‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 56 sur 398 · BDE · texte numérisé non relu

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toujours verte; ses feuilles, semblables à celles de l'olivier, sont plus minces et plus allongées; Il porte des fleurs blanches, et son fruit ressemble au gland : c'est du noyau que les Arabes tirent une huile dont Ils font grand cas pour la gnérlson des blessures et qu'ils préfèrent même au baume de La Mecque. Ce baume était anciennement connu sous le nom de baume de Gaiaad ou baume juif, parce que les Juifs le préparaient presque seuls, et qu'ils en faisaient un commerce très étendu. Plusieurs historiens grecs et romains, Pline, Diodore de Sicile, etc., en parlent avec éloge. Bochart pense que ce baume de Gaiaad provenait de la térébenthine.

Il y avait encore une autre sorte de baume, ou de drogue aromatique, appelé Bosem ou Bosam en hébreu, mentionné Ex. 35, 28. 1 R. 10, 10. Cant. 5, 1. 13. 6, 2. On le tirait d'un arbuste appelé encore aujourd'hui Basam par les Arabes, en faisant des incisions dans son écorce pendant les plus grandes chaleurs de l'été; la sève qui en découlait, après avoir été purifiée et préparée, donnait ce baume excellent. Le voyageur Burckhardi croit avoir trouvé cet arbuste dans les environs du lac de Tibériade, et il ajoute que ses fruits, semblables aux cornichons, fournissent aussi du baume.

— Dans les environs de La Mecque et dans l'Arabie Heureuse, il y a un autre arbrisseau qui fournit également un baume très estimé.

— Ces trois espèces différentes de baumiers étaient déjà connues des anciens.

BDELLION. Ce mot (hébr. B'dôlach) ne se trouve que deux fois dans la Bible, Gen. 2, 12. Nomb. 11,7. Dans le premier de ces passages, il est nommé à côté de l'or et de la pierre précieuse de Sbobam (v. Onyx), comme une production du pays de Havilah, qu'entourait ou traversait un des fleuves du paradis; dans le second, la manne lui est comparée. Plusieurs savants, des commentateurs juifs, Bochart et d'autres, pensent que bdellion désigne des perles, et cette explication s'accorderait bien avec la comparaison établie entre cette substance et la manne qui était ronde, blanche et en petits grains; de plus, d'après les mêmes interprètes, le sens étymologique du mot B dôlach doit signiGer « une chose précieuse, » sens qui s'appliquerait également bien à la perle ; enlin il faut convenir que le passage de la Genèse ne présente aucun empêchement à cette explication. Il est à observer, néanmoins, qu'aucune des anciennes versions ne traduit ce mot par perle; les Septante le rendent par escarboucle ou rubis dans Gen. 2, 12., et par cristal dans les Nombres ; les autres versions grecques anciennes le traduisent par bdellion, mot qui désigne une résiue transparente et odoriférante qui découle d'un certain palmier sur les

bords du golfe Persiquc, en petits morceanx assez ronds, comme des larmes; cette résine, d'une couleur foncée ou jaunâtre, et d'un goût amer, répand une odeur très agréable lorsqu'on la brûle. Il est bien possible que ce soit en effet 1A le B'dôlach mentionné dans les deux passages de la Bible, du moins l'affinité du nom grec avec l'hébreu ne saurait être méconnue; et d'ailleurs il faut observer que la langue hébraïque a un mot particulier pour désigner les perles. La manne peut être comparée au bdellion en tant que c'est un jus résineux épaissi en globules. Mais d'un autre côté, on ne conçoit pas pourquoi cette résine, le bdellion, aurait été nommée dans la Genèse à côté de l'or et d'une pierre précieuse, vu qu'elle n'était pas très estimée et peut-être pas même connue des anciens.

D'autres savants, les plus anciens commentateurs juifs et d'autres, pensent enfin qu'au lieu de lire B'dôlach, il faut lire B'rôlach, changement de lettre qui a très facilement pu se faire en hébreu, et qui serait appuyé du témoignage des Septante, qui, dans un des deux passages, ont rendu le mot par cristal. B'rôlach désignerait alors le bé.ril, sorte de cristal, auquel la manne peut aussi être comparée. Ex. 16,14. 31.

