinaires du culte individuel; v. aussi 1 R. 18, 42. Plus tard, vers les temps de l'exil, depuis l'exil, et aux jours de Jésus-Christ, à mesure que l'histoire des temps et des hommes prend un caractère plus biographique, et détaillé, on trouve des mentions plus fréquentes de la prière individuelle : Néhémie en est un exemple frappant, ainsi que Daniel, David déjà dans ses psaumes, Jahbels, 1 Chr. 4, 10,, et d'autres encore. La prière et le jeûne étaient devenus deux des caractères les plus saillants de la vie religieuse de chacun, Tob. 12, 8. Judith 4, 12. On invoquait le secours de Dieu avant de se mettre en voyage, avant une déclaration de guerre, avant une bataille, en général avant de commencer une entreprise quelconque un peu importante, 1 Macc, 5, 33. 11,71. xMacc. 16, 20., et. 8, 29. Judith 13, 7. Ait. 9. 40. D'ordinaire ou se recueillait trois fois le jour pour adresser à Dieu une prière spéciale, indépendamment de la prière continuelle d'un cœur pieux, Pan. 6, 10. Ps. î>5, 17. Les heures fixées étaient : le moment du *acriûce du matin dans le temple, la troisième heure du jour, 9 heures d'après notre manière de calculer le temps; la sixième ou midi, le milieu du jour; et la neuvième, ou trois heures de l'après-midi, lorsqu'on offrait, le sacrifice du soir, Acl. 2, 15. 3, 1. 10, 9. 30. On prononçait aussi avant et après chaque repas une prière d'actions de grâces, Matth. 1 5, 36. Jean 0,11. Act. 27, 35. Les pharisiens et les esséens tenaient beaucoup à la prière, mais les premiers s'y livraient avec une ostentation qui est sévèrement blâmée par notre Seigneur, Maitb. 6, 6. 7., ei l'oraison dominicale qu'il donue pour modèle à ses disciples est, par sa riche brièveté, une censure des longues et vaines redites que les pharisiens avaient inventées, et qu'ils avaient enseignées a leurs sectateurs. On voit par Luc 11,1., que Jean-Baptiste avait aussi donné à ses disciples des modèles de prières toutes (ailes, et Jésus eut moins dans l'esprit de donner aux sieus upe prière à réciter, qu'un exemple de, prière chrétienne, et l'idée de là marche a suivre, des
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demandes à faire, de l'esprit qui doit régner dans rame lorsqu'elle s'élève à Dieu. L'oraison dominicale est en plusieurs points l'abrégé d'une prière qui se prononçait dans 1rs synagogues, et qui selon toute apparence fut composée pendant la captivité; elle commençait ainsi : 0 Dieu, que ton nom soit magnifié et sanctifié dans le monde que lu as créé selon ton bon plaisir ; fais régner ton règne; que la rédemption fleurisse, que le Messie vienne promptemenl et que son nom soit célébré, etc. Le peuple répondait Amen.
Les Israélites choisissaient, pour prier, des endroits retirés et solitaires, dans leurs maisons des cabinets particuliers, une chambre haute, le toit ; dans la campagne, ils montaient, lorsque cela pouvait se faire, sur une petite hauteur; à Jérusalem, ils se rendaient volontiers» dans les parvis du temple ; et d'après les rabbins, mais cela a une couleur toute lormalisle, celui que l'heure de la prière surprenait au milieu de son chemin, s'arrêtait tout court pour remplir son devoir; cf. Matin. 6, 6. 4 4, 23. Marc 6. 46. Luc 6, 42. 48, 40. Act. 4, 43. 3, 4. 40, 9. Dan. 6, 44. Judith 8, 5. Tobie 3. 4 4., cf. 4 R. 48, 42. Es. 56, 7. Il parait que c'était une habitude assez ordinaire aux Juifs, quoique ce ne fût point une obligation, de tourner leur visage vers la sainte montagne où se trouvait le sanctuaire du Dieu qu'ils invoquaient; on le voit par Dan. 6, 40. 2 Chr. 6, 34. 4 R. 8. 44., tf. Ps. 5, 7.; les Samaritains se tournaient vers le mont Guérizim. Quant à la posture, elle n'importait pas plus que le reste ; elle était dictée par les besoins de l ime, et ne se commandait pas; on se tenait debout ordinairement, 4 Sam. 4, 26. 4 R. 8, 22. Dan. 9, 20. Matin. 6, 5. Marc 44, 25. Luc 48, 44. Dans l'humiliation, ou dans de plus vifs sentiments de piété et de besoin, on s'agenouillait, 2 Chr. 6, 43. 4 R. 8, 54. tsd. 9, 3. Dan. 6, 40. Luc 22, 41. Act. 9, 40.; quelquefois même on se prosternait en terre dans de grandes douleurs, Néb. 8, 6. Judith 9, 4. Mat th. 26, 39. Tantôt on élevait vers le ciel ses mains après les avoir lavées, 4 R. 8, 22. Neh. 8, 6. Lam.2, 49. 3, 44.2 Macc. 3,20., et saint Paul, insistant sur la nécessité d'une purification spirituelle représentée par la purification matérielle, veut que celui qui prie élève vers Dieu des mains pures, 4 Tim. 2, 8. (Quicunque manibus sordidis oral, mortis reus est, dit un rabbin; cf. aussi Odyss., 2, 264 .); d'autres fois on étendait les mains, Es. 4, 45., ou bien on les croisait sur la poitrine en se frappant, Luc 48, 43.; on baissait la tête en signe d'humiliation ; on la plaçait entre ses genoux, ce qui ne se faisait que dans un grand deuil, ou dans une fervente prière, 4 R. 48, 42.
L'intercession, la prière pour d'autres que
pour soi, étaient fréquentes, et l'on voit souvent des personnes se recommander a d'autres, nolamment à des hommes connus par leur sainteté; on attachait A leurs prières une importance quelquefois exagérée, cf. Gen. 20, 7. 47. Ex. 32, 44 . 4 R. 47, 20. 2 Cor. 4, 44. Phil. 4, 49. 4 Tim. 2,4.4 Thess. 5, 25. 2 Thess. 3, 4 . Hébr. 4 3, 48. Jacq. 5, 16. Abraham a prié pour les villes de la plaine, Gen. 48. Notre Seigneur lui-même nous a donné l'exemple de l'intercession dans sa prière sacerdotale, comme nous voyons aussi que I Esprit prie pour nous par des soupirs qui ne se peuvent exprimer, Jean 47, Rom. 8, 25. Deux espèces d'intercessions, en usage dans l'Eglise romaine, sont les seules défendues et inutiles, celle des vivants pour les morts, celle des morts pour les vivants; elles ne reposent sur aucun précepte de la Parole de Dieu, et sonl contraires à son esprit. La première cherche à s'appuyer d'un passage apocryphe, 2 Macc. 42, 43., où nous voyons Judas Maccabée offrir un sacrifice pour des soldats morts, qui avaieni violé la loi par une espèce de sacrilège, en prenant des choses consacrées aux idoles : cette prière « pour un péché mortel qui ne s'expie pas par ces sortes de choses, » dit Calmet, est déjà forl embarrassante pour l'Eglise romaine, et cependant, c'est le seul passage qui puisse un peu servir de point d'appui à cette fatale doctrine ; il ne serait pas étonnant que tous les livres apocryphes en masse aient été canonisés par le concile de Trente, en faveur de ces quelques lignes, qui n'en resteront pas moins apocryphes. L'opinion de Judas Maccabée n'est pas même prouvée, puisque son historien n'est pas une autorité, mais le fût-elle, à son tour elle ne prouverait rien. Si dom Calmet ajoute : « Nous n'eu demandons pas davantage ici, » on peut conclure qu'il n'est pas difficile en matière de preuves. Il argue encore d'une notice sur la mai on d'Ooésipbore, dont nous avons parlé à cet article, et il termine en disant : Si cela est, voilà la prière des morts ineii établie par saint Paul même. Oui, si. On pourrait se procurer pour toutes les doctrines des preuves de celle force.
La même Eglise a hérité des pharisiens leurs vaines redites, et quand on peut croire que, dans la catholicité tout entière, il se prononce chaque jour des cent millions de Pater incompris, sous toutes les formes, comme devoirs, comme tâches, comme punitions, par zèle sans connaissance, par vanité, par crainte, par habitude, on ne peut que penser à ce que disait le chef de l'Eglise en parlant de ces vaines redites : Malheur à vousl Qu'attendre, en effet, de pareilles prières, sinon le sommeil et la mort des âmes, leur endurcissement. Pourquoi dégrader ainsi l'homme et la prière tout ensemble,
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el faire de Dieu une espèce de teneur de livres qui enregistre et compte les prières émises pur la bouche des pécheurs ? Ce reproche qui tombe, non point sur les prêtres du catholicisme, ni sur ses fidèles, mais sur le système lui même, suffit à le caractériser. Il va sans dire que l'on aurait tor t de ne voir dans toutes ces prières que de vaines redites ; il en est un grand nombre sans doute qui sont sincères el sérieuses, mais nous parlons de la masse, et des conditions dans lesquelles elles sont présentées.
