O.HR
pour ainsi dire ecclésiastique des livres des Chroniques, s'explique facilement, si l'on réfléchit qu'à l'époque où ils furent selon loute probabilité Composés (après le retour de l'exil), tout ce qui tenait à la religion était l'objet d'un intérêt beaucoup plus vif. En même temps ils relèvent soigneusement les traditions généalogiques, dont quelques-unes pouvaient avoir été perdues de vue pendant l'exil, notamment celles des prêtres et des lévites, à cause du culte, et celles de la famille de David, afin d'assurer les titres et les droits de succession du Messie quand il apparaîtrait.
Les rapports qui se trouvent entre les livres des Chroniques et les livres des Rois s'expliquent par le fait que les deux auteurs ont consulté les mêmes sources, savoir les annales des rois de Juda et celles des rois d'Israël; seulement il parait que l'auteur des Chroniques avait sous les yeux un recueil contenant ces deux ouvrages réunis, et il le nomme tantôt avec le titre complet : Livre des rois de Juda et d'Israël, 2 Cbr. 25, 26., tantôt en abrégeant, Livre des Rois, 2 Chr. 24, 27., ou Livre des rois d'Israël, 2 Chr. 20, 34., ou Actions des rois d'Israël, 3 Chr. 33, 48. Quant aux différences, elles proviennent de ce que l'auteur des Chroniques a consulté, outre ces documents généraux, quelques monographies particulières composées par des prophètes, et dont les annales des royaumes ne contenaient que des extraits fort courts; on peut en compter au moins huit ou dix : ainsi, par exemple, pour le règne de Roboam, les monographies des prophètes Semahia et Hiddo,2 Chr. 42, 15.; pour l'histoire d'Hozias, la monographie d'Esaîe, 2 Chr. 26, 22.; cf. encore 13, 22. 32, 32. 33, 19., etc.
On a tout lieu de penser que les livres des Chroniques furent composés du temps d'Esdras, après le retour de la captivité (ainsi 4 Chr. 9, 47., nous voyons nommés les mêmes personnages que Néh. 42, 25. 26.), et même d'admettre avec la tradition juive qu'ils le furent par Esdras lui-même (Carpzov, Eicbhorn, Keil, Ilaevernick), quoique Calmet, Jabn, De Wette, Bertholdt, Gramberg, Ewald et Mœvers les attribuent à un auteur inconnu. Il y a un rapport très intime entre la fin du livre des Chroniques et le commencement du livre d'Esdras, comme si le deuxième de ces ouvrages était destiné à être une continuation du premier; le style est le même, ainsi que l'orthographe de certains mots hébreux; la nature du sujet, la conformité du but semblent aussi établir l'identité de l'auteur.
Pour se débarrasser de la preuve très forte que les livres des Chroniques fournissent en laveur de l'authenticité du Fentateuque, on a attaqué, comme tant d'autres, la crédibilité de
cette partie de l'A. T. L'attaque, faite principalement par De Wette, Bertholdt et Gramberg, a été repoussée avec habileté par les ouvrages de Keil (Berlin, 1833) et de Mœvers (Bonn, 4834) : ». aussi Carpzov, Dahler et Jabn. Le principal reproche que l'on dirige contre l'auteur du livre des Chroniques, c'est sa prétendue partialité pour le culte mosaïque, et pour la tribu de Lévi; mais on a vu déjà que son but était simplement de combler les lacunes des autres livres historiques sur ce sujet, et l'on ne peut pas prouver que ce point de vue l'ail jamais entraîné à sacrifier la vérité. Si l'on remarque des différences matérielles et positives entre les livres des Rois et ceux des Chroniques, sous le rapport des nombres et des noms, telles que
2 Cbr. 8, 18. cf. 4 R. 9, 28.
1 Chr. 11, 11. — 2 Sam. 23, 8.
il faut observer que, comme les chiffres se représentaient par des lettres, quelque erreur pouvait facilement se glisser dans les copies, v. Nombres, et, sous ce rapport, il faut le reconnaître, l'état du texte laisse beaucoup à désirer : quant aux noms de lieux et de personnes, on a vu ailleurs combien chez les Orientaux les noms étaient sujets à des changements, et combien souvent aussi ils étaient doubles; Kennicott et d'autres se sont trop pressés de voir des contradictions là où il n'y avait que des variantes résultant de ce qu'un siècle s'était écoulé depuis les événements, et de ce que l'auteur, en employant des noms modernes, cherche à mettre l'histoire à la portée de ses lecteurs, v. Davidson, Herméneutique, etc. — La crédibilité des livres des Chroniques est suffisamment attestée, soit par les morceaux parallèles dans les livres des Rois, soit, pour les morceaux qui appartiennent spécialement au premier de ces ouvrages, par les autres livres du Canon. Nous n'en citerons que deux exemples : on a beaucoup attaqué le récit qui est donné, 2 Chr. 20, de la victoire de Josapbat sur les rois alliés ; mais si on lit attentivement le psaume 48, on voit que c'est un cantique d'actions de grâces qui ne peut se rapporter a aucun autre événement. Le récit du grand deuil occasionné par la mort du roi Josias dans la vallée de Méguiddo, 2 Chr. 35, 22-24., est également confirmé par Zach. 12, 41.
CHRONOLOGIE. On désigne généralement sous ce nom la science qui traite de la mesure et de la division du temps en époques déterminées; quand elle a pour unité de mesure certaines révolutions des astres, on l'appelle chronologie mathématique ou théorique ; on l'appelle
CHR
chronologie technique ou appliquée, lorsqu'elle traite des méthodes et des moyens employés par les différents peuples pour grouper et diviser les temps et les périodes de leur histoire; on appelle enfln chronologie historique la comparaison des résultats obtenus, et le rapprochement régulier des événements, disposés suivant l'ordre dans lequel ils se sont succédé dans l'histoire.
