‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 83 sur 398 · CHU · texte numérisé non relu

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dont le chiffre 70 était susceptible). L'oracle rie Dan. 9, 24-27. est un de ceux qui ont le plus tourmenté les interprètes de tous les temps, parce qu'ils ont voulu préciser et prendre à la lettre des paroles qui ne devaient être prises que dans un sens général. Si les septante semaines sont des semaines d'années, comme on est d'accord à le reconnaître, c'est-à-dire, si elles signifient 7X70, ou 490 ans : si, en outre, elles ont pour point de départ l'un des décrets des rois de Perse en faveur des Juifs, et pour dernier terme (la moitié de la dernière semaine) la mort de Jésus, il faut qu'entre ces deux termes la chronologie nous donne 490 ans, moins la seconde moitié de la dernière semaine (35 ans), c'est-à-dire 455 ans; ou, selon d'autres calculs, les 70 semaines, plus les 33 ans de la vie du Sauveur, soit 523 ans. Or, jusqu'à la mort de Christ, la chronologie nous donne, depuis l'édit de Cyrus 569 ans, depuis l'édit de Darius 553, depuis l'édit d'Artaxerces 491 , depuis l'envoi de Néhémîe, que quelques-uns choisissent pour point de départ, 478. Aucun de ces résultats ne concorde avec la lettre de la prophétie. Ajoutons avec M. Coquerel, que l'oracle des 70 semaines date de la année de Darius le Mède, Dan. 9, 1., et qu'il est de toute impossibilité que cet oncle, rendu avant aucun des édits de restauration des Juifs, se rapporte à un autre édil que celui que Cyrus rendit l'année suivante ; le bon sens parle ici : Daniel n'a pu avoir en vue que l'édit de Cyrus, et non les autres édits supplémentaires qui furent, donnés 47, 58, ou 79 ans plus tard. C'est donc certainement 569 ans, et non 490 ou 455, qu'il faut compter depuis l'édit de Cyrus jusqu'à la mort de Christ, ou : jusqu'à sa naissance 537

Ce serait l'an du monde 5345.

Pour ce même espace de temps, d'Adam à J.-C, voici les chiffres trouvés par les principaux chronologistes modernes, je parle seulement des chronologistes bibliques : Bunsen, environ 20,000 ans; Coquerel 5547, Jackson 5426, Haies 544 4 , Archinard 5193, Ussérius 4004, Pétau 3983, etc. Ces différences prouvent, non moins que les calculs que nous avons indiqués, le peu de chances que l'on a d'arriver, en ces matières, à une certitude absolue. La comparaison des auteurs profanes, et des chronologies assyriennes, perses, caldéennes, phéniciennes et égyptiennes, combinée avec l'étude des divers calendriers de l'antiquité, serait d'un grand secours si les annales des hommes ne fourmillaient d'erreurs et de contradictions, et tout ce que l'on peut espérer et obtenir, dans des limites assez restreintes, c'est la fixation de quelques dates principales, de quelques synchronisraes généraux : quant aux détails, il faut

y renoncer. On le pressent d'instinct pour les temps les plus anciens où l'histoire n'existait pas encore, mais on peut s'en convaincre aussi pour les âges relativement modernes, qui ont eu des historiens et des astronomes, et qui devraient nous fournir une histoire et des calendriers certains. La 26' dynastie égyptienne, par exemple, a-t-elle duré 203 ans, comme le. porte le Syncelle, 468 comme le veut Eusèbe, ou 450 ans et 6 mois comme le dit Julius Africanus? M. Champollion-Figeac a-t-il raison quand il adopte ce dernier chiffre, ou bien a-t-il raison quand il indique ailleurs, en donnant les détails, le chiffre de 159 ans et 6 mois (EgypL anc, p. 367 à 376)? El s'il y a quelque incertitude dans les annales de l'Egypte, que dire de celles de la Pliénicie et de la Caldée, qui sont beaucoup moins connues, et qui contiennent des erreurs intentionnelles beaucoup plus nombreuses et plus considérables ?