PRDIOGÉNITURE. Les premiers-nés des hommes et des animaux étaient saints à l'Eternel; il lui étaient consacrés, et devaient lui être présentés dans le temple ou devant le tabernacle, Ex. 43, 2. 45. Nomb. 8, 47. Les enfants mâles, premiers-nés des Israélites, et primitivement destinés au service du sanctuaire, mais dispensés de celte charge par la vocation de la tribu de Lévi, Nomb. 3, 12., devaient être présentés à Dieu, un mois après leur naissance, dans le temple, où ils étaient rachetés d'après une estimation fixée par les prêtres, et qui ne pouvait pas dépasser cinq sicles, Ex. 43, 13. Nomb. 48, 46., cf. Luc 2, 27. Les premiers-nés des animaux impurs qui ne pouvaient point être offerts en sacrifice, étaient également rachetés, d'après leur valeur, à laquelle il fallait encore ajouter un cinquième en sus ; s'ils n'étaient pas rachetés, ils étaient vendus par les prêtres, suivant l'estimation qui en était faite, Nomb. 48, 45. Lév. 27, 26. Les premiers-nés, mâles, des animaux purs, lorsqu'ils étaient sans défaut et sans tache, devaient être sacrifiés dans les huit jours qui suivaient leur naissance ; lorsqu'ils avaient quelque défaut, ils étaient abandonnés aux pré- Ires comme, leur propriété, Nomb. 48, 47. Lév. 27, 26. Deut. 45, 49. sq. Les Targums donnent des directions sur ce qu'il fallait entendre par des défauts chez un animal nouveau-né, comme sur tout le reste de ces prescriptions relatives à la primogéniture. Michaëlis, Jahn el Rosenmuller, ont conclu de Deut. 45, 19., cf. 42, 6. 44, 23., que, dans ces derniers passages, il était question d'une seconde offrande des premiersnés ; Winer pense qu'il ne s'agit là que des animaux offerts dans les lestins qui suivaient certains sacrifices, el dont on mangeait une partie.
Le lils ainè d'un père, quelle que fût sa mère, Jouissait d'une grande considération dans sa famille, et recevait en héritage une portion double de celle de ses frères et de ses sœurs, sur lesquels il exerçait, lorsqu'ils n'étaient pas mariés, une espèce de tutelle el d'autorité, Deut. 21, 45-17.; aussi ce litre d'honneur de premier-né était-il rarement omis dans les généalogies et les registres de familles, Gen. 22, 21. 25, 4 3. 35,23. 46, 8. Nomb. 3,2.26,5. 4 Sam. 8, 2., etc.
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C'esl également en suite de ce privilège que le fils ainé du roi lui succédait ordinairement sur le trône, p. l'art. Rois, et 2 Chr. 24, 3. Il était défendu à un père de faire passer à un fils plus jeune, en faveur d'une mère plus aimée, les droits de primogéniture, à moins de circonstances qui motivassent une substitution d'un frère à son frère ainé, par suite de l'indignité de celuici, comme ce fui le cas pour Ruben, 4 Chr. 5,1. Isaac a été trompé par Jacob, el lui a donné, par erreur, une bénédiction qui était irrévocable; d'ailleurs, il y avait eu de la part d'Esaû abandon de son droit d'aînesse, Gen. 25, 31. Jacob, en assurant à Ephraïm des droits qui appartenaient à Manassé, l'a fait comme prophète; d'autres motifs que nous expliquons en leur place donnèrent également à Jéhoachaz le trône qui revenait, par droit de naissance, à son frère aîné Jéhojakim ; de même encore probablement Sédécias, q. v., succéda a son frère plus jeune, Jéhojachin. Salomon, enfin, fut substitué à Adonija.
L'expression de premier-né se prend, dans l'Ecriture, en divers sens figurés; elle est appliquée à Jésus, Col. 4, 15. Apoc. 1, 5., et signifie, dans ces passages, qu'il a été engendré du Père avant qu'aucune créature eût été produite, et qu'il esl le premier qui soit ressuscité par sa propre vertu. Dans Es. 14, 30., les premiers-nés des misérables (texte hébreu) signifie les plus misérables ; et le premier-né de la mort, Job 18, 43., désigne, soit la plus terrible des morts, soit la plus terrible des maladies.
PRISCE (ancienne) ou, plus ordinairement, Pri$cille, femme d'Aquilas, qu'elle accompagnait dans ses voyages, esl quelquefois nommée avant lui, mais jamais sans lui, Act 48, 2. Rom. 16, 3. 4 Cor. 16, 19. 2 Tira. 4, 19. Quelquesuns croient qu'elle était diaconesse.
PRISON. Fort connue des Egyptiens, comme on peut s'en convaincre par l'histoire de Joseph chez Potiphar, la prison était inconnue des anciens Hébreux; il n'tn est pas parlé dans toute la législation de Moïse, et ce n'est que plus tard qu'elle devint un châtiment assez ordinaire, cf. Esd. 7, 26. Quelques passages du livre de Job ne peuvent rien prouver, malgré sou ancienneté, parce qu'il décrit des mœurs étrangères à la Palestine. Deux exemples d'arrestalions préventives, celui d'un Israélite lapidé pour avoir ramassé du bois le jour du sabbat, Nomb. 45, 32-36., el celui du fils de l'Egyptien, lapidé aussi pour avoir blasphémé, Lév. 24, 40-42., non-seulemcnl ne prouvent rien, puisque le mot de prison, employé par quelques traducteurs, signifie proprement garde, ainsi que l'uni rendu nos versions, el que rien n'indique qu'il soit question du dépôt dans un lieu spécial, plutôt que d'un simple état de surveillance et d'arrêt;
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mais encore, ils ne peuvent rien prouver si l'on s;- rappelle que ces deux scènes se passent dans les cumpeim nls du dé>erl, où écries on ne supposera pns que les Israélites traînassent une prison après eux. Lors donc que M. Pastoret [dans son Moïse considéré cou. me législateur, p. 342), dit que dès qu'un homme était soupçonné ou accusé d'un forfait, on s'assurait de lui par l'emprisonnement, et que l'Ecriture en offre plusieurs exemples, il parle d'une manière un peu hasardée, et M. Cciiéricr (Espr. delà Lég. mos., II, 325) n'a fait que justice en lui reprochant un esprit superficiel. La prison préventive peut toujours être remplacée par un cautionnement, et h prison, comme peine, par une amende. Or, au milieu d'un peuple agriculteur, où chacun possédait un bien de terre, chacun pouvait être puni par une amende ; la prison n'était pas indispensable, et, d'uu autre côté, elle eût pu être nuisible en arrachant aux travaux de la terre les hommes qui devaient la travailler; elle eût été pour eux tout à la fois une privation de la liberté, et une amende souvent considérable, en occasionnant un temps plus ou moins long de jachère, et une dimiuu lion dans le revenu.
Sous les rois, alors que par l'accumulation des richesses entre certaines mains, la pauvreté, qui devait être inconnue dans le pays, avait fini par se montrer, la prison put être aussi substituée à l'amende, mais ce ne fut pas légis lativement; ce fut plutôt arbitrairement, sous de méchants rois, et contre des hommes de Dieu trop libres dans leurs censures, 2 Chr. 46, 10. Jér. 20, 2. 3!, 2. 33, t. 37, 15. Après l'exil, elle devint beaucoup plus habituelle, notamment sous la domination étrangère, Malth. 11, 2. Lue 3, 20., et on l'appliqua soit à ce que les Juifs appelaient des délits religieux, la prédication de l'Evangile, Act. 5, 18. 21. 8, 3. 42, 4. 22, 4. 26, 10., soit à l'insolvabilité des débiteurs, Matth. 18, 30.
Les plus anciennes prisons consistaient simplement parmi le.-» Juifs en des citernes sans eau, dont la profondeur et l'étroite ouverture suffisaient pour empêcher les détenus de s'échapper sans un secours du dehors, Gen. 37, 20. 22.; quelquefois une vase épaisse, comme celle dans laquelle Jérémie enfonça, 38, 6., rendait l'emprisonnement une peine beaucoup plus grave et plus douloureuse. Il y avait des espèces de prisons d'Etat souterraines comme celle de Jér. 37, 16., d'autres aux portes des villes, ou au-dessus de ces portes, Jér. 20, 2., comme on en trouve de nos jours encore daus plusieurs de nos villes fortifiées, et qui servent a détenir préventivement pendant la nuit ceux qui ne justifient pas suffisamment de leurs pei ou de leurs intentions; il y en avait d'au-
tres attachées aux palais des rois, Jér. 32, 2., dans les loges des gardes royaux : d'autres enfin dans la maison du chef des gardes du roi, qui servait en même temps d'exécut'iur des hautes œuvres, Gen. 39, 20. 40, 4. Jér. 37, 15. 21.
Les prisonniers étaient serrés de chaînes, Jug. 16, 21. 2 Sam. 3, 34. Jér. 40, 4., et sous la domination romaine ils étaient attachés par une ou par les deux mains, aux soldais chargés de les garder, Act. 42, 4. 21, 33.; quelquelois leurs pieds étaient enfermés dans des ceps de bois, quelquefois aussi les pieds et le cou. Job 13, 27. 33, 44. Act. 16, 24., quelquefois encore I s pieds et les mains; ils étaient traités comme le sont les esclaves dans les colonies où l'émancipation n'a pas encore eu lieu : Jérémie fut mis aux ceps, 20, 2. Une nourriture maigre et rare était une aggravation de peine, 2 Chr. 18, 26. SimliI est un exemple d'arrêts privés, 1 R. 2, 37.— On peut conclure de Matth. 25, 36., cf. Jér. 32, 8., que les visites aux prisonniers étaient, en Orient, moins difficiles, moins entourées de formalités qu'elles ne le sont cbei nous.
PROCHORE (chef de danse) n'est connu que pour avoir été l'un des sept premiers diacres, Act. 6, 5. D'après Dorothée, après avoir été l'un des soixante-dix disciples, il serait devenu plus tard évêque de Nicomédie en Bithynle.
