‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 98 sur 398 · S30 CL'L · texte numérisé non relu

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qu'il imposait à ses sectateurs. Jèhova né l'a pas fait; les prières eussent été un piège pour ceux qui n'en auraient pas compris la nature; pour les autres il était superflu de les ordonner; de l'abondance du cœur la bouche parle, et nous voyons par un grand nombre d'exemples que les fidèles savaient à qui s'adresser, et comment ils devaient le faire dans le besoin, dans la détresse, dans la reconnaissance.

Du reste, il faut le dire, le culte tel qu'il fut institué par Moïse, ne fut presque jamais observé dans son intégrité : l'histoire juive nous montre dans chaque période de nombreuses déviations, plus ou moins grandes, mais provenant toutes de l'immora ité, de la sensualité, qui semble avoir distingué particulièrement le peuple juif, et qui trouvait encore à s'alimenter dans le voisinage de certaines peuplades environnantes, ou par le contact avec le reste de ces nations que les Hébreux avaient épargnées, malgré l'ordre positif de leur Dieu. Cette immoralité même était peut-être, chez plusieurs, entretenue par le culte mosaïque, où le cérémonial semblait l'emporter sur le fond de la religion, et les observances remplacer la moralité, expier lés désordres <iè la vie. Les prophètes combattirent toujours ce penchant à la fois incrédule et pervers. Après l'exil, différentes sectes se formèrent. Pendant que la grande masse du peuple s'attachait de plus en plus à la lettre, inventant

iiaque jour de nouvelles minuties, et qu'une certaine classe d'hommes, soi-disant éclairés où esprits forts, cherchaient à allier la philosophie a la religion, en retranchant de la religion tout ce qui ne pouvait être compris de leur Intelligence, un petit nombre d'hommes vraiment pieux cherchaient a maintenir l'esprit du véritable culte divin, s'adonnant â la pratique des bonnes œuvres, de la pureté et de l'humilité; on les nommait Esséens. 0uelques siècles après que ces sectes eurent pris naissance dans le sein dii peuple qui devait être un dans son culte, on vil naître dans un petit village de Juda, celui qui devait ramener l'unité sur la terre, mais une unité de cœur èt d'esprit, reposant non plus sur le même culte ou sur les mêmes cérémonies, mais sur ta même foi, sur des espérances communes.

C'est aussi pour le culte uné ère entièrement nouvelle, parce que le culle est le reflet de la doctrine et des dispositions intérieures; mais on ne peut plus !e décrire comme on a décrit le culte ancien; c'est quelque chose de moins ranché dans les formes, de plus vdgue, de plus libre. Le jeûne est maintenu comme bon, la confession mutuelle des péchés est introduite, le dévouement au règne de Dieu, les visités des malades, des pauvres, des prlSotttiièrs , sont recommandées; le chant, l'étude des

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Ecritures, la prière sont appelés à jouer un rôle plus capital et plus régulier dans le service divin; mais l'observation des Jours et des nouvelles lunes, les pratiques extérieures sont abolies : à la circoncision le baptême est substitué, mais avec une idée plus large et |ilus spirituelle; à la PàiJUe succède un repas fraternel également commémoratif, mais rappelant un salut plus cher, plus grand ; éternel. Il n'y a plus de castes sacerdotales; tout Adèle est prêtre, chacun appartient â la sacrifleature royale : plus de centralisation dans le lieu du culte; les pères ont adoré a Jérusalem, le moment est venu où les vrais adorateurs adoreront en esprit et en vérité, partout où ils se rencontreront : Il n'v a plus d'Eglise visible, mais une Eglise invisible, et des reunions visibles darts lesquelles le bon et le mauvais grain seront plus ou moins mélangés : a cette Eglise aucune forme n'est imposée , aux églises de détail aucune forme non plus. Partout éclate la ▼ie, et la vie seule a droit de régtier désormais sur les hommes : on rie leur imposera plus de lourds fardeaux, et si des séducteurs sont Venus ordonner lé célibat OU l'absiinence des viandes, l'Esprit les appelle expressément des révoltés de la Toi, adonnés aux doctrines des démons, 4 Tirti. 4, t.

CUMIN (cuniinum cyminurri), plante ombelliferr. qui a quelque, analogie avec le fenouil, mais un peu plus petite ; sa graine a une saveur et Une odeur très forte et passablement amère; les anciens s'en servaient eh guise d'épices pour assaisonner leurs mets. On trouve le cumin en Syrie, dans l'Asie Mineure et en Egypte. Esaïe 28, 25. 27. dit qu'on le sème dans un terrain bien nivelé, et que lorsqu'il est mût on ne sé sert pas de la herse ou de la roUe du chariot pour l'éi raser et en recueillir la graine, mais qu'on emploie des moyens plus doux et qu'on l'abat avec le fléau : le Seigneur de même réserve aux plus grands pécheurs les plus grands châtiment*, et ne brisé point le roseau cassé. — Le sens de Matth. 23, 23. est facile à comprendre : « Malheur à vous, Pharisiens hypocrites, vous observez scrupuleusement les ordonnancés ddnt l'exécutidn he vous coûte que peu de chose, vous payez la dlme de ces petites plantes qui croissent dads Vos Jardins et dans vos prairies, et vous négligez lés choses plus importantes dé 1:1 loi. »

CUN, 1 Chr. 18, 8., ville phénicienne, appelée ailleurs Berothaî, 2 Sam. 8, 8.