La date d'un événement est l'indication exacte de l'époque à laquelle il a eu lieu. Elle se détermine en calculant, au moyen d'unités convenues, le temps qui s'est écoulé depuis un moment déterminé jusqu'à un autre moment, également déterminé. L'unité de mesure varie naturellement, et a toujours varié, suivant l'importance de la date, et suivant le degré de culture et de civilisation de ceux qui font des calculs de ce genre. On peut calculer par heures, jours, semaines, mois, années, etc. ; on a calculé par années lunaires et par années solaires; les sauvages comptent par lunes, par printemps ou par hivers. Une date est absolue quand elle détermine le jour, le mois ou l'année précise d'une série d'années généralement admise et reconnue; elle est relative quand elle se borne à établir une simple contemporanéité d'événements.
Pour l'étude des faits de l'histoire, il importe peu que l'on adopte tel ou tel point de départ, pourvu que ce soit un point consiant, toujours le même, et parfaitement déterminé. On peut même se servir successivement de différentes époques pour point de départ de ses éludes, pourvu que les rapports de ces époques entre elles demeurent constants, et qu'ils soient admis sans variation par les divers historiens, pourvu encore que les années aient dans les différentes compulations la même longueur, et que les calendriers soient basés sur le même système.
On appelle ère la date précise à partir de laquelle les différentes nations, ou religions, commencent à compter les années. L'ère de Nabonassar, celle de Rome, celle des Séleucides, l'ère chrétienne et l'Hégire sont les principales, et à de très légères différences près, elles peuvent se rattacher les unes aux autres, et coïncider dans leurs synchronismes les plus importants. Pour celui qui étudie la Bible, les deux ères naturelles sont le commencement du monde et la naissance de Jésus-Christ. Toute la chronologie sacrée roule sur la détermination de ces deux points, et ce dernier, l'ère chrétienne, a en outre celte double importance qu'elle sert à fixer non-seulement les faits qui ont eu lieu après l'avènement du christianisme, mais encore, bien souvent, la date de faits antérieurs à son origine. Indépendamment même de l'in-
certitude qui règne sur la date du monde , il est plus commode pour l'étude de l'histoire de l'A. T. de compter les années jusqu'à Jésus- Christ, que de les compter depuis Adam.
L'A. T. renferme une foule de dates, mais aucune chronologie proprement dite; les indications de détail abondent, la quatrième année de Salomon, la quatorzième d'Ezéchias, etc. Pour obtenir une chronologie biblique, il faut donc réunir ces dates éparses, les contrôler les unes par les autres, constater leur accord et l'absence de toute lacune, puis les ajouter les unes à la suite «les autres, s'il est possible de le faire. Ce travail a été entrepris par un grand nombre de savants et de théologiens ; mais il a donné les résultats les plus divers, et Des Vignoles en son temps ne comptait pas moins de h 08 systèmes différents de chronologie sacrée. Dès lors on en a constaté plus de deux cents. Celui de l'archevêque fJsher (Usserius), peut-être l'un des plus imparfaits, a malheureusement prévalu, et malgré de constantes et de nombreuses résistances, il est aujourd'hui généralement adopté ou subi.
Depuis Des Vignolcs, et grâces aux remarquables découvertes qui ont été faites en Asie et en Egypte, la science de la chronologie a fait de grands progrès, mais le nombre des systèmes, au lieu de diminuer, a encore augmenté, au point qu'il est impossible, à moins d'en faire l'objet d'une étude toule spéciale, de s'orienter au milieu des systèmes qui surgissent chaque année, éclairés d'une donnée nouvelle, d'une inscription déchiffrée, d'une hypothèse ingénieuse, ou 'd'un synchronisme problématique. Les hiéroglyphes de l'Egypte, et les fouilles de Ninive et de Babylone ont jeté du jour sur beaucoup de questions, mais nul ne saurait affirmer encore que tous les problèmes soient résolus, et l'on ne peut pas même espérer qu'ils puissent l'être tous un jour. On s'en convaincra par l'examen qui va suivre, des questions principales que soulève la simple étude de la Bible par la Bible. Le texte exact de certaines dates est irrévocablement perdu; quelques indications sont contradictoires; plusieurs lacunes ne peuvent êire comblées que d'une manière approximative; parfois même on ignore si des faits qui sont racontés les uns après les autres, ont été contemporains ou successifs, et par conséquent si les chiffres qui les déterminent doivent être ajoutés les uns aux autres, ou confondus.
On verra qu'une chronologie exacte de la Bible est une œuvre impossible, la Bible ne nous fournissant pas les éléments nécessaires pour un travail de ce genre; mais on se convaincra aussi qu'il ne faut pas s'exagérer, comme l'ont fait quelques savants, la latitude que la Bible
CHH
laisse sous ce rapport à la science et à l'imagination.
Quand on parle de l'âge du monde, en chronologie, il va sans dire qu'il s'agit, non de l'âge de noire i;lobe et de ses origines, niais de la date de l'apparition de l'homme sur la terre : c'est là la première date à fixer, et si l'on ne le peut d'une manière 1res précise, on arrive du moins à un chiffre approximatif qui n'a rien de commun avec les millions d'années des Indous et des Chinois, ni même avec les 20 ou 30,000 ans de M. de Bunsen.