PROCUR \TEURS. Espèce de sous-officiers, chargés, dans les provinces de l'administration des revenus impériaux, et des eas de justice qui pouvaient surgir a ce sujet : c'étaient pour ainsi dire, des chefs d'administration adjoints aux gouverneurs des provinces impériales ou sénatoriales (Auguste, ayant fait un nouveau partage des provluces, avait conservé sous Je non. de sénatoriales celles qui étaient paisibles et peu exposées aux attaques des énriemis, et s'était attribué le gouvernement des autres sous le nom d'impériales : sous prétexte de décharger le sénat et le peuple d'une responsabilité embarrassante, il s'était arrogé d'une part les finances, de l'autre le commandement suprême de toutes les armées de l'empire). Ces gouverneurs étaient ordinairement des chevaliers. Les procurateurs remplaçaient même entièrement les gouverneurs daus de petites provinces, ou dans des districts qui, bien que joints à une province plus grande, en étaient séparés géographiquemeut, ou possédaient une administration à part ; ils avaient le commandement des troupes, et rendaient la justice, même la justice criminelle, quoique en bonne règle le gouverneur en chef de la province eut la haute main dans toutes ces affaires, et qu'il lût appelé à examiner, lorsqu'il y avait lieu, les sujets de plaintes contre le procurateur : les proconsuls pouvaient renvoyer à Rome et cas-
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ser les procurateurs qui s'étaient rendus coupables.
Des procurateurs furent envoyés en Palestine après que, par l'éloigricmeut de l'ethnarque Archélafls (6 ans ap. C), la Judée et la Samaric eurent été réunies à la province de Syrie qui existait déjà, et ils établirent leur » '.'.sûlence ou quartier général à Césarée sur les bords de la mer. Apres Coponius, chevalier ro min, Marcus Ambivius, Annius Rufus, et Yalerius Gratus, Ponce Pilate, le seul nommé dans l< s Evangiles, occupa celte Charge. Mareellus (ou Marollus) lui succéda, mais pour peu de temps seulement. Puis la Judée et la Samarie ayant été réunies au royaume d'Hérode Agrippa, ce ne fut que l'an 44, à la mort de ce prince, que de nouveaux procurateurs furent donnés à la Palestine, Cuspius Fadus, Tibère Alexandre, Cumanus, Félix, et Festus (ees deux derniers seuls sont nommés dans le livre des Actes) ; enfin Albluus et Gessius Florus. C'étaient généralement des hommes cruels, arrogauts, avides jusqu'au point de faire des accords avec des chefs de brigands et dé leur assurer moyennant une redevance fixe, une libre carrière. Ils suçaient le pays systématiquement, et l'irritaient encore par leur justice toute vénale ; Cicéron même, dans ses lettres a Atticus, a protesté contre cette barbare exploitation des pays conquis (livre VI, P» épître). Leur avidité et leur arbitraire despotisme ne respectaient pas même la dignité sacerdotale ; les installations, nominations, ou dépositions de souverains sacrillea leurs étaient a l'ordre du jour. Les sujets de plaintes, les griefs, les accusations même ne manquaient pas contre eux, mais ils savaient en paralyser les effets , la crainte faisait abandonner les poursuites, et les appels à Rome ne parvenaient pas à dominer les cris des factions qui se déchiraient. Souvent ils fomentaient des séditions, soit pour s'enrichir e;i les réprimant, soit pour jusliller leurs rigueurs s'ils étaient accusés. Toutefois, ils n'échappaient pas toujours au châtiment.
' Lorsqu'ils venaient a Jérusalem pour y faire un séjour plus ou moins prolongé, i s descendaient ordinairement au palais d'Hérode, sur le pavé duquel, en plein air, ils étaient censés rendre la justice. ». Pavé, Prétoire.
PRONOSTIQUEURS, v. Devius.
PROPHÈTES. Le judaïsme, quoique charnel, cérémoniel. imparfait, renfermait cependant, du moins en germe, loote l'idée de la religion divine et véritable. L'esprit pouvait circuler dans ses formes; elies n'étaient pas l'esprit, elles ne le supposaient même pas, mais elles ne le repoussaient pas non plus, et plusieurs l'annonçaient- L<> sacerdoce était comme la charpente osseuse du mo^aï>me, et le résumé, le dessin de ses formes. Le prophélisme en était le cœur,
le sang qui circule dans les veines, qui vivifie tout sur son passage et qui laisse dans la mort les organes dont il s'éloigne. Ou si l'on aime mieux, le sacerdoce était le canal, mais le prophélisme élait l'eau qui le remplit et qui fertilise ies champs qu'il parcourt. La mission des prêtres était permanente et suivie, celle des prophètes élait momentanée, temporaire, individuelle ; les premiers enseignaient par leurs actions, les seconds par la parole; les uns regardaient davantage à l'extérieur, les autres à l'intérieur ; la correction des mœurs était confiée au sacerdoce, les prophètes demandaient le renouvellement du cœur, Deut. 40, 16. 30, 2. sq. C'était une institution, on plutôt une apparition, non point illégale, mais extra-légale, un produit des circonstances, un ministère irrégulier de la Parole à côté du ministère régulier, «les prédicateurs indépendants, à côté du clergé officiel. La loi de >Ioïse n'avait pas eu pour but unique ou principal de faire d'Israël un Etat, ni même Un Etat théocratique , quelque spiri-i fuel qu'on se le représente. La loi tendait a la circoncision du cœur, elle voulait remplir rame d'amour pour Dieu, la sanctifier, la rendre semblable à ce qu'elle était avant la chute, la former ou la reformer à l'image de Dieu. Cet esprit régénérateur perce à travers toutes les prescriptions, à travers tous ks détails nombreux et variés du mosaïsme , comme s'il voulait se graver dans les cœurs de tous en traits de vie, et son expression la plus pure, la plus vraie, la plus fécondante, mais ce n'est pas la seule, se trouve datis le propbétisme. La loi ne donne pas sans doute aux prophètes unè position absolument et rigoureusement légale ; elle n'établît pas cette institution, mais eHe la suppose comme elle-même en émane, comme elle fut proclamée par l'activité et le ministère prophétique. Moïse apparait sous l'ancienne économie comme un prophète qui n'a plus retrouvé son égal jusqu'au jour où le Christ, son supérieur, est venu accomplir, achever, plutôt que détruire son œuvre, Deut. 34, 10. La prophétie existait avant la loi, cf. Jude 14.; et déjà plusieurs manifestations prophétiques avaient eu lieu, Nomb. 14, 17. ta, 6. 23, 23. Ex. 15, 20., lorsque la loi dut intervenir pour iixer les caractères qui distinguaient les vrais des taux prophètes, Deut. 4 3, 2. 18, 45. La prophétie « si plutôt une des promesses qu'une des prescriptions de la loi ; les prophètes sont annoncés comme un libre don de la grâce divine, comme une bénédiction promise à la théocratie, comme un in.>trument de Jéhovah et un signe de sa bienveillance particulière pour un peuple qu'il veut conduire à la sainteté. La liberté de l'esprit succède à la servitude de la chair ; et quand des lois minutieuses règlent la naissance, l'extrac-
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tion, l'onction, la personne, la vie, le costume des préires, rien de pareil ne préside au ministère des prophètes ;. leur sexe même n'est pas une des conditions de leur activité , et des femmes prophélisent, Marie, Déborah et H.ulda, Ex. 4 5, 20. Jug. 4 et 5, 2 R. 22, 44.
Trois noms différents, ayant chacun une signification spéciale, désignaient en hébreu la charge des messagersextraordinairesde l'Eternel, roéh, nàbi% et hhosèh; tous les trois sont réunis dans le même passage, 4 Cbr, 29, 29., et appliqués à des individus différents, Samuel, Gad et Nathan. Celui qui voit, celui qui parle, celui qui a dt>s visions, tel est le sens littéral des termes hébreux. Le premier et le troisième ne se distinguent que par des nuances, et le premier semblerait indiquer, si l'on peut se basant r sur le terrain des hypothèses, un état prophétique plus habituel, le dernier, quelque chose de plus temporaire, en quelque sorte de plus accidentel; l'un est celui qui voit, qui a pour ainsi dire la vue prophétique, l'autre, c'est celui qui a quelquefois des visions. L'expression ndbi, celui qui parle, qui se répand en paroles, est celle qui caractérise le mieux la mission du prophète, et son activité comparée à celle du sacerdoce. En effet, le prêtre ne parlait pas, ou du moins, chez lui la parole était subordonnée à l'accomplissement des cérémonies du culte ; son ministère était éminemment symbolique, cf. Lév. 40, 10. 4 4 . Le prophète, au contraire, parlait. Le caractère essentiel de son ministère ne consistait pas dans le fait de prédire l'avenir, comme l'indique son nom grec, et comme on l'imagine trop souvent; c'était toute une œuvre morale et religieuse, tour à tour politique, patriotique, théocratique, ou personnelle : c'était une véritable prédication, et non seulement une prédiction. Et il se distinguait d'autres hommes de Dieu, pieux, sages et savants, en ce qu'il ne proposait pas ses propres idées, mais que ce qu'il disait lui était communiqué de Dieu par le Saint-Esprit. Parla même raison, les prophète; se distinguaient des magiciens, des enchanteurs, des diseurs de bonne aventure, des es prits de Pythou et des autres faux prophètes païens, dont la mission n'était que de prédire l'avenir et de prêter un secours surnaturel à des entreprises mondaines et à des intérêts matériels.
Les prophètes de Dieu surgissent surtout dans des temps où la connaissance du Seigneur a été altérée par des erreurs, et où les erreurs ont gagné assez de force pour séduire même les élus, si c'était possible. C'est pour de pareils temps, pour de pareilles ténèbres, que Dieu a posé les prophètes comme des lumières, avant que les ténèbres aient atteint assez d'intensité pour ébranler et obscurcir la foi des fidèles,
conformément a ce que notre Seigneur loi-même dit à ses apôtres, Mallh. 24, 24. Les prophètes étaient dans la main de Dieu des moyens extraordinaires, lorsque les moyens ordinaires ne suffisaient plus. Leur parole était une épée à deux tranchants, et le chap. Deut. 48, surtout les v. 45 et 48-22. nous donnent sur ce point de précieux éclaircissements, dont l'étude n'est pas sans fruit lorsqu'on veut essayer de lire et de comprendre les prophètes.