CUS, 1ft Gèrt. 10. 6. 7. 8., flls aîné de Cam et père de Nltnrod. Il a donné son nom a une contrée qui est citée fréquemment dans l'Ei ri ture, mPine .1vëc quelques détails assez précis, et sur la situation exacte de laquelle il règne cepéhdant encore, chez les interprètes, bien des

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incertitudes. L'Ecriture semblé donner à ce nOm une signification tantôt pins étendue, tantôt plus restreinte, mais toujours avec l'idée générale que les Cusites sont des peuples de couleur, habitant vers le Sud. La traduction ordinaire est l'Ethiopie : elle est exacte si Ton veut donner au mot Ethiopie le même sens que lui donnaient déjà les! anciens. Un Ethiopien sipnifie, dans son étyrttologie grecque, un homme brûlé par le so'eil. Avant que le nom grec eût prévalu, et même longtemps après, au temps d*e .losèphe, les Ethiopiens portaient le hom de Cuséens, nom que l'on retrouve encore chez quelques auteurs syrièns du cinquième siècle. Dans son sens le plus restreint. le pays de Cus comprenait donc ce qu'on pourrait appeler l'ancienne Ethiopie q. v., savoir toute la contrée située entre la haute Egypte , depuis Syène jusqu'à l'entrée de la mer Rougè darts l'Océan indien, la Nubie. l'Abyssinie et le royaume d'Adel. C'est le sens qu'il faut donner au mot Cus, Es. 18. 1. : « Malheur au pays qui fait ombre des deux côtés [entre leStropiqùes), qoi est au delà des fleuves de Cus ! » De même, 2 R. 19, 9., le royaume de Tirhaca në peut être Cus que dans le sens moins étendu ; cf. encore Dan. 11, 43. Ez. 29, 10. Dans son acception plus générale Cus, 6d l'Ethiopie, comprend toute la partie sud et stid-esf de l'ancien monde, et a pu s'appliquer à p'oslèurs de ces contrées en particulier, Gen. 2, 13. Nomb. 12, 1. Ps. 87, 4. 2 Chr. 14, 9. Jér. 13, Cus est appelé Cusan, Hib. 3, 7. Dans le passage de la Ge hèse, nous voyons nn des quatre fleurai du paradis, le Guihnn, tournoyer par tout le pays de Cus ; évidemment ce ne peut étrè en Afriquè ; nous verrons ailleurs quel était ce fleuve, et comment lé nom de Cus doit se rapporter aux contrées situées au sud- est de la mer Caspiènne et de l'Asie. — Nomb. 12, i. Séphora, la femme de Moïse, originaire de Madian en Arabie , est appelée Cusite ou Ethiopienne par Moisè luimême, cf. H ib. 3, 7. En suivant la hiarche de la postérité de Cus. on la verra se répandre en rayonnant depuis l'Indu-CUs sur toutes les vallées èt les hauteurs de la Chine, stir les deux presqu'îles de l'Inde, et jusqu'aux lies de l'océan Pacifique. — Il est à remarquer que les auteurs profanes ont, aussi bien que la Bible, distingué deùx classes de Cusites ou d'Ethiopiens : « Ils demeurén séparément, dit Homère (Odys., 1, 23), aux frontières les plus éloignées, les Uns au couchant, les autrès à l'orient. * p. encore Hérodote, I, 201. 4, 11. — Si donc nous voulions établir cette grande famille sur Une carte géographique, nous lui donnerions toutes les Contrées comprises entre l'AbyssInie, l'Arable, la Perse méridionale , lès monts Thlbet, l'Himalaya, et le Yantsé-Kian$ pouf frôn-

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tière sud, en laissant ici et là quelques districts plus ou moins grands, qui furent occupés par d'au 1res branches des descendants de Noé. (v. les articles spéciaux.)

2° On trouve encore dans l'épigraphe du Ps. 7. le nom d'un homme appelé Cus, et qui a donné beaucoup à faire aux interprètes. Qui est ce Cus, Benjamite, ce violent persécuteur du roi David, ce fléau dont il demande d'être délivré? Les uns ont pensé à Simhi, 2 Sam. 49, 46., qui est appelé 46, 44. lils de Jémini, en hébreu benyemini, et dont on a cru qu'il était Benjamite à cause de cela. D'autres ont pensé à Saùl, mais ou ne sait pas pourquoi il serait appelé Cus; d'auires enfin, rapportant également ce psaume à l'époque des persécutions de Saûl, entendent par Cus un individu inconnu, peutêtre un parent de Saiil.