La science fait remonter â 8,000 ans en arrière l'existence de noire globe sous sa forme actuelle ; on a calculé ce chiffre d'après les deltas des fleuves, les éboulements des montagnes, la marche des cataractes et l'épaisseur moyenne de la couche de terre végétale qui recouvre les différentes roches (p. Cuvier, et Marcel de Serres). Nous ne faisons qu'indiquer ce résultat comme une des données de la science moderne, sans entrer â propos de chronologie biblique dans Une discussion qui relève exclusivement de la géologie. Nous l'indiquons pour écarter d'avance toutes les objections qui pourraient être tirées des systèmes matérialistes relatifs à la haute antiquité de l'homme sur la terre.
Les dix-huit siècles et demi qui se sont écoulés depuis Jésus-Christ jusqu'à nous, étant suffisamment déterminés, nous n'avons donc à nous occuper en détail que de la chronologie de l'A. T., et pour cela nous avons deux voies à suivre, remonter de Jésus-Christ à Adam en comptant les dates que la Bible nous donne, ou bien au contraire faire ce même calcul en commençant par la Genèse et en redescendant le cours des générations. Cette dernière manière est à la lois la plus simple et la plus logique.
Toutefois, avant de commencer ce travail, rappelons que les faits rapportés dans la Bible étant souvent aussi racontés par les écrivains profanes, il faut tenir compte du témoignage de ceux-ci, soit pour rectifier, soit pour confirmer, ou simplement pour établir certaines dates peu claires et certains synchronismes. On doit mentionner spécialement, parmi les juifs Flavius Josèphe, qui dans ses Antiquités Judaïques et dans sa Béponse à Appion, fait preuve d'une connaissance très profonde de l'histoire de sa nation, mais qui se contredit très souvent; — et parmi les auteurs païens, Manétlion, sacrilicateur égyptien dit III" siècle av. C. , dont la chronologie nous a été conservée en partie par Josèphe, par Julius Africanus, et par Eusèbe-, la vieille Chronique égyptienne que le Syncelle, dti VIII* siècle, nous a transmise, mais avec des altérations évidentes ; Eratosthènes, Hérodote, Diodore de Sicile ; les hiéroglyphes déchiffrés par JesCbarapoliion, les inscriptions et les mo-
numents découverts à Ninive et à Babylone, etc.
L'Ecriture sainte nous indique elle-même certaines dates principales, qui sont les divisions naturelles des études sur la chronologie sacrée.
I. La première comprend le temps qui s'est écoulé depuis Adam jusqu'au déluge. — Les généalogies de Gen. 5, auxquelles il faut ajouter Gen. 7, 6. donnent pour cette période, au moyen d'un calcul très simple, le chiffre de 4656 aos. La question serait donc résolue, si les chiffres de nos versions, 'qui sont ceux du texte hébreu, étaient incontestablement les chiffres vrais; mais on sait qu'il n'en est point ainsi. Indépendamment des raisons dogmatiques et nationales qui peuvent avoir, après la naissance de l'Eglise chrétienne, décidé les Juifs à altérer certains chiffres de leurs livres saints, fait qui est supposé par quelques-uns (Dr Michael Russe!, 4837), mais qui n'est pas prouvé, le mode même de leur système de numération pouvait entrainer facilement des erreurs, les lettres dont ils se servaient se confondant les unes avec les autres, les d avec les r, les s avec les v, les h avec les ck, etc. Or, en pareille matière, une erreur ne se constate ni vite, ni facilement : le sens de la phrase rectifie toujours une faute de copie on d'impression, excepté quand il s'agit de chiffres. Les variantes ne sont pas nombreuses dans l'A. T., elles ne sont pas non plus très importantes, mais il suffit qu'il en existe quelques-unes pour que nous soyons appelés à considérer de près les versions les plus anciennes, traduites directement du texte masorètique, les Septante et le Pentateuque samaritain. Ces deux versions ont été faites, la première pour l'usage des Juifs dispersés, et par conséquent ne saurait être suspecte ; la seconde, par les Samaritains, ennemis des Juifs, mais ne saurait non plus être suspecte que là où ses altérations trahiraient une préoccupation dogmatique comme dans U variante relative à Guérizim. Or les chiffres de ces deux documents différent souvent entre eux, comme ils diffèrent du texte hébreu, et laissent une grande marge à la discussion des probabilités. Le texte hébreu donne 4656 ans de la création au déluge, les Septante 224), et le Samaritain 1 307. (Les différences, fort peu importantes quant à la durée de la vie des patriarches portent plutôt sur l'âge auquel ils ont engendré leur lils premier-né). Les Septante comptent donc 586 ans de plus que l'hébreu, et 935 ans de plus que le Samaritain. Deux de ces chiffres sont donc nécessairement altérés, et ce simple fait compromet déjà l'exactitude du troisième : on n'est sûr d'aucun , mais en même temps l'on voit que tous les trois sont compris dans des limites restreintes qui ne permettent pas qu'on s'en écarte considérablement.
CHR
A moins d'imaginer un autre chiffre, et tous les éléments feraient défaut pour cela, on est obligé de prendre un des trois chiffres indiqués, et l'on est d'accord à préférer celui des Septante, non seulement parce que le texte en paraît plus ancien et mieux conservé, mais encore parce que ce chiffre plus élevé correspond mieux, soit aux données générales de Josèphe, soit aux nécessités de la science, de l'archéologie et de la géologie. 11 ne faut pas attacher une grande importance au texte samaritain, dont l àbtorilé a été longtemps surfaite ; Hengstenberg a prouvé qu'il dépendait des Septante (Auth. du Pent., 1, 32. sq.), et ce n'est que lorsqu'il est d'accord avec le grec contre l'hébreu, que son témoignage a une valeur significative. La plupart des auteurs qui se sont occupés de chronologie sont donc d'accord a donner la préférence aux chiffres des Septante , depuis le père Pezron, Baronius, Voss et Tournemine, jusqu'au Dr Haies, Jean de Muller, Champollion-Figeac , jusqu'à MM. Coquerel, de Brotonne, Forlia d'Urban, Archinard, William Smith, Kilto (?), Herzog, etc.
