‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 86 sur 398 · CIN · texte numérisé non relu

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allemands et anglais storch et stork ne viendraienl-ils pas du grec sripiT) affection?) — Quelques auteurs cependant pensent qu'au lieu de la cigogne il faut entendre le héron (Dahler, Winer, etc.).

La cigogne est un oiseau de passage assez commun dans nos climats, et même à des latitude plus élevées; on sait qu'elle aime à construire son nid sur les toits près'des cheminées, ou sur les églises, et que les habitants des campagnes, en Allemagne et en Hollande, se regardent comme honorés et protégés par la présence de cet animal moitié sauvage, moitié domestique. Dans l'Orient où les maisons sont plaies, et où les toits sont souvent habités, les cigognes ont plus de difficulté pour s'y établir, et gitent volontiers sur des arbres hauts et élevés, les pins, les sapins, les cyprès. Le prophète Jérémie en appelle à l'instinct de cet animal, peu doué sous le rapport de l'intelligence, et qui cependant sait distinguer les saisons et leur retour, pour reprocher aux Juifs l'endurcissement de leur r.œur, et leur peu d'intelligence pour les choses divines, Jér. I.c, cf. Es. 1, 3.

CILICIE, Act. 45, 23. 41. 27, 5. Gai. 4, 31., province sud-est de l'Asie Mineure, séparée de la Syrie par les monts Amanus, mais souvent nommée à côlé de cette dernière, avec laquelle elle se trouvait en fréquents rapports de voisinage; elle était entourée à l'ouest et au nord par le mont Taurus comme d'une ceinture, et communiquait par des défilés avec lisaurie, la Pisidie, et la Paphlagonie. La partie orientale de cette province se composait de plaines fertiles et riches en vignobles; à l'ouest, au contraire, le terrain était plus montagneux, et les belles chèvres de la Cilicie, déjà distinguées par Aristote, y trouvaient de féconds pâturages. Les premiers habitants de celte contrée furent des Syriens et des Phéniciens, mais au temps d'Alexandre, il s'y établit des colonies grecques et macédoniennes. D'abord sou6 le joug des Séleucides, la Cilicie passa au pouvoir de l'Arménie, et finit par devenir sous Pompée une province romaine; mais les habitants des montagnes restèrent toujours indépendants, et ne relevant que de leurs chefs particuliers. Il se trouvait aussi des Juifs établis dans cette contrée, Act. 6, 9. La ville principale était Tarse, patrie de saint Paul.

CIMETIÈRE. Institution longtemps inconnue aux Orientaux, et qui parait l'avoir été de même aux Hébreux. Cependant à mesure que la population s'accrut et s'aggloméra dans des villes, la nécessité se fit sentir de pourvoir d'une manière régulière et générale à l'inhumation des habitants; les cimetières furent établis hors des villes, et même à une certaine distance, à 2,000 coudées pour les villes léviliques, soit daus un

intérêt de salubrité, soit à cause de la souillure cérémonielle que créait le voisinage des cadavres. Il était défendu d'enterrer les morts dans les villes, et il n'y eut d'exception que pour Jérusalem , et en faveur des membres de la famille royale, ou d'autres personnages distingués, 4 R. 2, 10. 2 R. 14, 20. Outre les cimetières publics, il y avait encore à Jérusalem un cimetière spécial pour les étrangers. Ces jardins des morts ressemblaient selon toute apparence à ce que sont encore aujourd'hui les cimetières de l'Orient. — v. Sépulture, TomhtMiix etc.

