‹ Dictionnaire de la céramique; faïences--grès--poteriesChapitre 135 sur 200 · MO R · texte numérisé non relu

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surtout par ses poteries à reliefs élégants en terre rouge vernissée en brun, ou recouvertes d’une engobe jaunâtre et décorées par enlevage, avec beaucoup de goût et de délicatesse, d’arabesques et de rinceaux variés d’une exécution ferme et d’un aspect harmonieux. On y fit également des faïences à émail stannifère sur lesquelles sont peints assez grossièrement en couleurs des personnages en costume de matadores ou des figures se détachant sur un fond jaune. Une pièce du Musée de Sèvres porte au revers l’inscription :

DIPINTA

GIOVINALE

TERENI

DA • MONTE • LVPO

sur un plat du même Musée on lit dans un écusson :

MON

TELV

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et sur une faïence du South Kensington Muséum :

RAFAELLO GIROLAMO FECIT Mte J>° i635.

MONTPELLIER (Hérault) possédait au xvne siècle une fabrique de faïences dont l’existence est constatée par deux passages des Mémoires d’André Delort. Le premier (t. II, p. 1 5 6) où il est question d’un ouvrier logeant au Courreau en 1684 a qui a fait présent d’une garniture de cheminée de fort belle poterie de fayence qu’il avait travaillée lui-même, car il était du mestier »; le second où l’on parle de ce qui est arrivé « au faubourg Saint-Guilhem, dit le Courreau, en la personne de demoiselle Marie Olivier, fille du sieur André Olivier, potier en fayence », mais on ne sait rien sur cette fabrique. Une autre manufacture qui fut établie, en 1750, par André Philip, de Marseille, produisit surtout des pièces de service décorées sur émail cru de bouquets en couleurs, où le violet de manganèse domine, se détachant le plus souvent sur fond jaune uni d’un ton assez pur. (PI. 9 d.) Ces faïences ne portent aucune marque.

MORTLOCK, marchand de porcelaines et de poteries, établi à la fin du siècle dernier à Londres, dans Oxford Street. Il paraît avoir eu le dépôt exclusif des fameuses théières à couverte brun pourpré désignées sous le nom de Rockingham pottery , que l’on fabriquait à Swinton, dans le Yorkshire, et dont la plupart portent son nom estampé en creux. — Voir Rockingham.

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MOULINS (Allier). Un plat long, à pans coupés, du Musée de Sèvres, à riche décor de figures, de fleurs et d’oiseaux, dans le style pseudo-chinois rouennais polychrome, porte au revers la mention :

a moulins

Ce plat nous paraît être une pièce exceptionnelle, et nous ne connaissons pas d’autres faïences que l’on puisse attribuer à cette fabrique sur laquelle, du reste, on ne sait rien de précis.

MOUSTIERS. Moustiers, petite ville du département des Basses- Alpes, perdue au milieu des montagnes, possédait à la fin du xvne siècle des fabriques de faïences qui prirent rapidement une importance considérable et qui jouissaient cinquante ans plus tard d’une réputation si grande que l’abbé Delaporte, dans son Voyageur francois, disait que « la faïence de Moustiers passait pour être la plus belle et la plus fine du royaume ». Et véritablement, quand on voit dans les musées et les collections ces belles pièces d’une fabrication si parfaite, recouvertes de cet émail blanc et pur que bien peu de manufactures possédaient, on ne trouve pas cet éloge excessif. Les faïenciers de Moustiers, en outre, ont su créer un décor original, d’un style bien particulier, et l’on pourrait presque dire, si le mot ne paraissait pas trop ambitieux, appliqué à de simples œuvres de céramique, qu’ils ont fondé une sorte d’école dont l’influence se fit sentir dans toutes les fabriques du midi de la France et jusqu’en Espagne. (PI. 5 et 6.)

Il serait trop long de faire ici l’histoire complète des différentes manufactures qui ont existé à Moustiers, mais nous pouvons du moins en esquisser les grandes lignes.

La première et la plus importante fut certainement celle de Pierre Clérissy, né en 1 6 5 2 ; la date de son arrivée à Moustiers est inconnue, mais, dès 1 686 , il est mentionné dans les actes comme « maistre faïencier ». Mort en 1728 à l’âge de soixante-seize ans, Pierre Clérissy eut pour successeur son neveu, nommé également Pierre, qui donna une grande extension à la fabrication et sut attirer auprès de lui un grand nombre d’artistes de talent, tels que Gaspard Viry, le plus habile de tous, dont on trouve le nom sur plusieurs faïences, entre autres, au Musée Borély, à Marseille, sur un beau plat représentant le Bon Samaritain, signé

G Viry f[t à Moustiers. che\ Clérissy

son fils, Jean-Baptiste Viry, Feraud, Faucher, Baron, Pol et Hyacinthe

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Roux, Pelloquin, etc. Nommé secrétaire du roi en la chancellerie de Provence, Pierre Clérissy céda vers 1748 sa fabrique à Joseph Fouque avec lequel il était associé depuis plusieurs années et auquel succéda l’aîné de ses fils Gaspard Fouque, « le dernier des vrais fabricants de la vieille faïence de Moustiers ».