D'accord avec eux, nous compterons donc
d'Adam au déluge 2242 ans;
en y ajoutant l'année du déluge. . 2243
II. Du déluge à la naissance d'Abraham, uous devons trouver de la place pour les migrations des peuples, pour la tour de Babel, pour la formation du royaume d'Assur, pour les premières d>naslies des Pharaons en Egypte. Quelle que fût la fécondité de la race humaine, la vie des hommes était déjà abrégée, quoiqu'elle ne déclinât encore que progressivement. Il faut donc, admettre qu'un certain temps fut nécessaire pour que la terre se peuplât de nouveau. Or, pour ce laps de temps, le texte hébreu ne compte que 292 ans; les Seplanle et le Samaritain comptent 942 ans. Outre l'accord de ces deux témoignages, le chiffre qu'ils donnent a quelque chose de beaucoup plus naturel : 942 pour dix générations, c'est-à-dire 90 ans pour une génération, c'est déjà moins que la moyenne de l'âge patriarcal, mais ce n'est pas encore la vie réduite, qui viendra plus lard ; c'est une transition ; tandis que le chiffre hébreu 292 donnerait pour la moyenne de la vie humaine 29 ans, un chiffre plus faible que la moyenne actuelle. — Cette période soulève deux difficultés : l'une résulte de ce que le texte grec intercale entre Arpbaxad et Sélah, un Caïnan, qui a passé de là dans l'évangile de suint Luc. sans qu'on puisse s'expliquer son origine; il faudrait dans ce cas ajouter encore UOansau chiffre donné par les Septante ; mais tous les cbroiiologistes, même ceux qui admettent le texte des Seplanle, sont d'accord, y compris Josèphe et Eusèbe. à rejeter comme
inauthenrique la mention de Caïuan et chiffre. La seconde difficulté vient de ce que les Actes font partir Abraham de Caran après la mort de Taré (7, 4.), tandis que d'après la Genèse, Abraham, né l'an 70 de Taré, serait parti à l'âge de 75 ans, lorsque son père avait 4 45 ans, et par conséquent 60 ans avant la mort de celui-ci qui atteignit l'âge de 205 ans. C'est une difficulté insoluble, mais qui n'affecte pas les données générales de la chronologie de cette époque. Nous compterons donc du déluge
à la naissance d'Abraham 942 ans;
et depuis la création 3485
III. De la naissance d'Abraham à la sortie d'Egypte sous Moïse. Celte période se décompose de la manière suivante :
4° De la naissance d'Abraham à celle d'Isaac 4 00 ans ;
2° Jusqu'à celle de Jacob. . . 60
3° Jusqu'à l'arrivée de Jacob en Egypte 430
Total. . . . 290 ans.
(Cf. Gen. 24, 5. 25, 26. 47. 9.) Puis vient le séjour d'Egypte , qui se compose de deux termes connus et d'un inconnu : 4° Joseph, âgé de 40 ans à l'arrivée de Jacob, meurt à l'âge de 110 ans; il demeure donc en Egypte depuis l'arrivée de son père
70 ans;
5° Temps compris entre la mort de Joseph et la naissance de Moïse. . (?)
6° Depuis la naissance de Moïse jusqu'à la sortie d'Egypte 80
Total. . . . 450 ans.
Celte période se compose donc de 290 + 450 ans = 440 ans, plus un chiffre indéterminé ; or ce chiffre ne peut pas être fixé d'une manière absolument certaine ; on peut avoir des préférences, mais il est impossible d'arriver a une certitude. Nous sommes en présence de quatre textes de la Bible qui, dans l'état actuel de nos connaissances, non-seulement ne se laissent pas concilier, mais encore semblent tour à tour être les uns et les autres décisifs, et trancher la question.
Pour en comprendre la portée, il faut remarquer que la période dont il s'agit ici, peut encore se subdiviser d'une autre manière :
A. De la naissance d'Abraham à sa vocation, 75 ans.
B. De sa vocation à la loi de Sinaï, qui suivit de près la sortie d'Egypie.
Or voici les quatre passages :
4° Gen. 15, 13. 46. et
2°, Ut. 7, G. Le second ne fait que conlirmer le premier en le répétant : <> Dieu annonce ù Abraham que sa postérité habitera 400 ans comme étrangère dans un pays qui ne lui ap-
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partiendra point, et qu'elle sera asservie aux habitants du pays et maltraitée... En la quatrième génération ils retourneront Ici. » A la rigueur ces paroles peuvent signilier : Tu auras une postérité, mais à dater d'aujourd'hui, ou bien à dater de la naissance de ton flls, et pendant quatre siècles, elle n'aura pas de demeure fixe; elle sera étrangère partout où elle habitera, d'abord en Canaan, puis en Egypte, et dans ce dernier pays elle finira par être réduite en servitude et maltraitée. Dans ce cas, on devrait compter de la naissance d'Abraham jusqu'à l'Exode, 475, ou environ 500 ans si l'on fait partir de la naissance d'Isaac les 400 ans de l'oracle. Quant aux quatre générations elles signifient quatre siècles, comme dans beaucoup d'autres passages; en tout cas, ce mot ne saurait signifier une génération dans le sens vulgaire du mol ; quelque système que l'on adopte, il y aurait toujours trop ou trop peu.
