‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 95 sur 398 · RE 2>2 CRE · texte numérisé non relu

RE 2>2 CRE

pagnes, et tous les espaces habitables, dans les eaux et sous les cieux. Il n'y a donc rien de difficile à comprendre dans la revue que til Adam de tous les animaux, lorsqu'il leur donna leurs noms; et lors même qu'il y aurait eu un grand nombre de paires de chaque espèce, il n'est point dit que Dieu les lit toutes comparaître devant le premier homme ; tel ne parait pas du moins devoir être le sens du mot : tout animal, *;en. ï, <9.

Un caractère remarquable, de celle époque, c'est l'absence de férocité ; les animaux étaient herbivores , au moins ceux qui vivaient sur la terre et dans les airs, car il n'est point parlé des aquatiques, \, 30, et cela a t'ait supposer que les eaux seules, et peut-être leurs rivages étaient habités en partie par des carnivores. L'expérience a prouvé qu'il est possible, même de nos jours, de nourrir de végétaux les animaux les plus carnassiers de leur nature, comme par exemple le lion; par conséquent ce fait peut avoir eu lieu d'une manière beaucoup plus générale lors de la création. C'est en vain qu'on objecterait le peu de probabilité que des animaux carnassiers se soient contentés avant la chute de l'homme de manger de l'herbé et des fruits; c'est en vain qu'on prouverait par la conformation des mâchoires, des dents, des griffes, de tous les muscles et de toute la charpente osseuse, qu'ils étaient faits pour saisir une proie et pour la déchirer de leurs dents ou de leurs becs crochus : si tels étaient leurs appétits naturels, il n'était cependant pas pins difficile au Créateur de les restreindre en Eden, que d'empêcher à Babylonc les lions affamés de Nebucadnetsar de suivre leurs féroces penchants, de mettre en pièces Daniel et de le dévorer. La géologie d'ailleurs nous montre dans les terrains de l'époque myocène, un nombre proportionnellement très grand des pachydermes et des ruminants; c'est probablement pendant celte époque géologique que fut créé le premier homme (Rougemonl, l'ragm., etc.).

Ici vient une pause dans le récit de l'historien sacré. Après avoir décrit la manière dont Dieu a peu à peu préparé cette terre, après l'avoir montrée graduellement revêlue d'un tapis de verdure et de fleurs, couverte de riches ombrages et d'arbres chargés de frqits, animée par les chants des oiseaux qui célèbrent dans les airs la gloire de leur Créateur; après avoir décrit ces milliers de créatures vivantes, se mouvant dans les eaux et sur la terre, jouissant de leur nouvelle existence et de la lumière du soleil, il nous dit que le Créateur de toutes ces merveilles s'arrêta pour contempler sou ouvrage et pour le bénir : et Dieu vit que tout pela était bon. L'œuvre de la création n'était cependant pas encore complète; mais ayant de placer

dans cette magnifique demeure celui qui devait en avoir la souveraineté, le Tout -Puissant semble se consulter lui-même, comme pour une chose plus importante, et pour une création d'un ordre plus relevé que toutes les autres choses qu'il avait créées pour être faites. Puis Dieu dit : Faisons l'homme à notre image et à notre ressemblance, et qu'il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux des cieux, sur les animaux domestiques et sur touie la terre, et sur tout reptile qui rampe sur la terre. — Jusqu'à présent, le texte hébreu a toujours désigné la terre par le. mot érets; mais dans le verset Î5>, où il est parlé des reptiles de la terre, Moïse se sert du mol adamah, qui signifie terre, en tant que sol, et surtout sol rouge, quoiqu'il soit aussi pris dans nne signification plus étendue ; et c'est dans le verset suivant qu'il dit : Faisons Adam (l'homme) à notre image, Adam étant mis ici comme nom générique de l'espèce humaine -, on dirait que, par ce changement d'expression, l'auteur sacré cherche à faire mieux ressortir l'origine à la fois terrestre et céleste de cette nouvelle créature, rattachant à ce nom symbolique l'idée de sa faiblesse naturelle et de sa haute vocation. Cf. 2 Cor. 4, 7.

Ajoutons encore ici que ce nom d'Adam semble indiquer que la couleur primitive de la race humaine aurait été le rouge, comme on le retrouve encore chez les races indigènes de l'Amérique; la tradition des Juifs, des Américains et des habitants des iles de la mer du Sud a conservé le même souvenir.

