‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 349 sur 398 · IL · texte numérisé non relu

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celer, hésiter ; dans ces sens nous traduirions avec Angus : Requête pour les égarements. Gesenius, d'après une élymologie syriaque, traduit simplement : chants, mais cela ne donne pas un sens bien clair.

SIHON (déracinant), roi des Amorrhéens, refusa à Moïse le passage sur son territoire, mais fut complètement défait, et vil sa capitale réduite en cendres, Nomb. 21, 21. 32, 33. Deut. 1 , 4. Cette victoire célébrée par un <:hant de triomphe, est rappelée en plusieurs passages des Ecritures et plus souvent que son importance apparente ne semblerait le comporter, ce qui tient sans doute à ce qu'elle est un des premiers exploits du peuple devenu libre, Jos. 2, 10. 9, 10. 12,2. 13, 10. 1 R. 4, 19. Ps. 135,11. 136, 19. Néh. 9,22. Le nom de Sinon est toujours joint à celui de Hog son contemporain, sauf Jug. 11, 19.

SIHOR. 1° Le fleuve ainsi nommé Es. 23, 3. Jér. 2, 18., est, de l'accord de presque tous les interprètes, le Nil, de même que 1 Chr. 13, 5. et Jos. 13, 3., où sont indiquées non les limites historiques de la Palestine, cf. Nomb. 34, 6., mais les limites qui lui avaient été promises, Gen. 15, 18. L'hébreu sichor signifie noir (trouble) et se rapporte au limon noirâtre (nigra arena, Virg.,) que le Nil en se retirant laisse déposé sur ses bords ; les Grecs appelaient ce fleuve Mêlas, le Noir, et d'après Bohlen le mot Nil aurait en sanscrit la même signification, celle de noir ou de bleu foncé, v. Egypte. — 2° Sihor, Jos. 19, 26., v. Libnah.

SIKRON (ivresse), Jos. 15, 11 ., ville frontière septentrionale de la tribu de Juda.

SILAS (hébr. trois), Act. 15, 22. sq., appelé Silvain dans les épitres de Paul, fut le compagnon des voyages de l'Apôtre depuis le concile de Jérusalem. Citoyen romain comme lui, et exerçant le ministère prophétique dans l'église de Jérusalem, il le suivit dans son second voyage missionnaire en Asie Mineure, passa avec lui en Macédoine, partagea sa prison à Philippes, resta quelque temps seul à Bérée, et ne rejoignit Paul qu'a Corinlhe, où il se distingua par son zèle évangèlique, Act. 15, 18. 1 Thess. 1,1.2 Thess. 1,1.2 Cor. 1, 19. C'est probablement le même dont il est parlé 1 Pierre 5, 12. La tradition grecque le fait évêque de Corinlhe sous le nom de Silas, et de Thessalonique sous relui de Silvain.

SILO ou plulOt Shilôfi, Gen. 49, 10., mot difficile, et sur la signification duquel les interprètes ont beaucoup varié (v. GrandPierre, Essais, etc.). Voici 1rs principales explications qu'on en a données. Le sceptre, est-il dit, ne se départira pas de Juda, jusqu'à ce que le Shi'ôh vienne, et que les peuples lui obéissent.

1° Quelques commentateurs, les plus anciens

(les Septante, et plusieurs Targums), lisent shélôh, qui d'après un caldaïsme, signifie à qui il (c'est-à-dire appartient); ils traduisent en conséquence : Le sceptre ne se départira point de Juda jusqu'à ce que vienne celui à qui il (appartient) : selon les uns le Messie; ce serait alors une prophétie messianique, et le Messie appartenant à la tribu de Juda, la phrase reviendrait à dire que le sceptre ne sortira jamais de cette tribu ; selon les autres, Salomon, et alors la promesse ne s'étendrait que jusqu'à ce monarque, le sceptre ayant été brisé sous son successeur. — Cette explication, sous cette forme du moins, est presque généralement abandonnée.

2° La Vulgate, et d'autres, donnent à Silo lesens d'envoyé; donec véniel qui mittendus est ; cette traduction vient de ce que l'on a confondu la racine shalah avec shalach qui signifie en effet envoyer : cependant Grotius l'admet comme la vraie leçon.