C'est à tort qu'on a voulu conclure d'Act. 3, 24., que le ministère prophétique ne datait que des Jours de Samuel, comme aussi l'on a donné aux écoles dont ce prophète était le chef, peutêtre le fondateur, une importance qu'elles n'avaient point, et une organisation trop compliquée, dont les détails ne reposent d'ailleurs que sur des hypothèses : le passage 4 Sam. 2, 27. suffit à montrer que, même aux jours de Samuel, on voyait des hommes inspirés de Dieu, indépendants de l'action de ce prophète, et avant que son ministère public eût commencé.
La vision et la prophétie dont parle Daniel 9, 24., remontent aux premiers âges du monde, et si à cause de l'obscurité de leur toi l'on veut contester à Enoch, à Noé, à Abraham, à Jacob le titre de prophètes, on ne pourra du moins pas méconnaître que Moïse et Marie ne l'aient mérité. Evidemment un esprit et une vie prophétiques ont présidé à la formation du système théocratique, et pendant cette période cet esprit a soufflé sur plusieurs, comme l'importance des temps le ferait déjà supposer, et comme le prouvent des passages tels que Norab. 4 4, et Deut. 43. Sous les juges quelques voix prophétiques se font entendre encore, mais elles sont isolées, 4 Sam. 3, 4 . Le cantique de Débora est un écho des beaux temps qui ne sont plus; les autres oracles ne sont que des annonces de châtiments ; les prophètes ne sont pas nommés Jug. 2, 4-5. 6, 8. 4 Sam. 2, 27. La conquête de Canaan avait tourné les cœurs vers la possession des biens de la terre; des juges avaient remplacé les prophètes. — Une époque nouvelle commence avec Samuel ; sa naissance, son éducation, sa destinée, les grâces que Dieu lui accorde, les ordres qu'il lui donne, font de lui un nouveau législateur, un second Moïse, Jer. 45, 4. Ps. 99, 6.; il doit montrer que la conduite extérieure du peuple de l'alliance ne peut reposer que sur une base intérieure et morale. Il préparela prospérité que le culte et la royauté atteignent sous David et sous Salomon. Il rompt en visière avec la sacriflcalure corrompue de la famille d'Hèli, qui ne larde pas à être réorganisée en rentrant dans la branche aînée. Saûl mérite par moments le litre de nâbi. Gad et Nathan soni la conlinualiou de Samuel, et tous ensemble contribuent à remettre la royauté
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entre des mains aimées de Dieu. — Le schisme d'Israël, et la division en deux royaumes, est une crise dans la vie du peuple, par conséquent une époque nouvelle dans l'activité prophétique. Les hommes de Dieu ont pour mission de faire envisager cette catastrophe sous son vrai point de vue. La maison de David a les promesses, mais une grande partie de son territoire est donnée à Jéroboam, qui la conservera avec la bénédiction de l'Eternel s'il marche dans la piété, lui et ses descendants, 4 R. 44, 29-39. Cet oracle d'Ahija est le thème de tous ceux qui se reproduisent dans le cours de cette période, 4 R. 42, 45. 43, 4. sq. 44, 7. 2 Cbr. 44, 2. Dans le royaume des dix tribus, les prophètes forment presque une corporation, une chaîne non interrompue, comme s'ils devaient remplacer une sacriflcature qui n'existe pas : Elie consacre solennellement son successeur, 4 R. 49, 46., et c'est sous les yeux des prophètes que la portion pieuse du peuple célèbre les fêles de la loi ; c'est entre leurs mains qu'ils déposent les offrandes dues aux prêtres, 2 R. 4, 23. 4t. Jérico, Bélhel, Guilgal, etd'aulreslii-uxqui étaient saints avant que le tabernacle eût été fixé à Jérusalem, sont leurs demeures habituelles. Ils sont pour Israël un souvenir des temps passés, et les fonctions qu'ils remplissent tendent à faire revivre la loi dans les cœurs, et à rappeler l'image de Dieu. Telle est jusqu'à la fin, et même pendant la captivité, leur mission de paix et de sainteté, de lumière et de vérité. Mais elle doit s'étendre au delà du moment présent; l'impiété gagne du terrain, les cœurs se durcissent, et les prophètes dont les paroles ne sont plus écoutées de leurs contemporains doivent annoncer des châtiments et servir de témoins aux générations suivantes ; leurs oracles sont déposés par écrit ; ils serviront de commentaire à la loi quand le jour sera venu ; la littérature prophétique prend naissance.
C'est vers le IXe siècle avant Christ que commence ce qu'on peut appeler dans le sens le plus restreint du mot, la littérature prophétique. Cependant les prophètes écrivaient même avant ce temps, mais ils s'adonnaient surtout à des ouvrages historiques; comme ils parlaient pour le présent, ils écrivaient aussi pour le présent. Lorsqu'ils parlèrent pour l'avenir, leurs écrits prirent un caractère analogue, et il faut remarquer avec quel soin ils rappellent souvent que c'est par la volonté de Dieu, d'après son ordre, qu'ils déposent leurs prophéties par écrit, Jér. 29, 4. 30, 2. 3. 36, 4. Es. 8, 4-46. 30, 8. Dan. 7, 4. 42, 4. 9.; leur intention formelle était donc que leurs oracles fussent soigneusement conservés, et on les réunit au fur et à mesure qu'ils les prononçaient, au recueil des livres historiques existants. La collection
des prophètes, et notamment des douze petits prophètes, est arrangée chronologiquement, sauf quelques détails (nous parlons de l'ordre des livres dans le canon hébreu); quant aux différents oracles d'un même prophète, cet ordre n'existe pas toujours, et Jérémie offre de nombreux exemples de morceaux transposés ; on y reconnaît plutôt un ordre des matières et des sujets, qu'un ordre des temps ; cela se voit pareillement, et d'une manière frappante, chez les petits prophètes.
La question de l'inspiration des prophètes, du mode et du degré de cette inspiration, appartient à la dogmatique, de même que la question, plus grave encore, du degré de cette inspiration chez les saints hommes de Dieu qui ne sont pas ordinairement considérés comme prophètes. Nous restons dans les limites de notre travail en rappelant les faits suivants. 1° Toute l'Ecriture est divinement inspirée, 2 Tim. 3, 46. (peu importe la traduction que l'on donne de ce passage). — 2° Aucune prophétie ne procède d'aucun mouvement particulier..., mais les saints hommes de Dieu, étant poussés par le Saint-Esprit, ont parlé, 2 Pierre 4 , 20. 24 . — 3« Il n'est fait nulle part ni réserve, ni restriction, ni exception à l'inspiration des livres de l'Ecriture, ni différence quant à la nature de celte inspiration. — 4° Les difficultés ne sont jamais des objections en présence d'un principe reconnu juste. — &» L'individualité qu'on remarque chez les historiens et chez les auteurs dogmatiques, se remarque également chez les prophètes. — 6° Quant aux prophètes en particulier, comme ils revendiquent pour eux mêmes une inspiration pleine et entière, ou plutôt, comme ils ne donnent jamais leurs paroles comme les leurs, mais comme celles de l'Eternel, on ne peut méconnaître ce caractère de leur inspiration sans leur refuser en même temps toute créance.
Quant au nombre des prophètes, comme il y a beaucoup d'arbitraire dans l'idée qu'on s'est faite de cette charge, il y a également des différences dans les listes qu'on a faites des hommes et des femmes qui l'ont remplie. Outre les quatre grands et les douze petits prophètes, d'autres, comme nous l'avons vu, doivent être comptés : Enoch, Noé, Abraham, Isaac, Jacob, Moïse, Aaron, Josué, Job, Débora, Nathan, David, Gad, Jiddo, Jédulhun, Elie, Elisée, les apôtres, les évangélistes Philippe, Etienne, Barnabas, etc. Clément d'Alexandrie, Strom., I, en a voulu compter dans l'A. T. cinq avant Moïse, trente-cinq depuis Moïse et cinq prophétesses. Epiphanesen compte soixante-treize outre dix prophétesses, tant dans l'A. que dans le N. T., mais ces calculs sont incomplets et arbitraires.
L'étude des prophéties, bien négligée par
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beaucoup de chrétiens, est un devoir ; rien ne peut nous en dispenser, ni l'obscurité des oracles non accomplis, ni la pensée que d'autres parties de l'Ecriture nous offreiit une nourriture plus fai île et en quelque sorte une lecture plus édifiante. La me illeure nourriture de l'Ame, « 'est l'obéissanee, c'est de faire la volonié de Dieu, et plus la tache est anluc, plus le Seigneur est près de nous. On exagère d'ailleurs les difficultés de celte étude, et l'on oublie que trop souvent la première cause de cette obscurité vient de ce qu'on n'étudie pas, de ce qu'on ne lit pas, ou de ce qu'on Ht mal et avec indifférence, li faut avouer, qu'en français, nous ne possédons que peu d'ouvrages qui puissent aider à là lecture des prophètes (Digby, Darby, Basset, Vivien, B<irbey, Fivaz, Gaussen, Newton, Rossier, Gcymonat, Guers, etc.), et en outre, que celte poriion des éludes théologiques est complètement perdue de vue dans l'éducation de «eux qui se destinent au ministère de la parole ; il devrait y avoir des cours de Prophétique comme il y a des cours d'Apologétique, de Polémique, etc., et s'il est vrai qu'à propos d'Eschatologie on dise quelques mots du milleninm, des Juifs et de la fin du monde, ce n'est guère, et ce ne peut être que d'une manière fort superficielle, parce que l'étude de la prophétie forme tout un ensemble dont il est impossible de traiter un détail isolément. Mais n'oublions pas que c'est par la prophétie que la prophétie s'explique, comme la Bible par la Bible, et que la plus ou moins grande abondance de livres ou de secours humains ne doit ni ne peut augmenter ou diminuer pour nous le devoir de sonder les prophéties, v. Apocalypse.
