‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 99 sur 398 · CUV · texte numérisé non relu

CUV

l'avait fait pressentir : « J'ai vu uo grand tumulte, mais je ne sais pas exactement ce que c'était : » Cusi n'osa pas davantage dire : « Il est mort, » mais à la question de David, il répondit : « Que les ennemis du roi mon seigneur, et tous ceux qui se sont élevés contre toi pour te faire du mal, deviennent comme ce jeune homme ! » — 2° Cusi ou Cusci, Jér. 36, 44., père de Sélemja; inconnu. — 3° Soph. 1,1-, père de Sophooie, et arrière petit- Ûls d'Ezéchias.

CUTB, 2 R. 47, 24. 30., district de l'Asie, et la principale d'entre les peuplades dont Salmanéser, roi d'Assyrie, envoya les habitants peupler la contrée dévastée de la Samarie. Du mélange de ces colons avec les Juifs demeurés de reste dans le pays, naquirent les Samaritains, que les Talmudistes continuèrent d'appeler Cutbéens. On ne sait pas exactement dans quelle partie de l'Asie il faut chercher ce district ou cette ville. Les uns, s'appuyant sur la ressemblance de ce nom avec celui de Cus, ressemblance beaucoup plus frappante encore lorsque l'on connaît les langues sémitiques, pensent au pays de Cus, dans les environs de l'Araxe : d'autres, avec l'historien Josèphe, le placent dans la Perse méridionale ou centrale ; d'autres près du Tigre, d'autres enfin (Michaëlis), mais contre toute vraisemblance, dans le voisinage deSidon en Syrie. L'opinion la plus probable, c'est que les Cutbéens sont les mêmes que les Cosséens dans la Susiane en Bab\lonie; les deux noms sont presque identiques en Caldèen.

CUVE, Job 24, 44. v. Vignes.

CUVE d'airain. Il y avait dans le parvis du tabernacle une cuve d'airain ou mer de fonte, destinée aux ablutions des prêtres, Ex. 30, 28. 11 n'est rien dit de positif quant à sa forme ; cependant, par l'analogie de celle qui fut placée plus lard dans le parvis du temple de Salomon, 4 R. 7, 23., l'on peut supposer qu'elle était ronde. Les ablutions des mains et des pieds, auxquelles elle était destinée, étaient un symbole de la pureté que le Dieu saint exige de ceux qui s'approchent de lui.

Dans le portique du temple de Salomon, il y avait, au lieu de celte cuve unique, une grande cuve appelée mer d'airain, particulièrement destinée aux ablutions des sacrificateurs, et dix cuviers plus petits, destinés à laver les victimes pour les holocaustes, 2 Cbr. 4, 6. La mer d'airain est spécialement décrite 4 R. 7, 23-26. 2 Chr. 4, 2-5. et par Josèphe (Antiq., 8, 3, 5.); elle avait cinq coudées de hauteur (2 ■ 720), et environ dix de diamètre ; elle reposait sur douze taureaux également d'airain ; ses côtés et ses bords étaient ornés de fleurs sculptées.

Lors de la prise de Jérusalem par les Baby-

lonieos, la mer d'airain fut brisée par les Caldéens et ses débris emportés à Babylone ainsi que les soubassements des dix cuviers, 2 R. 25, 43-46. Jér. 52, 47. D'après les rabbins, le temple de Zorobabel ne contenait plus qu'un seul cuvier, et Josèphe, dans sa description du temple d'Hérode, n'en mentionne aucun (Bell. Jud.t 5, 5.).

CYGNE. C'est ainsi que la Vulgate et nos versions traduisent l'hébreu Tinchimetb, Lév. 44, 48. Deut. 44, 46., et, comme nous l'avons dit à l'article Chat -huant, celte traduction nonseulement n'a rien contre die, mais est encore favorisée par le contexte. Lulber a traduit par cygne, Lév. 44, 47., le mot sbalak,que nos verrons ont rendu par plongeon ; mais v. Cormoran. Calmet veut aussi rendre par cygne l'hébreu Balh Yaaneh, que nous traduisons par autruche. Mais il n'y a que deux passages qui puissent a la rigueur se rapporter au cygne, et encore n'est-ce qu'en procédant par voie d'hypotbèse. Ce bel anima), si connu dans nos pays et dans des climats plus chauds, est mis par Moïse au nombre des animaux impurs. Les païens l avaient consacré à leur Apollon, sans doute à cause des sons harmonieux et poétiques qu'il rend, dit-on, lorsqu'il va mourir; Horace l'attelle au char de Vénus.