Il convient donc de s'en tenir le plus possible à des résultats généraux. Les dates que noos avons trouvées depuis la création de l'homme jusqu'à Jésus-Christ, soit 5345 ans; nous donnent, si nous les comptons depuis Jésus-Christ, les chiffres suivants :

Retour de l'exil.

av. C. 537.

Captivité de Babylone 586.

Construction du temple de Salomon. . . 4006.

Sortie d'Egypte 4655.

Naissance d'Abraham 2460.

Déluge 311î.

Adam 5345.

Champollion-Figeac, dans son Résumé de chronologie, donne comme positivement acquis certains chiffres qui établissent l'invraisemblance de plusieurs et l'impossibilité de quelques-unes des dates d'Ussérius. Ainsi le premier règne connu en Chiue, celui de Yao, remonte à l'an 2357; il serait de 9 ans antérieur au déluge, selon la chronologie vulgaire; suivant nos calculs il lui serait de 755 ans postérieur ; c'est un chiffre possible, mais qui même est encore bien modéré. On pourrait multiplier des exemples de ce genre ; ce que nous avons dit suffit pour justifier, d'une manière générale, les chiffres auxquels nous sommes arrivés, et qui nous serviront dans l'ensemble de ce travail.

Il reste maintenant à déterminer autant que possible la chronologie du N. T.

4° Nous nous trouvons dès l'abord en présence d'une erreur dont on est obligé de tenir compte comme d'un fuit acquis; c'est celle qui se rapporte à la naissance même de Jésus- Christ. Elle est de 3 ou 4 ans antérieure à l'ère vulgaire, telle que l'a fixée en 525 l'abbé romain Denys le Petit ; presque tous les savants sont d'accord sur ce point, quoiqu'ils varient sur les détails; v. Jésus-Christ.

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En fixant à Tan 749 de Rome la naissance du Sauveur, et en admettant qu'il a vécu environ 33 ans, sa mort tombe sur Tannée 782 de Rome, ou sur Tan 29 de l'ère vulgaire. Ce premier résultat parait définitivement acquis; il modilie donc sensiblement tous les systèmes de chronologie du N. T. qui mettent la naissance de Jésus l'an 4 , et sa mort l'an 33 de notre ère (Greswell l'an 30, Hug et Anger 31 , Ussérius, Pearson, Michaelis 33, A. Rost 34).

2° Dès lors, et jusqu'à la Un du N. T. les questions chronologiques se compliquent de plus en plus, tellement qu'on est obligé de se contenter de données approximatives. Nons ne tenterons pas même de donner l'analyse des volumes qui ont été écrits sur ce sujet; la lumière n'est pas faite encore, et quoique les différents auteurs affirment l'exactitude de leurs systèmes, il y a trop de contradictions dans les résultats obtenus pour qu'on puisse se prononcer d'une manière absolue. Les Actes et les épllres contiennent bien certaines dates, mais elles ne s'enchaînent pas les unes aux autres, ou bien celles qui ont un caractère positif, comme la mort de Jacques sous Hérode Agrippa, 41, ne se lient pas à l'ensemble de l'histoire apostolique, et ne jettent aucun jour sur les autres événements. C'est la vie de Paul qui est le grand centre autour duquel tout converge, mais c'est celte vie aussi qui, par les lacunes qu'elle présente, renferme le plus de difficultés. Sa conversion a-t-elle eu lieu en 38 comme le veut Anger, en 37 comme l'affirment Scholt et Greswell, en 35 comme le pensent Ussérius, Pearson, Hug, Rilliet et Coquerel , ou bien en 34 comme le disent Rengel et Kitto? Wieseler la met en 30, Sus*kind en 32, Eusèbe et Vogel en 33, Raron et Calvisius en 34 ; puis Schrœder en 39, Kuinœl en 4o, Schmidl et Wurm en 44. Voila déjà dès le point de départ, et sur une date importante, des divergences considérables qui remettent en mémoire le proverbe arabe : Dieu seul connaît la vérité.