— L'Ecriture donne quelquefois le nom de prophètes à des personnages qui ne le méritent pas dans le sens religieux du mol, a des imposteurs, à de taux prophètes, à des poètes païens; dans ces cas, elle ne fait que se conformer soit à 1 usage, soit aux prétentions de ceux qui revendiquaient un litre qu'une foule aveuglée leur laissait prendre sans contestation.
PROPITIATOIRE, v. Arche.
PROPOSITION (pain de), v. Pain.
PROSÉLYTES, nom grec qui signifie étranger, comme l'hébreu guer. C'est le nom par lequel lesJuifs désignaient les genlilsquis'etaient convertis au judaïsme. Ou distinguait, d'après les rabbins, deux espèces, ou deux degrés de prosélytes : ceux de la porte, et ceux de la justice.
a) Les prosélytes de la porte étaient ces étrangers, esclaves ou libres, qui, pour avoir le droit de résider en Palestine au milieu des Israélites, étaient obligés d'adorer le vrai Dieu et de souscrire aux sept préceptes donnés à Noé, lesquels comprenaient, au dire des rab-
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bins, le droit naturel commun A tous les hommes indifféremment. Ces préceptes défendaient :e blasphème conire Dieu, le culte des astres et des divinilés étrangère*, la désobéissance aux magistrats, l'iucesie elles crimes conire nature, le meurtre, le vol et le manger de viandes sanglantes ou de bètes étouffées (cf. Ad. 15, 20. 29. 21, 25. ). Rien ne prouve que ces préceptes aient été donnés à Noé, et l'on n'en trouve aucune trace, ni dans l'A., ni dans Je N.T., ni chez Josèphe, ni dans Philon, Onkélos, Origèue, Jérôme, ni dans aucun des Pères. Ces préceptes sont connus d'ancienneté, mais leur origine noachique n'est rien moins qu'assurée. Quoi qu'il en soit, les prosélyies de la porte étaient tenus de les observer, et à ces conditions ils pouvaient non-seulement habiter dans le pays, mais encore travailler cumrae manœuvres pour Je service du temple et de la religion, Ex. 12, 49. Lév. 17, 12. 24, 16. El. 4 4,7. Ils n'étaient pas considérés comme luifs, cependant ils n'étaient déjà plus païens; ils formaient une espèce de classe Intermédiaire ; ils étaient encore impurs, mais pas assez pour que des rapports avec eux fussent de nature A souiller les Juifs. Leur nom venait de ce qu'ils avaient le droit de demeurer dans le pays et chez les Hébreux; ils étaient appelés: «l'étranger qui e>i dans les portes, » Ex. 20, 40., etc., cf. Lév. 25, 47. En bornant provisoirement ses exigences à l'observation des commandements noachiques, la loi avait peut èlre pour but de leur fraver doucement et sans les effaroucher, la >uie à l'acceptation pleine et entière du judaïsme. C'est des prosélytes de la porte qu'il s'agit probablement lorsqu'il est parlé de prosélytes qui servaient ou qui craignaient Dieu, Acl. 13, 43. 46, 14. 47, 4. 47. 48, 7., etc., cf. Ps. 418, 4. Le syrien Naaman, le géuéral Nébuzar Addan, l'eunuque de Candace, le coulenier Corneille, et d'autres encore, appartenaient probablement à cette classe de prosélytes.
0) Les prosélytes de la justice devenaient de vrais Juifs; ils s'engageaient à recevoir la circoncision, ci A observer tous les usages et toutes les lois de l'alliance divine : ils étaient solennellement admis dans la théocratie, et on les appelait de parfaits Israélites. La circoncision, le baptême, et une offrande (pour les femmes le baptême et l'offrande seulement], étaient les cérémonies de la réception. Le baptême s'administrait après que la plaie de la circoncision était guérie; on plongeait tout le corps dans un bassin d'eau en présence de trois juges appelés comme témoins, car cet acte était considéré comme appartenant A l'ordre judiciaire : celle cérémonie ne se réitérait jauia.s ni à I égard du prosélyte, lors même qu'il aurait apostasié depuis sa conversion, ni A l'égard de
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ses enfants, à moins qu'ils ne fussent nés d'une mère païenne, auquel cas on les baptisait comme païens de naissance -, car on parlait de l'idée, si généralement admise partout, excepté chez les peuples très civilisés, qui cependant seraient le mieux en position de l'admettre, que l'enfant suit la condition de sa mére : partus sequitur vent rem. La Gemara, du reste, est la source la plus ancienne qui parle du baptême des prosélytes; Philon, Josèphe, et les plus anciens targumistes qui auraient eu cependant l'occasion d'en parler, n'en disent mot, de sorte que c'est encore une question de savoir si la Gemara parle d'un nsage antérieur à rétablissement du christianisme, ou d'un usage qui se serait introduit plus tard. Mais l'amour des purifications par l'eau était tellement invétéré chez les Israélites, qu'il est très possible qu'ils aient soumis à des lustrations de ce genre les païens impurs qui demandaient l'entrée de leur sanctuaire; le silence de Josèphe et de Philon s'expliquerait par le fait même qu'il n'é|ait pas besoin de mentionner quelque chose d'aussi naturel. 11 est possible toutefois que le baptême ail été emprunté des chrétiens, et qu'il ait été introduit obligatoirement après la destruction du temple, lorsque le r*gne des offrandes cessant, une nouvelle cérémonie dut remplacer celle qui venait d'être forcément abolie.
On a cru que « le grand nombre de toutes sortes de gens » qui suivirent les Israélites à leur sortie d'Egypte, Ex. 12, 38., étaent des prosélytes de lajustice;demème encore Jéthro, Ex. 18, 10-12. Il est évident aussi que les Sichémites auxquels Jacob imposa la circoncision, devinrent par ce fait des prosélytes de la justice, Gen. 34, 14. 45., bien que l'on ne puisse pas donner à celte expression le sens précis qu'ell eut plus lard. L'esprit de prosélytisme, qui est inséparable de toute conviction profonde, religieuse ou autre, ne faisait pas défaut aux Juifs, notamment aux Pharisiens, Matlh. 23, 15. II étaient autorisés à travailler d;«ns ce sens par des oracles de Dieu, Es. 9, 2. 42, 7. 56, 6. Micb. i, 2., mais comme ils méconnaissaient l'esprit de leur religion, ils méconnaissaient la mission du prosélytisme, et ils travaillaient avec, zèle à augmenter le nombre des professants, peu scrupuleux sur les moyens qu'ils employaient, peu soucieux des motifs qui leur amenaient de nouveaux convertis; la ruse ou la violence étaient leurs moyens, la cupidité, la pauvreté, l'orgueil ou l'intérêt, la nationalité ou des alliances en perspective, l'espérance ou la peur étaient les mobiles de la conversion de ces nouveaux Juifs, et il n'est pas éloJmant qu'après avoir « couru la mer et la terre pour faire un prosélyte, » de pareils convertisseurs ne le rendissent «.flls de la géhenne deux fols plus qu'eux-mêmes;»
c'est de l'histoire ancienne et de l'histoire moderne. — 11 est parlé, Néh. 10, 28. Est. 8, 17., de quelques conversions isolées; mais depuis l'époque des Maceabées, le judaïsme, tout à la fois mort spirituellement, et mourant comme théocratie, aspira a faire les choses plus en grand, pour essayer de se maintenir comme puissance et comme nationalité. Des tribus entières furent converties de force, les Iduméens sous Jean Ilyrcan, les Ituréens sous Aristobu'.c. Les femmes, qui n'avaient pas à se soumettre a une opération douloureuse, étaient en général plus accessibles à l'action du proaélytisme, Jos., Anl., 18, 3, 5., cf. Acl. 13, 50. 16*, 14. Les païens qui habitaient au milieu des Juifs avaient assez de raisons pour désirer d'être reçus dans leur assemblée. C'était d'abord pour eux l'acquisition d'une bourgeoisie. C'était aussi l'échange de l'opprobre contre l'honneur et le respect. C'était l'exemption du service militaire, Jos., Ant., 14, 10, 13. C'était la faculté de se marier avec des femmes du pays. Mais pour plusieurs aussi qui étaient dégoûtés du paganisme et du scepticisme, c'était un besoin profond d'une fui positive qui satisfit aux besoins de leur cœur, et souvent de leur intelligence, comme le montre l'exemple de ceux qui, lors de l'apparition du christianisme, n'hésitèrent pas a se joindre a la nouvelle Église, Acl. 6, 5. 13, 43. 16, 14. 17, 4.
Cependant dans la pratique, et même devant la loi, il parait que les prosélytes ne furent jamais mis sur le même rang que les Juifs de naissance, et, pendant plusieurs générations, les Juifs bien bigots continuaient de regarder les prosélytes avec le même mépris que les païens, hélas 1 comme on fait encore de nos jours, en bien des lieux, à l'égard des Juifs qui se convertissent. On les nommait la lèpre d'Israël, et l'on disait, par manière de proverbe, qu'il ne fallait pas se lier à un prosélyte avant la vingt quatrième génération. Ce mépris n'était, au reste, pas général, et, dans tous les cas, si la position des prosélytes n'était guère améliorée sur la terre, un grand résultai élail obtenu aux yeux de tous, la participation des païens convertis aux bienfaits de l'alliance divine pour l'éternité.
Avec l'introduction du christianisme, le prosélytisme prit naturellement une direction plus spirituelle; on ne lit plus de prosélytes pour grossir le nombre des adhérents d'un système, mais pour sauver les pécheurs, et ceux-là seuls qui sont sauvés sont les vjais prosélytes de l'Evangile.