CUSAI, 2 Sam. 4 5, 32.,Epbraïmite, de la ville d'Arki, dont l'histoire offre un épisode politique bien rafraîchissant au milieu des guerres civiles qui ensanglantèrent une partie du règne de David. Fidèle sujet de son roi, Cusaï vint pendant les troubles de la conjuration d'Absalon, se prosterner devant David, en lui exprimant la vive doult-ur que lui cau>ait la révolte de son fils, l.i désertion de ses braves, l'abandoo du lâche et ambitieux, mais habile Achithophel : en même temps, il fait à sou roi ses offres de scr vice, et se déclare prêt à le suivre partout. Mais David, qui redoute plus encore les perfides conseils d'Acbithopbel que ses troupes désertées, renvoie Cusaï a Jérusalem, lui enjoint d'affecter un grand attachement à la cause d'Absalon, d'offrir à ce rebelle ses services, de chercher à gagner sa confiance pour obtenir une part dans ses conseils, et d'user ensuite de son influence, soit pour déjouer les plans d'Achithopbel, soit pour faire connaître a David, par le moyen des sacrificateurs Tsadok et Abiathar, les résolulions auxquelles on se serait arrêté. — Cusaï qui ne craint pas de se mesurer avec le vieux conseiller, obéit; il se rend à Jérusalem et crie : Vive Absalont Le jeune rebelle, qui connaît l'affection de Cusaï pour son père, s'étonne d'abord; mais les succès qu'il a déjà obtenus l'aveuglent, et le disposent à croire à de nouveaux succès, à de nouvelles conquêtes; chaque jour, il voit grossir les rangs de son armée, et Cusaï n'a pas de peine à le persuader que lui aussi se range à la bonne cause, acceptant pour maître celui que Dieu a désigné, que le peuple a choisi, et qui d'ailleurs appartient à la famille royale, à la dynastie reconnue. Un premier conseil d'Achilhophel relativement aux femmes de David, passe sans contestation, soit que Cusaï n'ait pas été consulté, soit qu'il ait cru devoir, dans l'intérêt même de son roi. se joindre à une mesure dont le résultat était de rendre

toute réconciliation impossible. Achithophel propose ensuite à Absalon, de fondre immédiatement avec 42,000 hommes sur la petite troupe de David, encore faible en nombre, fatiguée, et sans doute facile à intimider. Mais un autre conseil intervient : c'est Cusaï qui parle : « Le conseil qu'Achithopbel t'a donné maintenant, dit-il, n'est pas bon. Tu connais ton père et ses gens, que ce sont des gens forts, et qui ont le cœur outré, comme une ourse des champs à qui on a pris ses petits : et ton père est un homme de guerre, qui ne passera point la ouit avec le peuple. Voici, il est maintenant caché dans quelque fosse ou dans quelque autre lieu; s'il arrive qu'au commencement on soit battu par eux, quiconque en entendra parler, l'ayant su, dira : Le peuple qui suit Absalon a été défait. Alors le plus vaillant, celui-là même qui avait le cœur comme un lion, se fondra;... mais je suis d'avis qu'en diligence on assemble vers loi tout Israël depuis Dan jusqu'à Béer- Sébab, lequel sera en grand nombre comme le sable qui est sur le bord de la mer, et que loi même en personne marches en bataille. Alors nous viendrons à lui en quelque lieu que nous le trouvions, et nous nous jetterons sur lui , comme la rosée tombe sur la terre, et il ne lui restera aucun de tous les hommes qui sont avec lui. Que s'il se relire en quelque ville, tout Israël portera des cordes vers cette ville -là, et nous la traînerons jusque dans le torrent, en sorte qu'il ne s'en trouvera plus même une petite pierre. » — Cet avis prévalut ; Absalon et les siens le préférèrent à celui du vieux ministre. David fut averti par les sacrificateurs. Le conseil de Cusaï amena et devait amener la défaite d'Absalon. Une insurrection ne peut triompher que par l'audace et la promptitude. Laisser aux esprits troublés le temps de réfléchir, à un roi comme David le loisir de rassembler les adhérents nombreux que son règne lui avait faits, c'était tout perdre. Cusaï était digne de lutter contre Achithophel; il perdit son rival, se montra son maître en diplomatie, et sauva le roi.

CUSAN, Hab. 3,7. o. Cus.

CUSAN-RlSCHATOAJlM.Jug. 3, 8. 40., roi de Mésopotamie, fut, après la captivité d'Egypte, le premier oppresseur des Israélites établis dans le pays de Canaan. Il les tint assujettis pendant huit ans, jusqu'à ce qu'enfin Holhniel, le premier des Juges, se leva et les délivra.

CDSI, 2 Sam. 18, 24. 32. 4° l'un des messagers qui apportèrent à David la nouvelle de la mort d'Absalon ; on craignait de faire connaître à David cet événement qui , en le réjouissant comme roi, devait l'affliger comme homme et comme père : le premier des messagers, AUimahats, n'avait pas osé révéler cette mort, et

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