‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 37 sur 398 · A KG · texte numérisé non relu

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4» 62 de longueur, large de 4" 08, et profond d'autant. Il étail garni de plaques d'or pur en dehors et on dedans; il avait en dehors une corniche également d'or, et il était recouvert d'une table en or massif appelée le couvercle on le propitiatoire, sur laquelle se tenaient deux chérubins. Ils étaient l'un vis-à-vis de l'autre , regardant le propitiatoire qu'ils couvraient de leurs ailes: c'est du milieu d'eux que l'Eternel rendait ses oracles, Ex. 25, 22. Nomb. 7, 89., cf. 2 R. 49, 45. Ps. 80, 4., et qu'il manifestait visiblement sa gloire et sa présence. Dans l'arche se trouvaient la cruche d'or avec la manne, la verge d'Aaron qui avait fleuri, et les tables de l'alliance, Héb. 9, 4. Elle était placée dans le lieu très saint, et au grand jour des expiations, le souverain sacrificateur venait et répandait sur le propitiatoire le sang des victimes immolées. Il est facile de voir que ce coffret mystérieux était un type de notre Seigneur Jésus-Christ : c'est lui qui a réellement magnifié la loi de Dieu, tout en faisant propitialion pour nos péchés; il est notre alliance avec le Saint des saints, et c'est en lui qu'a brillé toute la gloire du Père.

Maintenant qu'est devenue cette arche de l'alliance? On n'en sait rien, et ce n'est évidemment qu'une question de curiosité historique, puisque la présence de Dieu n'est plus attachée à aucune chose périssable, mais que nous pouvons le trouver partout où nous sommes avec un cœur pur et des mains nettes. Toutefois, voici quelques mots sur les traditions relatives au sort final de ce meuble sacré qui fut si longtemps, pour les Juifs, l'objet de leur juste vénération. D'après 2 Macc. 2, 4. sq., Jérémie aurait caché l'arche dans une caverne de la montagne où Moïse était monté peu avant sa mort (Pisga), afin que personne ne la pùt trouver jusqu'au jour où le Seigneur rassemblerait de nouveau son peuple. Tbéopbylacte, Epiphane et le rabbin Joseph Ren-Gorion racontent la même histoire, mais sur la foi de ce même témoignage, de sorte qu'il n'y a qu'une seule source pour celte tradition. Toutefois, en l'absence d'autres données, celle là pourrait avoir quelque poids. La Bible n'en dit plus rien. Lorsque Cyrus rendit à Esdras, Esd. 4,7., les vases que Nébucad oetsar avait emportés, nous n'y trouvons pas un mot sur l'arche; les Juifs sont d'accord pour dire qu'elle ne se trouvait pas dans le second temple, et lorsque Josèphe (Bell, jud.) énumère les objets qui furent emmenés par Titus triomphant, il nomme la table d'or, le candélabre et la loi; enfin sur l'arc de Titus dont on admire encore les restes bien conservés, on m trouve parmi les dépouilles du temple que le candélabre et la table. Tout cela prouve >ssei clairement qu'au retour de la captivité.

l'arche d'alliance n'existait plus pour les Juifs.

Quelques rabbins s'appuyantsur2 Chr. 36, 10. ou sur 2 R. 20, 1 7. et 24, 43. prétendent qu'elle fut détruite et emmenée à Babylone avec les autres trésors du palais et du temple; cependant il est peu probable qu'elle soit tombée entre les mains des Caldéens, car on ne saurait comprendre pourquoi il n'est jamais parlé de ce monument précieux, ni dans le récit des choses emmenées, ni dans la liste des effets rendus à Esdras.

Selon d'autres, elle aurait élè détruite lors de la ruine de Babylone, ou par accident, ou à dessein; car, d'après Es. 37, 49., les Assyriens avaient coutume de jeter au feu les dieux des nations vaincues. Aucun auteur juif n'admet cette supposition; les chrétiens au contraire l'ont presque tous acceptée en se fondant sur Jér. 3, 16. : dans ce passage le prophète exprime en effet l'idée que, dans les temps à venir, l'arche ne sera plus honorée comme le seul trône de l'Eternel; mais il parle par opposition à la vénération superstitieuse que les Juifs de son temps, après la réformation de Josias, avaient pour les objets visibles de leur culte, et il veut dire qu'un temps viendra où le véritable temple de l'Eternel sera dans les cœurs de son peuple : ce passage ne peut donc pas s'entendre à la lettre.

Il ne reste plus maintenant que la troisième supposition, c'est que l'arche ait été cachée. C'est la supposition des Juifs : ils sont, à peu d'exceptions près, d'accord sur ce point. Selon eux, Josias, averti des maux qui allaient fondre sur le peuple de Dieu, 2 Chr. 34, 24., cacha l'arche dans l'intérieur de la montagne, audessous du temple, dans une retraite préparée déjà par Salomon pour cet effet. Ils allèguent 2 Chr. 35, 3., qui semblerait prouver le contraire de ce que les Juifs prétendent; mais ils l'expliquent en disant que l'ordre même qui est donné de remettre l'arche à sa place, indique qu'elle n'y avait pas été sous le règne de l'impie prédécesseur de Josias, et qu'elle avait été probablement mise en lieu de sûrvté. Conséquents avec eux-mêmes, ils espèrent que le temps viendra où, par une direction providentielle, l'arche sera retrouvée, et rendue au peuple de retour dans la terre promise.

Ce qui parait à la fois le plus probable et le plus simple, c'est que les sacrificateurs, sachant que la captivité ne devait durer que soixante et dix ans, auront mis de côté les monuments les plus précieux de leur culte, et que Jerémie le prophète, en réponse peut-être à une demande qui lui aura été adressée par le sacrificateur, aura indiqué le moment précis où devait avoir lieu l'invasion : on l'aurait ainsi prévenue en se hâtant d'enfouir quelques-uns des vases sacrés.

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