3° Ex. 42, 40. «La demeure que les enfants d'Israël avaient faite en Egypte, était de 430 ans ; » et au verset suivant, il répète : « Il arriva donc au bout de 430 ans, etc. » Voilà un texte précis, historique, intentionnel, deux fois répété, sauvegardé par là contre les erreurs des copistes. C'est Moïse lui-même qui assigne ce chiffre de 430 ans au séjour des Israélites en Egypte. Pour que la question ne soit pas tranchée, il faut donc qu'il y ait contre ce chiffre de bien graves objections. On fait valoir d'abord le texte de ce même passage, tel qu'il se trouve dans les Septante et dans le Samaritain : « Le séjour que les enfants d'Israël tirent dans le pays d'Egypte et dans le pays de Canaan, eux et leurs pères, fut de 430 ans. » Et si l'on se rappelle comment les chiffres de l'hébreu ont pu être altérés, on ne peut refuser d'accorder à cette variante une certaine importance. Puis à ce texte précis, on oppose le texte également précis de saint Paul, qui forme le quatrième passage à considérer.
4° Gai. 3, 4 6. 17. « Les promesses ont été faites à Abraham..., la loi qui est venue 430 ans après... » Nous avons donc ici la loi du Sinaï, promulguée 430 ans après l'alliance de Dieu avec Abraham, c'est-à-dire après la promesse, donc 50b ans après la naissance d'Abraham. Nous rentrerions ainsi dans les limites des passages 4° et 2°, et le temps compris entre la naissance d'Abraham et l'Exode se répartirait des trois manières suivantes :
De la naissance d'Abraham à la naissance
d'Isaac 100 ans;
A la naissance de Jacob 60
A l'arrivée de Jacob en Egypte. . 430 Séjour d'Egypte 215
Total. ... 505 ans.
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Ou bien :
De la naissance d'Abraham à l'arrivée de Jacob en Egypte 290 ans;
Joseph meurt au bout de 70
Entre la mort de Joseph et la
naissance de Moïse 65
De la naissance de Moïse jusqu'à l'Exode 80
Total. ... 505 ans.
Ou bien encore :
De la naissance d'Abraham jusqu'à
sa vocation 75 ans;
De là jusqu'à la loi (Gai. 3, 1 7). . 430
Total. ... 505 ans Ce chiffre serait justifié par trois passages, et fixerait à 215 ans la durée du séjour des Israélites en Egypte, depuis l'arrivée de Jacob jusqu'à l'Exode. Mais comme on l'a vu, il est combattu par un passage très-précis, et quoique la variante des Septante mérite d'être prise en considération, l'incertitude demeure; et l'on doit chercher ailleurs de nouvelles indications. L'historien Josèphe nous en fournit trois : 1) Contra App., I, 33., il dit que Joseph mourut 170 avant Moïse, par conséquent 50 ans avant la naissance de Moïse ; ce chiffre se rapproche de celui que nous avons admis, il lui est même inférieur de 15 ans. 2) Antiq.jud., II, 45. « Les Israélites sortirent d'Egypte 430 ans après que notre père Abraham fût venu dans la terre de Canaan, et 215 ans après que Jacob fût venu en Egypte. » Ce sont les chiffres que nous avons admis. 3) Antiq. jud., VIII, 3., il compte 1020 ans entre le départ d'Abraham pour Canaan et la fondation du temple de Salomon, et 592 ans entre la sortie d'Egypte et la fondation du temple, ce qui porte à 428 ans (au lieu de 430 que nous avons) la période comprise entre la vocation d'Abraham et l'Exode. Or en matière de chiffres, et quand il ne se contredit pas ailleurs, Josèphe est une autorité. Il confirme le chiffre de 215 ans pour le séjour d'Egypte proprement dit, et de 430 ans pour le temps qui s'est écoulé entre la vocation d'Abraham et l'Exode.