3° Shilôh signifierait dans ce passage, le seul où il aurait ce sens, repos. C'est ainsi que l'entendent Herder, Gesenius, Hofmanu, etc., mais avec des nuances dans leurs interprétations. Le bâton de conducteur en chef ne quittera jamais Juda, le bâton de héros le suivra dans tous ses voyages (ses pieds), jusqu'à ce qu'il soit arrivé au lieu de repos (Herder); ce dernier mot, le même que Silo, paraît une allusion à l'arrivée des Israélites en Canaan, à Silo, mais on peut objecter avec raison que jusqu'à celte époque Juda n'a pas eu le bâton de commandement, et qu'il n'eût pu par conséquent le déposer en mettant le pied sur la terre promise. Gesenius entend que Juda ayant la prééminence sur les autres tribus, fera respecter son droit d'aînesse, et n'abaissera son sceptre qu'après avoir obtenu d'une manière générale la paix et le repos. Dans ce sens, et quoique ce ne soit pas l'intention de Gesenius, les paroles de Jacob sont encore une prophétie messianique.

4° Tuch traduit librement : Le sceptre restera entre les mains de Juda jusqu'à ce que la conquête de Canaan soit achevée et que le sanctuaire national soit élevé à Silo ; littéralement, jusqu'à ce qu'on soit venu à Silo (id. Perret- Gentil). Shilôh n'est donc pour lui qu'un nom géographique. Mais le motif allégué ci-dessus contre la simple allusion à Silo, reste le même quand l'allusion se change en affirmation directe; Juda n'a pas eu la conduite du peuple jusqu'à ce moment; ni Moïse, ni Aaron, ni Josué n'appartenaient à celte tribu. D'ailleurs, comme le fait remarquer Hengstenberg, Silo ne nousapparait, Jos. 16, 6. 18, 1.,que comme un lieu de campement et non comme une ville; ce n'est que peu à peu que Silo grandit et prend place dans l'histoire; aux jours de Ja-

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cob, il n'était rien encore, et rien ne pouvait faire prévoir au patriarche que l'arrivée de ses descendants en cet endroit serait pour eux une époque décisive. On peut même se demander avec Hofmaon, si en effet Silo a jamais été pour Israël, et pour Juda en particulier, une époque décisive, quand et comment ?

5° En laissant à Silo le sens de repos, Hengstenbe rg, Hœvernick, De Mestral, Schrœder, qui varient pour les détails, s'accordent à lui donner une signification appellative et personnelle; « jusqu'à ce que vienne le repos, c'est-à-dire, celui qui donnera le repos, le pacilicateur, le prince de paix, » L'abstrait est employé pour le concret, ce qui est parfaitement autorisé par le génie de la langue hébraïque. On peut rapprocher de ce passage, Ez. 21 , 32., où des calamités sont annoncées jusqu'à ce que vienne Celui à qui appartient le gouvernement (le droit), c'est-à-dire le Messie, à qui appartient le droit de juger sur la terre, le véritable réparateur et dispensateur de la justice dans le monde, Es. 9, 6. 42, 4. Jér. 23, 5. Ps. 72, 4t. Les idées de droit et de repos sont corrélatives ; celui qui amène l'un, amène l'autre, et Ton est d'autant plus fondé à croire qu'Ëzéchiel a en vue le passage de la Genèse, qu'il fait de fréquentes allusions à la prophétie de Jacob sur Juda, 49, 2. 10. 24, 45. Cette analogie nous montre en outre comment Ezéchiel expliquait le Silo ; non-seulement il nous donne la plus ancienne explication de ce mot dans le sens messianique, mais encore il nous y fait voir l'idée d'un Messie personnel, et l'idée abstraite de repos exprimée par Jacob est traduite par Ezécbiel en l'idée personnelle d'un individu ayant des droits et exerçant le gouvernement. Le sceptre restera dans la tribu de Juda jusqu'à ce que soit venu le (prince du) repos, issu de Juda, mais élevé au-dessus de toute tribu et de tont peuple; alors ce ne sera plus à Juda, mais â son enfant comme souche d'un nouveau pouvoir, que sera due l'obéissance des peuples. II n'y a rien d'étonnant à ce qu'au moment de mourir, le patriarche ait jeté un regard prophétique sur l'avenir, et qu'il ait entrevu l'objet des promesses faites à ses pères. Il serait surprenant, au contraire, qu'un fait aussi important que celui de la venue d'un réparateur, eût été omis au milieu des autres événements que Jacob entrevoit. Abraham, en léguant à Isaac, Isaac à Jacob, le droit de progéniture, avaient tracé la ligne de leur postérité dans laquelle le Christ apparaîtrait; Jacob fait de même, il désigne Juda comme le premier-né de droit, c'est à Juda qu'appartiendra l'autorité jusqu'au moment où la nation, cessant d'exister comme théocratique, verra son sceptre devenir un pouvoir spirituel et passer entre les mains de celui

qui donne la paix en faisant régner le droit, ta paix, qui est le triomphe du Messie, est aussi le triomphe de l'humanité ; le monde cessera d'être travaillé et tourmenté ; il aura trouvé le repos.

