‹ Dictionnaire de la céramique; faïences--grès--poteriesChapitre 129 sur 200 · Travels througli Spain, Londres · texte numérisé non relu

Travels througli Spain, Londres

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enfin, le baron Davillier raconte avoir vu un simple aubergiste « Jayme Cassans » qui occupait ses loisirs à fabriquer des faïences d’ouvrage doré (( obra dorada », qui se vendaient quelques sous. « Son outillage, dit-il, est des plus simples : un tour et un four de petite dimension. Sa femme est spécialement chargée de la décoration des pièces qui sont pour la plupart des tasses, des assiettes et quelques vases de fantaisie, ordinairement d’un reflet cuivreux assez terne; sauf les tasses, dont les reflets sont les plus réussis, parce qu’on les emploie pour juger de la qualité du vin qui laisse plus ou moins voir le fond de la tasse suivant son degré de limpidité. »

MARANS, près La Rochelle (Charente-Inférieure). Manufacture fondée en 1740 par Pierre Roussencq, de Bordeaux, qui en 1749 s’associa avec deux négociants de La Rochelie. La société n’ayant pas prospéré fut dissoute en 1751 et une partie du matériel transporté à La Rochelle où l’un des associés fonda une nouvelle manufacture. La fabrique de Marans continua cependant d’exister, mais pour ne plus produire bientôt après la mort de Roussencq, en 1756, que des faïences extrêmement communes. On a fait à Marans des imitations de Rouen et quelques pièces avec des reliefs qui n’ont rien de remarquable, mais le décor le plus habituel se compose d’oiseaux entre deux tiges de fleurs dessinés au manganèse et posés sur des tertres bleus; le marli des assiettes est orné de trois tiges fleuries et de fleurettes. Une fontaine du Musée de Sèvres, qui doit être une pièce exceptionnelle, est marquée :

On a fait également à Marans des faïences décorées au feu de moufle à l’imitation de Strasbourg, reconnaissables à leurs couleurs un peu violentes et à l’intensité de leurs pourpres. Beaucoup sont marquées des lettres M R accompagnées d'un chiffre et d’une lettre :

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MARIEBERG (Suède). La manufacture de Marieberg, petit village situé aux environs de Stockholm,, fut fondée en ij58 par Louis Ehrenreich, avec l’aide et sous le patronage du comte Charles-Frédéric Scheffer, un des plus riches et des plus grands personnages de la cour de Suède, qui obtint bientôt pour elle le titre de Manufacture royale . Ses faïences, décorées au feu de moufle, sont assez rares et très justement estimées; elle se rapprochent beaucoup comme genre de celles de Niederwiller et de Strasbourg, et sont souvent ornées de fleurs et de branchages en relief; quelques vases sont d’une conception un peu puérile ou d’une forme bizarre L

C’est à Marieberg, vers 1 76 5 , que furent faites les premières applications, dans une fabrique continentale, des procédés d’impression sur faïence, procédés connus en Angleterre depuis le milieu du xvinc siècle. Un petit vase porté sur un tertre, de l’ancienne collection Gasnault, au Musée de Limoges (n° ioq5), est, croyons-nous, un des premiers exemples de ce genre de décoration sur faïence à émail stannifère.

Les faïences de Marieberg sont marquées des lettres MB accolées, surmontées des trois couronnes des armes de Suède, et accompagnées quelquefois d’une lettre indiquant probablement le nom du décorateur et de la date en chiffres disposés d’une façon assez particulière :

O/ «vLr

(quinzième jour du onzième mois de l’année 1768).

(G. H. Shæle, Rôrstrand et Marieberg , notices et recherches sur les céramiques suédoises du xvm° siècle. Stockholm, 1872, in-8°. (Trad. française.)

MARIGNAG (Haute-Garonne). Une fabrique de faïences y fut établie en 1 7 3 7, par M. de Lafüe, « seigneur du lieu » ; elle subsista jusqu’à la fin du siècle dernier, mais nous ne connaissons aucune pièce qu’on puisse lui attribuer avec certitude.

1. Une soupière en forme de mitre d’évêque figurait à l’Exposition rétrospective

de 1884.

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MARSEILLE. Les faïences de Marseille (pi. 8)r décorées au feu de moufle, méritent certainement d’être classées parmi les plus beaux produits de la céramique française de la dernière moitié du xviin' siècle; une série assez rare d’assiettes, ornées de sujets de marine exécutés en camaïeu rose (pl. S g), peuvent rivaliser avec les œuvres des meilleurs peintres sur porcelaine de l’époque,, et l’on rencontre souvent des pièces de service, notamment des soupières et des légumiers à boutons à reliefs, qui, sous le rapport de la fabrication, de la blancheur de l’émail, de l’élégance et de la richesse des formes et de la perfection du décor, sont bien supérieures à beaucoup de faïences de manufactures plus renommées.

Des neuf fabriques en activité vers 1770, celles dont les produits méritent surtout d’être cités sont :

i° La manufacture d’ Honoré Savy, qui, après la visite que lui fit, en 1 777, Monsieur, comte de Provence, prit le titre de Manufacture de Monsieur, frère du Roy, et adopta pour marque une fleur de lis.

C’est Savy qui, le premier, paraît avoir employé un beau vert de cuivre transparent, très caractéristique, particulier à Marseille, et qui a servi souvent à décorer en à-plats des pièces dont le dessin et le modelé sont indiqués en traits noirs assez accentués (pl. 8 b, b\c ).

20 La manufacture de Joseph Robert, d’où sont sortis un grand nombre de services des plus remarquables, décorés d’insectes, de fleurs et surtout de coquillages marqués :

Une pièce du Musée de Sèvres marquée en très petits caractères

MANUFCture DE

Robert et Etien a Marseille

laisserait supposer que Robert aurait eu pendant quelque temps un associé.

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3° Celle de la veuve Perrin, qui paraît avoir été la plus importante; elle marquait :

40 Celle de Jacques Borelli, qui était probablement d’origine italienne et dont la famille possédait depuis longtemps une manufacture à Savone ; ses faïences, dans lesquelles on remarque souvent l’emploi du vert de Savy, sont signées en toutes lettres :

Jacques Borelly

On rencontre quelquefois des pièces décorées de fleurs, d’insectes ou de coquillages, marquées :

qui, en l’absence de documents certains, peuvent être attribuées tout aussi bien à la fabrique de la veuve Fesquet qu’à celle de Fauchier, dont on trouve les noms sur le Guide marseillais.

Les faïences sorties des fours de ces manufactures sont toutes décorées au feu de moufle; on trouve cependant quelques pièces peintes sur émail cru et le Musée de Sèvres possède en ce genre une belle assiette à décor de style rouennais assez particulier (pl. Sa) signée, Le Roy. C’est le seul exemplaire de ce genre que nous connaissons.

(Cf. Baron Ch. Davillier, Histoire des faïences et porcelaines de Monstiers , Marseille et autres fabriques méridionales , in-8°, 1 863. — Montreuil, Anciennes Industries marseillaises, in-8°, i858.î

MARTRES Haute-Garonne). Nous ne connaissons de cette fabrique qu’une petite b nitedle assez habilement décorée de fleurs et d’insectes polychromes en motifs détachés et portant au bas, tracée au manganèse, l’inscription :

Marie Therese Le • Conte

Faite a Martres Le 18 7bre 1775

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