SYR
deur, qu'un bourg qui s'honore de quelques ruines qu'on trouve dans son voisinage ; il compte 1 4,500 habitants, et ne possède aucun monument moderne.
SYRIE. Hérodote dit que c'est le nom d'Assyrie, abrégé par les Grecs (7, 63); d'autres pensent que c'est une corruption de l'hébreu Tsor, Tyr. Quoi qu'il en soit, la Syrie est l'ancien Aram, passé entre les mains des Grecs et des Romains, avec ses incertitudes géographiques. Dans les Apocryphes, ce nom désigne essentiellement le royaume des Séleucides, dont Antioche était la capitale; dans le N. T., la Syrie est une province romaine, qui comprenait la Phénicie, Acl. 21, 3., et à laquelle, sauf de courts intervalles, la Judée se rattachait depuis six ans avant la naissance de Christ. Si ce nom se rencontre quelquefois dans nos traductions de l'A. T., il n'y a été introduit que par la substitution des noms nouveaux aux noms anciens, car l'original désigne uniformément la Syrie et ses subdivisions par le nom d'Aram, q. v. Les données des anciens géographes sur les limites de la Syrie, varient considérablement. Les limites les plus probables et les plus constantes seraient au nord le Taurus, à l'ouest la Méditerranée, au sud l'Egypte et les déserts de l'Arabie, à l'est des plaines arides et monotones s'étendant jusqu'à l'Euphrate, la Phénicie et la Judée étant exceptées, et demeurant indépendantes a côte de ce puissant et redoutable voisinage. Au nord du Liban, des chaînes de montagnes couvrent en se ramifiant la partie haute du pays, et vont s'abaissant d'un côté vers l'étroite côte de la Phénicie, de l'autre vers les vastes déserts qui se maintiennent longtemps à une hauteur considérable avant de s'incliner vers l'Euphrate. Une vallée profonde sépare la Syrie occidentale et maritime de la Syrie orientale et intérieure ; elle est arrosée par l'Orontés qui, prenant sa source dans la contrée du Liban, court au nord-ouest et se jette dans la Méditerranée un peu au-dessous de Séleucie, après avoir baigné les murs d'Antioche; le Chrysorrhoas fertilise les environs de Damas, et ces deux fleuves, fécondant les prairies et les rendant propres à l'élève des bestiaux, tempèrent en même temps l'ardeur du climat, qui est doux et salubre. Les tremblements de terre et les nuées de sauterelles sont malheureusement deux plaies qui, tour à tour, visitent la Syrie, et mettent à néant les espérances que ce beau pays serait par lui-même de nature à faire concevoir.
La Syrie a été de tout temps la grande voie de communication entre l'Orient et l'Occident, et Damas, le principal entrepôt du commerce entre les deux mondes.
Slrabon divise la Syrie en un certain nombre
de provinces, qui sont, en venant du nord, la Comagène, la Séleucie, la Cœlésyrie, la Phénicie et la Judée ; Ptolémée en compte davantage, mais omet les deux dernières. La Bible mentionne les subdivisions suivantes, sans que rien indique qu'elles forment un tout complet: Aram- Mabaca, c'est à-dire les contrées voisines de l'Hermon, î Sam. 10, 6-8. Deut. 3, U.; Aram- Dammések (la Syrie de Damas), % Sam. 8, 5. 6.; Aram-Belh-Rèhob, ou la Syrie dans la contrée du passage (qui conduit à Damath), 2 Sam. 10, 6-8.; Aram-Tsoba, ibid.; etc.