6° Enfin, et nous laissons de côté un certain nombre d'hypothèses plus ou moins heureuses, Ritto fait dériver Shilôh de shaal, demander, désirer : ce serait le Désiré des nations ; c'est une idée ingénieuse, mais qui ne se justifie ni historiquement, ni étymologiquement.

SILO (repos), ville d'Ephraïro, située sur une hauteur au nord de Béthel, au sud de Libona, Jug. 24, 49., à 4 lieues de Sichem, presque au centre du pays, ce qui lui valut d'être considérée sous Josué comme l'accomplissement de la promesse faite Deut. 42, 9. 49., et comme l'endroit le plus favorable pour les convocations du peuple, et en fit pendant trois siècles, depuis Josué jusqu'à Héli et Samuel, le siège du tabernacle; Samuel y passa son enfance; Jos. 48, 4. 9. 19, 54. 24, 2. 22, 9. 42. 4 Sam. 4, 3., etc. 2, 44. 3, 24. 4, 3. 4 4, 3. L'Eternel abandonna son tabernacle, à cause de la malice de son peuple d'Israël. Ps. 78, 60. Jèr. 7, 42. Silo apparaît encore aux jours de Jéroboam comme ville d'Israël, 4 R. 4 4, 29. 44, 2. 4., mais paraît avoir souffert lors de la destruction de ce royaume, Jér. 7, 42. 4 4. 26, 6. 9. Elle subsistait cependant encore pendant l'exil, Jér. 44 , 5. Saint Jérôme y trouva les restes d'un autel, et de nos jours encore Schubert croit en avoir vu les ruines sous le nom de Seilûn.

SILOÉ (envoyé), en grec Siloam, village, réservoir, et source célèbre des environs de Jérusalem, Jean 9, 7. Le village est situé à droite quand on remonte la vallée de Josapbat, et il est comme suspendu sur le sommet escarpé du mont du Scandale, sur lequel Salomon avait bâti un temple à ses dieux étrangers. La source, appelée aussi fontaine de la Vierge, jaillit au fond d'une vaste caverné taillée en partie par la main des hommes dans les flancs rocailleux du mont Morija, dans la vallée de Josapbat; deux rampes de degrés, aussi unis et aussi blancs que du marbre, conduisent à la source, dont les eaux qui coulent doucement, Es. 8, 6., se réunissent par une pente presque imperceptible dans un canal souterrain qui, après avoir traversé toute la colline, reparaît dans la vallée des Tyropéens, et dépose ses eaux dans le réservoir du même nom. Ce réservoir a la forme d'un parallélogramme, les murs eu sont de pierres de taille; après avoir grimpé un moment dans une grotte taillée dans le roc, on descend quelques degrés pour arriver à l'endroit où l'eau se jette dans le réservoir; elle y arrive, non point en se versant par-dessus l'ouverture de la grotte, mais en filtrant secrè-

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terne ot par-dessous : une grande abondance de fleurs sauvages croissent sur ses bords. De là, par un petit canal creusé dans le rocher, l'eau du réservoir va arroser les jardins situés plus bas sur des terrasses (cf. Cant. 4, 45.), et connus sous le nom de jardins du roi, Néh. 3, 15. En ne distinguant pas toujours 1a source de son réservoir, on est arrivé, soit à confondre la source de Siloé avec la fontaine du Foulon, v. Roguel, soit à voir des contradictions dans les données bibliques, soit à changer la position du réservoir; Gesenius, Tholuck, Hitzig, d'après quelques anciens, placent cette source à l'angle sud-ouest de Sion ; Winer la confond avec le bassin inférieur du Guihon. v Tobler, Die Siloahquelle und der OEIberg.

Il faut remarquer que la source de Siloé, qui n'est nommée qu'une ou deux fois dans l'A. T., et trois fois dans le Nouveau, n'est jamais accompagnée du moindre renseignement lopographique, de sorte que c'est à la tradition seule, et en particulier à Josèphe, G. des Juifs, 5, 4, 1 , 1., qu'on doit en appeler pour la fixation de son emplacement, comme nous l'avons fait. Il en résulte aussi que la grande réputation que ces eaux ont acquise, n'est qu'une renommée légendaire et traditionnelle, qui n'a rien de biblique; le doux murmure d'une source tranquille, ornée d'un beau nom, et quelques moines intéressés à la faire valoir, ont fait de Siloé un poste important , que les anciens habitants de Jérusalem seraient étonnés de voir si grandement apprécié.