On objecte que cet intervalle est trop court pour que les 70 personnes qui descendirent en Egypte avec Jacob, Gen. 46, 26. (75 d'après Act. 7, 4 4.), aient pu fournir, au bout de 24 5 ans, 600,000 hommes en état de porter les armes, Ex. 42, 37. 38. Mais d'abord les 70 personnes mentionnées sont presque toutes les fils et les petils-lils de Jacob ; ils sont mariés, et leurs femmes ne sont pas comprises dans le dénombrement : ce sont des couples, ce qui augmente le chiffre de la famille. Puis les serviteurs mâles circoncis, qui devaient être nombreux, et qui accompagnaient souvent les patriarches et leur
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bétail, cf. Gen. 17, 13. doivent être ajoutés, avec leurs familles, au chiffre de 70. La fécondité orientale était grande; elle est relevée Ex. 1, 7. 12, 37. Gen. 47, 27. Act. 7, 17. Et si l'on prend le chiffre 12 comme moyenne du nombre d'enfants dans les familles issues de Jacob, en supposant qu'ils se soient mariés à 25, 30 ou même 35 ans, il suffira de multiplier 12 cinq fuis de suite par lui-même pour arriver au chiffre de trois millions. On objecte encore le nombre de générations qui se seraient succédé de Jacob à l'Exode , deux entre Lévi et Moïse, Ex. 6, 18., deux entre Ruben et Dalhan, Nomb. 16, 1. 26, 5. 8. 9., mais cinq entre Joseph et les filles de Tselophcad, par Manassé, Jos. 47, 1-3; neuf entre Joseph et Josué, par Ep tirai m , Nomb. 4,10., etc., Or ces dernières, qui sont la limite extrême, supposeraient que la moyenne des mariages aurait eu lieu à 23 ans, ce qui n'a rien d'improbable. Ainsi l'objection tombe. On pourrait d'ailleurs la relever en sens inverse, contre une plus longue durée du séjour d'Egypte, en insistant sur le fait de certaines listes généalogiques trop courtes, et qui nécessiteraient l'hypothèse de mariages à 80 ou à 100 ans. Enfin si la chronologie et l'histoire des dynasties égyptiennes étaient mieux connues, on pourrait les utiliser avantageusement; il faudrait pour cela savoir sous quel roi les enfants d'Israël descendirent en Egypte, et sous quel roi eut lieu la sortie; mais les incertitudes abondent, et les synchronismes ne sont rien moins que sûrs. Trois opinions très tranchées sont en présence quant au gouvernement de Joseph et à l'arrivée de Jacob en Egypte. Les uns, avec Eusèbe et le Syncelle, placent ces événements sous la dynastie des Hycsos ou rois pasteurs (Heeren, >Viner, Ewald, Bunsen, Coquerel), mais celle dynastie a duré plus de 190 ans, et les défenseurs de cette opinion sont partagés entre les différents rois qui se succédèrent depuis Apophis I, quoique ce monarque soit plus généralement regardé comme celui que servit Joseph (le Syncelle, Eusèbe, Herzog). Les autres, s'autorisant de Manélbon (Bengel, Hengstenberg, Hofmann, Delilsch), et s'appuyant de Gen. 42, 6. où Joseph est appelé gouverneur ou commandant, en hébreu shallit (salatis), font de Joseph lui-même le chef de la 3e dynastie des Hycsos, la 17* des Egyptiens, qui compta six rois, Salatis, Bceon, Apacbnas, Apophis, Janias et Assis. D'autres enfin pensent que les Hébreux n'eurent aucuns rapports avec les Hycsos, parce que selon les uns (Scaliger, Usserius, Marsbam, Archinard), les Hycsos auraient été expulsés d'Egypte, déjà du temps d'Abraham; parce que, suivant les autres (Des Vignoles, Rosenmuller, Letronne) les Hycsos ne seraient arrivés en
Egypte qu'après la mort de Joseph. Lepsius fait vivre loseph 200 ans après l'expulsion des Hycsos, sous un Sèsoslris qu'il identifie avec Sélhos I, 1445 av. C, et Letronne identifie ce même Sésostris avec Misphragmoulbosis ou Miphra-Tboutmosis, ou encore Aménophis I, 6e roi de la 18« dynastie, 1723 avant C. Mêmes incertitudes sur la personne du Pharaon qui présida à la sortie d'Egypte. En voilà bien assez pour prouver que si la question n'est pas insoluble, elle n'est du moins pas résolue ; en attendant des lumières nouvelles, et s'il faut se décider entre les deux dates que nous avons indiquées, il semble que les présomptions soient en faveur du chiffre de 21 5 ans pour le séjour en Egypte, et nous compterons, de la naissance d'Abraham à la promulgation de la loi. 505 ans; soit, depuis la création jusqu'à la
sortie d'Egypte 3690 ans.
IV. Depuis la sortie d'Egypte jusqu'à la fondation du temple de Salomon, nous compterons G49 ans, quoique 1 R. 6, 1. semble indiquer 480 ans. Celle période se compose de quelques dales précises, de plusieurs dates incertaines, et de trois dates empruntées à Josèpbe parce que la Bible ne les donne pas, savoir la durée du gouvernement de Josué 25 ans, le gouvernement des anciens 48 ans, et celui de Samuel 12 ans. En acceptant ces irois dates, faute de mieux, nous avons pour cette époque les chiffres suivants qui sont hors de discus-
sion.
Le voyage du désert 40 ans;
Gouvernement de Josué 25
— des anciens 18
L'époque des Juges (?)
Déli, 1 Sam. 4, 18 40
Interrègne, 1 Sam. 7, 2 20
Gouvernement de Samuel 12
Règne de Saùl 40
— de David 40
— Salomon jusqu'au temple. . i
Total 239 ans.