PROSEUQUES. v. Synagogue.
PROSTITUTION. Cette lèpre de presque toutes les sociétés, de tous les temps, et de tous les peuples, était bannie d'Israël par la loi;
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v. Deut. 23, 17. 18. Lév. 49, 29., cf. 24, 9. Comme métier, elle était interdite aux femmes et aux hommes, à ces derniers en vue du voisinage de la Phéiiii ie. Le >aiaire de la prostitution ne pouvait môme être accepté des prêtres comme offrande pour le service du sanctuaire, Deut. 23, 48. Ez. 46, 33. Mais la passion ne reconnaît pas plus de lois que de frein, et certains gouvernements du monde moderne ont fléchi devant la force du mal ; ils ont yanclionné le péché pour éviter le crime ; ils ont légalisé la prostitution, croyant devoir faire le mal pour qu'il en résulte le bien, ou du moins autorisant un mal pour essayer d'en conjurer un plus grand. Le législateur des Hébreux, dont la loi devait être la sainteté à l'Eternel, n'ignorait pas sans doute qu'il est des misères que la loi ne peut guérir, et des passions que rien n'effraye; mais il n'a pas cru pouvoir parlementer avec le mal, ni devoir le flatter pour l'adoucir. Il a défendu la prostitution là où cependant un climat plus ardent et des habitudes plus libres semblaient la rendre une nécessité publique ; mais, en faisant cela, il n'a pas espéré la détruire et la supprimer. En la défendant, il rendait la conscience attentive, et pouvait, au besoin, la convaincre de péché ; la loi a fait abonder l'offense, Rom. 5, 20.; elle a été une manifestation, un témoignage. Peut-être, pour quelques-uns, at-elle été davantage, mais, en général, elle n'a pu être que cela. Aussi Moïse n'a-t-il pas même prononcé de pénalité contre cette pratique immorale, et des courtisanes Israélites ou étrangères vivaient notoirement dans la prostitution, sans que la société eût contre elles d'autre garantie que sa propre moralité, et la réprobation dont l'opinion publique frappe toujours la femme qui se vend. Les Hébreux eurent, dans tous les temps, des prostituées ou bayadères, qui vraisemblablement, comme de nos jours en Peise, en Arabie et dans l'Inde, se faisaient connaître en dansant et s'accompagnant au son de la mu* sique, Jug. 46, 4. 4 R. 3, 46. Prov. 2, 46. 5, 3.
6, 26. 7, 10. 23, 27. Amos 2, 7. 7, 47., etc.; c'étaient d'ordinaire des étrangères. Elles se promenaient ou s'asseyaient sur les places publiques ou dans les rues, attirant les passants par des gestes ou des propos séducteurs, Prov.
7, 44. Parfois elles étaient voilées, Gen. 38, 44., et gardaient l'anonyme que leur complice respectait. Depuis le schisme des deux royaumes, lorsque l'idolâtrie se fut établie en Israël, la prostitution se fit souvent, et notamment en Fphraim, au nom des divinités dont le culte a\ait envahi les autels du Dieu vivant, au nom d'Astarlé en particulier, Us. 4, 14. 4 R. 4 4, 24. 4:i, 42. 22, 47. 2 R. 23, 7.— Au dire de Josèphe, tout mariage avec une prostituée était déclaré contraire à la loi, ce qui était d'autant
plus naturel que les enfants de la prostitution
ou du désordre étaient, jusqu'à la dixième génération, exclus de l'assemblée de l'Elerud, Deut. 23, 2. Jephthé semb'e avoir fait exception devant Dieu, Jug. 44, 4., puisque son nom est rappelé avec honneur, Hébr. 41, 32.; mais la conduite de ses frères à son égard prouve que celte loi d'exclusion était en vigueur de son temps.
Lors de l'apparition du christianisme, la prostitution régnait en maîtresse à Rome et en Grèce : elle n'était ni te résultat absolu, ni \e monopole de certaines religions et de c rtaios cultes (Sapience 44, 26), mais la conséquence de la frivolité et de la corruption qni s'étaient introduites dans les mœurs publiques avec la prospérité matérielle. La mollesse est la mère de l'impureté. Les femmes de mauvaise vie étaient légalement établies à Rome. Plus les principes de la pureté étaient foulés aux pieds, plus les maximes corruptrices étaient avouées, professées avec audace (p., par exemple, Térence, Adelph., 4, 2. 24. Eunuq., 3. 5. 34), plus aussi les apôtres devaient protester avec force contre ce relâchement général qui avait gagné la société chrétienne, 4 Cor. 5, 4. 2 Cor. 4 2, 21. 4 Thess. 4, 3. 4 Tim. 4, 40., et le décret du concile de Jérusalem, Act. 15, 20. 29., cf. 21, 25. s'explique amplement par la nécessité d'opposer une barrière puissante aux débordements du paganisme. On voit par Rom. 2, 22. Jean 8, 7., que l'impureté régnait aussi parmi les Juifs, tant dans les basses que dans les hautes classes; ». aussi Luc 7, 37., et les fréquentes mentions qui sont faites de gens de mauvaise vie dans le N. T.
PROVERBES. Le livre de l'A. T. qui porte ce nom, ne renferme pas des proverbes proprement dits, mais plutôt comme l'indique son nom hébreu Mi$hlè (de Mashal, gouverner, dominer, conduire, et aussi ressembler, comparer, assimiler), des sentences plus ou moins longues sur la vertu et le vice, sur le péché en général, des règles et des préceptes divers, applicables aux différentes circonstances de la vie humaine, des conseils détaillés sur la conduite et la manière de vivre, et l'éloge de la vraie sagesse. C'est un genre d'écrire ou de parier que Cicéron attribue aux Asiatiques, et qu'il appelle : « Genus dicendi sententiosum et argutum, sententiis non tam gravibus et severis, quam concinnis et venuslis. » De Clar. Ont., 9. D'autres littératures ont été également riches en productions du même genre; celle des Arabes, par exemple, et celle des Perses, dont I* Pend-Nameb, ou Livre du Conseil, attribué i Férideddin-Altar, a été publié en français par Sylv. de Sacy. Les Grecs ont eu de même les maximes de leurs sept sages, les vers dores de
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Pytbagore, les sentences deThéognis et de Phocylide (si elles sont authentiques), elles fvt5jj.*i de leurs anciens poètes : l'existence d'une littérature de ce genre était naturelle chez un peuple qui avait reçu, de ceux que plus tard il appelait orgueilleusement des barbares, ces premiers éléments de toute culture. On peut en dire presque autant des Romains. Mais les proverbes hébreux qui, pour la richesse de la pensée et la finesse de l'expression, ne le cèdent à aucun, se distinguent en outre par une psychologie profonde, et par un caractère universel et populaire qu'on ne trouve nulle part ailleurs. Les sentences arabes sont ordinairement locales, et ne peuvent être comprises qu'à l'aide de très bons scholiastes. La vie, telle qu'elle est dépeinte par Salomon, apparaît comme pénétrée de la religion et des effets de la loi divine.
Les Proverbes se divisent naturellement en cinq parties, par les inscriptions qui indiquent les différents morceaux : 1° Chap. 1-9; le titre attribue ces neuf chapitres à Salomon, fils de David, roi d'Israël ; ils contiennent une exhortation a la sagesse. — î° 10 à 24, 22. Chapitres également attribués à Salomon ; ils renferment des morceaux assez longs, bien liés, et très beaux, surtout celui qui traite de la sagesse divine, depuis 22, 17. — 3° Un fragment de douze versets, 24, 23.-34., recueillis par des sages (et non pour les sages, comme le traduisent nos versions); ia tradition avait probablement conservé les noms de ces hommes, de sorte qu'ils étaient connus des Hébreux, mais ils sont perdus pour nous. — 4° Chap. 25 29. Proverbes de Salomon, recueillis par les hommes d'Ezécbias, c'est-à-dire par une commission qu'Ezéchias avait chargée de ce travail, peut-être par Eliakim, Sebna et Joach, 2 R. 18, 26.; peutêtre aussi par quelques-uns des prophètes contemporains de ce pieux monarque, Esaïe, 0"sée, JHichée, etc. — 5° Les deux derniers chapitres ont été composés par des auteurs inconnus. Le 30* est attribué à un certain Agur, q. v., et forme une espèce d'entretien, de discussion, ou de dialogue religieux entre Agur et deux amis, ou disciples, Itbiel et Ucal ; ces personnes étaient peut-être du nombre des sages dont il est parlé 24, 23. Quant au dialogue luimême, il peut être regardé comme une fiction, une invention poétique. Le chap. 31« renferme des préceptes qui furent communiqués au roi Lémuel, q. v., par sa mère; dans les neuf premiers versets, le sage dessine l'idéal d'un roi ; dans les derniers, celui d'une femme vertueuse. Quoi qu'il en soit de la personne de Lémuel, la forme de ce chapitre parait être, comme le précédent, une fiction poétique.