Abandonnée pendant la captivité, la porte de Siloé (?) fut reconstruite ou réparée par Sallum, Néh. 3, 45. Il y avait une tour au-dessus de la source, dans le village de Siloé , et son écroulement, qui écrasa dix-huit personnes, donna lieu à Jésus de redresser les fausses idées des Juifs sur la relation des châtiments avec le péché, Luc 43, 4. C'est au réservoir de Siloé que Jésus envoya l'aveugle-né laver ses yeux qu'il avait guéris avec de la boue, un jour de sabbat, Jean 9, 7.

Sans qu'il y ait intermittence complète, les eaux de celte source sont par moments, et tour à lour, beaucoup plus rares et beaucoup plus abondantes; Robinson a constaté ce phénomène, qui avait déjà été attesté par Chateaubriand et par d'autres; l'eau est troublée subitement par les eaux nouvelles qui se précipitent, et peut-être que la vertu du réservoir de Bétbesda, Jean 5, 7., provenait d'un fait analogue qui mettait en mouvement des substances ayant des propriétés curalives spéciales. L'eau de Siloé a été goûtée et diversement appréciée par presque tous les voyageurs; Chateaubriand l'a trouvée saumâtre; Lamartine, limpide et savoureuse; Rien 1er, bonne; Bovet, indifférente;

Rûhinson lui a trouvé un goût un peu salé, mais point du tout désagréable; du reste il avoue qu'en de certaines saisons, elle a un mauvais goût. De nos jours encore, les plus incrédules ne manquent pas de s'y laver les yeux pour se préserver d'ophthalmies. Winer pense que le fons perennis aquae de Tacite. Hist. 5, 4 2. est le même que Siloé.

SILVAIN. c. Silas.

SIMÉON (exaucement). 4° Fils de Jacob et de Léa, Gen. 29, 33. Ex. 6, 45. 4 Chr. I, 4. (vers 4900 av. C.) D'accord avec Lévi, H vengea par la violence et la perfidie l'injure faite à Dina sa sœur, que Sichem le ravisseur voulait réparer d'une manière plus douce et plus naturelle. La religion servit de prétexte et de moyen à leur vengeance, et le pillage couronna dignement celte œuvre sanglante. Ce crime fit tache sur toute la vie de Siméon, et sur l'avenir de sa postérité, Gen. 34, 25. 49, 5. 7. Plus tard, il fut choisi comme otage par Joseph en Egypte, et ne fut délivré qu'au retour de ses frères ramenant avec eux Benjamin, 44, 24. 43, 83. On a voulu voir dans le choix que fit Joseph de cet otage, un indice que Siméon avait été le plus coupable dans la vente de Joseph, qu'il en avait pris peut-être l'initiative; mais ce n'est pas prouvé. Joseph voulait s'assurer de la personne d'un des aînés, mais laisser l'atné à la tête de la famille; l'afné était pour lui une personne sacrée: d'ailleurs Ruben lui avait sauvé la vie; il prend le second.

Siméon fut le chef d'une des douze tribus, mais d'une tribu « divisée en Jacob, et dispersée en Israël, » Gen. 49, 5-7. Depuis le dénombrement de Sinaï jusqu'à la fin des voyages du désert, elle avait diminué de plus de moitié; de 59,300 hommes elle était descendue à 22,200, Nomb. 4, «3. Î6, 4 4. Elle ne reçut que dix-sept villes (dont deux lévitiques), éparses au milieu du territoire de Juda, vers les frontières de l'Idumée et du désert d'Arabie, et en majeure partie dans les montagnes, Jos. 4 9. Elle ne fait la guerre que de concert avec Juda ton frère, quand les autres tribus la font séparément, Jug. 4 , et lors du partage des douze tribus en deux royaumes, elle parait s'être unie en partie au royaume de Juda, sous la dépendance et sur le territoire duquel elle se trouvait; ainsi Béersébah et Tsiklag sont nommées, 4 R. 4 9, 3. 4 Sam. 27, 6., comme appartenant à Juda ; cf. 4 Sam. 30, 30. et Jos. 49,4. Elle possédait de nombreux troupeaux, et du temps d'Ezéchias, comme elle s'élaii beaucoup multipliée, grâce peut-être à l'air salubre de ses montagnes, et que ses limites primitives n'étaient plus assez grandes pour la contenir, une colonie d'hommes énergiques s'avança vers l'est, traversa la vallée du Sel, et

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trouva de gras pâturages dans les montagnes de Séhir, où elle s'établit après avoir détruit les Hamalécites qui y demeuraient. 4 Chr. 4, 34-48. L'accroissement de Juda avait peut-être aussi empiété sur le territoire de Siméon, et motivé cette émigration. Le nom de Siméon est omis dans la bénédiction de Moïse, Deut. 33; le législateur du peuple ne connaît pas, ou du moins ne veut pas reconnaître , colle faible tribu que le péché de son fondateur a flétrie et réduite à presque rien : ce silence est une sentence de destitution. Son nom est cependant rappelé Ez. 48, 24. Apoc. 7, 7., parce que l'Eternel ne lient point à toujours sa colère; le Ois de Jacob est rentré en possession des promesses; sa place lui est rendue en Israël.