Quant à l'histoire de ce royaume jusqu'à Alexandre le Grand, v. Aram, et Damas. Après la domination caldéenne, la Syrie passa avec la Judée et la Phénicie sous la domination perse, puis sous celle des Grecs au temps d'Alexandre, 330 av. C. On se rappelle comment la mort soudaine de ce conquérant, 323 av. C, fut l'occasion de luttes acharnées entre ses généraux, comment la possession de la Syrie fut longtemps disputée, comment enûn , après la bataille d'Ipsus (301 av. C), elle passa, moins la Cœlésyrie et la Palestine, sous le sceptre de Séleucus Nicator, qui l'occupait déjà depuis vingt ans comme gouverneur, avec la Mésopotamie, la Babylonic, et toutes les conquêtes orientales des armes macédoniennes. La Syrie proprement dite fut dès lors, pendant une période assez longue, le noyau d'une grande monarchie, qui reçut le nom des Séleucides ses maîtres, et eut Antioche pour capitale. Les puissants et rapides progrès de ce royaume (qui ne tarda pas à former des relations avec la Judée), et les premiers symptômes de sa décadence, sont compris entre Séleucus, son fondateur, et Antiochus III, dit le Grand (301-187 av. C). Antiochus II avait déjà perdu les Parthes (256), qui s'étaient constitués en un royaume séparé ; Antiochus III, après avoir donné la Palestine et la Cœlésyrie en dot à sa fille Cléopâtre, épouse de Ptolémée V roi d'Egypte, succomba dans la bataille de Magnésie (189), sous les armes romaines qu'il avait inconsidérément provoquées, et dut abandonner toutes les provinces situées en deçà du Taurus. Un grand nombre de Juifs s'étaient déjà établis en Syrie, notamment à Antioche, où ils éprouvèrent comme en Palestine, la protection des maîtres du pays.
La seconde période de l'histoire de ce royaume va de Séleucus Philopator à Démétrius Soter (187-151) : la Cœlésyrie et la Palestine sont de nouveau provinces syriennes; le cruel Antioebus Epipbanes (175) opprime les Juifs, il se venge sur eux de ce que Popilius, l'enfermant dans un cercle fatal, l'a contraint d'abandonner la conquête de l'Egypte, et les pousse à cette résistance désespérée dont les Apocryphes ont essayé d'esquisser le tableau. La guerre de suc-
cession qui commence à sa mon, finit par assurer la victoire aux patriotes juifs, qui érigent leur pays en une principauté libre, 1 Macc. 13. Les rois de Syrie la flattent et cherchent à se la rendre favorable. L'influence croissante de la politique romaine, des luttes intérieures sans cesse renouvelées, la couronne toujours disputée, toujours des prétendants en présence pour recueillir la couronne au moment où elle tombera, des conflits continuels et sans résultats avec l'Egypte, tels sont les traits principaux qui caractérisent celle période de la domination séleucide. Le royaume marchait à sa ruine, mais son agonie fut longue.
La troisième période, depuis 151, nous montre dans un jour plus vif encore ces déchirements intérieurs, cette agonie politique ; aucun roi qui n'ait son compétiteur, et souvent des prétendants divers, ayant chacun leurs partisans, occupent des lambeaux de territoire, et se livrent des guerres d'escarmouches; le pays s'affaiblit, et la Judée y trouve son compte, Jos. Ant., 13, 41. 3. Las enfin de toutes ces dissensions, le peuple appelle à son secours Tigrane d'Arménie, qui monte sur le trône, règne quatorze (ou dix-huit) ans, s'embarrasse dans une guerre avec les Romains, et doit abandonner la Syrie à ses vainqueurs; Pompée déclare le pays une province romaine, 64 ou 63 av. C. Les proconsuls, gouverneurs de la Syrie, intervinrent dès lors assez fréquemment dans les affaires de la Palestine, et surtout dans celles de la dynastie régnante de Judée. La Palestine eut beaucoup à souffrir des guerres qui se livraient ainsi dans son voisinage avec tant de chances diverses, et ce fut presque un répit pour ce pauvre pays que l'Iduméen Hérode, protégé par Auguste, pût occuper le trône en paix, pendant un certain temps, et libre de toute dépendance à l'égard des provinces voisines (37-4 av. C). Mais, peu après sa mort, 6 ans apr. C, la Judée et la Samarie furent formellement annexées à la Syrie, et des procurateurs romains, sous la direction des proconsuls de la Syrie, furent chargés de l'administration dans ces fragments de province. La Batanée, la Gaulonite et la Tracbonite subirent le même son, l'an 33. Hérode Agrippa, par une faveur spéciale de Caligula et de Claude, réunit pendant quelque temps, sous son sceptre, toul le pays qui avait appartenu à Dérode le Grand; mais, déjà en 44, la Judée vit recommencer le régime des procurateurs et de leurs concussions, qui dura jusqu'à la destruction de Jérusalem, sauf pour quelques parties de la Palestine iransjourdaine,qui lurent données à Hérode Agrippa II (52-99).