L'homme n'ayant trouvé parmi les êtres vivants aucun être qui lui fui semblaUe, Dieu lit tomber sur lui un profond sommeil, prit une de ses côtes, en forma une femme et la présenta à Adam à son réveil, 2. t8 it.

On a quelquefois prétendu que les ressemblances frappantes qui se rencontrent dans les cosmogonies des différents peuples, ainsi que dans celles de leurs traditions qui se rapportent à l'origine du genre humain, ne pouvaient provenir que de la similarité de l'esprit humain dans tous les pays, similarité qui, à l'égard de certaines choses, devait nécessairement conduire partout a un même résultat. Celte théorie est assez vraie pour tout ce qui est du ressort de la réflexion et de la méditation ; mais quand les traditions ne peuvent s'expliquer, ni par le raisonnement, ni par l'expérience, il est clair qu'elles doivent provenir d'une même source» cl qu'elles nous indiquent une commune origine pour les peuples chez qui elles sont nationales. Qu'y a-t-il, par exemple, daus la forme de la femme, qui ail jamais pu donner l'idée qu'elle ait été primitivement tirée de l'homme et formée d'un de ses os? Or celte tradition se re-

CRE

CRÉ

trouve chez les peuples les plus éloignés et sans communication les uns avec les autres. En Chine, la femme du premier homme est « la tille de la cote d'Occident, » et son nom signifie » la grande aïeule qui entraine au mal. » Les Groënlundais disent que la première femme fut formée du pouce de l'homme. Les Indiens de l'Essequebo prétendent qu'après que le Gran'i-Esprit eut créé tous les animaux, il finit par former un homme qui tomba bientôt dans un profond sommeil; le Grand-Esprit l'avant touché, il se réveilla el vit à ses côtés "une femme. Chez les Indiens, il est question d'un premier homme, Viradj, créé sans femme; puis regardant autour de lui, se voyant seul , il se plaint de sa solitude, il se divise lui-même en mâle et femelle et donne naissance à toute la race humaine. Chez les habitants de la Nouvelle- Zélande, le mot Iwi (Eve) signifie os. et la première femme a été formée, selon eux, du corps de l'homme et d'une de ses côtes. A Tahiti, le Dieu créateur, après avoir fait le monde, forma l'homme avec de la terre rouge : un jour il plongea l'homme dans un profond sommeil et en lira un os (Ici, loui) dont il fit la femme (Rougemont, p. 56).

Mais si les païens eux-mêmes ont conservé d'une manière si admirable, à travers cinquantehuit siècles, l'histoire de ce sommeil mystérieux d'Adam, ce n'est qu'à l'Eglise chrétienne que le sens moral et symbolique de cet événement a été révélé.

Dans ce premier Adam encore sans péché, nous voyons le type de ce deuxième Adam qui a été fait semblable à nous en toutes choses, sans péché (grec), Héh. 9, 47. 4, 45. Ce sommeil, ce côté entr ouvert, cette épouse qui en est Urée, nous sont des emblèmes de la mort de Christ el de son côté percé, de cette mon qui donne naissance a son Eglise, de celle « Eglise qu'il s'est acquise par son sang » pour en faire son épouse bien-aimée, Act. 20, 28. Ce n'est qu'après la mon de Jésus, que les disciples commencèrent à se rassembler en son nom sans lui, mais la nouvelle Eglise fut cachée et n'exista pour ainsi dire qu'en germe et sans développement, jusqu'à la Pentecôte, v. encore 4 Cor. 44, 8, 9. Eph. 5, 23-32. Si confondus par la force de ces images, nous avons peine à croire à une telle condescendance de notre Dieu ; si, considérant nos faiblesses et nos misères, il nous semble impossible que l'Eglise puisse être l'objet d'un tel amour, et que nous soyons portés à demander, comme INicodème : Comment cela peut-il se faire? Dieu nous répond par ces glorieuses promesses : • Christ s'est livré pour son Eglise, atin qu'il la sanctiliâi après l'avoir nettoyée en la lavant d'eau et par sa parole, pour la faire paraître devant lui une Eglise

glorieuse, n'ayant ni tache, ni ride, ni rien de semblable, mais étantsaime et irrépréhensible, » Eph. 5, 23. 26. 27. Col. 4, 18. 22.; cf. I Cor. 4, 30.