2° Siméon, ancêtre de Marie et de Jésus, Luc 3, 30.; inconnu.

3° Siméon, le pieux témoin de la présentation de Jésus dans le temple, Luc 2 , 25. Une révélation intérieure lui fit reconnaître dans ses langes et dans son humilité Celui qui devait être la gloire d'Israël; son cantique, sa prière, les paroles qu'il adresse prophétiquement au Messie et à sa mère, fixent l'attention sur cette scène imposante et simple qui se dessine comme au frontispice de la vie de Jésus; on aime et l'on vénère cet homme si plein de foi qui , ayant vu la journée de l'Eternel, est prêt â s'endormir en paix, avant d'avoir vu se réaliser toutes les espérances que la venue de Christ devait faire naître en lui pour la terre. Les Juifs attendaient le Messie depuis bien des années, et sa venue faisait sans doute l'objet de leurs conversations quand ils se réunissaient chaque jour dans les parvis du temple; mais ils l'attendaient sous une forme glorieuse. Le témoignage d'un pharisien, d'un homme pieux, d'un homme universellement estimé, devait contribuera renverser ce funeste préjugé, et Jésus fut dès sa nais» sance proclamé roi sauveur dans le temple de Jérusalem, par la voix d'un Israélite non suspect et qui savait fixer l'attention : cet événement ne put rester secret, et la ville put apprendre que le libérateur était venu. — On a voulu honorer Siméon en le faisant fils du célèbre Hillel, et père de Gamaliel, mais la tradition ne nous fournit que son assertion. L'âge de Siméon ne peut même être déterminé, et l'on a tort peut-être d'en faire un vieillard.

4«> Siméon, ou Syraéon, 2 Pierre 4, t. ou Simon, surnom de Pierre, q. v.

5° Siméon, prophète et docteur de l'Eglise d'Antioche, Act. 13, 4. Le surnom de Niger qu'il avait reçu, semble indiquer qu'il avait de fréquents rapports avec Borne et l'Italie.

SIMHI. 1° Benjamite, (lis de Guéra et parent de Saùl, n'est guère connu que par les lâches insultes dont il poursuivit David fugitif, et par

les lâches excuses qu'il lui fit après la défaite d'Absalon, 2 Sam. 46, R. 49, 46. David légua à Salomon par son testament, le soin de venger une injure qu'il avait laissée impunie, 4 R. 2, 8., et Simhi fut consigné dans l'enceinte de Jérusalem; il savait que la mort punirait la rupture de son ban, et pendant trois ans il fut fidèle â son serment; mais soit imprudence, soit fausse sécurité, soit cupidité, il se mit à la poursuite de deux de ses esclaves qui s'étaient enfuis à Gath, et â son retour il périt d'une mort violente, selon la sentence de David. Simhi est une âme basse, qui s'attache au vainqueur, qui fait le brave en présence d'un ennemi faible ou désarmé, et qui rachète par la violence de ses injures la lâcheté de ses procédés. Mais lâche, il était redoutable, parce que son honneur perdu n'avait plus rien â perdre, et Salomon crut devoir le garder sous sa surveillance a Jérusalem, au lieu de lui permettre de vivre sur ses terres. Lorsqu'il maudissait David, il jetait de la poussière en l'air, selon l'usage des Orientaux actuels qui, lorsqu'ils maudissent un homme, lui crient encore : Tu seras bientôt comme celle poussière. David lui pardonna de son vivant comme homme et comme roi ; il le fit punir comme roi théocra tique après sa mort, lorsqu'il n'avait plus de vengeance â savourer, de rancune â garder : ce point de vue est essentiel â rappeler pour tout l'ensemble du testament de David.

2° Officier de David, 4 R. 4, 8. Il ne prit point de part â la révolte d'Adonija. Quelquesuns l'ont confondu avec le précédent. Il est plus probable que c'est le même, fils d'Ela, qui fut chargé sous Salomon d'administrer les revenus de Benjamin, 4 R. 4, 48.

3° La famille de Simhi, nommée Zacb. 42,43., représenle selon les uns les familles des docteurs de la loi, selon d'autres les premières familles de Jérusalem â cette époque. La tradition montre qu'un grand ndmbre de docteurs célèbres ont porté ce nom.