Les dialectes parlés en Syrie, le syrien ou syriaque, le syrocaldéen, le samaritain et le phénicien, avaient beaucoup de rapports entie
eux, et appartenaient a la famille sémitique. Le syriaque lui-même, une branche de l'araméen, était parlé dans la Syrie proprement dite et dans la Mésopotamie; le grec cependant prévalut à la cour des Sélcucides et dans les villes les plus importantes, de sorte que plusieurs termes grecs, et même des tournures de phrases, s'introduisirent dans la langue syriaque, comme précédemment sous la domination per>e des mots persans y avaient également pénétré. Le syriaque est maintenant une langue morte, c.ir on ne saurait accorder une grande créance aux récits de quelques voyageurs incompétents, qui racontent qu'à deux journées de Médtne, en Mésopotamie, ils onl trouvé cent mille Syriens qui parlent encore la langue de leurs pères. SYROP. v. Miel.
SYROPHENICIE. C'est le nom qui, dans la période romaine, fut donné à la Pliénicie, réunie à la Syrie, pour la distinguer de la Syrie propre. La femme nommée Cananéenne, Matth. 15, 22., parce que la Phénicie faisait partie de l'ancien territoire des Cananéens, est nommée de son nouveau nom, Marc 7, 26. Elle avait droit aux deux : Jésus lui en donna un plus beau.
SYRTES. On nommait ainsi deux golfes de la côte septentrionale d'Afrique, situés entre Cyrène et Cannage, et qui, l'un et l'autre, la grande et la petite Syrie, le golfe de Sidra et celui deGabès, tiraient leur nom du grec oypû», traîner, non-seulement parce que la mer y jette sans cesse une grande quantité de limon, de >ab\e et de pierres, mais encore parce que les vagues semblent y entraîner les vaisseaux qui, une fois engagés dans ces bancs de sable, courent risque d'y périr. Ce sont des bas-fonds qui ne peuvent recevoir que des chaloupes. Le danger est augmenté par les atterrisseraents qui changent de place, et par les écueils dont le milieu du golfe est semé, comme la côte qui le borne. C'est dans la petite Syrie que le vent d'est poussa les vaisseaux d'Enée, v. aussi Horace, Od.,1, 22, 5. On pense que c'est de la grande Syrte qu'il est question Act. 27, 47. (où nos versions ont traduit par bancs de sables), attendu que le navire de Paul étant dans le voisinage de la Crète pouvait craindre d'être eniratné par le vent du nord vers ces dangereux bas-fonds.
TABBAT (bonté) , ville de Palestine, qui fut le lerme de la fuite des Madianiles, Jug. 7, 22. Elle n'est connue que par cette mention.
TABÉAL (bonté de Dieu), Es. 7, 6., père de l'homme à qui les rois alliés de S) rie et d'Israël
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se proposaient de donner la couronne de Juda, après avoir détrôné Achat ; ce complot fut déjoué par Esaïe. On suppose , à cause du v. 5, et à cause des prétentions bien connues d'Ephraïm, que Tabéal était Epbraîroite, et quelques auteurs pensent que son Ois était l'ambitieux Zierî.
TABÉEL. v. Bislam.
TABERNACLE. Ce root qui a fini par prendre, dans notre langue, une signification, ou pour ainsi dire une couleur particulière, n'est autre que le mol latin qui signifie tente, et nous réunissons, dans un même article, ce qu'il y a à dire sur les tentes des Hébreux, et sur les divers tabernacles dont il est parlé dans l'Ecriture.