CINNAMOME, Ex. 30, 23. Cant. 4, 44., substance qui entrait dans la composition de l'Luile sainte pour le service du tabernacle. Selon toute apparence, c'est une espèce de cannelle. Quelques auteurs veulent faire de la casse, du cinnamome et de la cannelle, trois plantes ou arbrisseaux différents; mais le plus probable est que les Hébreux désignaient par ces différents noms trois nuances ou familles différentes d'une même espère d'arbre, dont le cinnamome aurait été la plus rare et la plus précieuse, et la casse, la moins fine et la moins eslimée. Le cannclier, ou laurus cinnamomum de Linnèe (Monogynie, 9e classe) est un arbrisseau qui, près des côtes, atteint déjà une hauteur de 8 à 9 m. , avec une circonférence de 4 m. environ, mais qui dans les forêts et dans un terrain favorable s'élève beaucoup plus haut, et prend plus de consistance. Ses nombreux rameaux sont ornés de feuilles semblables à celles du laurier, longues de 15 à 20 centim., d'un vert éclatant; de jolies fleurs blanches, mais peu odoriférantes, se forment au mois d'avril, en baies ù noyaux , dans le genre des grains de genièvre. Le tronc et les branches âgées de trois ans au moins, sont également recouverts d'une double écorce dont la plus extérieure, grisâtre, est presque sans odeur, tandis que l'autre, longue, mince, roulée et d'un rouge brun, donne, après avoir été séparée de l'aubier et séchée au soleil, la cannelle proprement dite dont on connaît le goût piquant, aromatique, et si agréable. Les marchands orientaux en faisaient un grand commerce, Apoc. 18, 13.. et les hommes riches qui s'en servaient soit comme assaisonnement , soit en guise de parfums, allaient jusqu'à en bassiner leurs divans et leurs lits de repos, Prov. 7, 17.

Le cinnamome dont il est parlé dans les livres saints se tirait probablement de l'Arabie ou de l'Ethiopie ; on en trouvait aussi dans l'île de Ceylan une espèce très estimée, v. Casse. Outre ces différentes espèces, on connaît encore la cannelle giroffiée de Madagascar, la cannelle blanche qui croit en Amérique , à la Jamaïque et à Saint-Domingue, enfin l'écorce d'un arbre

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nommé kaloukarva sur les côtes du Malabar.

CIRCONCISION. Cérémonie religieuse qui consistait à couper le prépuce à tous les enfants mâles. Dieu lui-même ordonna à Abraham de faire subir cette opération à tous les mâles de sa famille; il en fit même une loi pour tous ses descendants, et la circoncision devint la marque dislinctive du peuple de Dieu , le signe de l'alliance, le symbole des rapports intérieurs et extérieurs établis entre Dieu et les Juifs. Le nom de circoncis ou de circoncision fut dès lors employé pour désigner le peuple de Dieu, la nation sainte, tandis que les Juifs appliquèrent aux infidèles le nom d'incirconcis, pour rappeler qu'ils ne portaient point en leur corps le signe glorieux de l'adoption divine qui était le privilège de leur nation seule.

Quelque respect que l'on doive avoir pour le témoignage d'Hérodote, et quelque haute antir quité que l'on puisse accorder, d'après cet historien, à la pratique de cette cérémonie chez les Syriens, chez les Phéniciens, chez les Ethiopiens, et surtout chez les Egyptiens; quel que puisse être eu outre l'accord d'un certain nombre de théologiens (Celse, Julien l'Apostat, Micnaelis, Bauer, Winer, Ccllérier fils), et tout en admettant, avec Haevernick (Einleitung, p. 320) que les Egyptiens, surtout dans la caste sacerdotale, connurent de bonne heure la circoncision, il nous est impossible d'admettre non -seulement ce que prétend Winer, qu'Abraham et Moïse aient emprunté cette coutume aux Egyptiens, mais même ce qu'affirme Cellérier, que la circoncision fût déjà connue sur la terre à l'époque où l'Eternel l'imposa à son peuple, comme marque particulière et dislinctive. « L'Ecriture, dit Calmet, nous parle de l'institution de la circoncision d'Abraham comme d'une chose toute nouvelle. Elle nous dit que c'est le sceau de l'alliance que Dieu fait avec ce patriarche. » Et comment la circoncision auraitelle été un caractère qui distinguât Ahraham et sa race du reste des peuples, si elle eût été commune aux Egyptiens et aux Ethiopiens, aux Phéniciens et â tant d'autres peuples qui l'ont pratiquée autrefois? — On comprend que les Arabes, les Sarrasins, les Ismaélites, tous issus d'Abraham et jaloux sans doute de la prospérité qui semblait s'attacher â la branche d'Isaac, aient adopté par esprit d'imitation, par une fausse dévotion, ou par un faux calcul d'intérêt, une cérémonie matérielle qui ne leur devait apporter aucune des bénédictions divines dont elle était le garant, mais quia pu non-seulement ne pas leur nuire , mais même avoir pour eux quelqu'un de ces avantages charnels qui la font encore estimer en Orient, et qui furent probablement aussi présents à l'esprit du divin Législateur qui l'établit. Les Samaritains s'y sou-