CYMBALES. 2 Sam. 6, 5. 4 Chr. 43, 8. 4 6, 5. 42. Esd. 3, 40. Ps. 450, 5. 4 Cor. 43, 4. L'un des plus anciens instruments connus, fort aimé d< s Orientaux en général, el employé par les Hébreux soit dans leurs réjouissances publiques, soit dans la musique du temple. Il y en avait, comme de nos jours encore, de deux espèces différentes; les unes plus petites, en bois, en ivoire, quelquefois en métal, que l'on prenait entre le pouce, l'index et le doigt du milieu, et que l'on frappait en mesure, comme les castagnettes espagnoles ou arabes; les autres, plus grandes el tout à fait semblables aux nôtres; celle distinction est marquée Ps. 450, 5., Hébr. Tseltselim ou Melsillayim.

CYPRE (aujourd'hui Chypre), une des Ues de la Méditerranée, située au sud de l'Asie Mineure et non loin des côtes de la Syrie. Grande, riche et fertile, elle donnait en abondance de l'orge, de l'huile, des grenades, des figues et du vin; ses montagnes recelaient des pierres précieuses et des métaux recherchés, el c'est de celte île que le cuivre (ses cyprium) a reçu son nom. La position de Cypre était une des plus avantageuses pour le commerce, et toutes ses villes s'enrichissaient par ce moyen, Salamis, Papbos, Citium, Armathus, Arsinoé, Soli, etc. Les Juifs n'avaient pas été des derniers à s'y établir pour y faire des spéculations, et ils s'y trouvaient en grand nombre lors du passage de saint Paul. Les Cypriens avaient uue

CYP 234 CYR

réputation" bien établie de mollesse, de volupté, de luxe et de débauche : l'extrême douceur du climat favorisait chez eux tous ces penchants, et c'était a Vénus qu'ils rendaient leurs hommages. Les voyageurs modernes parlent encore avec enthousiasme de ce petit paradis terrestre.

Jusqu'au règne d'Alexandre, l'île fut divisée en neuf petites principautés, d'abord sous la domination perse, puis sous celle des Macédoniens. Sous les Maccabées elle devint l'apanage dè Ptoléiiiée ; Catnn l'Ancien la soumit à Rome; Auguste en lit d'abord une province de son vaste empire, gouvernée par un préteur, puis il finit par l'émanciper, et nous la voyons, Act. 13, 7., gouvernée par un proconsul cyprien.

Paul, Marc et Barnabas y arrivèrent de Séleucie, prêchèrent à Salamis, dans les synagogues, et se répandirent de la dans toute l'tle pour annoncer l'Evangile aux palehs. Ils trouvèrent a Paphos, résidence dti proconsul Serge Paul, un enchanteur ou faurt prophète juif nommé Bar-Jésus, qui voulait s'opposer à la doctrine chrétienne, et tâchait de détourner Serge de la foi ; mais saint Paul frappa ce malheureux d'un aveuglement momentané, ce que le proconsul avant vu, il crut et fut rempli d'admiration pour la;doctrine du Seigneur. Cf. Act. 11, 20.

Plus lard, Barnabas retourna en Cypre avec Marc, Act. 15, 39. La tradition porte qu'après avoir été évêque de cette Ile, il y trouva le martyre, qo'il fut lapidé par les Juifs de Salamis, et que son corps fut retrouvé sous le règne de l'empereur Zénon, ayant sur»la poitrine un Evangile de saint Matthieu, qu'il avait copié luimême de sa propre main.

Conduise par les Arabes, reprise par Richard Cœur de Lion, Cypre fut pen.lant plusieurs siècles gouvernée par dès rois de la famille des Lusignan, jusqu'en 1 489 ; elle fut ensuite vendue aux Vénitiens, et apparient aux Turcs depuis 1571; ils l'ont réduite a l'état le plus déplorable.