Les tentes sont peut-être le plus ancien système d'habitations que la civilisation ail donné aux hommes ; comparées aux cavernes de certains peuples, elles sonl un pas vers le progrès, el les peuplades nomades, les Arabes en particulier , en conservèrent l'usage longtemps après l'introduction d'un mode d'habitation plus solide, Hab. 3, 7. Les soldats, les bergers el les voyageurs de l'Orient, continuèrent également de s'en servir, et ces derniers, au temps de Jésus, portaient souvent avec eux des tentes légères et faciles à transporter, n'étant pas toujours assurés de trouver pour la nuit un abri ou un gtie hospitalier. Les patriarches demeuraient dans des tentes, Gen. 13, 3. 12. 18, 1 . 26, 25., et plusieurs expressions du Pentateuque, qui n'ont pas dans nos traductions la même valeur, sont empruntées a ia manière de planter, de dresser ou d'enlever les tentes. Elles étaient d'abord couvertes de peaux ; plus tard on y substitua des couvertures de laine ou de poil de chameau, ordinairement noires, ou du moins foncées, Cant. 1, 4.; celles qui étaient tissées avec du poil de chèvre passaient pour les meilleures contre la pluie; les chèvres de Cilicie fournissaient, sous ce rapport les matières les plus eslimées, cl l'on croit que c'est à faire des étoffes de ce genre que s'occupait l'apôtre Paul de Tarse. La couverture, supportée par une ou plusieurs perches, était assujettie dans la terre par des pieux, el fortement tendue. La forme des lentes de l'Orient moderne est ronde, ou ovale comme la coque renversée d'un vaisseau ; l'intérieur esl divisé, par des rideaux ou tapis, en trois compartiments, dont le premier est réservé aux animaux délicats (les autres restent dehors), le second aux hommes, le troisième aux femmes. Les ricins avaient même pour les femmes, cl spécialement pour les veuves, des lentes séparées, Gen. Si, 67. 31, 33., comme les émirs de nos jours eo Arabie. La première division même, au lieu d'être affectée au bétail, sert quelquefois de
vestibule chez les grands personnages, et de chambre pour les gens de service. Le sol esl garni de tapis ou de nattes, qui font, la nuit, l'office de lits. L'ameublement de ces tentes est toujours fort simple : une lampe pour éclairer l'intérieur, c l un lapis de cuir, coupé en rond, pour servir de nappe à l'occasion. Les villages nomades campent ayant leurs tentes disposées circulairemc nt, el gardées par de gros et mauvais chiens (Arvieux). Il est parlé de villages semblables Gen. 25, 16. Es. 42, 11. : ce sont plutôt des campements.
Le tabernacle d assignation , appelé aussi tabernacle de l'assemblée, ou tabernacle de Dieu, parce que c'était là qu'Israël s'assemblait dans le désert pour le service divin , était une grande tente mobile, garantie des injures du temps par plusieurs couvertures que Moïse construisit d'après le modèle que Dieu lui-même lui en avait donné sur le Simtî, Hébr. 8, 5. Ex. 25 27, surtout 26, 15 30. et 36, 3. sq.
Le tabernacle était un rectangle donl la largeur el la longueur étaient entre elles comme 8 à 20; il était fermé de trois côtés, au nord, au sud, et à l'ouest, par des ais d'acacia couverts de lames d'or, av<c des bases d'air.dn, hauts de 10 coudées, larges de 1 coudée 1/2, emboîtés l'un dans l'autre par deux tenons, l'un en haut, l'autre en bas, el portés par deux bases l'une supérieure, l'autre inférieure, où il y avait deux mortaises dans lesquelles ils s'emboltaienl : pour soutenir le tout, comme le tabernacle devait être souvent démonté et remonté, il y avait à chaque ais cinq anneaux d'or a égales distances, dans lesquels on passait cinq bâtons de bois d'acacia, plaqués en or. La longueur du tabernacle était de 30 coudées (vingt ais de I coudée 1/2) 16» 20; sa largeur de 12 (huit ais de 1 1/2) 6m 48 : l'intérieur n'avait que 10 coudées de large, 15œ 40, soit que l'on admette avec Ba?hr que l'épais, eur des ais fût de 1 coudée, ce qui n'aurait pas rendu le tabernacle très portatif, soil que les ais du plus pelil côté fussent posés horizontalement, et protégeassent par une saillie de 1 coudée de chaque côté les coins du tabernacle, v. Ex. 26, 24. L'entrée, tournée vers l'orient, se fermait par un magnifique voile ou tapis de fin lin, teiut en pourpre, cl brodé, attaché par des anneaux d'or à cinq colonnes de bois plaquées d'or.
