ARB
d'une vaste plaine, à l'est d Erivau, et ressemble à an pain de sucre ; sa hauteur est de plus de 4,000 m.; le voyageur Parrot, qui en a fait l'ascension en 4829, lui donne 46,200 pieds, environ 1,500 pieds de plus qu'au mont Blanc; l'Edinburgh Gazelteer lui attribue 9,500 pieds; Slieler (éd. 4839) 46,400; d'autres 40, 41. 42, et 12,700. C'est donc une question non encore liquidée, mais l'autorité de Parrot est importante. — On y trouve les traces d'un volcan éteint. La montagne conserve encore aujourd'hui le nom d'An» rat, et l'on rencontre partout des traditions de la descente de l'arche; mais ces traditions, musulmanes ou chrétiennes, peuvent dater de l'époque des Croisades, et ne constituent pas une autorité réelle dans la question. Les Perses l'appellent Kuhi Nuach, montagne de Noé; au pied se trouve un village nommé Tamanim (les huit), chiffre qui rappelle la famille de Noé sauvée dans l'arche , et selon El-Matzim (Hist. Saracenorum), ce serait Noé lui-même qui l'aurait construit. — L'Àrarat est couvert de neiges et de glaces éternelles ; son sommet est ordinairement enveloppé de nuages. — Quant à l'opinion , fort ancienne , qui place l'Ararat de Noé dans le Caucase indien, v. à l'art. Déluge les considérations qui militent en sa faveur.
ARAlhNA, 2 Sam. 24, 46-25, ou ORNAN, 1 Cbr. 14, 45., Jéhusien; il possédait en Morijah une aire à battre le blé. Quand David eut vu l'ange de l'Eternel qui volait au-dessus de Jérusalem pour en détruire les habitants a cause du dénombrement qu'il avait fait faire dans son orgueil, il apprit de Gad le prophète qu'il devait élever un autel et offrir un sacrifice a l'Eternel dans Taire d'Arauna, que Dieu lui-même avait désignée. Le pieux Jébusien, qui se cachait avec ses flls de devant la colère de l'Eternel, n'eut pas plutôt appris ce que David demandait, qu'il lui offrit en pur don, et l'aire, et le bois nécessaire pour le sacrilice, et même des bœufs pour servir de victimes. Non, dît le roi, je n'offrirai point à l'Eternel, mon Dieu, des holocaustes qui ne me coûtent rien ; et il refusa d'aller plus avant, aussi longtemps que le prix ne serait pas déterminé. Arauna vendit donc 1 aire à David , qui , pour les bœufs, lui donna 50 sHes d'argent (165 fr., 50 c.) et pour le fonds de terre où l'aire était située, environ 600 siclesd'or(23,8éi fr.). David offrit son sacrilice, et la plaie s'arrêta, v. Jébusiens. Quant à Arauna lui-même, il parait qu'il était entré de cœur dans le sein de l'Eglise et de la nation juive, quoique Cananéen d'origine, et il se montre bien digne par son désintéressement et sa générosité, de l'honneur que Dieu lui lit en choisissant son domaine pour en faire le théâtre de sa miséricorde envers les Juifs, et plus
tard l'emplacement sur lequel s'éleva le temple de Salomon, 2 Ch*. 3, 4 .
ARRAH (carré), inconnu; probablement un des plus célèbres d'entre les enfants de Hanak. Il fonda la ville qui porte son nom, Kirialh- Arbah, ville d'Arbah, Jos. 45, 44., laquelle reçut plus tard le nom d'Hébron : c'est tout ce que nous savons de lui. v. Hébron. Géants.
ARRÉ, Lév. H, 22. v. Sauterelles.
ARBRE. Les principaux arbres dont l'Ecriture fasse mention sont le siltira (acacia), le cèdre, le châtaignier, le cyprès, l'algiimmim, le chêne, le tilleul, le frêne, l'orme, le buis, le sapin, l'olivier, le pommier, le grenadier, le figuier, le sycomore , le mûrier, l'amandier : nous les retrouverons à leur lettre, o. encore Plantes.