SIMON. 4° Père de Judas Iscariot, n'est nommé que Jean 6, 74 . 42, 4. 43, 2. 26., sans doute après sa mort. Du reste inconnu.

2° Simon Pierre, v. Pierre.

3° Simon Cananéen, surnommé aussi Zélotes, fils de Ctéopas et de Marie, frère de Jacques, de Jude, et de Joses, l'un des douze apôtres, Mattb. 40, 4. 43, 55. Marc 3, 48. 6, 3. Luc 6, 4 5. Act. 4,4 3. On ne connaît rien de lui, ni action, ni parole. Le surnom de Zélotes qui lui était donné, le même que Cananéen qui dérive de l'hébreu kana (avoir du zèle), prouve qu'il avait appartenu à ce parti des zélotes dont parle Josèpbe, G. des Juifs, IV, 3. 9., qui se distinguait par son zèle pour la patrie et la religion. Ce zèle de libéralisme, Simon l'appliqua

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plus tard à son propre affranchissement spirituel. Quelques-uns dérivent le nom de Cananéen de Cana, et font Simon combourgeois de Naibanaël. D'autres distinguent Simon Zélotes de Simon de Cana, et en font deux individus. Les traditions varient : les unes le font évéque de Jérusalem, et martyr sous Trajan ; d'aulres disent qu'après avoir évangêlisé l'Egypte, la Cyrènaïque, la Mauritanie, et la Libye, il finit par se rendre en Angleterre où il fut crucifié; d'autres enfin le font voyager en Perse et en Babylonie, et mourir à Suanyr (Sunir).

4° Simon le pharisien, f.uc 7, 40., de Naïn en Galilée. Il invite Jésus à prendre un repas chez lui, soit pour lui donner un témoignage de respect, soit pour satisfaire sa curiosité. On ne peut soupçonner ses intentions d'être mauvaises, mais la réception qu'il fait à son hôte est digne de l'orgueil pharisaïque ; croyant avoir assez fait en l'invitant à sa table, il se dispense non-seulement de toute bienveillance, mais encore de toute politesse à son égard. Une femme, une ancienne pécheresse, entre dans la salle, et fait avec amour et dévouement ce que Simon n*a pas voulu faire; Simon comprend celte leçon plus qu'indirecte, mais elle est pour lui une offense, et comme les orgueilleux , il élude la leçon et ne cherche à s'excuser qu'en accusant intérieurement, et la femme, et Jésus dont ce contact doit, selon lui, compromettre la dignité prophétique. Jésus alors prend la parole, et par une comparaison claire , mais embarrassante, oblige Simon à reconnaître que cette femme, beaucoup pardonnée , aime plus que lui dont les vertus n'ont pas demandé de pardon. La femme se relire avec l'assurance de son salut , et Simon reste avec le désagrément d'une scène qui l'a pris à l'improvisle et dont l'issue n'a pas tourné a l'avantage de son amour-propre. On ne sait pas si Jésus avait eu des rapports antérieurs avec Simon ; on ne sait pas davantage si la leçon que Jésus lui donne était d'une manière générale une leçon d'humilité, ou si elle se rapportait à quelque circonstance secrète de la vie de Simon ; on ignore enfin si cette leçon a produit de l'effet , ou si au contraire le pharisien, enfoui dans son orgueil, n'aura pas profité de l'évidente supériorité que la parabole lui accordait sur la pécheresse, pour s'endurcir dans son impénitence. (v. Serm. de Saurin.) — C'est à tort qu'on a voulu le confondre avec le suivant.

5° Simon de Bélhanie, Mat th. 26, 6. Marc 14, 3., cf. Jean If, t. Il était surnommé le lépreux, sans doute parce qu'il l'avait été, et l'on croit que c'est Jésus qui l'avait guéri de cette maladie. C'est dans sa maison qu'eut lieu, peu après la résurrection de Lazare, et quelques jours avant Paque, le repas qui devait célébrer

le retour de Lazare à la vie. Marthe servait , ce qui semble indiquer des rapports de parenté ou d'intimité entre sa famille et celle de Simon; la liberté d'action de Marie, la présence de Lazare, confirmeraient cette idée. Quelques traditions font en effet de Simon le père de Lazare, d'autres le font le mari de Marthe; c'est possible, mais ce n'est pas prouvé. Ce n'était peut-être qu'un ami de la famille. La présence de Lazare au festin devait témoigner de sa complète guérison.