Le tabernacle n'avait aucun jour; d'épaisses tentures le recouvraient de toutes parts; la première de ces draperies, celle de dessous, était la plus précieuse; c'était un tapis de fin coton retors, bleu foncé, pourpre, el cramoisi, semé de figures de chérubins; il garnissait l'intérieur du tabernacle, el retombait des deux côtés jusqu'à environ une coudée du sol; il n'était visible au dehors que du côté de l'orient,
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fermant rentrée du sanctuaire; sa longueur était de 28 coudées (45m 42), sa largeur de 40 (24 m 60). Par-dessus ce premier voile s'étendait, pour le préserver de la pluie, une tenture en poils de chèvre, ayant 30 coudées de long, et 44 de large; puis une troisième couverture en peaux de moutons teintes en rouge, et enfin une quatrième, couleur de terre, de peaux de blaireaux, ou taissons, q. v. Les deux premiers tapis étaient fixés au tabernacle par des crochets ou agrafes d'or; les autres couvertures étaient superposées, et n'avaient d'autre but que de protéger les premières contre les intempéries de l'air. On y a vu cependant un type, la protection dont Christ couvre son Eglise, Christ aux enfers, Christ sur la croix, et Christ dans la gloire, successivement figuré par la couleur de terre, par le rouge, et par le bleu ; ou encore Christ (le rouge) servant d'intermédiaire entre Dieu et la terre, le bleu et le taisson. L'intérieur du tabernacle était divisé en deux compartiments, le lieu saint, long de 20 coudées, et au fond le saint des saints, long, large, et haut de 40 (5"1 40), séparé du lieu saint par son voile de pourpre, orné de figures de chérubins, supporté par quatre piliers d'acacia plaqués en or. Le lieu saint contenait la table des pains de proposition, le chandelier d'or, et l'autel des parfums ; dans le saint des saints était l'arche de l'alliance. On a essayé de reconstruire, d'après les données bibliques, et en réduisant la coudée à 4 centimètre, le pian complet du tabernacle, avec tous ses accessoires, couleurs, boiseries, tentures, etc. C'est la meilleure manière de se former une Idée exacte et précise de ce monument du mosaïsme. On pourrait, malgré quelques difficultés d'exécution, faire un travail analogue pour le temple de Salomon.
Le tabernacle était entouré d'une grande cour, le parvis des lévites et des sacrificateurs, qui seuls avaient le droit d'y entrer. Ce parvis avait 100 coudées de long, et 50 de large; il était fermé par des courtines de On coton retors, attachées à des colonnes, 20 dans la longueur, 45 dans le fond : quatre piliers avec leurs soubassements d'airain servaient de porte sur le devant, et supportaient une tapisserie plus fine que le reste, Ex. 27, 9-48. 39, 9-20. Dans cette cour étaient la mer d'airain, lescuviers, l'autel des holocaustes, et quelques ustensiles destinés aux sacrifices.
On appelait enfin parvis du temple tout l'espace environnant le parvis des prêtres, parce qu'il était permis au peuple d'aller jusque-là. Dans les campements, la tribu de Lévi entourait de tous côtés le parvis qui était son apanage, Moïse, Aaron et ses fils étant près de l'entrée, les Mérarites, les Cuersonites, et les Kéha-
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tbites occupant les trois autres c&tés. Les doute tribus avaient chacune leur place déterminée; Juda était vis-à-vis de l'entrée; les enfants de Rachel étaient derrière, etc. tes Lévites étaient chargés d'assembler, de désassembler et de transporter les diverses pièces du tabernacle, Nomb. 3, 24. 40, 47. : nu) autre qu'eux seuls n'eût osé y toucher.