BEAUX PORTS, Act. 27, 8., ville de Crète, près de Lasée, deux villes également peu connues. Beaux -Ports devait probablement son nom â l'agrément de sa situation, qui offrait aux vaisseaux un mouillage assuré; il porte encore aujourd'hui le nom grec de Limenes Kali, dont notre nom français n'est que la traduction.

BEDAN, juge d'Israël, dont le nom est cité 1 Sam. 12, 11., entre Gédéon et Jephté. Le livre des Juges n'en fait aucune mention; quelques-uns croient que ce mot signifie Danite, de Dan, et que c'est un surnom de Samson qui appartenait à cette tribu ; d'autres lisent Barac; on suppose encore que c'est le nom d'un juge inconnu, différent des autres; il est possible, enlin, que Bedau ne soit qu'un autre nom de Jaïr : c'est même le plus probable.

BÉELZEBIL. v. Bahal-Zèbub.

BÉER (un puits). 1» Station des Israélites au désert, sur les confins de la contrée de Moab, Nomb. 21, 16.; peut-être le même endroit que Béer-Elim, Es. 15, 8. — 2° Ville a 20 kllom. nord de Jérusalem, sur la roule de Sichem. C'est là que Jotbam, fils de Gédéon, se réfugia pour échapper à Abiméli c. Jug. 9, 21 .

BÉÊRA, 1 Chr. 5, 6., le principal tbef des Rubenites, qui fut transporté en Assyrie par Tiglath-Piléser, roi de celte contrée.

BÉER-ÉL1M (le puits des princes), v. Béer.

BÉÉRI, pere du prophète Osée, 4,1., du reste, complètement inconnu.

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BÉER-LACHA1-R0I, nom hébreu du puits auprès duquel Agar en fuite eut la vision de l'ange qui la ramena auprès de Saraï sa maîtresse : il se traduit « le puits du vivant qui me voit. • G<>n 46, 4 4.

BËÉROTH (les puits), ville des Gabaonites, donnée a la tribu de Benjamin, Jos. 9, 17. Esd. 2, 25. Néh. 7, 29. C'est là que naquirent Récab et Bahana, les deux meurtriers d'Is-Boseth, 2 Sara. 4, 2. 5.

BÉERSÉBAH. 4° Le puits du serment, ou des sept, ainsi nommé de l'alliance qu'Abraham contracta avec Abimélec roi de Guérar, laquelle fut conûrmée par un serment et par le don de sept jeunes brebis, Gen. 24, 34 33. L'alliance fut renouvelée plus tard par Isaac. qui donna aux puits les mêmes noms qu'ils avaient portés au temps de son père, 26, 48. 33. Les deux patrianbrs habitèrent longtemps la contrée où se trouvaient les puits qu ils avaient eux-mêmes creusés. Béersébah était a 35 kilom.sud d'Hêbron, à l'extrême frontière méridionale du pays de Canaan, de sorte que l'on disait : « de Dan à Béersébah, » 2 Sam. 17, 44. Jug. 20, 4. 4 Chr. 21, 2., pour exprimer la longueur de tout le pays, et « de Béersébah à la montagne d'Ephraïm, » pour désigner la longueur du royaume de Juda, 2 Chr. 49, 4.— Dans le partage de la terre de Canaan, Béersébah fut donné à la tribu de Juda, Jos. 42, 28. C est là que résidèrent les Ois de Samuel, Joël et Abija, lorsque leur père eut partagé avec eux ses fonctions, 4 Sam. 8, 2. Au temps d'Hozias roi de Juda, l'ancienne demeure d'Abraham fut souillée par le culte des idoles, Am. 5, 5. 8, 43. 44. — Après le retour de la captivité, Béersébah fui de nouveau habité par les Juifs, Néh. 41,27. 30. Seelzen l'a retrouvé dans Blr-es-Seba; Robinson et Smith l'ont visité en 4838 ; ils y ont retrouvé cinq anciens puits, dont deux seulement avec de l'eau. — 2° Béersébah, ou simplement Sébah, dans la tribu de Siméon, Jos. 49, 2. Peut-être qu'une partie de Béersébah dépendait do Juda et l'autre de Siméon; peut-être aussi qu'appartenant à Juda, cette ville fut donnée plus tard à Siméon; cf. 4 Chr. 4, 28.

