‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 96 sur 398 · CRI · texte numérisé non relu

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par glace, ainsi que l'ont fait nos versions, Ps. U7, 17., cf. encore Apoc. 4, 6. 2?, 4.

CROCODILE. L'animal mentionné Lév. 44, 30. entre le hérisson et le lézard, porte en hébreu le nom de koach. Ce n'est pas le crocodile véritable, mais peut-être une espèce de grand lézard, appelé par les Septantecrocodile de (erre ; il vit également dans l'eau et sur la terre; ses quatre jambes sont courtes et menues, ainsi que sa queue; ses brillantes écailles, dorées sur le dos, brunes sur les flancs, argentées sous le ventre, sont pelites et bien arrangées ; il se nourrit des plus odorantes fleurs qu'il puisse trouver, ce qui fait eslimer cxtrêmemenl sa chair et même ses intestins. On le trouve dans les parages de l'Egypte et aux Indes. — D'autres interprètes pensent que c'est le mot hébreu choled, Lév. 1 1, 29., qui signifie crocodile de terre : nos versions le traduisent par belette. — Quant au crocodile proprement dit, les interprètes ont longtemps été d'accord à le reconnaître dans le Léviathan; mais v. cet article.

CROIX, crucifixion. Le supplice de la croix fut chez les Romains, jusque sous le règne de Constantin, l'infamante et cruelle peine des condamnés à mort, des esclaves, des criminels, des brigands, des émeutiers. Il fut établi en Judée à l'époque de la domination romaine, et, bien queJosèpheen cite un exemple antérieur, il n'y fut légalisé comme peine que dès ce moment. Après avoir été d'abord fouettés d'étrivières, Matth. 27, 26., ce que l'on considérait comme plus dur et plus infamant que les verges, les condamnés devaient porter jusqu'au lieu du supplice la croix à laquelle ils allaient être attachés, Matth. 27, 32. Jean 49, 47. Ce lieu était ordinairement situé hors de la ville, et près d'une roule fréquentée : la on les dépouillait de leurs vêtements, Malth. 27, 28. Jean 49, 23, 24., et après leur avoir donné un breuvage enivrant, cf. Matth. 27, 34., on les élevait sur la croix ou des bourreaux armés de marteaux et de clous leur perçaient les mains, et les attachaient : on leur clouait aussi quelquefois les pieds, quoique ce ne fut pas général, et tantôt ensemble, tantôt séparément. Quelques auteurs pensent que pour empêcher le corps de s'affaisser sous sa pesan-

ranée; sa longueur est d'environ 265 kilom.,

sa plus grande largeur de 57. C'est, après la

Sicile, la plus belle des Iles de la Méditerranée ;

elle est traversée par une chaîne de montagnes, dont la cime la plus élevée, le Psiloriti,

l'Ida des anciens, a plus de 2,000 mètres de

hauteur. Quoique montueuse, elle est ferlilf,

surtout en vins excellents, en miel, en huile et

en blé. v. Act. 97, 42. 13, SI. Le promontoire

de Salmone, Act. 27, 7. était à l'orient, vis-àvis de Gnide. Les villes principales étaient

Gnossus (aujourd'hui Enadieh), où se trouvait

le fameux labyrinthe : elle avait 30 stades de

tour; puis Lasée, Act. 27, 8., qui n'est nulle

part citée par les anciens géographes: Phénix,

port au sud-ouest, Act. 27, 12; Beaux-Ports,

qui porte maintenant encore le nom de Li-

menes Kali.

Les Crétois, bons archers du reste, avaient

une réputation incontestée de mensonge, de per

fidie, d égoïsme, d'avarice et de sensualité, de

telle sorte que le verbe crétiser s'appliquait

presque également à tous ces vices différents.

Polybe, Tite-Live, Pausanias, Ovide, Xéno-

phon, tous les auteurs de toutes les époques

sont d'accord là-dessus, et saint Paul cite ce

vers d'un de leurs propres poètes (prophètes,

Tit. 4, 42.) : « Les Crétois sont toujours menteurs, de mauvaises bêtes, des ventres paresseux. » Ce poète, au dire de saint Jérôme, est Epiménide, qui vivait 600 ans avant 1ère chrétienne. Selon Chrysoslorae et d'autres, ce serait Callimaque, qui dit en effet : « Les Crétois sont toujours menteurs; » mais la citation d'Epiménide est plus complète et plus ancienne.

Saint Paul qui avait eu l'occasion de visiter la Crète et d'y annoncer l'Evangile, y laissa Tite son compagnon de voyage, Tite 4, 5., alin qu'il achevât de régler les affaires de l'Eglise, et qu'il établit des anciens de ville en ville. L'épitre de Paul à cet apôtre est un document intéressant pour l'histoire de ce pays.

