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mais un autre vase semblable, entré au mois de mars 1890 au Musée de Limoges. (Cf. Bulletin des musées , i5 mars 1890), est venu réfuter cette opinion en fixant au xvne siècle l’époque où ces vases furent décorés. Celui du Musée de Limoges, représentant le Christ au Jardin des Oliviers , porte en effet d’une façon absolument distincte la marque suivante :
Cette marque permet d’attribuer définitivement à Naples les faïences marquées d’une couronne fermée accompagnée ou non de monogrammes et au sujet desquelles il restait encore parfois quelques incertitudes, plusieurs de ces faïences offrant tous les caractères de celles des fabriques du nord de l’Italie.
NEALE, potier anglais; il fut d’abord associé avec Palmer, manufacturier à Hanley, dans le Staffordshire, puis, en 1776, devint seul propriétaire de la fabrique qu’il dirigea jusqu’en 1778, époque à laquelle il s’associa avec Robert Wilson. Les poteries de Neale, qui imitent de très près celles de Wedgwood, sont marquées suivant les différentes époques de la fabrication.
Neale & Palmer /. NEALE • HANLEY Neale & Wilson Neale & Co
NÉGREPELISSE ^Tarn-et-Garonne). C’est seulement en 1780 que cette petite ville industrieuse qui, de tout temps, avait possédé de nombreuses fabriques de poteries, eut une faïencerie dont l’existence fut de courte durée; une assiette du Musée de Sèvres, à décor polychrome au grand feu, porte au centre deux oiseaux sur terrasse, dessinés d’un
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trait accentué en violet de manganèse et lavés de bleu, de jaune et de vert. (PI. 9 e.) Sauf une fontaine, sur le pied de laquelle on lit :
A Negrepelisse le 1 1 mars 1786
et qui nous paraît être une pièce exceptionnelle, les faïences de Négrepelisse ne portent aucune marque.
NEVERS (Nièvre). Suivant toutes probabilités, plusieurs villes de France ont possédé au xvie siècle des fabriques de faïences à émail stannifère, établies par des Italiens, mais on ne sait rien de bien positif relativement à leur existence et c’est un peu au hasard qu’on leur attribue certaines pièces relativement fort rares qui ne rappellenCque très grossièrement les majoliques de la décadence d’Urbino et de Faenza. (PI. 1 a.) Nevers eut certainement une de ces fabriques dirigée par Scipion Gambin (ou Gambini), pothier, dont le nom figure en 1590 sur les registres de baptêmes de plusieurs paroisses de la ville et qui devait être parent du faïencier du même nom, originaire de Faenza, auquel Henri III avait concédé en 074 l’autorisation d’établir une manufacture à Lyon. Quoi qu’il en soit, c’est seulement à dater de 1608 que nous trouvons la première mention positive d’une fabrique française un peu importante, celle qu’avaient fondée à Nevers quelques années auparavant les frères Conrade, transfuges des manufactures de Savone.
Les Conrade conservèrent aux faïences sorties de leurs mains les formes italiennes du xvie siècle, mais ils changèrent entièrement le style et l’aspect de la décoration qui fut presque exclusivement exécutée en camaïeu bleu parfois rehaussé de manganèse; aux scènes mythologiques, aux sujets puisés dans l’histoire romaine ou dans l’Ancien Testament, succédèrent les motifs jetés un peu au hasard, sans aucun parti pris de décoration, sans ensemble, empruntés tantôt aux porcelaines orientales qui commençaient à affluer en Europe, tantôt aux ornements italiens de l’époque, et qui se trouvent mélangés ensemble sur la même pièce. (PI. 1 b,c.) Dominique Conrade, qui dirigeait en 1672 la manufacture, prenait la qualification de « maistre faïencier ordinaire de Sa Majesté », et c’est probablement à lui qu’il faut attribuer plusieurs pièces, celles entre autres du Musée de Sèvres qui portent les marques :
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D’autres manufactures que celle des Conrade s’élevèrent bientôt; dès t 63 2, on en comptait quatre, parmi lesquelles la plus importante fut celle qui portait l’enseigne de V Autruche et qui appartenait à la famille des Custode. Suivant toute apparence, c’est à cette fabrique que l’on doit ces belles faïences à fond bleu, d’un ton chaud et vigoureux, dit bleu persan , décorées en blanc fixe parfois rehaussé de jaune, d’arabesques élégantes, de fleurs, d’animaux et quelquefois, mais plus rarement, de personnages empruntés à l’art oriental; ces faïences, les plus parfaites que Nevers ait produites, peuvent être rangées parmi les œuvres les plus remarquables de la céramique européenne du xvne siècle. (PI. 1 d.) C’est à cette belle période de la fabrication qu’il faut aussi faire remonter les faïences beaucoup plus rares, décorées également de fleurs et d’ornements en blanc fixe rehaussé de bleu se détachant sur un fond jaune légèrement ocré. (PI. 1 e.)