Pour avoir le chiffre de l'époque entière, il ne manque donc plus que celui de l'époque des Juges. Si le chiffre de 480 ans, donné 1 R. 6, 1. était exact, nous n'aurions qu'à en retrancher ces 239 ans, et nous aurions pour le temps des Juges 241 ans, c'est à peu près le chiffre admis par M. Archinard : il compte pour celte période 334 ans, en y comprenant les 72 ans d'Héli, de l'interrègne et de Samuel, soit 259 pour l'époque des Juges seulement : ce sont aussi les chiffres de Hillel, Ussérius, Pélau, etc. Pour cette même époque des Juges, Des Vignoles, Michaelis, et M. Coquerel comptent 410 ans, c'est-à-dire le total obtenu par les différents chiffres donnés par le livre des Ju-
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ges; ils regardent comme successifs les divers gouvernements et les diverses servitudes indiquées depuis Cusan jusqu'à Samson, 3, 8. à 16, 34. Ce chiffre ne concorde pas avec celui des Rois cité plus haut, et l'on a fait des efforts de tous genres pour le réduire, soit en regardant comme simultanées des administrations qui semblent indiquées comme successives {p. ex. Samgar et Débora), soit en confondant la durée des servitudes avec celle du gouvernement du Juge qui a précédé ou suivi (p. ex. Ebud et l'oppression de Jabin; l'oppression des Philistins et les judicatures de Jephté, Ibtsan, Elon, Habdon et Samson). Ceux mêmes qui font ces calculs les regardent comme arbitraires ; ce sont de simples essais que le chiffre indiqué dans les Rois semble seul justifier. Mais ce chiffre lui-même est sujet à caution ; au lieu de 480, les Septante ont 440, et Josèphe n'a ni l'un ni l'autre; il dit tour à tour 592, 612 et 632, de sorte qu'il augmente la confusion au lieu de la diminuer. — Un mot de Jephté, Jug. 14, 26., a quelque chose de sommaire et d'approximatif qui ne permet pas de l'employer d'une manière absolue; il dit au chef hammonite que les tribus sont établies dans le pays depuis 300 ans : c'est 50 ans de plus que M. Archinard, 62 ans de plus que M. Coquerel : dans l'un comme dans l'autre eus on est donc forcé d'y voir soit un nombre rond, soit un chiffre inexact. — Enfin, Acl. 4 3, 48-20., Paul compte 530 ans de la sortie d'Egypte à la fin du règne de Saûl; en y ajoutant 40 années de David, et 4 de Salomon, cela donne 574 ans de l'Exode à la fondation du temple. — Nous avons ainsi pour une même époque trois dates différentes, appuyées chacune d'un passage biblique : cela suffit à prouver, soit pour les chiffres une altération du texte, soit une erreur de calcul ou de mémoire chez les écrivains qui les ont cités, en toutcasle peu de prix que la Bible attache à ces questions chronologiques, et l'impossibilité actuelle d'en résoudre toutes les difficultés. La succession des grands prêtres de oetie période, depuis Aaron jusqu'à Abiathar, a été consultée dans ses deux branches, mais elle ne donne aucune lumière. On en est donc réduit à de simples préférences, et ce qui nous fait nous décider ici pour le chiffre le plus élevé, c'est qu'il accepte simplement les chiffres successifs du livre des Juges, sans recourir aux procédés arbitraires et parfois violents, au moyen desquels on doit s'efforcer de les enchâsser les uns dans les autres. Nous comptons ainsi :
De l'Exode à la fondation du T. . 649 ans;
et depuis la création 4339
Y. De la fondation du temple à sa destruction. — Ici les divergences chronologiques ne
se mesurent plus par siècles, mais par dizaines d'années seulement. Pour cette époque nous trouvons en effet les chiffres suivants : Haies 441 ans; Archinard 433; Jackson 428 ; Smith 425; Ussërius 424; Pétau 423; Bunsen 418; Coquerel 41b. Les dates les plus importantes sont données et reproduites plus d'une fois et sous diverses formes, soit à propos de l'âge des rois à l'époque de leur avènement, soil à propos de leur âge à leur mort, soit dans les comparaisons qui sont faites des règnes d'Israël et de Juda. Les seules sources d'erreur ou d'incertitude sont dans les variantes qui existent entre les Chroniques et les Rois, et dans les détails résultant de la fin d'un règne se confondant pour l'année avec le commencement du règne suivant (t\ Israël). En additionnant les chiffres indiqués pour le royaume de Juda, on trouve 393 ans et 6 mois, mais comme déjà pour la période correspondante aux règnes d'Israël on trouve que ce chiffre est de 19 ans trop élevé, les chronologistes sont d'accord a le réduire de quelques années, les uns plus, les autres un peu moins; on est forcément dans l'arbitraire. Le chiffre 384 ou 385 est une moyenne ; il ne se recommande qu'à ce titre qui est loin d'être une garantie; nuus l'admettons cependant, et en y ajoutant les 36 dernières années de Salomon, nous avons de la fondation du temple jusqu'à sa destruction. 420 ans:
et depuis la création 4759
VI. La captivité de Babylone. Si la captivité a duré soixante et dix ans, suivant l'oracle de Jér. 25, 41. 42., il semble qu'il ne doive rien y avoir de plus facile que d'en déterminer et le commencement et la fin. Cependant des difficultés de toute nature divisent à cette occasion les chronologistes, depuis les rabbins contemporains du siècle apostolique, depuis les Pères de l'Eglise, jusqu'aux savants modernes. Les opinions extrêmes, généralement abandonnées aujourd'hui, font dater la captivité, l'une de la 43« année de Josias, c'est trop tôt; l'autre, de la 23° année de Nébueadnetsar-, c'est évidemment trop tard. Trois autres opinions intermédiaires sont encore en présence. 4° Les uns llxent le commencement de la captivité à l'an 3 de Jéhojakim : c'est le système d'Ussérius et de la chronologie vulgaire. 2° D'autres le fixent a la chute de Jéchonias, 8 ans plus lard; c'est l'opinion de M. Archinard. 3° D'autres eulln le placent à la fin du règne de Sédécias; c'est la date que nous avons admise au n° précèdent; elle nous paraît se justifier par les oracles même de Jérémle qui, sous Jéchonias, ne paraît pas regarder la ruine de sa nation comme complète, 4,3. 43, 49. 25, 8. 52, 27.; cf. 2 R. *8,U; Jusqu'à ce moment, eu effet, Juda a conservé son roi, son gouvernement, son culte et son
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temple. Ce n'est que de ce moment que la terre de Judée commence à se reposer pour accomplir les 70 années, 2 Chr. 36, 24. Si des préoccupations chronologiques ne rendaient pas nécessaire une autre date, il est plus que probable que les autres systèmes indiqués n'auraient point de partisans, tant la lin du règne de Sédècias apparaît naturellement comme le commencement de la captivité.