Après que l'homme eut été formé, la création fut terminée; le temps naturel commença, et les secousses, ou nuits cosmogoniques, cessèrent ; aussi ne voyons-nous pas que la Bible en fasse plus mention ; il n'est plus dit: « Ainsi fut le soir, ainsi fut le matin, ce fut le septième jour, » parce qu'entre le sixième et le septième il n'y eut qu'une nuit naturelle de douze heures, et c'est probablement pendant cette nuit et le sommeil d'Adam, sur la dernière heure du sixième jour, qu'Eve fut formée, car il est dit,

2, 2. : que « Dieu eut achevé au septième jour toute l'œuvre qu'il avait faite. »

Septième jour. Ce fut au septième jour que Dieu se reposa de toute l'œuvre qu'il avait créée pour être faite ; il semble donc que nous devrions terminer ici le récit de la création, mais comme ce premier sabbat appartient encore à l'histoire de la première semaine du monde, nous croyons devoir ajouter encore quelques réflexions', sans lesquelles l'histoire de cette semaine de création serait incomplète.

Nous avons vu que les six jours précédents étaient, non des espaces de temps de vingtquatre heures, mais de longues époques; le septième aurait donc dû leur être proportionné. Lorsqu'il commença, Dieu n'avait point dit : « Tu travailleras six jours ; tu mangeras tpn pain à la sueur de ton visage, tu retourneras en la terre d'où tu as été tiré. » L'homme avait été placé dans le jardin d'Eden pour le soigner et le garder : non pour bêcher péniblement la terre et lui faire produire à force de sueurs les céréales et les autres graines doiti il fut condamné à faire sa nourriture après la chute,

3, 48. 49., cf. I, 29. 30., mais pour se nourrir sans peine des fruits de « loqt arbre désirable à la vue et bon à manger » que l'Eternel avait fait germer dans le jardin. C'était là le repos sans oisiveté des enfants de. Dieu sur celte terre, el il est probable qu'il aurait duré un temps plus ou moins long, mille ans peut-être, après lequel ils auraient été recueillis auprès de Dieu, comme Hénoc, sans passer par la mort, sans que leur corps fût obligé de retourner dans la poudre.

La durée de la vie humaine avant le déluge était de près de mille ans, et nous avons lieu de croire que c'est ù cause du péché qu'elle fui abrégée. Selon la tradition juive, égyptienne, persane, assyrienne et indienne, qui fait des jours de la création des espaces de mille uns, nous aurions dû nous attendre à voir le jour de l'homme, créé à l image de Dieu, le septième jour, durer aussi mille ans, et se terminer par

CRÉ

CRE

sa translation dans le ciel ; mais de même que les soirs cosmogoniques avaient bouleversé l'ordre établi par Dieu dans la création matérielle, ainsi le péché vint renverser l'ordre moral et physique dans cette nouvelle créature de Dieu, et par suite dans le reste de la création. La terre, de très bonne qu'elle était, devint maudite à cause de l'homme, 3, 17. Le jour du repos, au lieu de durer mille ans. Tut changé en un temps de peine et de fatigue, où il ne resta plus que des sabbats hebdomadaires de vingt-quatre heures, monument remarquable et aussi ancien que la race humaine, conservé pour lui rappeler sa destination primitive, et le but auquel elle doit tendre, sa chute et la miséricorde de Dieu, qui ne l'a point entièrement rejetée ; moyen de grâce pour les générations futures, et image, pour ceux qui ont appris a en faire leurs délices, du bonheur saint et pur que l'Eternel réserve à ses enfants. Ce sabbat primitif se trouvant ainsi réduit à vingtquatre heures, devint pour le monde le commencement d'une nouvelle semaine millénaire; suivant les traditions mentionnées plus haut, il devrait aussi s'écouler six mille ans depuis Adam jusqu'à la (in de l'économie actuelle. Le sabbat de cette nouvelle semaine serait alors l'époque glorieuse du millénium, de quelque manière qu'on l'entende-, puis, au lieu de la mon naturelle de l'homme, fruit de la chute et du péché, viendrait au bout d'un peu de temps, Apoc. 20, 3. 7., la destruction de la mort ellemême, ce dernier ennemi de l'homme, 1 Cor. 15, 26. Apoc. 21, 4.