Après que les Israélites furent établis en Palestine, le tabernacle fut d'abord fixé à Silo, Jos. 48, 4. 19, 54., jusqu'au temps de Saûl, Jug. 48, 34., cf. 20, 48. 24, 2. 4 Sam. 4,3. 2, 44. 3, 3. 4, 3. 4 4, 3. Cependant il n'était pas considéré comme unique sanctuaire, et d'autres lieux, tels que Nob et Sichem, Jos. 24, 26. 4 Sam. 24, Jug. 47, 5., servirent successivement ou simultanément de lieux de culte. Dès ce moment, l'arche paraît seule; elle est portée a Kirjath-Jébarim, puis a Jérusalem, sans que les historiens sacrés nous disent positivement ce qu'est devenu le tabernacle. Peut-être était-il encore sous Saûl à Nob dans la tribu de Benjamin, et fut-il transporté a Gabaon lors de la destruction de celte ville, 1 Sam. 22. Il ressort en effet de 4 Chr. 46,39. 24, 29. qu'aux jours de David le pavillon de l'Eternel était encore a Gabaon; d'après 4 R. 8, 4., il aurait été déposé dans le temple de Jérusalem ; c'est la dernière notice biblique sur le sort de ce célèbre monument du désert.
Le rationalisme a voulu voir dans la description biblique du tabernacle une description faite après coup, ornée et embellie dans un temps où les pièces du procès avaient disparu, et où l'on ne pouvait plus en vérifier l'exactitude; on s'appuie pour cela sur la magnificence de cette construction, la masse de métaux précieux qu'elle eût dû absorber, la rareté de plusieurs substances qu'on y a employées, la pourpre en particulier, et la difficulté de se les procurer dans le désert, le peu de temps employé à l'achèvement de tous ces travaux, neuf ou dix mois, les difficultés enfin du transport, si le tabernacle était tel qu'il est décrit. Il est aisé de répondre à toutes ces objections : le génie des chefs de travaux, l'or et l'argent emporté d'Egypte, les caravanes du désert, le grand nombre d'ouvriers mis en œuvre, toute une tribu employée au service matériel de transport et d'assemblement , font disparaître la plupart des difficultés, et Winer lui-même, qui les explique d'une manière naturelle et en faisant abstraction de Dieu, les trouve exagérées. v. aussi Haevernick, lnlrod. II, 460 et suiv., G. des Bergeries, p. 480 et suiv., Grandpierre, Essais sur le Pentateuque; Gucrs, le Camp et le Tabernacle ; Rochat, Chroniques; Neumann, Symbolique du culte de l'anc. ail., et Die StiftshUlte (Gotha, 4864); De Mestral sur l'Exode;
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Riggenbach , Die roos. SiiftshOtte (Bâle, 4862), Ba»hr, symb. des mos. Cultus, elc.