mirent en acceptant le joug de la loi mosaïque, et c'est d'eux sans doute que veut parler Hérodote lorsqu'il mentionne les Phéniciens comme se faisant circoncire, car cette dernière petite uation que l'on pouvait facilement confondre avec quelqu'une de celles qui l'entouraient, ne parait pas avoir jamais connu cet usage. Les Edomites, quoique descendants d'Abraham, ne reçurent la circoncision que lorsque vaincus par Jean Hyrcan, ils reçurent en même temps la loi de Moïse. Quant aux Egyptiens, nous l'avons dit déjà, la circoncision leur fut connue de bonne heure, mais elle ne fut jamais chez eux d'un usage général et indispensable ; les prêtres seuls y étaient obligés. Quelques-uns (Cellérier) répugnent ù croire que les Egyptiens aient emprunté une cérémonie aussi importante au peuple pauvre et méprisé qui lui construisait ses pyramides, ses palais et ses temples ; mais l'on sait que souvent le vainqueur emprunte au vaincu ses mystères comme sa langue ; et d'ailleurs, si l'on ne veut pas admettre cette supposition, rien n'empêche de penser avec Bochart que c'est des Arabes que les Egyptiens ont reçu la circoncision. — De nos jours encore celte coutume est généralement répandue dans presque tous les pays chauds, et sans faire une longue énumération des rapports des voyageurs modernes, nous nous bornerons à mentionner les divers faits suivants auxquels on pourrait aisément en joindre beaucoup d'autres. La circoncision est en usage dans tous les pays musulmans. Les nègres mahométans de l'intérieur de la Guinée la pratiquent vers l'âge de quatorze ou quinze ans, dans un jour solennel où sont appelés comme à une revue tous les jeunes gens qui doivent la subir. Chez les Galles, voisins de l'Abyssinie , on ne circoncit que les hommes faits. A Madagascar, la solennité de la circoncision est (ou était) la plus grande fête de toute l'Ile, accompagnée de sacrifices, d'abstinences, de jeux, de combats, de jeûnes et de processions. A Socotora, un natif que l'on aurait trouvé incirconcis eût été condamné à avoir les doigts coupés. Les Abyssins, bien qu'ils soient depuis des siècles passés à un christianisme qui depuis longtemps n'existe plus guère qu'à l'éiat de mort, ont conservé la circoncision, soit comme ancienne coutume, soit comme précaution hygiénique. Les filles sont en diverses contrées circoncises comme les hommes, en Abyssinie, dans le royaume de Bénin, en Guinée, dans le Pégu, au delà du Gange, chez les Cophtes et chez les Hottentots. Il serait trop long de raconter en détail, ou même en abrégé, tout ce que font encore tant d'autres peuples païens, blancs, rouges ou noirs, habitants des Philippines ou du Mexique, sauvages ou demicivilisès; on aurait peine â croire en combien

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de façons ils ont modifié l'institution primitive donnée aux Hébreux; mais la contrefaçon des choses saintes n'est jamais chose sainte.

C'est le huitième jour après leur naissance que devaient être circoncis les descendants d'Abraham, Gen. 21, 4. Lév. 42, 3. Luc 4, 59. 2, 24.; toutefois Mois»1 lui-même semble présenter a ce fait une première exception dans l'histoire de son propre fils, Ex. 4, 25., cf. 2. 2x., et nous en trouvons une seconde bien plus frappante dans le peuple du désert, dont aucun de ceux qui naquirent pendant le voyage ne furent circoncis que lorsqu'ils eurent pris possession de la terre promise, Jos. 5, 2. 5. D'autres que les Juifs pouvaient i Ire soumis à la circoncision, et ils étaient par le fait même incorporés au peuple de Dieu ; c'étaient les prosélytes de la justice qui désiraient obtenir le sceau de l'alliance. Ex. 42, 48., et les esclaves, achetés, faits prisonniers, ou nés dans la maison, auxquels leurs maîtres devaient faire subir cette opération, afin de les mettre par la, même malgré eux, sous la juridiction théocratique, Gen. 47, 42. Celte opération n'était point considérée comme un travail, et pouvait se faire le jour du sabbat, Jean 7, 32-; c'était même un proverbe reçu que la circoncision chasse le sabbat. Un Israélite quelconque, ordinairement le chef de la famille, Gen. 47, 23.4 était chargé de l'exécution, cf. Ex. 4, 24.; les païens seuls ne pouvaient naturellement pas s'en mêler; pour les adultes* on requérait cependant volontiers l'assistance d'un médecin : l'on se servait d'un couteau tranchant d'acier, ou plus ordinairement de pierre, estimant que cette dernière sorte était moins douloureuse, moins dangereuse, et causait moins d'inflammation, Ex. 4, 25. Jos. 5, 2. L'enfant peut se guérir de la plaie en vingt-quatre heures; pour les adultes, il parait, d'après Gen. 34, 25., qu'au troisième jour la douleur est encore vive et la fièvre assez ardente. C'est au moment de la circoncision, comme chez nous au moment du baptême, que le nom était imposé à l'enfant, v. i\om, et cf. Luc 4, 59. 2, 21.