CRISPE. Principal de la synagogue de Corinthe, Act. 48, 8. Il fut converti avec toute sa famille, presque seul entre les Juifs de cette ville, et fut lui-même l'instrument d'un grand nombre de conversions. Son histoire est du reste

inconnue; on dit qu'il fut plus tard évêque de I leur, on plaçait une espèce de marche-pied sous

l'île d'Egine près d'Athènes.

CRISTAL, substance transparente et bien connue, appartenant à la même famille que le quartz. Le mot grec de cristal, et le nom hébreu de Kéracb, Ez. 4, 22., indiquent l'un et l'autre, par leur composition, l'analogie que les anciens trouvaient entre cette pierre des montagnes et la glace, à la fois fioide, polie et transparente. Le cristal est mentionné dans l'Ecriture en divers passages, où il peut se traduire également

les pieds du patient, mais l'on ne voit aucune trace de cet usage dans les descriptions que les plus anciens auteurs nous ont données de la croix; en revanche, ils parlent d'une sorte de chevalet ou grosse cheville fichée au milieu de la croix et sur laquelle le malheureux se tenait comme à cheval. — Cet affreux supplice était aussi long qu'il était cruel; aucun organe important n'était attaqué; le sang ne coulait pas avec abondance, et la douleur partant des extré-

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mités ne devait parvenir au centre que lentement, par degrés, niais toujours en augmentant. Op peut croire que (a posture peu naturelle et toujours la même du crucifié n'était pas un de ses moindres supplices; un sang enflammé se portant à la tête et à la poitrine, et produisant de vives douleurs et de vives angoisses, l'excitation des muscles et des nerfs, puis peu à peu le tétanos, voilà ce que l'on peut supposer et dire sur un supplice que l'on ne connaît plus maintenant que par ouï dire; mais en décrire l'horreur comme on la sent, c'est impossible. Ce n'était ordinairement qu'au troisième jour que le malheureux expirait, et même on en a vu, doués d'une forte constitution, surmonter les douleurs de la croix, et pe mourir que de faim sur l'instrument de leur supplice. Chez les Juifs cependant, le supplice était abrégé par les luis toujours humanisantes de cette légMation ; le crucifié devait être enseveli le soir même du jour où il avait été pendu au bois, Deut. 21 1 23. ; c'est à cause de cela, et pour hâter |a mon des condamnés, qu'on leur brisait les os avant le coucher du soleil, Jean 19, 31. 32., cf. Jos. 8, 22. Les anciens laissaient les cadavres sur la croix, exposés aux appétits des oiseaux de proie, et à toutes les intempéries d'un climat qui ne tardait pas à les décomposer et a en infecter l'air, il n'y a guère qu'un demi siècle que cet usage subsistait encore en Angleterre et dans quelques parties de l'Allemagne, et même afin que les parents ne vinssent pas enlever les corps de leurs proches, on plaçait des gardes autour de la croix. Les Juifs, au contraire, soit dans un intérêt hygiénique, soit surtout par respect pour la dignité humaine, ensevelissaient immédiatement l-Urs condamnés, !\laftl|.27, 60., mais ils ne leur accordaient le privilège de reposer dans les sépulcres de leurs f imilles, que lorsque l- urs chairs avaient été déjà consumées dans les sépulcres publics; c'est pour épargner à Jésus ce dernier deshunneur que Jost ph d'Arimalhée demanda la permission de l'ensevelir dans un sépulcre neuf de sa possession.

La crucifixion était un supplice bien connu des anciens; on en trouve des traces chez les Egyptiens, Gen. 40, 19., chez les perses, Est. 7, 10. Esdr. 6, 1 1, et chez les Juifs, Nomb. 25, 4. Jos. 8, 29. î Sam. 21,6. Les Grecs, les Carthaginois et les Romains nous en fournissent aussi des exemples nombreux. Josèphe raconte qu'Alexandre, roi des Juifs, ayant fait crucifier huit cents de ses sujets rebelles, ordonna, par surcroît de cruauté, que Ton mît à mort au pied de leur croix, sous leurs yeux, et pendant qu'ils respiraient encore, leurs femmes et leurs enfants.

Il y avait des croix de différentes formes : c'étaient toujours deux pièces de bois croisées

l'une sqr l'autre, mais quelquefois comme un X, quelquefois comme un T, le plus fréquemment dans la forme la plus connue, celle que. l'oo donne aux crucifix et que i on trouve sur presque toutes les gravures. C'est celle deruicre forme que les anciens monuments et les médailles du temps de Conslantin donnent k la croix sur laquelle fut glorifié le Sauveur de* hommes. Saint Jérôme, la compare à un oiseau qui vole, ù un homme qui nage ou qui prie ayant les mains étendues horizontalement. Outre le tronc et les bras, ejlo avait donc une pièce qui était le prolongement du tronc, et qui s'élevait derrière la tête du crucifié; c'est a celte pièce que fut attaché l'écriteau de Pilate : « Jésus, de Nazareth, mi des Juifs. » La croix avait, dit-on , 15 pieds de hautrur, et 7 ou 8 d'envergure; mais l'on n'en sait rien.