Le Paradis renfermait toutes sortes d'arbres agréables et utiles, dont les plus remarquable étaient l'arbre de la connaissance du bien et du mal, et l'arbre de vie. Le premier était ainsi nommé parce qu'il était destiné à éprouver l'obéissance d'Adam, et parce qu'en mangeant de son fruit, l'homme devait apprendre à connaître la différence entre le bien et le ma). Les fruits du second étaient peut-être le moyen naturel dont Dieu voulait se servir pour conserver iolactes, en les renouvelant, les forces physiques d'Adam s'il fût demeuré dans l'obéissance peut-être aussi n'étaient-ils que le symbole et le gage de son immortalité; en tout cas, on ne peut douter qu'il ne fût le signe de l'alliance it Dieu avec notre premier père, comme larc-enciel le fut pour Noé, la circoncision pour Abraham, et le baptême pour les fidèles, Christ étant l'arbre de vie pour ceux qui croient en lui. Mais après la chute, et l'homme étant maudit, cet arbre n'était plus qu'un malheur, le souvenir d'un passé disparu, et la possibilité de vivre toujours malgré les souffrances et la décrépitude : aussi Dieu en interdit l'usage et éloigna l'homme du Paradis. Il lui promit ainsi la mort, qui devait être la fin de ses souffrances, en même temps qu'il lui annonça la bonne nouvelle d'un Ois qui naîtrait de sa femme, et qui triompherait du serpent.
Quant à la nature de ces deux arbres, il est impossible de rien avancer de sûr ; les hypothèses n'ont pas manqué, mais ce ne sont que des hypothèses plus ou moins hasardées. Nous sommes ici vis-à-vis de mystères, et toutes les questions sur le pourquoi et le comment ne serviront à rien, et sont de trop. Ce que Dieu n'a pas voulu révéler, nous n'avons pas besoin de le savoir. En tout cas, l'opinion qui voit un pommier dans le premier de ces arbres ne repose que sur un jeu de mots latin, malum signifiant à la fois le mal et un pommier, et date par conséquent d'une époque où le latin profane avait remplacé les langues sacrées de la Bible
ARC
ta français, comme on l'a remarqué. Ton pourrait trouver des analogies semblables : mauvais Tiendrait de mauve, et péché de pêcher.
L'agriculture devant être une des principales occupations des Hébreux, les arbres fruitiers avaient été dans la loi l'objet de diverses dispositions (0. fruits), dont une des plus remarquables était la défense faite aux Israélites de gâter ou détruire les arbres fruitiers des villes ennemies dont ils faisaient le siège. Deut. 10, 19.
ABC, instrument de guerre, bien connu. Il consiste en une branche de corne, de bois ou d'acier, qui, fortement ployée au moyen d'une corde attachée à ses deux extrémités, repousse avec force en reprenant sa première position la flèche placée sur la corde tendue. C'est une des plu* anciennes armes dont on ait fait usage; on la retrouve chez les peuples les plus barbares. Ismaêl était déjà grand tireur d'arc, Gen. 21 , 20. Cependant c'est des Philistins que les Hébreux paraissent avoir appris l'usage de cette arme, mais ils ne s'en servirent guère que jusqu'aux temps de David; cf. Gen. 27, 3. 1 Sam. 34, 3. 1 B. 22, 34. 2 R. 43, 15., etc. Le roi Hosias en avait rempli ses arsenaux, t Chr. 26, 14. On y joignait souvent l'épée, Gen. 48, 22. 4 Sam. ts, 4. — Le mot arc est pris quelquefois dans un sens plus général, pour armes. Ps. 44, 7. — Jérémie, pour annoncer que la puissance d on peuple sera anéantie, dit que Dieu brisera son arc, 49, 35., cf. Os. 1,5.; et le prophète Osée (7. 16.) compare à un arc qui trompe les Israélites qui, au lieu de prendre l'Eternel pour leur but, s'en sont détournés pour se diriger ailleurs.
— Arc-en-ciel y phénomène de la décomposition des rayons du soleil par les nuages qui jouent dans ce cas le rôle du prisme. Il en est parlé pour la première fols, Gen. 9, 43., lorsque Noé sortit de l'arche. Ce n'est pas ici le lieu d'examiner si la pluie existait ou non avant le déluge, et si par conséquent l'arc-en-clel ne fut qu'un symbole, un signe choisi parmi les choses existantes, ou s'il fut en quelque sorte une garantie physique donnée à Noé, prouvant que l'organisation actuelle de l'atmosphère ne permettrait plus un déluge nouveau ; quelque opinion qu'on ait à cet égard, le brillant phénomène restera toujours l'image de l'espérance. Le chrétien ne peut regarder Parc-en-ciel sans un sentiment de gratitude envers Dieu, et sans m rappeler que Dieu lui renouvelle l'assurance de sa grâce et de sa miséricorde. Ceux qui connaissent vraiment le message de la paix peuvent * plus juste litre que les païens appeler l'arc-en- <*tt Iris deorum nuntia.
