RAS
scribe, 36, 4., et écrivit sous sa dictée les paroles que l'Eternel prononça contre Juda, la quatrième année du roi Jéhojakim. Puis il fut chargé par son maître de les lire au peuple dans le temple, en un jour de jeûne, qui avait été ordonné tout récemment en commémoration, diton, de la prise de Jérusalem par Nébucadnetsar. D'après nos versions, il semblerait que Baruch en fit la lecture par deux fois, ainsi que le veulent Prideaux et Ussérius, mais il faut lire au verset 9 : «Et cela arriva, » etc. et verset 40 : « Ce fut ce jour-là que Baruch lut, » etc. Le texte, en effet, ne parle que d une seule lecture, et si le moment où furent rédigés les discours du prophète, est éloigné de celui où ils furent lus au public, c'est qu'il fallait un certain temps pour le travail même de la rédaction, et qu'il importait, dans l'intérêt de la lecture, qu'on la fît en un jour solennel où une foule de Juifs, de toutes les parties du royaume, rempliraient le temple. Plus tard, Baruch fut encore appelé par-devant les principaux officiers du roi, qui lui demandèrent de leur relire ce même rouleau dont il avait donné lecture au peuple. Effrayés des menaces qu'ils entendirent alors, et ayant appris qu'elles avaient été prononcées par le prophète Jérémie, ils résolurent d'en instruire le roi, et conseillèrent à Baruch de se cacher ainsi que son maîire; précaution qui ne fut pas inutile, car Jéhojakim ayant entendu la lecture de ces oracles, les mit en pièces et les jeta dans le brasier qui brûlait devant lui, puis il donna l'ordre qu'on recherchât ces deux hommes et qu'on s'en rendît maitre, mais « l'Eternel cacha Baruch et Jérémie. » — Baruch fut chargé d'écrire, sous la dictée de son maître, un second rouleau semblable au premier qui avait été détruit, et sans doute plus sévère encore. Mais ce fidèle serviteur, attaché à Jérémie par l'harmonie des sentiments religieux et patriotiques, partageant avec lui les persécutions et les peines qu'il avait à endurer, affligé des nouvelles menaces qu'il devait écrire contre sa patrie, et craignant pèutêtre de voir encore augmenter ses douleurs par celte publication, s'écria : « Malheur à moi! car l'Eternel a ajouté la tristesse à ma douleur! » Pour le consoler, 45, 1-5., Jérémie lui promit la protection divine et la vie sauve, mais lui représenta que si Dieu lui-même, qui voudrait voir ce peuple heureux, était obligé de le punir, lui, Baruch, ne pouvait prétendre à recueillir la gloire et la prospérité. Nous retrouvons Baruch dans la dixième année de Sédécias, pendant le siège de Jérusalem, 32, 42. Jérémie lui confie le contrat de l'acquisition qu'il a faite du champ de Hanaméel, son parent. Plus tard encore, 43, 3., dans l'année qui suivit la prise de Jérusalem, nous le voyons injustement soupçonné d'animer Jérémie contre les déplorables et impies débris
de Juda; ses accusateurs se saisissent de lui et l'entraînent de force en Egypte, ainsi que Jérémie, comme s'ils voulaient encore, dans leur rébellion, conserver au milieu d'eux les représentants de ce Dieu auquel ils ne craignaient pas de désobéir. — C'est à ce Baruch que la fable attribue le livre apocryphe qui porte son nom ; v. Apocryphes.
2° Baruch, (Ils de Zaccaï, Néh. 2, 20., releva une partie des murs de Jérusalem, sous la direction de Néhémie.