6° Simon le Cyrénéen, Matth. 87, 38. Marc 15, 81. Luc 83, 86., était originaire de Cyrène où se trouvaient un grand nombre de Juifs. On pense qu'il était déjà disciple de Christ, quand des soldats brutaux, prophétisant sans le savoir, le contraignirent, par un acte arbitraire que rien ne justifiait, à portrr la croix de Jésus, cf. Matth. 10, 38. Simon devait éprouver autant de joie à soulager son maître, que de douleur à porter l'instrument de son supplice, et sa famille tout entière fut bénie avec lui; ses fils, et sa femme, que Paul chérissait comme sa mère, Rom. 16, 13., durent conserver longtemps le souvenir de cet épisode déplorable, et ils comprirent dans toute son étendue la portée de cette parole de Jésus que les bourreaux avaient matérialisée avec tant d'ironie : Celui qui veut me suivre doit porter ma croix.

7° Simon le Magicien, Act. 8, 9. sq. Il était suivant la tradition, natif de Gitia ou Gittim en Samarie, selon d'autres de l'Ile de Chypre, n étudia de bonne heure la philosophie platonicienne, et les sciences qui d'après les Orientaux conduisaient à la philosophie ; un peu d'astronomie, de médecine, de physique, et beaucoup d'adresse, en firent un célèbre charlatan prestidigitateur. I) se faisait passer pour un grand personnage, et le peuple disait de lui qu'il était la grande vertu de Dieu. Mais une vertu plus grande et plus vraie vint le confondre. Il entendit Philippe, il vit ses miracles, et mieux que personne il fut à même de reconnaître dans les apôtres la puissance de Dieu; il fut baptisé, et demanda pour de l'argent les dons du Saint-Esprit; Pierre lui répondit par une foudroyante apostrophe, et flétrit en Simon la simonie que celui ci a léguée à une secte célèbre, qui prétend compter au nombre dps siens celui qui l'a le plus vigoureusement condamnée. Sous l'empire d'une émotion pleine de bonté, Simon se recommande aux prières des apôtres, mais il ne paraît pas qu'il comprit lui-même la portée de ses paroles ci de ses vœux ; il a peur, et la peur n'a jamais été de la piété. Dès ce moment, la tradition ne nous le montre plus qu'au nombre des ennemis du christianisme. Il se rend de la Samarie a Antiocbe, où il épouse une femme nommée Hélène ; il passe avec elle

a Rome, où une inscription mal comprise par Justin Martyr a fait croire qu'il avait été reçu au nombre des dieux. I) renverse tous les esprits par ses sortilèges ; il se fait fort de s'élever dans les cieux; il monte au Capitole, se jette dans les airs, vole un moment avec des ailes factices, mais à la prière de saint Pierre ses ailes se détachent, et le malheureux se précipite cl meurt. Cette tradition peut avoir quelque chose de vrai, mais elle est compromise par le nom de Pierre, qu'on y fait intervenir si mal à propos, et la plu pan des historiens se montrent un peu incrédules sur cette fable. Ce qui est plus probable, c'est que Simon a voulu fonder uoe religion nouvelle qui aurait été, comme celle de Mahomet, un mélange de judaïsme, de christianisme, et de paganisme. Irénée lui fait dire qu'il avait paru parmi les Samaritains comme Père, parmi les Juifs comme Fils (Messie ; c'est peu probable), et parmi les païens comme Saint-Esprit. 11 prétendait que son corps était uni à l'un des plus nobles et des plus sublimes Eons, et que Dieu l'avait envoyé dans le monde pour amener les hommes à la vérité; il ajoutait que sa femme avait également en elle un Eon femelle, appelé Ennoga, qui avait enfanté les esprits, et qui avait précédemment habité plusieurs corps, notamment celui de la fameuse Hélène de Troie.— Ses disciples s'adonnèrent à l'impureté.

8° Simon le corroyeur, hôte de Saint Pierre à Joppe, probablement disciple, Acl. 9, 43. 40, 6. Dn voyageur raconte qu'il a logé à Jaffa dans une maison que Ton assure être bâtie sur les ruines de celle du corroyeur ; on montre même un vieux pan de mur qui en faisait partie, dit-on.

S1MRI (ma vigne). 4° Lévite de la branche de Mérari, fut nommé chef de la famille par son père, quoiqu'il ne fut pas l'aîné, 4 Chr. 26, 40. On ignore les motifs de celte dérogation à la loi, Deut. 24, 17. —1° Roi d'Israël, v. Zimri 2°.

SIMSAI, secrétaire de Rébum, q. v.