— Arc de triomphe; c'est ainsi que la Vul- Wtentend le passage 1 Sam. 45, 13., où il
i ARC
est dit que Saùl après la défaite des Hamalécites se lit ériger un monument. L'hébreu porte une main : ce fut peut-être une colonne, peut-être un simple monceau de pierre.
ARCHANGE. Ce mot ne se rencontre que deux foisdans l'Ecriture, 1 Thess. 4, 46. Jude9., et il signilie proprement prince, chef des anges. 11 n'est jamais parlé que d'un seul archange ; l'apôtre Jude le nomme Michel, nom qui se trouve déjà dans Daniel 12, 1. (Micaêl),etdeux fois dans l'Apocalypse, et qui signifie image de [Eternel. Quelques-uns supposent l'existence de plusieurs archanges, Gabriel, Raphaël, Uriel (la tradition juive en compte sept); mais ils ne s'appuient sur aucun fait ni passage. Il parait beaucoup plus probable qu'il n'y en a qu'un seul qui est Christ lui-même. On dérive ordinairement le nom d'archange du livre de Daniel, où Micaël est appelé grand chef; quelques-uns pensent que les Juifs ont reçu cette croyance des Caldéens; mais, sans nier que les Juifs envisagés comme peuple, aient hérité des Caldéens quelques erreurs et quelques superstitions, nous devons rejeter celte hypothèse pour ce qui regarde les auteurs bibliques ; et quant au nom de grand chef que Daniel emploie, nous le trouvons déjà chez Josué, qui pour sûr ne le tenait pas des Caldéens, sous une forme encore plus développée, 5, 13. 14; c'est l'ange de l'Eternel qui porte ce nom, et qui se dit être le chef de l'armée de l'éternel, v. Micaël.
ARCHE, 1° de Noé : c'est le vaisseau qui sauva ce patriarche et sa famille des eaux du déluge. Il porte en hébreu le même nom que celui qui est donné au coffret de jonc dans lequel Moïse fut placé par sa mère, Ex. 2. 3. On croit généralement que Noé mit cent-vingt ans à construire l'arche, et qu i) y employa beaucoup d'ouvriers ; cependant c'est une erreur, qui provient sans doute de Gen. 6, 3. Noé avait six cents ans quand le déluge vint sur la terre, 7, 6. Cent ans auparavant, a l'âge de cinq cents ans, il n'avait pas encore d'enfant, 5, 32. ; or, quand Dieu lui ordonna de construire l'arche, il avait déjà trois tils, et ton* les trois mariés, ce qui suppose déjà, pour le temps d'alors, un âge assez avancé, soixante à quatre-vingts ans, ou même davantage. Il n'y mit donc qu'une vingtaine d'années tout au plus, et peut-être deux ou trois seulement ; d'ailleurs il n'est pas nécessaire de supposer un si long espace de tomps ; Dieu fut le principal architecte de l'arche dont Noé ne fut que l'ouvrier en chef.
La forme de ce bâtiment élait un grand carré long, avec un fond plat, et un toit légèrement incliné; il n'avait ni voiles ni cordages, et ses deux extrémités n'étaient point taillées de manière à fendre les eaux; l'arche n'était poiut
ARC
ARC
faite pour YOguer, mais pourfloller seulement, et pour surnager, et sa disposition offrait la plus grande résistant possible aux courants et à l'agitation des eaux, elle n'aurait pu que très difficilement se voir entraînée dans les mers. Il ne faut pas oublier que l'Eternel lui même s'était chargé d'en être le pilote.
L'arcbe avait 300 coudées de long, 50 de large, et 30 de haut, c'est-à-dire environ 462 m. de long, 27 de large, et 46 m. 20 de haut, soit plus de 70,000 m. cubes; en sorte qu'elle était calculée de manière a pouvoir porter plus de 80,000 tonneaux, soit 80,000,000 de kilog.