BARZfLLAI (de fer). 4°Siméonite, de Méholah, et père de Hadriel, 2 Sam. 24 , 8. — 2° Galaadite, riche propriétaire de Roguelim (2 Sam. 47, 27. 49, 34. 39. 4 R. 2, 7.}, fournit d'abondants secours de vivres à David et à sa petite armée fuyant devant Absalon. La révolte apaisée, David voulut récompenser son bienfaiteur et l'emmener avec lui à Jérusalem; niais le vieillard octogénaire refusa des jouissances qui n'étaient plus de son âge. « Ton serviteur, dit-il, pourrait-il savourer ce qu'il mangerait et boirait, ou entendre la voix des chanteurs et des chanteuses? Et pourquoi serait-il à charge au roi, mon seigneur?» Il se borna donc à accepter pour son (ils (ou petit-fils) Kimbam, la protection royale, puis il retourna en son lieu. David mourant recommanda à Salomon les enfants de celui qui l'avait secouru dans sa fuite, 4 R. 2.7. Le nom de Barzillaï se retrouve Esd. 2, 61. Néh. 7, 63., où l'on peut voir combien sa mémoire s'était conservée en Israël, même après la captivité.
BAS AN, l'une des plus fertiles contrées du monde, à l est du Jourdain et de la mer de Tibériade, au nord du Jabbok, au sud du mont Hermon et du Gessur. C'est un pays de collines et de gras pâturages ; entre ses montagnes calcaires sont d'étroites et fertiles vallées, et les cavernes qui s'y trouvent répandues en abondance servent encore de nos jours à loger un grand nombre d'habitants. La contrée de Basan était autrefois célèbre par son bétail, et surtout per ses taureaux et ses béliers; il est aussi parlé de ses beaux chênes, qui, maintenant encore, sont l'ornement de ses montagnes. On y comptait, outre les villages, soixante villes fermées. Moïse prit ce territoire sur Hog, et le donna à la tribu de Manassé, v. Nomb. 24, 33. Deut. 4, 4. 3, 1. 32, 44. Jos. 42, 4. 5. Ps. 22, 4 2. 135, 11. 136, 20. Es. 2, 43. 33, 9. Ez. 27,
6. 39, 48. Am. 4, 4. Nah. 4, 4. Zach. 14, 2. — Dans les temps postérieurs à l'exil, cette contrée reçut le nom de Batanée (Jos., Ant., 4,
7. 4. G. des Juifs 3, 3.), qui ne se trouve, du reste, nulle part dans le N. T.; les limites n'en sont pas faciles à déterminer, mais il paraît qu'elles s'étendaient moins au nord que celles du royaume de Basan. — De nos jours
liAT
BAH
on l'appelle El-Bottein, ou Ard el-Bathaniyeh.
BASE M AT 11 (l'odoriférante), une des filles de Salomon, 4 R. 4, 45. Elle avait épousé Ahimahats, un des principaux officiers de la cour de son père, alliance qui n'était point une mésalliance dans l'antiquité, et dont tous les temps ont offert des exemples chez les Orientaux. Basémalh, Taphath sa sœur (4, 44.) et Roboam sont, de tous les enfants de Salomon, les seuls dont l'Ecriture ait conservé la mémoire.
BASILIC (proprement basilisc). Ce serpent est mentionné dans cinq passages de l'A. T., Prov. 23, 32. Es. 44, 8. 44. 29. 59, 5. Jér. 8, 47., et plusieurs fois dans le N. T., Matth. 3, 7. 42, 34. 23, 33. Luc 3, 7. Act. 28, 3. — Selon les anciens, le basilic vit en Afrique ; il est de couleur jaune, ayant trois légères bosses «l une tacbe blanche sur sa tête effilée : c'est le plus venimeux de toute la race, tellement que les autres serpents même s'enfuient à son approche. Sa morsure cause une inflammation subite et générale, et tue en très peu de temps. Le corps d'un animal mordu par le basilic exhale une odeur si infecte, que les animaux carnassiers n'osent même y toucher. On croyait autrefois que la belette seule savait tuer le basilic, et que les coqs lui inspiraient de la terreur. Dans les temps postérieurs, on se représenta le basilic avec le corps d'un coq et la tête d'un serpent, ou quelquefois seulement comme un serpent muni d'ailes, et l'on croyait qu'il provenait de l'œuf qu'un vieux coq aurait pondu et couvé. Les anciens croyaient aussi que son simple regard et son haleine étourdissaient et tuaient les animaux. La science moderne n'a pas encore pu déterminer quel serpent il faut entendre par le basilic des anciens. Prov. 23, 34 . 32., le vin est comparé au basilic, à cause de ses propriétés destructives, parce qu'il peut étourdir l'homme, le priver de sa raison, et à la longue, ou même en peu de temps, ruiner son corps et son esprit. — Dans sa description du miliénium, Esaïe, 44, 8., pour montrer la différence entre l'économie des temps actuels et celle des temps futurs, dit qu'alors toute la nature aura subi une régénération telle qu'il n'y aura plus de mal, ni rien de nuisible sur la terre : le basilic même aura perdu ses qualités dangereuses.