Mais une fois ce point acquis, la question reste encore entière : en quelle année faut-il en placer la fin P Le chiffre 70 est-il absolu, comme cela semble ressortir de Dan. 9, 2.? ou bien< est-ce un chiffre général et approximatif qui dé-' signe une longue période, sans que l'on doive s'arrêter au chiffre exact, de même qu'on dit la guerre de trente ans, la guerre de cent ans pour déterminer des longueurs relatives et non rigoureusement exactes? Dans des limites très restreintes, cette dernière manière est la vraie, car dans un sens la captivité a duré beaucoup plus de 70 ans, dans un autre elle a duré moins (t\ mon Epoq. des Maccab., ch. I). Ceux qui tiennent au chiffre exact, plaçant la fin de la captivité 70 ans après l'époque ou ils en ont fixé le commencement, adoptent naturellement des époques différentes; les uns la mettent l'an 3 de Cyrus, les autres l'an 2 de Camb>se, les autres enfin l'an 6 de Darius fils d'Bystaspe. Entre ces trois dates, il en est une qui se recommande de toutes manières, c'est celle du décret de Cyrus: elle est annoncée par Esaïe 44, 28., elle finit l'histoire des Chroniques, elle commence le livre d'Esdras. Ce décret est la vraie date de la restauration d'Israël comme nation, et du relèvement du temple. Ici encore il n'y aurait point d'hésitation, si les préoccupations chronologiques ou tbéologiques ne semblaient rendre nécessaire un plus long intervalle. Entre la mort de Sédécias et la première année du règne de Cyrus, il n'y a en effet que 49 ans, et non 70 : ce chiffre est une date acquise. On est libre, pour trouver les 70 ans, de faire commencer la captivité avant Sédécias, ou de la faire finir après Cyrus. mais entre ces deux noms qui nous semblent les deux termes marquants de celte importante époque, il ne s'est écoulé
que 49 ans.
Ce sera donc l'an du monde. . 4808 VII. Du retour de l'exil au commencement de l'ère chrétienne, la chronologie vulgaire compte environ 537 ans, et les chronologistcs sont d'accord sur ce chiffre à deux ou trois années près (Arcbinard, 532). La Bible ne renferme pour ainsi dire aucune date sur cette période ; après Esdras, Nehèmie, Ester, c'est-àdire après Artaxerce Longue-Main, contemporain des deux premiers, et Xercès, époux de la dernière, c'est à l'histoire profane qu'il faut
recourir pour les dates de l'intervalle compris entre les deux Testaments; mais, quoi qu'il puisse paraître d'abord, les difficultés ne sont pas levées par cette circonstance, les rois de Perse et de Médie ne portant pas dans la Bible les mêmes noms que dans Hérodote ou Xénophon, les Darius, les Assuérus et les Artaxerce se confondant les uns avec les autres pour les interprètes, et les historiens profanes ne donnant aucun synchronisme, ne fournissantaucune trace des rapports que ces rois peuvent avoir eus avec le peuple juif, avec Esdras, Néhémie ou Ester. Voici, du reste, telle qu'elle est généralement admise, la liste des principaux souverains de cette époque, avec les noms qui nous paraissent être ceux que la Bible leur donne ; on trouvera les détails à leurs articles respectifs.
Cyaxare I (615-595), roi des Mèdes et des Perses: la chute de Jérusalem eut lieu pendant son règne. 596, mais sous les coups du roi de Babylone; — Astyage son fils (595-560), détrôné par Cyrus, suivant Hérodote; peut-être l'Assuérus de Dan. 9, 1 . — Cyaxare II (560-536) tils d'Astyage, et oncle de Cyrus ; appelé Darius le Mède dans Daniel, 5, 3i. — Cyrus, né en 599, mort vers 530: roi des Mèdes en 560, il prend Babylone en 538 pour le compte de sou oncle, et lui succède en 536 comme roi des Perses et des Mèdes. — Cambysc, fils de Cyrus (529-552), l'Assuérus de Esd. 4,6. — le faux Smerdis, 522, l' Artaxerce de Esd. 4, 7. — Darius, fils d'Hystaspe (521 à 485) , le vaincu de Marathon (490), le Darius de Esd. 6. — Xercès (485-472), l'Assuérus d'Ester. — Son Ills Artaxerce Longue-Main (471-424), le protecteur de Méhémie. — Xercès II, son fils (424), non mentionné dans la Bible. — Darius Ochus (423-404), Néh. 42, 22.—- Artaxerce II, Mnémon (404-362), lils du précédent, qui contraignit les t 0,000 Grecs à faire leur immortelle retraite; quelques uns le font mari d'Ester. — Artaxerce III, Ochus (350-333). — Darius III (335-330) le vaincu d'Arbéles, non mentionné dans la Bible. — Alexandre le Grand, qui vécut de 356-323, — et enfin , après un long intervalle, Antlochus Epiphanes (174-164) que nous mentionnons à cause de l'importance de ses rapports avec les Juifs. Telles sont les principales dates de l'histoire de celte époque, mats, on le voit, ce n'est plus de la chronologie biblique. La seule apparence de date que l'on pourrait rencontrer encore dans l'A. T., serait l'oracle de Daniel relatif aux 70 semaines, si l'on devait donner aux chiiires d'une prophétie, à des chiffres surtout qui portent en eux-mêmes l'indication d'une donnée vague et indéterminée, une autorité absolue en matière chronologique; (on peut voir Gen. 4, 84. Mattb. 48, M. et ailleurs, le sens général
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