Elle était divisée en trois étages, le fond de comble non compris, chacun desquels, déduction faite des planchers, devait avoir 4 à 5m. de hauteur, et se distribuait sans doute en un grand nombre de loges et de compartiments. Il est à présumer aussi que ce bâtiment était construit de manière ù recevoir du jour et de l'air par les côtés, et qu'il y avait par-dessus le toit quelque grande couverture en peau, qui, s'abattant par-devant les croisées, empêchait l'entrée de la pluie; c'est ainsi que l'on doit entendre ce que dit Moïse du comble d'une coudée de hauteur, tandis que quelques versions semblent indiquer une fenêtre unique, ayant une coudée de haut, et une coudée de large : cette ouverture, faisant le tour de l'arche, était bien nécessaire pour la ventilation, soit à cause de la chaleur, soit à cause de l'odeur produite par l'entassement d'un si grand nombre d'animaux: il fallait également pouvoir nettoyer l'arche et ses nombreuses étables. C'est de celte fenêtre, ou galerie, que Noé aura lâché la colombe et le corbeau, et constaté la fin du déluge, 8, 43.
Le grand cheval de bataille des incrédules contre celte histoire miraculeuse, c'est l'impossibilité prétendue de loger dans l'arche tous les animaux. Pour rendre l'objection plus forte, il n'y a naturellement qu'à faire l'arche aussi petite, et le nombre des animaux aussi grand que possible; mais il y a des limites à tout, même à la valeur des objections. L'arche était un édilice immense, et tel qu'il n'y a guère de grand temple en Europe qui présente une masse à lui comparer. Quant aux animaux, il est clair, puisque Dieu se proposait simplement d'en conserver les espèces différentes, qu'il n'aura pas fait entrer dans l'arche les subdivisions de ces espèces, provenant de croisements successifs, mais seulement les espèces primitives et principales. Or, si l'on porte à 430 ou 4 40 le nombre des espèces bien tranchées de quadrupèdes qui vivent sur la terre, à 460 celui des oiseaux, et à 30 ou 40 celui des reptiles qui n'ont pu se réfugier sous le sol et y demeurer dans un état d'engourdissement, comme cela peut avoir eu lieu pour les serpents, l'arche se
trouverait avoir été plus que suffisante pour contenir tous les animaux qui durent y entrer, avec la nourriture nécessaire . à tous pendant une année. On peut même doubler et tripler ces chiffres. D'ailleurs, s'il y a de gros animaux, ils ne sont pas tous gros : on ne connaît que six espèces plus grandes que le cheval; il y en a peu qui soient aussi grandes, et il y eo a un fort grand nombre qui sont au-dessous de la brebis. Le premier élage à lui seul aurait reçu tous les quadrupèdes ; au second aurait été leur nourriture; et le troisième présente assez d'espace pour loger les oiseaux et les reptiles, puis Noé et sa famille avec tes provisions nécessaires. Des calculs très déiaillts et très exacts ont amené là-dessus les résultats les plus satisfaisants, qu'il n'est pas difficile de vérifier; Silberscblag en particulier a faitsurce sujet des travaux et des recherches qui prouvent jusqu'à l'évidence que les dimensions de l'arche ne sont point hors de proportion avec le but qu'il s'agissait d'atteindre. En outre, la position tout exceptionnelle où se trouvaient les animaux, aura influé sur leurs rapports entre eux, comme aussi sur leurs rapports avec l'homme, de manière à faciliter beaucoup les soins qu'on était obligé de leur donner.
On objecte de même souvent, qu'à celle époque peu avancée de l'industrie, il était presque impossible de construire un bâtiment d'une telle grandeur, et de le mettre en état de résister aux vagues de l'Océan uuiversel. Mais l'antiquité tout entière, même la plus reculée, a pris soin de répondre à cette objection; v. l'art. Caîn. L'industrie s'est développée bien longtemps avant le commerce, presque en même temps que l'agriculture, et nous possédons dans les pyramides, et dans les ruines les plus anciennes des pays classiques, le témoignage irréfutable d'un vaste esprit d'entreprises, et d'une connaissance étonnante et profonde de la mécanique et des autres arts, chez les hommes des siècles passés. Le grand temple de l'Inde percé dans une montagne, et le mur delà Chine, sont d'ailleurs des travaux bien autrement gigantesques, et Dieu n'en a pas été l'architecte et l'ordonnateur, comme il le fut del'arcue destinée à faire surnager ses huit sur le chaos et sur les débris d'un monde qui allait cesser d'être.
L'arche fut faite de bois de gopher q. t., et Noé l'enduisit de bitume. Apres qu'elle eut vogué pendant cinq mois environ, elle s'arrêta sur le mont Ara rat. v. Déluge.
2° Arche de l'alliance. Le mot hébreu que nos traductions rendent par Arche, Ex. 37,4., et ailleurs, n'est pas le même que celui qui désigne le vaisseau de Noé. L'arche de l'alliance était un coffret de bois de sittim, d'environ