Parmi les autres fabriques de Moustiers nous citerons celle qui fut fondée vers 1738 par Olerys associé avec son beau-frère Laugier; l’association, ayant été rompue en 1749, fut reconstituée sous le nom de Laugier et Chaix, gendre d’Olerys qui alla travailler dans d’autres manufactures secondaires ; puis viennent celles d’Achard et Mille, formée vers 1795, des Bondil, des Ferrât, qui introduisirent à Moustiers la décoration au feu de moufle, des Feraud, etc., etc.

Au début, les décorateurs de Moustiers copièrent, en camaïeu d’un beau bleu intense, des sujets empruntés à Frans Floris, et, surtout, à l’œuvre considérable d’Antonio Tempesta, représentant des chasses aux bêtes féroces ou des combats entre cavaliers; pour les bordures des plats ainsi décorés ils s’inspirèrent des frises italiennes de l’époque et, quelquefois aussi, de celles des faïences rouennaises, qu’ils remplacèrent bientôt par des bordures de lambrequins légers peu en rapport avec l’importance du sujet principal. Mais celui-ci disparait bientôt pour faire place à une décoration exclusivement ornementale inspirée des compositions de Bérain, de Boulle et surtout de Bernard Toro. Cette décoration, formée de gracieux entrelacs au milieu desquels se jouent des figures de nymphes, de satyres et d’Amours et qu’accompagnent des baldaquins, des cariatides, des gaines et des lambrequins arrangés avec autant de goût que de hardiesse, est exécutée le plus souvent en camaïeu bleu avec une habileté et un soin extrêmement remarquables.

Plus tard, les artistes de Moustiers qui avaient été appelés à Alcora, par le comte d’Aranda, rapportèrent d’Espagne une décoration polychrome d’un caractère particulier qui se traduisit surtout par la reproduction de sujets mythologiques et quelquefois religieux, copiés un peu partout sans beaucoup de talent et peints dans des médaillons entourés ou reliés entre eux par des guirlandes de fleurs d’une coloration douce et harmonieuse, associées le plus souvent à de légères bordures de lambrequins dits à dentelles et de rinceaux bleus. Ces bordures de guirlandes de fleurs et de lambrequins furent également exécutées en camaïeu noir ou violet de manganèse; certaines faïences ainsi décorées portent des inscriptions bachiques assez grossières; elles sont assez rares pour qu’il soit permis de croire que c’étaient là des œuvres isolées plutôt que la manifestation d’un genre communément adopté.

On fit également à la même époque des faïences décorées de figures grotesques peintes en camaïeu jaune ou vert, ou vert mélangé de noir et

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de manganèse. Ces figures, posées au hasard et en motifs isolés, paraissent empruntées à Callot ou sont dues à l’imagination ou au talent assez grossier des peintres du pays. (PI. 6 a.)

Beaucoup de faïences de Moustiers de la belle époque portent des armoiries toujours dessinées et peintes avec le plus grand soin.

Les faïences de Moustiers, surtout les belles pièces à décor dit à baldaquins, sont rarement marquées. On attribue, mais sans preuves bien certaines, à Fouque, successeur de Clérissy, les marques suivantes :

Quelques faïences de la fabrique de Fouque à la fin du siècle dernier étaient marquées :

Quant à Olerys, son monogramme, formé d’un O traversé par un L (Olerys-Laugier), se trouve assez fréquemment peint en jaune orangé et quelquefois, mais rarement, en noir et en bleu, précédé d’une lettre initiale ou d’un signe indiquant sans doute un nom de décorateur:

Nous connaissons de Hyacinthe Roux, qui latinisait son nom, plusieurs très belles pièces signées et datées :

Hyacintus Rossetus f. 1729

au milieu de paraphes.

Nous citerons, enfin, Ferrât, qui signait en toutes lettres

ferrât Moustiers

des faïences décorées au feu de moufle de petits personnages, particulièrement de Chinois, assez spirituellement dessinés.

(Cf. Boa J. Charles Davillier, Histoire des faïences et porcelaines de Moustiers,

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