Voici maintenant quelques fables et légendes, inventées par un<' partie de l'Eglise romaine, et désavouées par l'auire. Selh, le troisième fils •l'Adam, avant obtenu de l'ange qui gardait le, paradis terrestre trois graines de l'arbre de vie, les planta sur le tombeau de son père; il en sortit trois petites verges qui se joignirent, s'éhvèrent en qrbre, survécurent au déluge, furent abattues sous le règne de Salomon, et firent une poutre dans la maison du Liban. La reine de Séba y étant entrée, remarqua cette poutre, et annonça qu'elle servirait au supplice d'un homme qui détruirait le royaume d'Israël. Pour détourner l'oracle, Salomon fit enterrer cette poutre à l'endroit du lavoir de Bétbesda (au lieu de la brûler?) Elle y fui découverte quelque temps avant la passion du Sauveur, et servit à faire la croix.

Autre fable. On dit qu'elle était faite de quatre bois différents, de cyprès, de cèdre, d'olivier et de buis; selon saint Bernard, les bras en étaient de palmier, le cyprès en formait la base, le cèdre la hauteur, et l'olivier le chapiteau.— D'autres disent tout simplement qu'elle était de cliéne.

On dit encore que sainte Hélène, mère de Constantin, trouva la vraie croi* et en envoya une pariie en présent à son hls, qui la mit k Coitftanlinople sur une colonne de porphyre; l'autre partie, elle la renferma dans un étui d'argent, et ïa donna en garde â l'évêque de Jérusalem. « Or, avisons d'autre pari, ajoute Calvin, combien il y en a de pièces par tout le monde. Si je voulais réciter seulement ce que j'en pourrais dire, il y aurait un rôle pour remplir un livre entier. Il n'y a si petite ville où il n'y en ait, non seulement en église cathédrale, mais en quelques paroisses. Pareillement il n'y a si méchante abbaye où l'on n'en montre. Et en quelques lieux, il y en a de bien grps éc'ats : comme à la Sainle Chapelle de Paris, et à Pol-

tiers et à Rame, où il y a un crucifix assez grand qui en est fait, comme l'on dit. Bref, si on voulait ramasser tout ce qui s'en est trouvé, il y en aurait la charge d'un bon gros bateau. L'Evangile test itie que la croix pouvait être portée d'un homme; quelle audace donc a ce été de remplir la (erre de. pièces de bois eu telle quantité, que trois cents hommes ne les sauraient porter! Et de fait, Us ont forgé celle excuse que, quelque ebose qu'on en coupe, jamais elle n'en décroît. Mais c'est une bourde si sotte et lourde, que même les superstitieux la connaissent. •» — Quani à l'écriteau, ou le montre a Rome et à Toulouse.

Tout chrétien doit être affligé de voir ainsi profaner le sang de l'alliance, et faire un pareil tralic de choses saintes. On a tout voulu convertir eu musée, en curiosités, en marchandises, et devant la croix on fait oublier aux pécheurs le salut de la croix; la lettre tue l'esprit, et Ton ensevelit la pensée sous la forme, Jjous ne blâmerons point ic| la profusion des croix que l'on trouve: dans les pays catholiques à tous les embranchements de routes, sur Luit de maisons, dans tant de chambres : nous nous rappelons même avec émotion l'effet que produisit sur nous, il y a quelques années, la vue d'une croix que nous trouvâmes au bord d'un chemin, daus le voisinage d'Orléans, el sur laquelle étaient écrites ces paroles, pauvres de poésie, mais riches de sens et de piété :

Passant, devant la croix 4e ton Sanvenr, FeaM qu'il est mort pour toi. pèche or.

Nous reconnaissons que plus d'une fois, assistant à de malheureuses messes el à de malheureux prônes, gémissant sur l'idolâtrie des prêtres aveugles que nous entendions, et des brebis égarées qui s'agenouillaient à certains signaux, nous nous consolions en regardant une croix qui s'élevait sur l'autel, et qui semblait protester, contre tout cet appareil de superstitions et de séductions. C'est avec une double sympathie, mais avec les mêmes restrictions, que nous nous associons à ces paroles d'un théologien de la langue française : « Aussi longtemps que nous ne pouvons, chrétiens plus éclairés, pénétrer jusque dans le dernier ha uieau et dans la dernière chaumière d.s contrées qui professent la foi, pour y prêcher l'Evangile en esprit el en vérité, bénissons Dieu de ce qu'il s'y trouve encore quelques hommes qui appliquent sur la bouche de chaque mourant un cruciu>... Si, pour plusieurs, des cérémonies de ce genre ne sont que des amuleltes, également ces peuples en auraient eu d'autres, et d'autres plus mauvaises; et pour plusieurs, aussi, ce sera la prédication de la vie. » Bost, Recherches sur la couslit. et|

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