Ceci n'est, a la vérité, qu'une hypothèse ; cependant nous croyons pouvoir en trouver une confirmation, Hèbr. 3, et 4 ; en commentant ie sens du Ps. 95, 11., l'Apôtre nous montre que la menace de Dieu aux Israélites, de les exclure de son repos, menace qui avait trait à la Canaan terrestre, se rapportait aussi, et dans un sens plus élevé, à la Canaan céleste, après laquelle doivent soupirer les enfants de Dieu; puis il rattache celte même idée au premier sabbat, 4, 3. 4., el montre, v. 6, que ceux à qui ce premier sabbat avait élé « premièrement annoncé » n'y purent entrer « à cause de leur incrédulité, » Adam et Eve ayant ajouté foi aux paroles du serpent plutôt qu'à l'ordre positif de Dieu. Ce premier sabbat tel que Dieu le leur destinait n'exista donc pas pour eux, ils n'y entrèrent pas. C'est pourquoi Dieu « détermine de nouveau un certain jour de repos, « v. 7 et 9. Le premier sabbat millénaire ayant été abrégé, Dieu en prépare un autre pour son peuple, lorsque l'Eternel régnera en Sion et que le Roi de paix entrera dans son royaume, Es. 32, 47. 18.

Y. sur ce sujet, outre les ouvrages déjà

cités, Marcel de Serres, la Cosmog. de Moïse; F. de Rougemont, Hisl. de la Terre, d'après la Bible et la Géol.; elle Peuple primitif; Trottet, le Génie des civilisations; Bœhner (trad. par Bourril), le Matérialisme, etc.; Aug. Bosl, des Rapp. de la science avec la Révélation (Rev.Chrét.1863. Suppl.); Hugh Miller, Testimony of the Rocks; Auberlen, PfafT, etc.

CRÈCHE. L'humble el premier berceau du Fils de Dieu qui s'est .fait tils de l'homme, Luc 2, 7. Si l'étable dans laquelle naquit notre Sauveur était en effet pratiquée dans le roc, ainsi que le disent la plupart des anciens Pères, il esl possible que la crèche ait aussi été taillée dans les flancs de la caverne, mais on peut croire qu'une auge de bois la garnissait intérieurement, et que c'est dans celte auge que Jésus fut placé. D'autres prétendent que celte crèche était de terre, et qu'elle fut remplacée par une crèche d'argent. Même observation ici que sur la couronne d'épines, il suffit d'aller voir sur les lieux; cette crèche miraculeuse se trouve à Rome dans l'église Santa-Maria Maggiore; elle est de bois. Est-elle authentique, c'est une autre question : on ne risque rien de la mettre avec les saints langes que l'on montre à Saint-Paul, quoiqu'il y en aussi quelques fragments en Espagne; avec le saint berceau et la sainte chemise que l'on montre en la même ville de Rome, « tous menus fatras dont les Pères ne disent mot. » Bien sûr est-il que si ces objets étaient à Jérusalem lorsque cette ville fut détruite, ils furent détruits avec elle; que s'ils n'y étaient plus, et qu'ils fussent déjà à Rome, il n'en est toutefois point encore question du temps de saint Grégoire, à la fin du sixième siècle, et dès lors cette ville a élé mainte et mainte fois prise, pillée et saccagée. « Il n'y a nul de si petit jugement qui ne voie la folie. » Calvin.

CRESCENS, 2 Tim. 4, 10. Disciple inconnu, qui quï4la Paul vers la fin de sa dernière captivité pour se rendre en Galatie, tandis que Tite passaw en Dalmatie. Les traditions le font les unes évéqw de Mayence, les autres évéque devienne en Daupfràné; plusieurs s'accordent à dire qu'il a évangélistf les Gaules, mais rieo n'est plus incertain que toiut cela. Les uns en font encore un affranchi de Néron, d'autres un des septante disciples; la première supposition serait plus probable à cause du non? laLm de ces évangélistes.

CRÈTE. Cette île mentionnée date l'A. T. sous le nom de Caphlorim. esl désigne Plusieurs fois dans le Nouveau sous le t»om de Crète. Homère l'appelle l'Ile aux cent vl>s, ce qui peut donner une idée de sa prod^ieV^ Population dans cette époque reculée : Doi*ce el Virgile en parlent dans le même sens. El* est au sud de l'Archipel , dans la mer MéJ**er~

Page 1