Fête des Tabernacles, ou Scénopégie. C'était Tune des trois grandes fêtes des Hébreux, l'une de celles que (es Israélites devaient célébrer par leur présence personnelle à Jérusalem, Deul. 46, 15. 34 , 40.; cf. Zach. 4 4, 46. Jean 7, 2. C'était aussi la plus réjouissante. Comme elle était instituée en mémoire du voyage dans le désert, les Israélites quittaient leurs maisons, et s'établissaient pendant sept jours sous des tentes de feuillage et de peaux, qu'ils dressaient soit hors de la ville, soit dans les rues, dans les cours, ou même sur les toits, Lév. 23, 42. Néh. 8, 45. C'était aussi la féte de la récolte, parce qu'elle venait après que les Israélites avaient heureusement recueilli les fruits do leurs jardins, de leurs vignes, et de leurs champs; on la célébrait en conséquence par des actions de grâces publiques, et des réjouissances auxquelles étaient invités les pauvres, les étrangers, les serviteurs et les orphelins, Dcut. 46, 44. Ex. 23, 46. Nomb. 29, 42. Outre les sacrifices ordinaires qui sont Indiqués dans les passages ci-dessus, on devait prendre des fruits des plus beaux arbres, des branches de citroniers, de palmiers ou de saules (d'où son nom de féte des palmes), des rameaux d'arbres branchus, et les porter en signe de réjouissance, Lév. 23, 40. Les Juifs du temps de notre Seigneur chantaient aussi, dans ces jours-là, des cantiques entremêlés à'ffosannas (sauve, je te prie!). La tradition ajoute que, depuis l'exil, les Juifs allaient, pendant les jours de cette fête, puiser de l'eau à la fontaine de Siloé, et qu'ils venaient en faire aspersion dans le temple, en chantant les paroles de Es. 42 : Yous puiserez de l'eau avec joie des sources de cette délivrance; peut-être le passage Jean 7, 37. renfermc-t-U une allusion a cette coutume. — La fête commençait le 45 tisri, et finissait le 22, c'était en septembre; les travaux de la campagne étalent linis, et la fraîcheur de la saison n'était pas encore assez sensible pour rendre incommode ou désagréable le séjour des pavillons de feuillage. Le premier et le huitième jour (jour de clôture de la fête) étaient considérés comme sabbats.
TABITHA (biche), v. Dorcas.
TABLES de proposition, v. Pain.
TABOK (choix), ou Thabor, aujourd'hui Djcbel-Tor, belle et grande montagne calcaire, entièrement Isolée, qui s'élève comme un cône tronqué , à environ 1 ,000 mètres au-dessus du niveau de la mer (F. Bovet dit 4,900 pieds au plus), et à 366 mètres au-dessus du niveau de la plaine de Jizréhel, au nord-est de laquelle elle est située. Ses flancs uniformes et rapides sont, grâces à d'abondantes rosées, fertiles jus-
qu'au sommet, et sont aujourd'hui couverts en partie de bois de chênes et de pistachiers, en partie de bons pâturages, semés de mille fleurs. Le sommet, souvent garni de nuages au malin, est plat et a une demi-lieue de circonférence; on y trouve les ruines d'une muraille qui en faisait le tour, d'une forteresse, et de deux églises qui datent probablement du temps des croisades. La vue s'étend au loin sur les montagnes de la Samarie; on voit le Carmel, les monts de Guilboab, Basan, l'Hermon, et les montagnes de la Galilée, la Méditerranée, le Kison, la plaine de Jizréhel, et selon quelques auteurs le lac de Tibériade. Au pied du Tabor, entre les collines qui l'entourent, sont plusieurs vallons boisés où se tiennent des panthères et des sangliers : non loin de là, vers le sud, s'élève le petit Hennon. Le Tabor formait la limite des tribus d'Issacar et de Zabulon, Jos. 49, 22., cf. Jug. 4, 6. 42. 44. Il s'élevait au centre de la Galilée, entre la plaine de Jizréhel et Scythopolis, à 5 stades du Jourdain, à deux journées de Jérusalem , à 4 4 kilom. sud-est de Nazareth. Les voyageurs s'accordent dans les éloges qu'ils font de son aspect enchanteur, de la magnificence du spectacle que l'on découvre de son sommet. Sa majesté était proverbiale ; il en est parlé plusieurs fois dans l'A. T. Jér. 46, 48. Os. 5, 4. Ps. 89, 42. La tradition ajoute que c'est la montagne sainte, 2 Pierre 4, 48., sur laquelle a eu lieu la transfiguration, Matlh. 47, Marc 9. Les catholiques et les Grecs y célèbrent encore aujourd'hui une espèce d'anniversaire de ce merveilleux événement; mais cette tradition ne repose sur aucun fondement sérieux; elle serait même plutôt démentie par l'itinéraire indiqué dans les Evangiles. — La ville lévitique de Tabor, ou Kisloth-Tabor, 4 Chr. 6, 77. Jos. 49, 42. 22., appartenait à Zabulon, et fut donnée aux Mérarites; d'après Polybe elle existait encore du temps d'Antiochus, mais elle n'existait plus du temps de la guerre des Romains contre les Juifs; Josèphe mentionne le plateau et ne parle d'aucune ville.