BÉHÉ.YIOTH, Job 40, 40. sq. Le mot hébreu Bébémotb est un pluriel qui signifie littéralement « de grands animaux quadrupèdes ; » la plupart des savants pensent que ce mot, dans le passage de Job, désigne I hippopotame. Son nom est d'origine égyptienne et s'écrit proprement Péhémout, bœuf marin (P est l'article, Ehé signifie bœuf, et moût eau) ; le mot grec hippopotame signifie cheval du fleuve. Cet anima) formidable se trouvait autrefois en très grand nombre jusqu'aux bouches mêmes du Nil, mais il s'est retiré depuis vers le sud, et habite surtout au delà des cataractes de ce fleuve, et

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dans d'autres rivières de l'Afrique. Son corps est une masse énorme, longue de S à 6 mètres, haute de 2 et 4/2, et d'une circonférence de 5. Sa tête difforme a 4 mètre et plus de longueur, et renferme une bouche énorme, garnie de grosses dents, qui, lorsqu'elle est ouverte, présente une ouverture de 70 centimètres à peu près. Sa peau est noirâtre, presque sans poil, comme celle de l'éléphant; elle est si dure et si épaisse, que ni coup de sabre ni coup de fusil ne saurait la traverser; même au bas-ventre, où pourtant la peau est en général le moins dure, elle est Impénétrable; elle ne peut êtreemamée que près des oreilles, et à la jointure de la téle au corps. On en fait des boucliers qui joignent a une grande légèreté une impénétrabilité parfaite. Sa queue est comparativement très petite, ses jambes sont courtes et massives, et le pied ressemble à un gros sabot garni de quatre orteils.

L'hippopotame se meut et nage dans l'eau avec une grande facilité ; 11 s'y tient la majeure partie du jour, ou se couche dans les endroits marécageux du rivage ; cependant il ne peut rester longtemps sous l'eau, car le besoin de respirer le ramène bientôt à la surface. Heureusement pour les habitants de ces pays chauds, sa nourriture ne consiste qu'en plantes et herbages, autrement il serait un fléau trop redoutable. Lorsqu'il sort lanuitde sa retraite, il parcourt les campagnes pour aller à la recherche de sa nourriture ; il n'est pas rare qu'il détruise un champ de blé ou de trèfle tout entier, soit en le foulant de ses larges pieds, soit en le broutant de sa large gueule. Il ne marche qu'avec difficulté sur la terre ferme, et lorsqu'il appréhende quelque danger, il se hâte de gagner l'eau dans laquelle il peut déployer sa gigantesque force. Quoique paisible de son naturel, cet animal, quand il est irrité, ne craint et n'épargne ni homme, ni animal quelconque. Sa force est extraordinaire, et lorsqu'il se voit attaqué dans son élément, il arrive souvent qu'il renverse les canots, et autres petits bateaux, et qu'il les met en pièces en les saisissant et les broyant entre ses mà< hoires, ou en les soulevant sur son dos. Quand il élève hors du fleuve sa tête énorme, il repousse et fait jaillir l'eau du souflle de ses narines, et fait entendre en même temps un cri perçant et fort, semblable au hennissement d'un cheval ou d'un mulet, ou au bruit que fait une énorme porte qui tourne lourdement sur ses gonds rouilles. Les indigènes cherchent à le prendre dans des fosses profondes, mais le prudent animal est sur ses gardes, et devine fréquemment les pièges qu'on lui tend ; alors même qu'il est pris, il se défend avec fureur, et ne se livre qu'après avoir rudement combattu. — Pour l'éloigner de leurs

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