SYN
de culte des Juifs dispersés dans les centres païens, prirent souvent une consistance plus forte, et se changèrent avec le temps en de véritables synagogues, tout en conservant leur nom primitif. A Rome, Juvénal nous en donne un exemple, Sat. VI, 296 (272), il dit :
Ede, obi consistas ! In qui te qusciu proteuebât
Les synagogues étaient le plus souvent bâties dans l'intérieur des villes, et presque toujours en un lieu élevé ; ce n'est que plus tard qu'on en éleva aussi dans le voisinage dos cimetières. Les frais de construction et d'entretien étaient à la charge de la communauté, mais on voit aussi que souvent de simples particuliers, parfois même des païens, Luc 7, 5. contribuaient pour une forte part à ces dépenses, qui n'eussent pu ôlre couvertes par les contributions volontaires de l'assemblée. Les Juifs se faisaient une très haute idée de la sainteté de ces lieux de culte, et ils en respectaient la place alors même que le culte avait été transféré ailleurs. On se réunissait dans les synagogues les sabbats, les jours de féte, et plus tard le deuxième et le cinquième jour de chaque semaine, les femmes ayant des places séparées , et fermées par des jalousies. Ces réunions étaient consacrées à la prière en commun, et à la lecture d'une portion de la loi ou d'un livre quelconque de l'A. T., Act. 1 3, 45. 45, 24., faite par un des membres de l'assemblée, Luc 4, 16., par un prêtre ou par un ancien, d'après Philon : quelques paroles d'édification, simples et libres, sur la lecture qui venait d'être faite, complétaient ce genre de culte, qui se rapproche à tant d'égards des habitudes religieuses de nos Eglises. Un passage de Philon fait supposer que le lecteur et celui qui expliquait la lecture n'était pas ordinairement la même personne. L'assemblée se relirait ensuite après avoir répondu par un amen solennel à la bénédiction donnée par un prêtre, 4 Cor. 44, 46.
Les employés de la synagogue (officiers du culte) étaient : 4° le chef, ou àp^tauvjrYWfoç, qui exerçait en général les fonctions de président , veillant à l'ordre, dirigeant l'assemblée, et s'occupant de tout ce qui concernait le culte, Luc 8, 49. 43, 4 4. Marc 5, 35. Act. 43, 45. 4 8, 8. 47. C'était lui qui donnait la parole à ceux qu'il en jugeait capables, et aux étrangers dont on pouvait attendre de l'édification. — 2° Les anciens, Luc 7, 3., appelés aussi les principaux, Marc 5, 22. Act. 43, 15., et en hébreu les pasteurs, ou les présidents. Us formaient, sous la présidence du chef, un conseil de délibération, une espèce de consistoire. — 3° Le légat de l'Eglise, son envoyé, qui faisait les prières, servait de secrétaire, et parfois de messager au conseil des anciens ; sa charge n'est pas bien définie. — 4° Le bedeau ou marguillier, Luc 4,
20., qui ouvrait et fermait la synagogue, pourvoyait à la propreté du local, prenait soin des livres du culte, et peut-être quelquefois entonnait et dirigeait le chant. Il y avait peut-être aussi des collecteurs, chargés de réunir les aumônes de la congrégation en faveur des pauvres, mais ce n'est pas Mat th. 6, 2. qui suffirait a le prouver, et ce que les rabbins nous disent des synagogues en général ne doit pas être entendu d'une manière absolue quant a l'antiquité des usages ; les synagogues dont ils parient ne sont pas celles que l'on trouvait du temps de Jésus, et dans les jours di s apôtres ; et sous le rapport des ornements matériels, la beauté des descriptions qu'ils en donnent, contraste singulièrement avec la simplicité qui caractérisait les lieux de culte, dans les âges plus anciens et dans les dernières années de Jérusalem. Ainsi l'on ne voit mentionnés, Mattb. 23, 6. Jacq. 2, 3., que des sièges; c'était en quelque sorte la partie constituante du matériel de la synagogue; les premiers étaient réservés aux anciens et aux scribes; on peut croire cependant que même à cette époque il y avait en outre une espèce de tribune, ou de siège plus élevé pour le président, et une armoire pour les saints rouleaux de la loi. — Certaines peines disciplinaires , et pour ainsi dire ecclésiastiques, étaient subies dans les synagogues en particulier la flagellation, Mattb. 40, 47. 23, 34. Marc 4 3, 9. Luc 42, 44., cf. 24, 42. Act. 22, 49. 26, 44. 2 Cor. 44, 24. Mais autant le fait est constaté, autant les motifs et les circonstances qui l'accompagnaient restent obscurs pour nous; selon quelques auteurs, la flagellation, quarante coups inoins un, était une commutation de la peine capitale ; selon d'autres, elle remplaçait l'excommunication pour les savants et les étudiants ; elle s'appliquait dans les cas d'hérésie, ou de péchés scandaleux, v. Peines; l'un des fonctionnaires de la synagogue remplissait les fonctions d'exécuteur, v. Fouet.
Le mol grec synagogue est employé dans son sens étymologique pour désigner des assemblées chrétiennes, llébr. 40, 25. Jacq. 2, 2. V • encore Ecoles, Libertins, Satan, etc. SYNTICHE (s'entrelenanl avec), v. Evodie. SYRACUSE, Act. 28, 42., célèbre ville de la côte orientale de la Sicile : fondée par Archias de Corinthe, elle comprenait primitivement cinq villes, qui, avec le temps, ne formèrent plus quecinq quartiers réunis par un mur d'enceinte de 4 80 stades de longueur (Strabon). Célèbre comme Jjerceau de Théocrite et comme tombeau d'Archimôde, elle finit sous Auguste par n'être plus qu'une colonie romaiue. Saint Paul y aborda dans son voyage en Italie, et y demeura trois jours, Act. 28, 42. Siragossa n'est plus maiote-