‹ Dictionnaire de la céramique; faïences--grès--poteriesChapitre 12 sur 200 · LXI I · texte numérisé non relu

LXI I

tions, en la forme qu’il a été établi dans les articles suivants :

« Art. 6. — • Pour fixer d’une manière invariable le pied sur lequel le commerce sera établi entre les deux nations, les deux hautes parties contractantes sont convenues du tarif suivant :

« 12° La porcelaine, la fayence et la poterie payeront 12 pour cent de leur valeur. »

Ce traité, si avantageux pour l’Angleterre qui pouvait, en outre, introduire moyennant des droits extrêmement minimes ses cotons, ses fers et ses aciers, fut signé par M. Gérard de Rayneval pour la France et William Eden pour la Grande-Bretagne.

Dès l’année suivante les plaintes arrivèrent, presque de toutes parts, au bureau des affaires étrangères. Seuls les propriétaires de vignes et d’oliviers et les fabricants d’articles de goût, à Paris, se félicitaient, alors que les manufacturiers luttaient avec angoisse et finissaient bientôt par fermer leurs ateliers ; en réalité l’Angleterre importait en France deux fois plus de marchandises qu’elle n’en tirait.

Ainsi que nous l’avons dit, les manufactures de faïences eurent plus que les autres à souffrir de la concurrence que firent à leurs produits les poteries anglaises. Toutes ou presque toutes furent entièrement ruinées et celles qui résistèrent ne le firent qu’à la condition de se renfermer dans la fabrication des objets les plus communs et les plus grossiers.

Il appartenait à notre époque de faire revivre les anciens procédés en montrant quel immense avantage pré-

INTRODUCTION

sentaient au point de vue décoratif les faïences et les terres pendant si longtemps dédaignées. Grâce à l’impulsion féconde et aux encouragements de quelques amateurs érudits, grâce surtout aux recherches désintéressées et aux travaux d’artistes courageux et passionnés, à la tête desquels il faut placer les Avisseau, les Pull, les Jean et tant d’autres, la fabrication de la faïence reprit peu à peu une des premières places parmi les industries artistiques de la France. Puis vint le maître faïencier, Théodore Deck, et la nombreuse phalange de ses élèves et de ses imitateurs dont les produits égalent, si même ils ne les surpassent, ceux des siècles passés. D’autre part, des manufactures importantes sont fondées à Gien, à Lunéville, à Choisy, à Bordeaux, etc., qui livrent au commerce à un bon marché pouvant défier toute concurrence des vaisselles d’un goût charmant, plus froides d’aspect peut-être que les anciennes faïences de Nevers, de Rouen ou de Strasbourg, mais plus solides et d’un meilleur usage. C’est surtout dans le domaine de la céramique architecturale que nos modernes faïenciers ont su réaliser des progrès surprenants et les dernières expositions nous ont montré des Deck, des Boulenger, des Muller, des Lœbnitz et des Delaherche, des œuvres que n’auraient jamais osé aborder leurs devanciers.

Mais l’étude de ces modernes manifestations nous entraînerait au delà des bornes qui nous ont été fixées, et nous devons arrêter ici ce résumé rapide de l’histoire d’une des plus belles industries dont puisse s’enorgueillir le génie de l’homme.

Édouard GARNIER.

Novembre i8q3.

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