MAT
MARUM (Petrus Van), maître faïencier, établi à Delft en 1759, à l’enseigne du Romain. Ses produits, qui n’ont rien que de très ordinaire, décorés généralement en camaïeu bleu, sont signés :
MARZAGOTTO. — Les procédés de décoration des faïences italiennes différaient de ceux qui étaient en usage dans les autres pays par l’addition d’une couverte incolore, transparente, mettant, pour ainsi dire, la couleur sous une couche de vernis qui en avivait les tons. L’émail employé par les potiers italiens contenait une grande quantité de terre blanche qui formait une sorte d’engobe sur laquelle on peignait avant la cuisson. Cet émail était plus sec, plus dur et moins absorbant que celui des faïences françaises , et c’est à cette qualité toute particulière qu'il faut attribuer la perfection du modelé des figures, ainsi que la netteté, la finesse et la précision de certains détails. Les couleurs étaient appliquées du premier coup, délayées à l’eau et sans aucune retouche possible. Mais la sécheresse de l’émail exigeait l’emploi d’une matière siliceuse pouvant servir de fondant aux couleurs avec lesquelles on la mélangeait et c’est cette matière, très fusible, composée de lie brûlée et de sable, que l’on appelait mar^acotto ; elle était employée également pour émailler une seconde fois les pièces après la décoration, et leur communiquait ainsi un brillant que le premier émail n’aurait pu leur donner. Ainsi que nous l’avons dit, c'est là, principalement au point de vue technique, la différence qui existe entre les majoliques italiennes et les faïences françaises ou étrangères, celles de Delft exceptées. Dans les premières, l’émail, qui sert pour ainsi dire d’engobage à la terre, est recouvert lui-même d’un autre émail vitreux, transparent, qui donne la glaçure aux couleurs; dans les secondes, la couleur entre dans l’émail en fusion et s’incorpore dans cet émail qui lui communique son éclat.
MATHAUX (Aube). La manufacture de Mathaux, exploitée d’abord par son fondateur, Claude Lepetit de Lavaux, baron de Mathaux, commença à fonctionner en 1751 sous la direction de J. B. Debray et de Claude Dorez, tous deux peintres, le premier venu de Nevers et le second de Valenciennes. Elle passa ensuite, en 1778, dans les mains de Jean Varin pour cesser d’exister en 1800. Les produits de cette petite manufacture peuvent être classés, suivant leur décor, en trois genres : i° genre rouennais ; 20 genre nivernais; 3° genre lorrain. Les deux premières périodes ont été de peu de durée. D’après M. Habert, de Troyes (Cf.