Nous avons indiqué déjà l'une des raisons qui concoururent à faire introduire la circoncision chez les Hébreux. La première el la plus importante fut sans doute le choix de Dieu, libre, simple, spontané ; ce fut le sceau sanglant de son alliance avec Abraham et Moïse, comme l'arc-enciel fut le sceau de son alliance avec Noé, comme la croix de Christ l est de son alliance avec nous. Mais on peut découvrir, à côté de ce grand motif, quelques autres traits accessoires, et les avantages extérieurs qui devaient en résulter pour le peuple de l'alliance; nous essayerons de les indiquer par un mot. Comme le symbole du baptême représente l'homme perdu

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pour le monde et enseveli aux vanités et aux péchés de cette terre, la circoncision était le signe le mieux choisi pour marquer la pureté, le renoncement à toute souillure, qui devait être le grand caractère et le point dominant de toute la loi judaïque. Le jeune enfant était censé rejeter loin de lui toute chose impure, et semblait accomplir par avance le commandement de notre Sauveur : « Si tel ou tel de tes membres te fait broncher, coupe-le, » Matth. 5, 29. 48, 8. 9. La circoncision, par son étrangeté même, était en outre destinée à séparer toujours plus les Hébreux des peuples voisins, en leur inspirant les uns pour les autres un mépris et presque un dégoût réciproque. Enfin, sous le point de vue de la santé, il paraît que cette opération était de nature à prévenir un grand nombre de maladies qui se développent particulièrement dans les pays chauds, et que l'on trouve plus fréquemment chez les peuples qui de nos jours ne pratiquent pas la circoncision, que cbet les autres.

On a vu déjà que chez les Hébreux le terme d'incirconcis ou prépuce, 4 Sam. 47, 26., était une des plus grandes insultes qu'on pût adresser à un homme; à Rome, au contraire, c'était le nom de circoncis ou de verpus, qui tenait lieu d'injure. A l'époque d'Antiocbus Epiphanes, qui voulut ramener tous ses sujets au paganisme par le ridicule et la persécution, plusieurs Israélites prirent tellement a honte leur circoncision, qu'ils cherchèrent à en faire disparaître les traces par des moyens extérieurs, des remèdes et de nouvelles opérations, 4 Macc. 4, 46. Sur l'horreur des Juifs pour l'incircomision, cf. encore Jug. 4 4, 3. 4 5, 48. 4 Sam. 4 4, 6. i Sam 4, 20. Es. 52, 4. Ez. 28, 40. 34, 48.

Saftl, voulant se défaire de David, lui fit demander comme douaire, pour obtenir la main de sa tille, cent prépuces de Philistins, 4 Sam. 18. 25. David en apporta deux cents. On se rappelle l'usage des Turcs et d'autres peuples orientaux, de compter les morts de leurs ennemis par les têtes, les nez ou les oreilles qu'on en apporte; mais comme souvent les serviteurs de ces despotes asiatiques, pour mieux mériter de leurs chefs, vont jusqu'à faire subir ces tristes opérations aux morts même de leur parti, afin d'avoir plus d'organes à présenter, les calculs sont sujets à de bien graves erreurs. Saiil n'avait rien de pareil à craindre, et ce qu'il demandait ne pouvait se trouver que chez les ennemis de son peuple.

La circoncision du cœur, dont parle l'apôtre Paul aux Romains, 2, 29. n'était point quelque chose de nouveau ; ce n'était point une spiritualité de la nouvelle alliance, comparée au matérialisme de l'ancienne; l'ancienne aussi était spirituelle, comme elle était sainte, pure, salu-

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