Le livre des Actes, depuis l'ascension jusqu'au séjour de Paul à Rome , renferme l'histoire d'environ 33 ans (Winer,De Wette,Eichhorn, Davidson, Birks), de 32 ans selon Ussérius et Michaélis, de 31 ans suivant Greswell et Scbott. Les dates profanes dont on peut tenir compte sont la mort d'Agrippa, 44 ; la destitution de Félix, vers l'an 60; la persécution des chrétiens, qui commença sous Néron l'an 64 (Tacit., Ann., XIV, 65), et qui suppose que Paul arriva à Rome en 64 , car il y passa deux ans, 62 et 63, dans une pleine paix, qui ne se comprendrait pas plus tard. — Quant aux dates fournies par le livre des Actes même, nous n'avons pas ce!le de la conversion de l'Apôtre, mais à partir de ce moment nous savons qu'il passa trois ans en

Arabie avant de se rendre à Jérusalem, Gai. 4, 48. 2, 4.; cf. Act. 9, 26.; et que la quatorzième année (sans doute après sa conversion) il visita cette ville pour la troisième fois Act. 45, 2. D'autres indications de chiffres sont encore fournies (v. Paul), mais elles sont trop vagues, ou plutôt les lacunes sont trop nombreuses pour qu'on puisse en faire la base d'un système.

Kitlo, partant de Gai. 2, 4., pense que le voyage dont il est ici quesiion, ne saurait être celui d'Act. 45, car on ne s'expliquerait pas la conduite de Pierre Gai. 2, 44. si la conférence de Jérusalem avait déjà eu lieu ; ce n'est pas davantage le premier voyage de Paul; ce doit donc être celui d'Act. 44, 30. qui précéda la famine qui eut lieu sous Claude en 45 : retranchant de ce chiffre les 44 années écoulées, on arrive à fixer l'an 34 comme la date probable de la conversion de l'apôtre ; elle aurait donc eu lieu environ deux ans après la résurrection du Sauveur, et peu de temps après le martyre d'Etienne. Si nous retenons cette date,

Conversion de Pau) 34,

nous pouvons remarquer encore qu'il y a peu de divergences sur la date d'Act. 42, mort de Jacques, délivrance de Pierre, séjour de Paul à Anlioche et voyage à Jérusalem; on est d'accord à placer ces événements en l'an 44.

Enfin la date de l'arrivée de Paul à Rome est presque déterminée par ce qu'on a dit plus haut; on la rapporte à l'an 64 .

L'Apôtre passe deux ans à Rome, et selon les uns il meurt dès les premières perséculionsen 64; selon les autres (v. Paul) il est remisen liberté, et revient mourir plus tard a Rome, en 05 suivant Eichhorn et Vogel, en 66 (Calmet, A. Rosi), en 67 (Rengel, Ussérius, Hug, Olshausen, Coquerel), en 68 (Eusèbe, Steiger), etc. — (v. Birks, Horae évang., p. 146. Angus, Manuel de la Bible).

3° La chronologie de la fin du N. T. est plus difficile encore à déterminer, la vie des apôtres ne nous étant connue par aucun document authentique, la fin de Pierre étant enveloppée de mystère, et les dernières années de Jean échappant complètement au cadre du récit sacré.

On doit donc se contenter, pour celte époque, des dates principales fournies par l'histoire profane, telles qu'elles résultent des écrits de Josèphe, de Tacite, Suétone, etc. Nous indiquerons les suivantes, sur lesquelles on est d'accord, bien qu'on ne le soit plus pour déterminer les faits contemporains de l'histoire apostolique, dates des épllres, mort des apôtres, etc. Cumanus nommé procurateur, en .... 47.

Félix, id 53.

Mort de Claude, avènement de Néron . . 55.

Paul comparait devant Félix 58.

Porlius Festus, procurateur 60.

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