L'antiquité tout entière a regardé Salomon l'auteur de la plus grande partie de ce
recueil, de toute celle au moins qui porte son nom, et rien ne contredit celte opinion. Quelques différences de style et de méthode, quelques répétitions assez nombreuses, r. par exemple 17, 1. 19, 13 21, 9. 19. 25, 24., prouveraient tout au plus que Salomon n'a pas pub'ié lui -môme ses maximes dans l'ordre dans lequel elles nous sont parvenues, et rien non plus n'oblige à le croire. On voit par 25, 1. qu'une partie de ces sentences ont été recueillies an temps d'Ezécbias, et il est probable aussi que le livre entier a reçu sa forme actuelle à la même époque, c'est à-dire 249 ans après la mort de Salomon, ou selon les calculs du Dr Haies, 265 ans. Les inscriptions sont trop précises pour laisser subsister des doutes sur la connaissance exacte que les auteurs du recueil doivent avoir eue de l'auteur et des auteurs des Proverbes. L'opinion de Grolius, qui pensait que Salomon, comme plus ttrd plusieurs empereurs byzantins, avait fait faire pour son usage une collection ou compilation des meilleures maximes des auteurs contemporains ou antérieurs, est abandonnée. Celle de De Wette, qui s'appuie sur Théod. de Mopsue^te seul, et sur le scepticisme le plus radical, n'a guère de partisans : le principal argument qu'il oppose à l'unanimité de Ja tradition, se rapporte à la description de la vie privée et de la vie champêtre que l'on trouve dans plusieurs morceaux de ce livre, vie que Salomon, dit-il, ne pouvait pas connaître, Einl., § 281. Mais, outre que les sujets de ses trois mille paraboles et de ses mille et cinq cantiques durent être extrêmement variés, outre que le cœur plein de sagesse et de génie dont Dieu l'avait doué, devait faire de lui un des hommes les plus versés dans toutes les connaissances humaines qui furent jamais, il est fait une mention spéciale de ses éludes en histoire naturelle, et, dans la pratique, l'histoire naturelle n'est pas loin de la vie champêtre. Le Cantique des Cantiques, que nous avons reconnu être de Salomon, est une nouvelle preuve de la facilité avec laquelle le puissant monarque de Juda savait descendre aux détails de la vie des champs.
On ne saurait déterminer avec certitude à quelle époque de sa vie Salomon a prononcé ces sentences. Les Hébreux disent que le Cantique est l'ouvrage du jeune homme, les Proverbes celui de l'homme fait, l'Ecclésiasle celui du vieillard. Jérôme et Cyrl le veulent que ces deux derniers ouvrages aient été composés après sa chute et son relèvement. Ce qui est probable, comme le dit Heidegger, c'est que les Proverbes ne furent l'ouvrage ni d'un mois, ni d'une année ; et peut-être vers la tin de sa vie mit-ll luimême en ordre de sa propre main les u premiers chapitres, comprenant des maximes qu'il
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avait énoncées et peut-être; écrites en divers temps.
Luther fait remarquer combien c'était un homme « excellent, sage et fin, » que ce roi Salomon, qui, au milieu de (ouïes les occupations que lui imposaient les affaires de son royaume, ne dédaignait pas d'entreprendre l'œuvre d'un instituteur de la jeunesse, et de donner à celle-ci des directions dans l'étude de la plus nécessaire de toutes les sciences. Ln autre homme pieux disait que chaque fois qu'il se trouvait dans quelque circonstance difficile où son devoir ne lui paraissait pas clairement tracé, il se mettait à lire les Proverbes d'un bout à l'autre, bien sur d'y trouver le conseil dont il avait besoin.
Le livre des Proverbes est fréquemment cité dans le N. T.; plusieurs passades lui sont empruntés, Luc 14, 8. 4 0. Nom. 12, 20. Jean 1,4. Jacq. 1, 19. 2, 1. A, 6. 13. 5, 4. 20. Hébr. 12, 5. 6. t Pierre 4, 8. 48. 5, 5.
Commentaires à consulter : Mélauchthon , Umbreil,C.Il.Micliaélis, Rosenmuller,elc. Traductions de Vivien, André Janin, etc. v. aussi le Manuel de la Bible d'Angus, qui renferme, § 61, p. 437, de précieuses règles d'application.
PSAUMES, (hébr. Sépher TehilUm, livre des hymnes, ou des louanges). Gel admirable ouvrage, dont l'éloge épuiserait toutes les épithètes, si celle d'ouvrage inspiré de Dieu ne faisait pas sa plus grande beauté, et ne résumait pas tout ce que l'on peut dire et sentir de plus profond, a été dans tous les siècles l'objet d'un amour et d'un respect tout particulier dans l'Eglise. C'est une bibliothèque spirituelle, di( Cassiodorc, où l'on rencontre tout ce qui est nécessaire pour le salut. Il contient un abrégé de tout ce que l'on trouve dans les autres livres, dit saint Augustin. Et Ambroise : L'histoire sacrée nous instruit, la prophétie annonce l'avenir, les corrections répriment les méchants, la morale persuade; mais les Psaumes produisent tous ces effets à la fois : l'utile et l'agréable y sont partout si sagement mêlés qu'il est diflicile de décider lequel des deux l'emporte sur l'autre. Saint Athanase écrivant à Marcellin, et lui recommandant la lecture des Psaumes, dit que telle partie des Ecritures nous porte à imiter le bien dont telle autre nous donne l'exemple ou le précepte, mais qu'en lisant les Psaumes, il semble que ce soient nos prières et nos propres désirs que nous exprimions; ce volume, ajoute t-il, est comme un paradis dans lequel on trouve toutes les espèces d'arbres et de plantes. Suint Basile : Le livre des Psaumes contient tout; il anuonce les choses futures par des oracles non équivoques; il rappelle l'histoire des temps passés ; il sanctionne les lois d'une vie sainte : il renferme les pré-
ceptes et les exhortations les plus admirables, et pour tout dire en un mot, il abonde en toute bonne doctrine (bonœ ornais doctrinae uberrimum quoddam est), rappelant et développant avec un soin plein de grâce et d'intelligence tout ce qui peut le plus nous conduire au salut. Luther, dans son langage si simple et si plein, appelle les Psaumes une petite Bible, un manuel, un abrégé de tout ce qu'il y a de plus beau ; et Calvin dit qu'ils sont comme une auatomie de toutes les parties de l'àme, leuVment qu'il l'est aucun de nos besoins auquel ils ne répondent, aucune de nos dispositions intérieures qu'ils ue reflètent ; de sorte que ce livre peut servir à l'élude de la plus belle et la plus difficile de toutes les sciences, celle que Socrate résumait en ces mots : Connais-toi toi-même.
Les Psaumes ne sont pas tous du même auteur, quelque grande que soit a cet égard l'autorité de saint Augustin, d'Aben Esra, d'Euthymius,qui les attribuent tous à David {opinion récemment encore défendue par >l. A. De Mestral). David, l'homme qui composait les doux cantiques d'Israël, 2 Sam. 23, 1., en est, ii est vrai, le principal auteur; c'est lui, dit Athanase, qui reçut le premier le don de p.-almodier à l'Esprit, d'écrire et de composer des psaumes; c'est encore lui qui a composé le plus grand nombre de ceux qui se trouvent dans le recueil qui porte son nom, 2 Chr. 7, 6. 29, 30. Am. 6, 5. : mais il ressort des inscriptions mêmes de plusieurs de ces psaumes, qu'ils ont été écrits par d'autres que par lui. Cinq auteurs sont nommés outre David. Le psaume 90 est de Moïse; le 127 de Salomon; le 88 de Héman, Eziahile, peut-être un petit-fils de Samuel, 1 Chr. 6, 33. 2 Chr. 5, 12.; le 89 est d'Elhan, Ezrabtlc; et Asaph,un prophète, 1 Chr. 25, 2., a composé le psaume S0, et les psaumes 73 à 83. On a discuté beaucoup sur le sens de la préposition hébraïque qui sert à désigner l'auteur (le Lamed auctoris). On peut traduire en effet : psaume d'Asaph, ou psaume pour Asapb ; mais comme c'est la même formule ordinairement employée pour les psaumes de David, et que d'ailleurs on se sert d'une autre tournure pour indiquer les cantiques destinés à Asapb, comme fait la tradition qui donne les psaumes 96, 105 et 106 comme devant être chantés par Asapb, sans que les litres indiquent qu'ils soient d'Asaph, on peut ne pas attacher une grande importance à cette controverse philologique. Les noms de Jéduthun, et des trois lits de Coré (Asir, Elèanah, et Abiasaph) sont encore en tête de quelques psaumes, non qu'ils en soient les auteurs, mais parce qu'ils devaient en être les chantres ; c'est pour eux que ces psaumes avaient été composés, comme d'autres le furent aussi pour le mallre-chantre, c'est -a-dire pour
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celui qui dirigeait dans le temple les chœurs des chantres lévites. Vingt-cinq psaumes environ sont sans aucune inscription; on peut croire qu 'ils sont de David, quoique saint Jérôme pense qu'ils appartiennent plutôt au même auteur que celui ou ceux qui procèdent; d'autres, et spécialement les commentateurs anglais, attribuent le psaume 44 à Eiéchias, le »02 à Daniel, le 4 et le 149 à Esdras, le 129 à Néhémie, le 137 à Aggée ou à Zacbarie, etc.; mais, nonseulement ce n'est pas prouvé, c'est encore peu probable.
Les Psaumes n'ont tous été, ni composés dans les mêmes circonstances, ni destinés au culte puhlic. Souvent le roi-prophète ne chante que ses propres impressions, celles du moment, l'effet que produit sur lui la pensée de Dieu contemplé dans ses ouvrages, ou celle des dispensa lion s de Dieu a l'égard de ses entants, et de ses ennemis; ailleurs il se réjouit daus l'attente d'un Sauveur, et dans la perspective d'un règne messianique. Il a composé plusieurs de ses psaumes pendant son séjour à la cour de Saul, d'autres pendant qu'il fuyait devant ce roi qu'il avait déjà remplacé, d'autres à Hebroo, d'autres à Jérusalem, plusieurs pendant quil fuyait devant les troupes de son tils Absaloui quelquesuns de ces cantiques appartiennent ù la partie la plus agitée de sa carrière, d'autres ont été composés dans le calme et la tranquillité d'un règne heureux; toute la vie de David est rappelée dans ses hymnes, et souvent cet homme élu de Dieu, ce type de Jésus-Christ, parle de lui-même en termes qui annoncent un autre roi d'Israël, un autre règne, un autre temps, et que le Saint-Esprit rapporte a celui qui devait venir de la tribu de Juda et de la famille de Jessé ; l'image et la réalité se confondent dans la perspective prophétique ; les douleurs et le triomphe de David disent les douleurs et le triomphe de Jésus.