BATA NÉE, v. Basan. La capitale de cette ancienne province se retrouve aujourd'hui, d'après Potier, dans un petit village nommé Bathanlyeb, au nord du district : on rencontre dans ses environs des ruines considérables.
BATH, mesure de liquides, qui correspondait a l'épba, mesure de capacité pour les matières sèches. C'était la dixième partie du homer, qui était la plus grande des mesures. Le bain contenait environ 35 litres (432 coquilles
d'œuf, v. Cab). Quelques-uns pensent qu'il y avait deux baths, l'un vulgaire, et l'autre pour les usages sacrés : ce dernier étant d'un tiers plus grand que le premier. On l'infère de ce que 4 R. 7, 26., il est dit que la nier de Salomon contenait 2,000 baths, lundis que, d'après 2 Chr. 4, 5., elle en aurait contenu 3,000. Cependant il est possible que le premier de ces passages se rapporte à la contenance de la cuve seule, tandis que l'autre y joindrait encore la capacité des soubassements et des dix cuviers plus petits qu'ils supportaient. — v. encore Esd. 7, 22, Ez. 45, 44.
BATHSÉBAH (tille du serment) ou Bathsuah, fille d'Eliham ou Hammiel, 2 Sam. 44, 3., cf. 23, 34. 4 Chr. 3, 5., cl probablement petite-fille d'Achitophel. Ce fut la femme d'Urie le Hélbien, que David fil enlever, et qu'il épousa après avoir fait périr son mari, 2 Sam. 42. Elle donna à son nouvel époux cinq enfants, dont l'aîné mourut peu après sa naissance; Salomon fut le plus célèbre de ceux qui vécurent. — Femme habile, ou peut-être simple instrument de Tsadok, elle découvrit à David la conspiration d'Adonija, qui revendiquait sou droit d'ainesse au préjudice de Salomon. Le rebelle, vaincu, ne lai **>as d'aspirer encore au trône qu'il venait de perdre; mais au lieu d'employer la force ouverte, il imagina la ruse et intercéda auprès de Bathsébah pour obtenir la main d'Abisag, la jeune veuve du défunt roi. Bathsébah n'osa pas refuser; elle dit à son fils lu démarche ambitieuse d'Adonija, mais ce fut la sentence de mort du jeune prince; Salomon le fit exécuter le même jour.— Le nom de Bathsébah se retrouve Ps. 51, 4., où David mène deuil sur son péché; elle est aussi rappelée Matth. 4, G., parmi les ancêtres de notre Seigneur.
BATHSUAH, v. l'art, précédent.
BAUME. Cette substance résineuse (hébr.
Tzeri) est nommée parmi les épices que les marchands arabes, auxquels Joseph fut vendu, apportaient de Galaad en Egypte, Gen. 37, 25. Jacob en envoie comme présent à son fils, a la cour de Pharaon, 43, 14. Le prophète Ezéchiel, 27, 47., nomme le baume parmi les marchandises que les Juifs portaient au marché de Tyr, et Jérémie en parle comme d'un remède apporté de Galaad, et dont on se servait pour la guérison des blessures, 8, 22. 46, 44. 54, 8. Les habitants de la Palestine emploient, en effet, pour ce but, l'huile extraite du fruit d'un certain olivier sauvage (Elaeagnus angustifolia, Linnée), appelé Tsakkum par les Arabes. Cet arbre, qui croit dans la vallée du Jourdain et dans l'Arabie Pétrée, abondait autrefois dans la Palestine transjourdaine; il ressemble au prunier; il est muni de grandes épines, et son bois est jaune comme le buis ; son écorce est