TABRIMON, 4 R. 45, 48.t>. Hezjon.
TACHPÉNÈS, reine d'Egypte, femme de Pharaon, contemporaine de David, n'est connue que pour avoir élevé un fils de sa sœur, femme de Hadad l'Iduméen. On ignore si cette adoption, qui rappelle celle de Moïse, fut dictée par l'amour d'une tante, ou par la politique : ce dernier cas serait beaucoup plus probable, par le fait même que celle mention n'aurait aucune importance s'il ne s'agissait que d'une affaire de famille; 4 R. 41, 49.
TADMOR, ou Thadmor (palmier), en grec Paimyre, ville du désert syrien, que Salomon lit bâtir (ou agrandir) et fortifier, comme un boulevard contre les invasions des Syriens et
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des Arabes ,2 Cbr. 8, 4. 4 R. 9, 48. Elle était située dans une oasis, qui devint dès lors nonseulement un lieu de repos, mais un lieu de protection pour les marchands qui se rendaient d'Orient â Damas par la grande roule des caravanes. Ses ruines, à 268 kil. nord-est de Damas, sont au nombre des plus vastes et des plus magnifiques que l'on connaisse; elles ont été éloquemment décrites par Volney. C'est à l'époque des Séleucides, et plus encore a celle des Romains, que Palmyre atteignit l'apogée de sa prospérité. L'empereur Adrien (M 7 a 4 38) en fil le centre du commerce de Rome avec les Parlbes, et la dola de magnifiques édifices; il alla jusqu'à lui donner sou nom, Hadrianopolis. Sous Valérien, l'intrépide /Enodathe résolut d'affranchir son pays, et il fonda le grand royaume de Palmyre, qui comprenait la Syrie, la Phénicie, la Palestine, l'Arabie Pétrée et plusieurs provinces de l'Egypte, 260 a 267. Il mourut assassiné, mais sa veuve , l'illustre et belle Zéoobie continua son œuvre , jusqu'à ce qu'elle fut vaincue, en 273, par l'empereur Aurélien. Dès lors la ville aila déclinant d'année eu année. Détruite par Aurélien, elle fut reconstruite par Juslinien (520); les Arabes s'en emparèrent en 637, et la ruinèrent complètement en 745; le nom de Palmyre disparut, et celui de Tadmor, son ancien nom, lui fut rendu pour la rattacher au pa>sé en effaçant tous les souvenirs des conquêtes grecques et romaines. Lu violent tremblement de terre acheva de détruire, en 4042, tout ce qui restait de Baalbeck et de Tadmor. Ses habitants actuels, au nombre de 7 à 800, logent tous dans l'intérieur du temple du soleil, dont les murs servent de fortifications au pelil village; ils font le commerce du sel avec Damas, et s'y rendent quatre fois par an en caravanes.
TAHANAK, ville cananéenne située eu deçà du Jourdain, non loin de JMéguiddo; elle fut donnée â la tribu de Manassé, qui à son tour dut la céder aux Lévites, Jos, 12, 2t. 17, 44. 24, 25. Jug. 5, 49. Les Cananéens continuèrent de l'habiter pendant la période des juges. 4 , 27.; mais elle apparaît sous Salomon comme entièrement conquise, 4 R. 4, 4 2.
TAHANATH-SILO, Jos. 46, 6., ville des frontières d'Epbraïm, située, d'après Eusèbe, à 40 milles est de Sichem, vers le Jourdain.
TAISSON (ou blaireau). C'est le mot par lequel Martin a rendu dans nos versions l'hébreu thachash, Ex. 25, 5. 26, 4 4. 35, 23. 36, 49. 39, 34. Oslervald traduit, avec les Septante, par peaux de couleur hyacinthe; De Mestral, par peaux bleues; Sacy, par violet; Luther a poux de blaireau; les versions varient beaucoup, et l'on a peu de chances de trouver la signification exacte de ce moi. Le contexte n'est pas