On a fait différentes tables des psaumes par ordre de matières, mais la nature même du psaume qui embrasse souvent plusieurs sujeis et passe de l'un à l'autre, ne permet pas toujours d'insister beaucoup sur une division de ce genre. Quelques psaumes s'y prélent, d'autres s'y refusent. Une division générale en prières, actions de grâces, cantiques d'adoration, psaumes sentencieux, psaumes prophétiques, psaumes historiques, est naturelle; c'est à peu près la division d'Alhanase ; Bickersleth subdivise encore chacune de ces parties en plusieurs autres, et alors sa table n'est plus un guide très sûr. — On a fait également quelques essai* de classification des psaumes par ordre chronologique, mais comme la date d'un assez grand nombre est inconnue et fort douteuse, il est inutile de s'y arrêter ; il faut se contenter d'un
à peu près. Nous, ne reproduirons donc pas de*
listes de ce goure; on les trouvera dans l'Introduction de Iiorne,dans le Manuel de la Bible, du Dr Augus, et dans plusieurs commentaires, français sur les Psaumes. La Polyglotte fran^ çaise de Bagster, el la Concordance de llackeusie, indiquent aussi un certain ordre chronologique.
Les Juifs divisaient les psaumes comme la loi de Moïse, en cinq livres qui finissaient aux psaumes 41, 7z. 86, 106 et 450* Les quatre premiers se terminent par les mots Amen, Amen, le cinquième par Alléluia! Eniphanes, eu conséquence de cette division, appelait les Psaumes un second Pentateuque. A ce propos encore, on a voulu parler de tahles des matu res, et l'on a dit que le premier de ces cinq livres chaulait des sujets tristes, le second des sujets de joie, le troisième des sujets tristes, le quatrième des; sujets de joie, et le cinquième la tristesse el la joie tout ensemble : mais il y a beaucoup d'arbitraire dans celte manière de parquer les psaumes. On admettrait plus volontiers le sentiment d'Augustin qui, divisant les Psaumes en trois cinquantaines, voit dans la première la vocation, dans la seconde la justification, dans la troisième la sanctification et la glorification des saints. Au reste la division du Psautier en cinq livres n'est pas même prouvée ; Eusèbe el Ambroise l'admettaieut comme fort ancienne, mais Uilaire, Jérôme et Augustin la repoussaient comme contraire à l'Ecriture qui ne cite jamais les Psaumes que comme formant un seul livre. Quoi qu'il en soit de celte division, qu'elle remonte aux auteurs de la collection, ou qu'elle soit d'une date plus moderne, le recueil des Psaumes n'a jamais compté que comme un seul livr. dans l'énumératioQ des livres canoniques de l'Ecriture.
Les versions grecque et romaine ont réuni en un seul les psaumes 9 et 10, séparés dans le texle hébreu, de sorte qu'a partir de ce psaume, il y a entre ces versions et les uôlres traduites sur l'original, une différence dans la manière de noter les psaumes. Pour retrouver les 150, ceux qui ont réuni deux psaumes en un, ont dû en dédoubler un en deux, el ils ont choisi le 4 47° (leur 446e} qu'ils partagent au v. 42. Les catholiques réunissent encore les Ps, 114 el 115 en un seul, et partagent le 446e en deux au v. 10.
Plusieurs psaumes portent en hébreu des in* scripiions qui leur servent de titre, indiquant soit le nom de l'auteur, soit des directions pour le chef de musique, soit l'occasion en laquelle le psaume a été composé, soit le genre de sa poésie, son usage pour le culte, l'instrument pour lequel il était destiné, soit enfin le ton sur lequel il devait être chante. Ces différentes espa-
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ces de suscriptions, en général exactes, quoique non canoniques, se rencontrent toutes au Ps. 60. Nos versions les ont quelquefois transcrites, quelquefois traduites (plus ou moins bien) : l'édition française de Bagsler les a supprimées. Voici les principales.
Shir est le mot général, et signifie cantique, q. v. Ps. 65.
Mictam. Ps. 46, 56, 57, 58, 59, 60. On a donné à ce mot obscur bien des significations. Les Juifs entendent : cantique de David qui a été humble et intègre; ce sens obtenu à grand* peine par la décomposition du mot n'est qu'un expédient rabbinique. D'autres, tels que les Septante et la Vulgate, traduisent inscription, titre qui ne signifierait rleo. D'autres encore, dont Heidegger et De Meslral, le rendent par cantique d'or, cantique précieux, en s'appuyant sur un sens possible deson étymologie. Nos savants modernes enfin, lisant Mictab, comme Es. 38, 9., le traduisent simplement par écrit. L'opinion de Heidegger nous paraîtrait le plus conforme au génie de l'hébreu, et ne serait pas en désaccord avec le contenu de ces psaumes.
Héduth ou Susan, ou Sosannim - Héduth (témoignage), Ps. 80. v. Musique 2° g).
Le Lammed. Nos versions le rendent par « propre à enseigner, » Ps. 60, : c'est en effet sa signification, comme celle de
Maskil, Ps. 32, que nos versions ne tradui sent pas.
Mismor, Ps. 3, 4, 5, 6, 8, 9, que nos versions traduisent par psaume, et
Siggajon, Ps. 7 (chant, cantique), cf. Hab 3, t . Jér. 7, 46. — On ne connaît pas la diffé rence qu'il y avait entre ces deux mots : le dernier q. v. emporterait peut-être davantage l'idée d'une complainte (A. De Mesiral).
Muth-Lubben, Ps. 9. Psaume donné au mai tre-chantre sur Muth Labben, littéralement en hébreu : « sur la mort de Labben. » On a voulu lire Nabal au lieu de Labben, par la transposition des lettres; d'autres lisent Halamolb Labben (De Wette, Perret-Gentil), ce qui signifierait : pour être chanté par les filles de Ben (cf. 4 Cbr. 45, 48.), etc. Le plus simple est peutêtre d'admettre avec les rabbins, que Labben était un chef ennemi, dont la mort fut une délivrance pour Israël (De Meslral). — v. plus bas Le Hannoth.
Jonath-Elem-Réhokim, Ps. 56. « Sur la colombe muette des lieux éloignés. » Air sur lequel le psaume pouvait être chanté, ou allusion au sujet du psaume, David a Gath, au milieu des Philistins, devant cacher ses peines et ses sentiments.
Mtascheth, Guitlith. v. ces mots.
Jjeleth-Hassachar, Ps. 22, (la biche de l'aurore), peut-être le commencement d'un
cantique sur l'air duquel ce psaume devait être chanté; peut-être le personnage dont les souffrances sont décrites dans ce psaume, David lui-même, qui se compare ailleurs à un oiseau ; cf. Prov. 6, 5. (Kimhi, Jarchi, Hengstenberg, De Mestral).
Néhiloth, Ps. 5, Mahalath, 53 et 88. v. Musique 2° d) Nehil.
Néguinoth, Ps. 6. v. Musique 3° Le Hannoth, Ps. 88, Halamoth, 46, Séminith, 6, et 42, désignaient peut-être des modulations de la voix, des modes de chanter, des voix particulières; le premier de ces mots indiquerait des entre-répons ; le second, des voix de jeunes filles, ou de soprano; le dernier IWace, ou des voix grasses, basses (selon quelques-uns Muth-Labben serait le téoor). Le mattre-chantre, v. Chantres.
Mahaioth, Ps. 420-134. Cantiques des degrés, ou des montées. On ne saurait pas dire au juste ce que signifie ce titre, au milieu de tous les essais d'explication que l'on a mis en avant. Les uns (De Mestral) ont cru que c'étaient les cantiques que l'on chantait sur les quinze degrés du temple, dont parle Josepbe, degrés qui conduisaient de l'enclos des femmes dans le grand parvis; d'autres entendent ces degrés de ceux qui conduisent du parvis des prêtres au vestibule qui était devant le lieu saint, mais on ne voit nulle part qu'il y en eût quinze ; le contraire ressort de Ex. 40, 22. 26. 31. 37. 49. On ne voit d'ailleurs nulle part non plus que les lévites chantassent sur les degrés du temple. — D'autres pensent qu'on chantait ces cantiques sur la tribune de laquelle les lévites faisaient quelquefois la lecture de la loi, Néb. 9, 4.; mais ce n'est qu'une conjecture, et rien ne lui donne un air de vraisemblance. — Quelques rabbins, et quelques commentateurs traduisent mahaioth par cantiques délévatwn, soit qu'on les chantât sur un ion élevé, soit qu'a chaque psaume on élevât la voix d'un ton. — Hengstenberg, Stier, Haevernick, Gerlach traduisent cantiques des pèlerinages, et pensent que les Juifs chantaient ces psaumes quand ils montaient a Jérusalem pour les fêtes : les idées renfermées dans ces psaumes s'accorderaient assex avec celle destination. — Caluiei entin ei beaucoup d'autres avec lui (Ewald, etc.), traduisent cantiques de la montée, ou du retour de la captivité de Babylone : on voit en effet par plusieurs passages, Esd. 4, 3. 5. 2, 4.7, 6. 7. Nèh. 7, 5. 6. Jér. 27, 22. Ex. 39, 2. Ps. 422, 4., que pour exprimer l'idée du retour de Babylone, on se servait souvent de l'expression monter, et comme ces quii ze psaumes onl presque tous un rapport direct avec ce grand événement de l'histoire juive, il est bien possible que ce soit à cette opinion que l'on doive s'arrêter. Heideç-