Nous ne connaissons, dans ces deux sortes de faïences, aucune pièce portant une marque de fabricant ou de décorateur.
Mais bientôt ces beaux produits de l’industrie nivernaise disparurent pour faire place à des œuvres beaucoup plus communes; à dater du commencement du xvme siècle, l’influence italienne cessa complètement de se faire sentir : les statuettes de saints et de saintes que Nevers fabriquait en grand nombre et qui jusqu’alors avaient conservé une certaine apparence artistique, devinrent des figures absolument grotesques.
Les faïences décorées avec des motifs empruntés surtout aux porcelaines orientales et que les céramistes nivernais traduisaient avec une grande liberté, un peu au hasard, mais qui néanmoins sont remarquables par leur exécution franche et spirituelle et surtout par la pureté et l’intensité de leur beau bleu, souvent accompagné de manganèse, firent place à des œuvres beaucoup plus communes. (PI. i3.) C’est alors que l’on fabriqua par milliers ces faïences à enluminage grossier, et surtout ces assiettes qui portent avec des dates la figure du saint patron et le nom de la personne à laquelle on les destinait, ces plats ornés de sujets et d’attributs se rapportant à la profession de celui qui les commandait, ces saladiers sur lesquels étaient représentées des scènes grivoises et souvent licencieuses dont le type le plus recherché était l’Arbre d’ Amour copié sur une image populaire du temps. Presque toujours, ces faïences, sans en excepter celles qui furent fabriquées pendant la période révolutionnaire et qui sont désignées aujourd’hui sous le nom de faïences patriotiques , sont généralement des œuvres lourdes, grossières, sans aucun sentiment décoratif et sans aucune valeur artistique. (PL i3 e,f.)
Nevers n’en reste pas moins un des centres les plus importants de la production céramique française, les faïences qui sortaient des fours de ses nombreuses fabriques étaient transportées par les bateliers de la
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Loire jusqu’à des distances éloignées, et son commerce sous ce rapport était l’un des plus considérables du royaume. A différentes époques ses potiers ont cherché à imiter les faïences des autres fabriques, principalement celles de Rouen et de Moustiers, mais ces imitations un peu lourdes se reconnaissent toujours à leur exécution moins soignée et, dans les pièces polychromes, à l’absence du rouge, que d’autres fabriques, Rouen surtout, employaient avec un si grand succès ; jamais les faïenciers de Nevers n’ont pu produire de rouge et lorsque, dans les faïences dites patriotiques, ils avaient à peindre le bonnet de la Liberté, ce bonnet était forcément jaune plus ou moins foncé.
Les faïences de Nevers sont rarement marquées : cependant, outre le nom de Conrade que nous avons reproduit plus haut, nous trouvons les noms ou monogrammes suivants sur des pièces dont l’origine nivernaise ne parait pas douteuse :
J. Boulard a Neuers
sous une pièce signalée par Benjamin Fillon ;
H - B E Borne
marques < V Henri et Estienne Borne sous des statuettes de saints d’un assez bon style ;
monogramme de Jacques Bourdu (xvne siècle] ;
marque de Denis Lefebvre qui aurait travaillé chez les Conrade ;
sous une pièce attribuée à François Rodrigues,