CYPRE. v. Troène.

CYPRÈS, arbre de la famil'e des conifères, toujours vert, massif, élancé, aux fekulles foncées, étroites, pointues, et dont le buh, sans être lourd, n'est jamais pourri ni vermou'u, résiste aux vers et à l'action de l'eau. Oh distingue le cyprès mâle aux branchés horizontales, et le cyprès femelle dont les branches s'élèvent Obliques ou droites; c'est de ce dernier que l'dri se sert le plus ordinairement pour les travaux de charpente et de menuiserie. Il ne viènt què difficilement, dit Pline; sou fruit e>t inutile, ses feuilles sont amères; son odeur esi trop forte, son Ombre même est dangereuse; superbe at triste à la fois, il était regardé par

les Romains comme un arbre de deuil, qVon ne pouvait employer qu'aux funérailles, ou datife d'autres solennités lugubres. Il tirait son nom de l'île de Chypre où il était très abondant. C'est du cyprès qu'il s'agit, selon quelques-uns, dans les passages, Gen. 6, 14. Ex. 2, 3., où il est parlé de la construction de l'arche, et du berceau de Moïse. Le nom hébreu est Gopher, et l'analogie de ce nom avec le nom latin cupressus, appuierait celte traduction; le cyprès était d'ailleurs parfaitement choisi pour la construction de ces objets, destinés à subsister dans l'eau pendant un temps plus ou moins long; il vaut cependant mieux, dans ces deux passages, s'ert tenir à l'idée générale d'arbre résineux, car gopher s'applique à d'autres objets qui ne sont pas le cyprès; il signifie poix; gopherith signifie soufre, et le mot allemand Riefer signifie urt pin sauvage. — La Vulgate traduit encore par cyprès le mot Beroth, Canl. t, 18., que Luther et Martin ont rendu tnal à propos par sapin (Tanne). H est bien probable, en effet , que ce mot Beroth, ou sa forme plus ordinaire Berosch, Es. 37, 24. 55, 13. 60, 13., désigne le cyprès, ou tout au moins un arbre de la même famille, peut-être le jiiniperus excclsa : le cyprès seul pouvait être mis en parallèle avec le cèdre, Es. 4 4, 8. Zach. il, 2; le sapin ne le pouvait guère; cf. surtout l'emploi qui est fait de te bois, soit pour les lambris du temple, 1 R. 5, 8. 6, 15. 34., soit pour des mâts de vaisseaux, Ez. 27, 5., soit pour la confection He lances, INah. 2, 3. (Il s'agit évidemment d'une arme dans ce verset); soit enfin pour des instruments de musique, 2 Sam. 6, 5. : il ne peut être question du sapin dans ces passages, non plus queCant. 1, 16.; il fruit penser à quelque bois noble, solide et beau, qui puisse rivaliser avec le cèdre; la plupart des arbres ont déjà un nom eh hébreu; le cyprès seul ne serait nommé nulle part, s'il he l'était dansées passages, et l'on ne comprendrait guère qu'un arbre aussi remarquable ne fût pas mentionné dans la Bible, quoiqu'il lût très abondant en Palestine, et particulièrement sur le mont Hèrmoh.

CYRÈNE, ville importante de la L'bye supérieure ou Pentapolilaine, située à 16kilom. de la mer, sur une plage africaine, presque en face des trois promontoires db Pèloponêse, à 320 kiloin. environ de la capitale de l'Egypte. Ses ruines subsistent encore sous le nom de Caïroan, et ne cbmptent qu'un Tort petit nombre d'habitants. Sous les Ptolémée, lés Juifs formaient le quart de la population d • Cyrèhe. et jouissaient des mêmes «Iroits que les Cyréniens eux-mêmes. C'est la qu'était né Sinrton, le père d'Alexandre et de Rufus, qui eut le bonheur de soulager le Christ dans sa marche vers G<dgotha, Malth. 47, 32. Marc 15, 21. Luc 23; 26.

Page 1