SIN (boue). 4° Ville d'Egypte nommée Ex. 30, 45. avec Tbèbes et Mempbis, et surnommée à bon droit, à cause de sa position, la force, le rempart de l'Egypte : c'est Péluse, dont le nom copte, Ph-er-omi, a, comme en hébreu, le sens de ville boueuse, ou marécageuse; elle était située sur le bras oriental de l'embouchure du Nil, et sur la rive orientale, à 20 milles de la Méditerranée. Les marais dont elle était entourée en faisaient, autant que ses puissants remparts, la clef de l'Egypte vers l'orient, et toutes les armées d'invasion qui essayèrent de pénétrer en Egypte de ce côté commencèrent en effet par l'assiéger et la réduire. Non loin de son emplacement se trouve encore le village de Tinèh (ou

Stoèb), appelé en Egypte Pérémoun, ou Pérorai, d'après son ancien surnom.

2° Sln, désert situé entre Elim et le mont Sinaï, ou plus exactement entre la mer Rouge et Daphka, Ex. 46, 4. 47, 4. Nomb. 33, 42. On suppose que c'est le Wady Gbarendel, et c'est à tort que l'on dérive son nom de la ville deSin située à 4 ,500 stades de l'extrémité nord de la mer Rouge. D'après Rosenmuller, ce serait le wady Esscheickh, c'est-à-dire la partie sud du Gbarendel, que les Israélites auraient traversé, et I on y trouve une quantité d'arbustes dont le suc abondant et aromatique donne une espèce de manne, cf. Ex. 46. D'autres pensent que les Israélites ont .passé plus au nord, du Djebel Humam au wady Peiran.

SINAI (Tur Sina; pleine de broussailles). C'est le nom général que l'Ecriture donne au désert et au massif de montagnes formant triangle, compris entre le désert de Tsin ou Paran (El Tyh) au nord, et les deux bras de la mer Rouge. Au sud du plateau El Tyh, commencent à s'élever ces montagoes si célèbres de l'ancien monde juif. La crête des hauts sommets court du nord au sud dans la même direction que le Liban ; le Sinaï n'est en quelque sorte que le prolongement de la longue chaîne du Soristan, se précipitant dans la mer Rouge pour y former une presqu'île, et reprenant la hauteur de ses cimes les plus élevées. Ce massif granitique et schisteux a de 16 a 20 lieues de circonférence; il comprend au pied de ses sommets escarpés de hautes plaines et des vallées d'une belle végétation, qui produisent des arbres à fruits, orangers, citroniers, amandiers, mûriers, abricotiers, pêchers, oliviers, ainsi que toute espèce de légumes et de plantes odoriférantes. Sur les hauteurs vivent des chèvres et du gibier. Les côtes sont en plusieurs districts ombragées par de nombreux palmiers. Des sources d'eau vive jaillissent des rochers, même dans les étés les plus chauds, et le versant est, qui descend vers le £Olfe d'Akaba, et qui est le plus rapide et le plus aride, présente des vallées dont les voyageurs ne peuvent assez louer la beauté, v. F. Strauss, Sinaï und Golgotha. Cependant ce pays a évidemment été plus fertile qu'il ne l'est aujourd'hui, et il devient de plus en plus aride à mesure que les hommes en font disparaître les arbres. Les hauts sommets sont fréquemment entourés de nuages, et le tonnerre retentit d'une manière terrible entre les parois des rochers et dans les vallées profondes. — Deux ou trois sommets principaux dominent tout le massif, l'Horeb, le Sinaï, et le mont Sainte-Catherine. Le mont Horeb à l'est, faisant face à l'Arabie, est comme le premier étage du groupe ; sur son sommet se trouve le couvent d'Elie, bali au milieu d'une petite plaine. On y monte en un

quart d'heure. De là, après une courte desceole, on commence à monter de nouveau pendant une demi-heure (Burckhardt), et l'on atteint un sommet plus élevé, le Djebel Musa, ou mont de Moïse, qui est le Sinaî proprement dit; son sommet n'a guère que 20m de circonférence. En face du Sinaï se trouve le mont Sainte-Catherine, ainsi nommé d'un couvent voisin qui est à 1,200B. au-dessus de la mer; son sommet, chauve et nu, est le plus élevé des trois ; pour y arriver, on prend, en redescendant par l'Horeb, une vallée à l'ouest dans laquelle s'élève le monastère d'EI Erbaïn. Rùppel a, pour la première fois en 1831, mesuré avec un baromètre la hauteur de ces montagnes : le mont Sainte- Catherine a 2,81 4 mètres de haut, le Djebel Musa environ 2,470. C'est dans la vallée que domine l'Horeb (Réphidim) que Moïse vit le buisson ardent, qu'il garda les troupeaux de Jélhro, et qu'il fit jaillir l'eau du rocher, Ex. 3, 1. 2. 17,

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